HUITIÈME FAMILLE
STAPHYLLMENS. STAPHYLINI. Erichson, 1840.
Gênera et Species Slaphylinorum.
Les Coléoptères qui composent cette famille se reconnaissent, au premier aspect, par les caractères généraux suivants : leur abdomen esl composé de six ou sept segments distincts, libres, tous cornés, tantôt entièrement découvert, tantôt couvert, seulement vers la base, et par les élytres qui sont très-courts, réunis à la suture, et cachent tout à fait les ailes, qui sont repliées.
La plupart des entomologistes ont distingué la famille desStaphylinienspar la brièveté des élytres, et c'est d'après ce caractère que Latreille lui appliqua le nom de Bbaciiélïires (Brachelytra); Gravenhorst, celui de Micropièbes (Mïcroplera); et d'autres celui de Bkévipenkes (Brevipennes); mais cette particularité n'est pas exclusivement propre à ces Insectes, et l'on peut remarquer quelque chose de semblable chez les Psélaphes, les Molorques, les Atractocères, et même les Méloés, qui appartiennent à d autres familles. Aussi Erichson a-t-il pensé qu'on devait changer le nom donné antérieurement à cette famille et Fig. i. — Emu$ hnun 1 !..
2 BISTOIRE NATURELLE.
l'indiquer sous celui de Staphylini, qui rappelle le nom générique linnéen des Slaphylinus, qui comprenaient anciennement toutes les espèces qui la composent et qui est d'accord avec les dénominations actuellement adoptées pour les diverses familles de la classe des Insectes.
Latreille et Gravenhorst rangeaient les Staphyliniens dans la section des Pentamères; mais, aujourd'hui, il est bien démontre que, si le plus grand nombre d'entre eux ont bien réellement cinq articles à tous les tarses, il n'en est pas de même chez quelques-uns. En effet, d'après les observations de Mannerbeim et d'Erichson, la tribu des Oxytélides comprend des espèces tantôt trimères, tantôt tetramères; et certains genres d'Alèocharides ont cinq articles aux tarses postérieurs et quatre seulement rai antérieurs, et sont, conséquemment, hétéromères: le nombre deces articles varie également quelquefois selon les sexes. Ces observations tendent donc de nouveau à détruire la méthode tarsienne, et permettent aux entomologistes modernes, sinon de réunir dans la même division, au n.uins de placer à coté de cette famille le groupe des Psélaphiens, qui a avec elle les plus grands rapports, et qui, cependant, d'après la composition de ses tarses, qui n'ont que trois articles, en avait ete considérablement éloigné, ce qui rompait une classification véritablement naturelle.
Quelques Stapbjliniens, principalement ceux des genres Anthaphagus et Lesteva, se rapprochent un peu des Dromius, de la famille des Carabiques, par leur forme générale, mais s'en distinguent facilement par la disposition de leur bouche, par la structure de leur abdomen, etc. Les Silphales ont une grande affinité avec les Coléoptères qui nous occupent; tellement que Fabricius et llliger plaçaient dans le genre Silpha plusieurs espèces A'Qmalium a corps très-élargi et à abdomen en partie recouvert par les dures : les Scaphidium et quelques Galops s'en rapprochent aussi beaucoup; mais, dans les Silphales, les segments antérieurs du dos sont membraneux, le premier segment de l'abdomen est toujours moins distinct que dans les Staphyliniens, et l'abdomen est recoum ii par 1rs élytres. Le même rapprochement doit être fait avec beaucoup de Nitidulaires, qui ont le7 élytres plus ou moins courts, el l'abdomen à segments nus, comme dans les Staphyliniens; aussi plusieurs Nitidules ont-elles été rangées, par Fabricius, avec des Stenus. On peut encore faire une remarque semblable pour plusieurs genres de la famille des Xylophages de Latreille. Enfin, comme nous l'avons dit, les Psélaphiens doivent être rapprochés des Staphyliniens; de même que chez ces derniers, dans le plus grand nombre des cas au moins, les élytres ne dépassent pas la poitrine, et l'abdomen est nu; tous les segments sont cornés, mais l'abdomen n'est composé que de cinq segments, et le lobe externe des mâchoires est en forme de faux: quant à la forme générale, elle s'en rapproche considérablement; ce qui avait fait placer par Linné plusieurs Psetaphus dans son genre Stapltylinus.
Par leur aspei l muerai, les Staphyliniens semblent devoir être rapprochés des Forficules ou Perce-Oreilles; et les anciens entomologistes, frappés de cette ressemblance, les avaient considérés tous les deux comme les anneaux qui devaient reunir les Coléoptères aux Orthoptères. Un assez grand nombre de naturalistes placent encore aujourd'hui les Staphyliniens à la lin de la série des Coléoplèn s, mais, par l'ensemble de leurs caractères, ils ne peuvent pas occuper cette place, et doivent plutôt être rangés a côté des Nitidulaires et des Silphales; quoique l'on doive avouer que, placés à la fin de l'ordre, ils lieraient assez naturellement l'ordre des Coléoptères à celui des Orthoptères.
Le corps de la plupart de ces Coléoptères est allongé, linéaire, presque constamment déprimé,
rarement compt i , quelquefois cylindrique; chez d'autres, il est convexe, ou très-court, tomenteux,
comme rouvert d'une légère pubescence, et glabre dans de rares exceptions.
L'insertion de la tète au corselet a lieu, dans le plus grand nombre des cas, par une sorte de col plus moins marqué; la tète, presque toujours droite, est très-rarement infléchie; elle est plane inférieiirenient, souvent plus ou moins convexe supérieurement.
Les yeux sont latéraux, ronds ou arrondis, tantôt petits et peu proéminents, tantôt, au contraire, grands, proéminents; ils sont composés d'ocelles hexagones, petits, un peu convexes, et très-rarement grands el hémisphériq
Le labre est insère sous la marge antérieure du front; il est droit, presque toujours transversc, rarement plus long que large, et cachant les autres parties de la bouche; très-souvent il est trèscourt, i h./ certaines espèces, il est entier; dans d'autres, bilobé, à lobes arrondis ou divergents; enfin, dans quelques-unes, il est denliculé à la base. Tantôt il est entièrement corné: tantôt, mais
plus rarement, tout à fait membraneux; tantôt, enfin, il est corné dans plusieurs de ses parties, et membraneux dans d'autres. Sa forme varie suivant les genres.
Les mandibules sont cornées, aiguës, presque toujours falciformes, droites, muliqucs ou comtes, ou bien, au contraire, plus ou moins allongées; elles peuvent être dentées vers le milieu, à dénis simples, doubles ou triples; leur structure diffère plus ou moins dans les divers groupes génériques.
Les mâchoires sont, en général, courtes, cornées, à deux lobes distincts, et présentent des caractères particuliers dans la série des genres.
Les palpes maxillaires sont composés de quatre articles, dont le premier est presque constamment petit, court; le second et le troisième assez allongés; le quatrième subulé, très-grand, légèrement acuminé à sa terminaison, rarement tronqué.
Les palpes labiaux sont insérés sur le troisième segment de la lèvre, composés de trois articles : le dernier pouvant être sécuriforme, hémisphérique, lunule; ces palpes sont filiformes dans la plupart des «as, ou comme coudés dans quelques autres. Chez certains Aléocharides, ils sont quelquefois formés de quatre articles, et, dans d'autres tribus, seulement de deux.
La lèvre est composée de quatre segments assez distincts. Le premier constitue le menton, qui est toujours corné, court, transverse, sensiblement rétréci vers la base; le second segment, que Fabricius désignait sous le nom de languette, est membraneux ou coriace, découvert dans la plupart des cas, et de forme variable; le troisième est souvent un peu plus large que le second, et n'a pas reçu de nom particulier; le quatrième est formé, d'après Erichson, de la languette et des paraglosses. La languette est toujours distincte, rétrécie, souvent bifide, allongée : petite et courte dans la tribu des Staphylinides. Les paraglosses sont très-distincts, plus longs, égaux, ou plus petits que la languette. Tous deux sont membraneux, rarement cornés.
Les antennes, tantôt insérées en dessous de la marge latérale de la tête, entre les yeux et les mandibules, ou plus haut, sur le front lui-même, sont composées presque toujours de onze articles, mais n'en présentent cependant quelquefois que dix, ou même neuf; elles sont filiformes, un peu épaisses vers la base, ou comme en capitule; dans quelques cas rares, elles sont capillaires. Le premier article est plus ou moins fort, souvent allongé; le second et le troisième un peu plus grands que les suivants. Ces organes ont, en général, plus de longueur que la tête et le corselet réunis; ils sont rarement aussi longs que le corps.
La forme du corselet varie assez; il est quelquefois marginé, cylindrique ou fortement allongé, atténué ou bien comme tronqué à l'extrémité; ses angles antérieurs sont proéminents, dépassant la tête. En dessous, le prosternum est triangulaire, n'allant pas jusqu'à l'insertion des cuisses antérieures. L'épimère et l'épisterne n'existent pas.
L'écusson est distinct dans le plus grand nombre des genres, triangulaire ou arrondi, ce n'est que par exception, en quelque sorte, qu'il n'est pas visible.
Les élytres sont courts, presque toujours de la même longueur que la poitrine, et rarement plus longs qu'elle; le plus souvent ils ne couvrent que la base de l'abdomen, et très-rarement une plus grande partie de cet organe; ils sont tronqués à leur sommet, et varient peu dans leur forme générale.
On trouve des ailes dans la plupart des espèces; elles atteignent le sommet de l'abdomen, sont repliées sur elles-mêmes longitudinalement, avec deux plis transversaux. Elles offrent trois nervures longitudinales.
Le mésothorax est court; le métathorax plus ample, et le mésosternum petit, triangulaire, presque toujours simple.
L'abdomen est en entier, ou au moins en très-grande partie à découvert, presque toujours linéaire, souvent marginé; tous les segments en sont libres, les antérieurs presque toujours égaux: six d'entre eux sont constamment bien distincts, mais le premier de tous est quelquefois très-petit et difficile à voir. C'est dans l'intérieur du septième segment abdominal que sont contenus les organes sexuels.
Les pattes sont généralement très-courtes, presque égales en longueur entre elles; toutefois, les antérieures sont assez souvent un peu plus courtes et plus fortes; les postérieures légèrement plus longues, mais rarement plus grêles que les autres. Les antérieures et les postérieures sont toujours trèsrapprochées par leur insertion, et les intermédiaires, au contraire, le plus habituellement, assez
nolablemeni éloignées. Les cuisses antérieures sont très-grandes, coniques, découvertes, pendues en dedans, et rarement cylindriques; les intermédiaires sont placées obliquement, coniques ou presque cylindriques; les postérieures ordinairement coniques, très-petites; quelquefois transversales ou cylindriques. Les troi Tianters antérieurs sont simples; les postérieurs, tantôt simples, tantôt comme an -boutés. Dans la plupart des cas, les fémurs sont simples et mutiques, quelquefois èptttsU antérieurement, et les postérieurs présentent une double série de spinules a l'intérieur. Les tibias sont parfois épineux, garnis, vers leur base, d'épines assez fortes; les antérieurs sont plus ou moins épineux, et les postérieurs quelquefois dilatés au sommet, obliquement tronqués ou émargiiii s. Le nombre des articles des tarses est variable, ainsi que nous l'avons déjà dit, mais le plus habituellement de cinq; les antérieurs sont, tantôt simples, tantôt avec les quatre premiers articles plus ou moins dilatés; presque tous sont tonienteux en dessous, et quelques-uns avec des lobes membraneux; les postérieurs sont simples, avec les premiers articles égaux, courts, ou bien inégaux; le premier article plus ou moins allongé; les suivants sensiblement plus courts; le pénultième article bilobé ou très-petit; le dernier plus allongé que les autres, onguiculé en dessous. Les crochets tarsiens sont doubles, égaux, simples.
L'anatomie interne des Slaphyliniens, d'abord commencée par Ramdohr, puis étudiée avec soin par M. Léon Dufour, a été continuée plus récemment par les observations d'Erichson; mais, malgré ces divers travaux, cette partie de la science n'est pas encore parfaitement connue.
Les stigmates sont au nombre de dix de chaque côté du corps : le premier, ou le prothoracique, est placé sur la région inférieure des cuisses antérieures, et est grand; le second, ou mésothoracique, est fixé à l'insertion des élytres et de l'épisterne, et est très-peu apparent; le troisième, ou le métathoracique, est placé au-dessous des élytres, entre le métathorax et Pépinière, il est grand ; les autres sont tous abdominaux.
Les trachées sont simples, et la plupart de leurs ramifications sont placées dans le corselet, où les stigmates qui les joignent sont nombreux et assez forts.
Le système nerveux ne diffère pas d'une manière bien notable de celui des autres Coléoptères : nous renvoyons, à ce sujet, au Gênera Staplujlinorum d'Erichson.
Le tube intestinal a à peine une fois et demi la longueur totale du corps. L'œsophage est grêle; le ventricule, situé dans le mésothorax, est peu ample, ovalaire, présentant des villosités dans son intérieur; le duodénum est très-ample, étendu depuis la base du métathorax jusqu'au sommet de l'abdomen; il est droit, garni de toutes parts de papilles intestinales; le jéjunum est flexueux, peu allongé; le côlon simple, et le rectum non distinct. Au reste, d'après les remarques de M. Léon Dufour, le tube intestinal des Slaphyliniens différerait assez peu de celui des Carabiques et des Dytisciens, et cet anatomiste y a seulement constaté l'absence d'un jabot, ce qui l'en distingue parfaitement. Nous donnerons plus de détails à ce sujet, en traitant des genres Staphulinus et Pcederut; car nous rapporterons les observations de M. Léon Dufour sur les anciens StaplnjUnus olcns, politus et punctatissimits, et sur une espèce de Pœderus.
Les vaisseaux biliaires sont doubles, présentant une anse, avec quatre orifices insérés vers le som met du duodénum; ils sont libres. Suivant M. Léon Dufour, ils seraient insérés sur un même point latéral, et, dans quelques espèces au moins, offriraient, vers leur milieu, un nœud ou une vésicule, ce qu'on ne remarque chez aucun autre Insecte.
Les organes sexuels, principalement ceux des mâles, étudiés avec soin par M. Léon Dufour (Ann. te. nat., t.VI, 1" série, 1825), ont montré que, sous ce point de vue, ces Coléoptères avaient peu de rapports avec les Carabiques, tandis qu'ils se rapprochaient davantage des Silplia et des Mister.
L'histoire des métamorphoses des Slaphyliniens a occupé plusieurs naturalistes. Frisch (Ins. >jcrin.,\, t. XXV), le premier, a décrit celle d'une espèce qu'il rapporte au Sluplnjlinus crijlhropterus, mais qu'Erichson croit devoir appartenir au genre Taelùnus, et d'une autre espèce d'Oxtjtelus. lïravenliorst (Microp., p. 61) a fait connaître une larve de Staphylinien, qu'il rapporte à tort à un ('.arabique. Enfin, des observateurs modernes ont étudié les métamorphoses de plusieurs espèces de celte famille. Bouché (Hist. nat., t. I et II) a donné la description de celles des Philonthtu Aïneus, Qncditis fulgidut, Xaniholinut punetatus et Plahftlhetns mor titans. M. Heer (Observ. entom.), E. Hlanihard (Mag. de zool., t. VI) et Ralzeburg (Forsten sect., t. 1), ont décrit la larve et
la nymphe de YOci/pus olena. M. Waterhoii.se (Trans. Soc. ait. de Londres, t. I) a donné l'histoire des métamorphoses du Qucdius irisas. M. Ed. Perris (Ami. Soc. cniom. de France, 2° série, t. IV, I8iG) a étudié avec une grande habileté les larves et nymphes de deux très-petites espèces, les Taehyponu cellaris et Tachinus humeratis. Enfin, M. Ch. Coquerel (Ann. Soc. cnt.de France, 2' série, t. VI. 1848) a dit quelques mots de la larve de YOsorius incisicritrus. Telle est l'indication des principaux travaux qui ont été faits sur les métamorphoses des Staphyliniens; nous reviendrons sur ce sujet en faisant connaître chacun des genres.
Les œufs sont oblongs, assez grands, peu nombreux.
La larve adulte ressemble en général à l'insecte parfait : comme lui elle a la propriété de relever l'abdomen quand on l'inquiète; elle a le corps allongé, atténué vers le sommet; la tète est grande, orbiculaire, rétrécie à la base, attachée au corselet par un col bien marqué; il y a quatre ocelles; le labre est très-court; les mandibules grandes, droites, falciformes, aiguës, simples; les mâchoires sont insérées au-dessous des mandibules, éloignées de la lèvre : elles sont cornées; les palpes maxillaires sont épais, courts, de quatre articles; le menton membraneux, transversal; la lèvre presque carrée, cornée à la base, membraneuse au sommet; la languette est très-petite, rétrécie; les antennes en général de cinq articles seulement; les segments thoraciques sont cornés en dessus, membraneux en dessous: les abdominaux sont'au nombre de neuf, et vont en décroissant de largeur; la queue anale est Inarticulée; les pattes sont courtes; il y a neuf paires de stigmates : les prothoraciques étant les plus grands de tous.
Les larves des Staphyliniens se ressemblent beaucoup entre elles, et diffèrent considérablement de celles des autres Coléoptères; elles n'ont aucun rapport avec celles des Carabiques et des Dytisciens, et se rapprochent beaucoup, au contraire, de celles des Silpbales et des Nitidulaires, tant par leur forme générale que par leurs mœurs.
Le genre de vie de ces larves est assez variable, et l'on comprend qu'il doit différer suivant les lieux mêmes où on les rencontre : habitations qui, au reste, sont les mêmes que celles des Insectes à leur état parfait. Quelques particularités remarquables ont été observées dans l'étude de leurs mœurs. La larve de YOcypus olens, de même que celles des Cicindèles, se cache dans une sorte de canal, la tête seule dehors, et cachée par de la terre, et elle attend, dans cette position, que quelque Insecte vienne à passer pour s'en emparer et le dévorer. Cette larve est très-vorace, et se nourrit parfois de Chenilles assez grosses. 11 paraîtrait même, d'après l'observation de Heer, qu'elle mangerait les animaux des Hélix. Pendant le jour, elle reste en repos, guettant sa proie; et, la nuit, elle va la chercher sur le sol. En général, les larves sont très-carnassières, et, dans l'intérieur des charognes, se nourrissent surtout de larves de Diptères. C'est principalement vers la fin de l'automne et au commencement de l'hiver que l'on en voit un plus grand nombre La durée de leur vie paraît être longue, mais n'a pas été constatée d'une manière positive.
Les nymphes n'offrent pas de particularités remarquables; elles ont une forme un peu allongée, et laissent apercevoir l'Insecte parfait à travers les membranes qui l'enveloppent. Elles se rencontrent dans la terre, dans le fumier, sous les feuilles pourries, sous la mousse, les pierres et sous les écorces des arbres. La métamorphose en nymphe a toujours lieu au printemps, et ces nymphes ne restent que peu de temps dans cet état : au bout de vingt à trente jours, on ne tarde pas à voir sortir l'Insecte parfait de sa prison.
A leur état parfait, les Staphyliniens ne se nourrissent pas exclusivement de matière putréfiée, ainsi que le fait le plus grand nombre, mais presque tous sont carnassiers. Plusieurs se trouvent dans les fumiers, d'autres dans les matières végétales en putréfaction, principalement dans l'intérieur des Bolets. Beaucoup se rencontrent aussi dans les cadavres des animaux; quelques-uns habitent exclusivement les excréments des animaux. Un grand nombre, de même que les Carabiques, vivent dans la terre, sous les mousses, les feuilles tombées sur le sol ou sous les pierres. Ils restent dans leur retraite pendant le jour, et ce n'est que la nuit qu'ils en sortent pour aller a la recherche de leur proie. Il en est que l'on ne trouve que sur le sable humide qui borde les eaux des rivières et des mares; quelques-uns même se cachent sous les écorces des arbres; d'autres se logent dans l'intérieur des fleurs à la manière de certaines espèces de Nitidulaires. Quelques aléocharides ont été signalés dans l'intérieur des fourmilières, en compagnie d'un grand nombre de Fourmis; et un genre, celui des Vellcitis, se trouve dans les nids des Frelons.
Ces Insocles peuvent, comme les Carabiques ei presque tous les Silpliales, dégorger par la boa* rlie une liqueur plus ou moins Fétide, acre, el de couleur obscure, qui semble destinée à modifier leurs aliments et qui découle de l'œsophage. On remarque surtout cette propriété dans les espèces qui vivent dans l.s matières animales mortes et en putréfaction. Ils répandent aussi une. odeur désagréable, plus ou moins musquée, et c'est cela qui a fait appliquer l'épitbéte A'odorant à la grande espèce que l'on rencontre souvent dans nos campagnes, VOcypus olcna.
La plupart de ces Coléoptères ne volent pas, et restent presque toujours' sur le sol; cependant on en prend quelques-uns au vol, au printemps et en automne, dans le milieu de la journée, et, en été, fera le commencement de la soirée; mais cela n'a lieu que par un temps serein.
Dans la deuxième édition de son Systema naiiuir, Linné ne décrivait qu'une vingtaine d'espèces de Staplivliniens : aujourd'hui, que leur étude a été faite avec beaucoup de soin, on a pu en donner la description de près de dix-huit cents espèces, qui sont réparties dans plus de cent genres. Ces Insectes sont, pour la plupart, de petite taille; quelquefois même presque microscopiques, et un très-petit nombre seulement atteint une taille moyenne. Les espèces européennes ne présentent, en général, que d'assez sombres couleurs, variant du noir au vert bronzé, et du roux au bleu plus ou moins brillant; mais toutefois les petites espèces sont parfois agréablement nuancées de, diverses couleurs, qui tranchent les unes sur les autres d'une manière remarquable : c'est ainsi que l'on peut y voir le jaune, le rouge, le bleu et le noir brillant. Les espèces des pays chauds offrent, dans certains cas, les nuances métalliques les plus riches et les plus brillantes. Tantôt ces couleurs sont dues à l'assemblage d'une grande quantité de poils, tantôt elles font l'ornement de l'enveloppe nue de l'Insecte.
Tous sont très-agiles; un grand nombre d'espèces, principalement les plus grandes, ont l'habitude de relever, en courant, leur abdomen; et quelques-unes des petites, parmi les Aléocharides, le ramènent si complètement sur leur dos, qu'elles ont alors une forme qui semble presque globuleuse. L'abdomen est extrêmement flexible, et c'est à l'aide des mouvements que ces Insectes lui donnent qu'ils font rentrer leurs ailes sous les élytres quand ils cessent de voler. Leur anus est garni de deux vésicules coniques, velues, que l'Insecte fait sortir à volonté, et d'où s'échappe une vapeur trèssubtile et très-odorante.
Le mode de distribution géographique des Staphyliniens a été indiqué par Erichson (Gci'cra et Spccies Sttijili., page 18); mais nous ne pouvons entrer dans de nombreux détails sur ce sujet, qui, du reste, n'a pu encore être étudié d'une manière suffisante; car l'étude des Insectes de cette famille, par la difficulté de leur recherche, par leur forme peu agréable, et par leur coloration souvent sombre, n'a guère été faite encore qu'en Europe, et a peu occupé les naturalistes qui ont voyagé dans d'autres parties du monde, et conséquemment est très-loin d'être complète. Toutefois, on peut dire qu'on a rencontré des Staphyliniens sur tout le globe, qu'ils semblent plus abondamment répandus dans les régions boréales et tempérées que dans les autres pays, et que jusqu'ici la majeure partie de ceux qu'on a décrits appartient à l'Europe; toutefois, dans ces derniers temps, on en a recueilli un nombre assez considérable en Amérique, principalement au Chili, en Colombie, en Bolivie et dans les États-Unis, et l'on en a rapporté plusieurs de Madagascar et de diverses parties de l'Asie et de l'Afrique.
Un grand nombre d'entomologistes ont publié des travaux sur les Insectes de cette famille; nous passerons rapidement en revue les principaux d'entre eux pour ne nous arrêter qu'au grand ouvrage d'Erichson, qui est universellement adopté, et que nous suivrons ici presque complètement, tout en indiquant ce qui a été fait depuis sa publication, ainsi que quelques changements que l'on doit y faire.
Les Staphyliniens étaient connus dans l'antiquité; on peut en avoir la preuve en consultant les ouvrages d'Aristotc et d'Apsyrte, et leur nom même vient du grec, car ils étaient déjà désignés dans la langue de ces peuples sous le nom qu'ils portent aujourd'hui, celui de utaçuXwoj, Quant à la nu ina de ce mot, on peut, ainsi que le fait observer M. Brullé, la regarder comme incertaine, au moins dans le cas dont il s'agit ici. Quelle analogie; en effet, peut avoir le mot vraçutai, raisin, avec les
[tue* tes qui nous occupent? M. G. I) éril indique comme l'étymologie de ce nom ce même mot de
i:i'.«<, pria dans |i' s<iis de la luette; mais celte élymologic parait aussi exccssivemeil douteuse, à cause du peu de rapport que l'on trouve entre ces Insectes et la luette.
Fie. 1. — Sericathis genuina.
Fig. 2. — Listronyx lestacea.
Fig. 3. — Aplodcma Slagcllanica,
lu. i. — Chinctnobitu cUialipes.
Fig. 5. — Aiatretes clongala.
Linné, en 1767 {Systema nalurœ, 10' éd ), ne connaissait que vingt-six espèces de Stapliyliniens, qui constituaient pour lui un genre unique, celui des Staphylinus.
Fabrieius (Systema entomologiœ, 1775, et Systema Eleutheratorum, 1801), le premier, créa les genres Oxyporus et Pwderus aux dépens des Staphylinus de Linné, et adopta le genre Slenus, que Latreille avait précédemment créé.
En 1800, Paykull {Monogr. Slaphylinorum Suecica) donna un travail général sur les Insectes de cette famille, dont on ne connaissait encore qu'un assez petit nombre.
Plus tard, en 1802 et 1806, Gravenhorst [Mieroptera Brusvicensia et Monograpliui Microplcrorum) publia une nouvelle monographie des Staphyliniens, qu'il nomme Mieroptera, et y admit quatorze coupes génériques particulières.
Latreille, dans ses divers ouvrages, tels que Y Histoire naturelle des Crustacés et des Insectes, 1802; le Précis des caractères génériques des Insectes, 1796; le Gênera Crustaccorum et Insectorum, 1806; les Familles naturelles du règne animal, 1825, et \e Règne animal deG. Cuvicr, 2° éd., 1829, donna plusieurs classifications plus ou moins différentes des Staphyliniens, auxquels il appliqua le nom de Braciiélïtres, Brachelytra (gjaxu;, court; eXuTpov, élytre), qui a été assez généralement adopté, principalement en France, et fit connaître un certain nombre de genres nouveaux fondés, en général, sur de bons caractères (1).
Deux savants naturalistes, M. Mannerheim, en 1850, dans son Précis d'un nouvel arrangement de la famille des Brachélytrcs, et M. Nordmann, dans son Symbola ad monographiam Slaphylinorum, publié en 1857, indiquèrent de nombreux changements à faire dans la classification des Coléoptères de cette famille, firent connaître de nouveaux genres, et adoptèrent un certain nombre de ceux fondés antérieurement par quelques entomologistes : et ces travaux, principalement le premier, sont devenus la base de tous les ouvrages de révision qui ont été publiés depuis. M. Mannerheim partage les Staphyliniens en six tribus; celles des Staphylinides, Sténides, Oxylélidcs, Omalides, Tachyporides et Aléocharides, qui correspondent en partie aux divisions de Latreille.
Dans le premier volume de sa Faune entomologique des environs, le seul qui ait malheureusement été publié, M. Th. Lacordaire a indiqué une tribu particulière, celle des Pcedérides, qui depuis a été adoptée.
Stephens {Illust. Brist. Entom., 1850) et les auteurs anglais, dans leurs divers ouvrages et mémoires sur les Insectes de cette famille, se sont principalement appliqués à y créer, et quelquefois a y indiquer seulement, un grand nombre de genres nouveaux.
Enfin, Erichson, en 1857-1859, dans les Die Kœfer der Mark Brandemburg, et principalement en 1840, dans son Gênera et Spccics Slaphylinorum, remania entièrement tous les matériaux réu-
(1) Dans la deuxième édition du Règne animal (I8'29), Latreille assigne à la famille des Staphyliniens les caractères suivants: Coléoptères n'ayant qu'un palpe aux mâchoires, ou quatre en tout; à antennes, tantôt d'égale épaisseur, tantôt un peu plus grosses vers le bout, et ordinairement composées d'articles en forme de grains ou lenticulaires; à élytres beaucoup plus courts que le corps, qui est étroit et allongé, avec les hanches des deux pieds antérieurs très grandes; et à deux vésicules, que l'animal l'ait sortira volonté, placées près de l'anus. Cette famille est subdivisée en cinq sections: 1° Les Fis-ilamies (Fistilabra), qui ont la tète entièrement nue et séparée du corselet, qui est, tantôt carré ou en demi-ovale, tantôt arrondi ou en cœur tronqué par un col ou étranglement visible, et dont le labre est profondément divisé en deux lobes; genres : Oxyporus, Âtlrapie, Staphylin, Pinophilt, Lathrobie; 2° les Loscipalpes (Longipalpi), qui ont aussi la tète entièrement découverte, mais dont le labre est entier, et dont les palpes maxillaires sont presque aussi longs que la tète, terminés en massue, formée par le troisième article, avec le quatrième caché ou très-peu distinct, et sous la figure d'une petite pointe terminant celte massue lorsqu'il est visible : le précédent étant très-renflé; genres : Pcedire, Évœsthéte, Stène; 5° les Desticugses ( Denticrusa) différant de la précédente section par les palpes maxillaires, qui sont beaucoup plus couits que la tète, et toujours de quatre articles distincts les jambes antérieures étant au moins dentées ou épineuses au côté externe; enfin, les tarses, qui, dans la plupart, se replient sur les jambes, ayant le dernier article aussi long ou plus long que les précédents pris ensemble : le premier ou les deux premiers étant ordinairement si petits ou si cachés, que leur nombre total ne parait être que de deux ou de trois; genres : Oxytele, Osorie, Zirophore, Prognathe, Coprophile; 4° les APLATIS [Depressa) offrant, de même que dans la section précédente, une tète dégagée, un labre entier, des palpes maxillaires courts, et !e quatre articles distincts, mais dont les jambes sont simples ou sans dents ni épines au côté externe, et les tarses ayant manifestement cinq articles; genres : Omalie, lutin», Microptple, Protéine, Aléocliare; ct5° les Microcéphales (Microaphala), qui ont la télé enfoncée, postérieurement, jusque près des yeux, dans le corselet: cette tète n'étant point séparée par un col ni par un étranglement visible, et le corselet ayant la forme d'un trapèze, s'élirgissant de devant en arrière; genres : Lomechuse, Tachine, Tachypore. — Nous n'avons pas cru devoir adopter ces divirscs sections, parce qu'elles ne nous cnl pis semblé aus-i naturelles que les tribus créées par Erichson, mais nous indiquerons la concordance des uns et des .mires.
s HISTOIRE NATURELLE.
nis par ses prédécesseurs, étudia de nouveau presque toutes les espèces connues jusqu'alors, en décrivit beaucoup de nouvelles, et créa un grand nombre de genres, la plupart fondés sur de bons caractères, mais dont quelques-uns, cependant, ne différant pas très-notablement de certains autres plus naturels, auraient pu facilement leur être réunis. Voulant faire connaître complètement l'excellent otrrrage '1 Erichson, nous n'avons pas cru devoir y faire tous les changements qui nous auraient semble néi essaires; mais, toutefois, qu'il nous soit permis de protester de nouveau contre la tendance qu'ont la plupart des entomologistes modernes de créer une beaucoup trop grande multiplicité de geoi e< : car, s'ils suivent rigoureusement le même principe, ils arriveront, d'ici à quelques années, à indiquer presque autant de coupes génériques qu'il y a d'espèces, et par conséquent à compliquer inutilement la science.
Depuis la publication de l'ouvrage d'Erichson, peu de travaux ont été publiés sur la famille des Slapbyliniens, et parmi eux nous citerons ceux de MM. Motschoulsky, Gray et Solier, Aube, etc.; un certain nombre d'espèces ont été décrites, et plusieurs genres ont été créés : nous les indiquerons.
Les bases de la classification que nous suivrons seront exactement les mêmes que celles adoptées par Erichson. Les Staphyliniens seront partagés en deux grands groupes primordiaux : dans le premier entreront les espèces chez lesquelles les stigmates du prothorax sont visibles, et, dans le second, celles dans lesquelles ces organes sont cachés. Le premier se composera de trois tribus : les Aiéociiamdes [Aleocharini, Erichson); les Taciiypoiudes (Tachyporim), et les Stapiiylinides (Staphylmi); el le second renfermera huit tribus : les P^edéhides (Pcederini), les Pinopiiilides (Pinophiini , b s Stk.mdes [Stenàm), les Oxïtélides (Cxi/tet'ini), les Piestides (Pieslini), les Phl,eocuaiudes (Plilaocharini), les Omalides (Umalini), et les Protéimdes (Proleinini).
PREMIÈRE TRIRU.
ALÉOCIIAMDES. ALEOCHARID.E. Erichson, 1840. Gênera et species Slapliyliiiorum.
Labre entier, corné, sans lanières membraneuses; mandibules peu proéminentes, à limbe interne membraneux, à extrémité libre, pointue, mutiques dans la plupart des genres, plus ou moins dentées chez d'autres ; mâchoires à lobes tantôt membraneux, tantôt cornés; palpes maxillaires de quatre articles : le premier petit, le second et le troisième allongés, el le dernier court, subulé; menton corné; lèvre membraneuse plus ou moins découverte; languette membraneuse étroite, placée entre les premiers articles des palpes a extrémité bilide ou entière; pas de paraglosses dans le plus grand nombre des cas, ou bien cet organe est très-peu développé; palpes labiaux de quatre ou de deux articles, ou même sans articulations distinctes; antennes de dix ou onze articles, plus ou moins longues, filiformes ou épaissies; yeux petits, arrondis ou ovales, latéraux; tête découverte, le plus ralement infléchie; corselet à peu près de la largeur des élytres; écusson petit, triangulaire; êlytrea égalant la longueur de la poitrine; abdomen n'ayant le plus souvent que six segments distincts, le septième presque constamment caché en entier; pieds grêles, à tibias presque toujours inermes, mais quelquefois armés de petites spinules; tarses tantôt tous de quatre ou cinq articles, tantôt les postérieurs de cinq articles, et les antérieurs de quatre, la grandeur relative de ces articles variant beaucoup, selon les genres; crochets tarsiens grêles, simples, assez longs, et courts dans un seul genre.
I Mcoiharides sont des Staphyliniens de taille généralement très-petite, et rarement de taille moyenne; leur corps est assez allongé, presque parallèle dans la grande majorité des espèces; deux de leurs meilleurs caractères consistent dans leurs antennes, insérées au bord interne des yeux, et dans leurs stigmates du corselet visibles. Ils ont un système de coloration uniforme, noirâtre ou ferrugineux. Leur agilité est très-grande, et l'on ne parvient que difficilement à les prendre. On les trouve dans les mousses au pied des arbres, sous les écorces, sous les amas de feuilles ou de dé-
tritus végétaux, dans l'intérieur d'un nombre assez considérable de champignons; quelques genres ne se rencontrent que dans les fourmilières, ainsi qu'on l'a constaté d'une manière positive dans ces derniers temps; enfin, certaines espèces ont été prises dans des bouses de .Mammifères; d'autres ont été capturées à terre et sous des pierres, et il en est une qui vit sur les plages de la mer, chaque jour deux fois recouvertes par la mer. La petitesse de ces Insectes, leur coloration sombre et la difficulté de leur étude, les ont fait peu rechercher jusqu'ici; aussi ne connait-on qu'imparfaitement leurs mœurs, et a-t-on à peine ébauché l'histoire de leurs métamorphoses. En effet, M. Westwood (Introduction to the modem class. Inscclen) dit quelques mots des larves de YAlcochara fuscipes, et aucun autre naturaliste n'a parlé de celles des autres espèces.
Les Aléocharides, dont on connaît plus de trois cents espèces, réparties dans une trentaine de genres, se trouvent répandues dans presque toutes les régions du globe; mais c'est en Europe qu'on en a observé jusqu'ici un plus grand nombre.
Cette tribu correspond en grande partie à celles des Aplatis (Dcpressï), de Latreille; mais elle a été véritablement établie, sous le nom d' Aléocharides, par M. de Mannerheim, et surtout par Erichson, qui l'indique sous la dénomination à'Aleocharini. Originairement, les espèces rangées dans celle division étaient placées dans le grand genre Staphijtinus; puis, presque toutes dans celui des Alcocliara, et aujourd'hui elles sont réparties dans une trentaine de genres distincts.
Parmi les genres les plus importants de cette tribu, nous citerons seulement ceux des Mijrmédoute, Fatagrie, Bolitochare, Homalotc, Oxypoda, Aléochare, Dinarde, Loméchase et Gymnase.
i" GENRE. — MYRMÉDONIE. MYRMEDONIA. Erichson, 1837.
Gênera et species Staiibylinorum.
Mufp.r,Ç, fourmi ; <5ovew, je trouble.
Corps oblong ou allongé, un peu convexe, ayant des ailes ou n'en présentant pas; tête découverte, droite, arrondie, de la largeur du corselet ou un peu plus étroite; yeux médiocres, peu proéminents; labre élargi, tronqué, atteignant à peine la base des mandibules; mandibules mutiques; mâchoires allongées à l'extérieur, cornées, presque égales en longueur au palpe maxillaire : plus courtes à l'intérieur, membraneuses, cornées vers la base; palpes maxillaires médiocrement allon-
Fig. 3. — Myrmedoma Haworthi ( Zyrat).
gés, à second article plus court que le troisième, légèrement épaissi, plus petit que le quatrième, subulé; labre un peu échancré, à premier article plus court que les palpes labiaux; ceux-ci composés de trois articles décroissant successivement en grandeur; antennes plus ou moins épaisses, à trois premiers articles allongés, le second plus petit que le troisième, le dernier souvent presque pointu; corselet très-déprimé, plus étroit que les élytres; écusson triangulaire; élytres tronqués intérieurement à la base, légèrement sinueux vers l'angle externe; abdomen de la même largeur que les élytres; pieds peu allongés; quatre articles aux tarses antérieurs, cinq aux postérieurs : ceux-ci allongés, a quatre premiers articles décroissant de grandeur.
La plupart des espèces de ce genre étaient réunies par M. le comte de Mannerheim au genre Boteochara : nue seule, le /•' «mafieniata, formait letgenre Drusilla (nom propre) de Leach (d819, ni Smmmrth Compendium); mais ce nom ayant été employé antérieurement par Swainson (Zoo!, illusi.. toni. I. lab. m pour désigner un genre de Lépidoptères, a été changé parM. Dilloyns (1832i inSuphetu lllutl lirii Km . lom. Y) en celui de Astilbus (x, privatif; vzO.Co;, luisante. En 1837 [loeo àuao), Erichsoncréa son genre Myrtnedonia; il le forma avec les espèces de Holiiochara, et v réunit non-seulement le genre l>ntsilla ou Astilbus, mais encore ceux des Zijras (;ufc;, rasoir), ayant pour type la M. fulgida [Z. HauorUù, Slophens), et Pclla (mi>*«, fauve), comprenant les M timbales, humerait* et funeste, fondés en 1855 par Stephens (Illust. Brh. Eni.), et qui ne présentent pas de caractères distiactifs suffisants. L'entomologiste prussien rapprocha aussi des Myrmtdmia le genre Parus (™?g;, malheureux) de M. llope (in 2ii>;//c Uimalayas, 1855), qui ne comprend que le /'. oehraceus.
Fig. 4 — Myrmtdonia humiraht. Fig. 5. — Myrmedoma trittu.
Le genre Mvrmcdonie renferme une quarantaine d'espèces, dispersées en Europe, en Asie, en Afrique et en Amérique, et surtout remarquables par la structure de leurs tarses et par leurs pattes intermédiaires laissant un espace marque entre eux si les autres membres. Ces Insectes, d'une couleur ordinairement sombre, nuancée parfois de rougeâtre, ont les élytres très-courts, les antennes assez épaisses, et le corselet presque canaliculé au milieu. Lorsqu'on les touche, ils font le mort et relèvent leur abdomen de manière à ce que son extrémité louche presque les élytres. Les Myrmédonies se trouvent toujours aux environs des fourmilières : on ne saurait dire au juste quel est le genre d'association qui existe entre elles et les Fourmis; mais il est probable, à en juger par les habitudes carnassières de ces Slaphy liniens entre eux, qu'ils dévorent ces Hyménoptères. Leur couleur et l'odeur qu'ils exhalent leur permettent de se mêler impunément parmi les hôtes qu'ils déciment, s'il faut s'en rapporter à la remarque consignée dans le Dictionnaire universel par un habile entomologiste, M, Lhevrolat. Cependant, d'après une observation faite assez récemment en Allemagne, sur la lïtnanla dcnlata, la présence des Myrmédonies au milieu des Fourmis serait peut-être expliqua' par le plaisir qu'éprouvent ces dernières à lécher une liqueur sécrétée par ces Staphyliniens ; c'est à un motif semblable que l'on attribue le séjour des Clavigères dans certaines fourmilières. Ualgré toutes les recherches des entomologistes de Paris, on n'a pu encore parvenir à y vérifier ce fait curieux, et, toutes les fois qu'on a enfermé dis Myrmédonies avec des Fourmis, on a vu ces dernières mises en pièce et dévorées. C'est surtout près des fourmilières construites par la grosse Fourmi nni.s.-i- l'uiniiiu rufa), et de celles creusées par la Fourmi noire (Formica fuliginosa), soit dans la terre, soil au pied des arbres, que les Myrmédonies se trouvent plus spécialement. Une espèce, toutefois, la Myrmedonia eanaliculata, Pabricius, type du genre Drusille, très-commune aux entrons de l'aris, se rencontre habituellement sous les amas de détritus végétaux, sous les pierres, et rarement avec les Fourmis
Les espèces de ce genre sont toutes de petite taille; Erichson les subdivise en deux groupes : i n> aptères, qui ne comprennent que le M. eanatieulatus [Staphytinus), Fabricius, propre
a toute l'Europe, et le Jf, pUcatus, Erichson, particulier aux environs de Berlin; et 2° espèces ailées, parmi lesquelles nous nous bornerons à citer les M. limbatus [Slaphy linus), Paykull; humeralis {Aleochara), Gravenhorst; funesta (Alcochara), Grav , toutes trois d'Europe ; frontatis, Erichson,
Fi;;. 1. — ilaaopus biguttatus.
Fig. 2. — Ma/lolarsm spadiceu
Fig. 3. — Anoploslagum sulcalulu
Fig. i. — Coloma bipartita
Fig. 5. — Demodema fallax.
du cap de Bonne-Espérance; coriaceus, Erichson, du Brésil; ochracctts (Ponts), Hope, du Népaul, et tumidula, Erichson, de Colombie; mais dette dernière espèce, tout en présentant les principaux caraotères des Mijrmedonia. en diffère sous quelques points de vue.
2m< GENRE. - AUTALIE. AUTALIA. Leacli, 1830.
In Mannerlicini, précis d'un arrangement îles Braelnlytres. Éljinologie incertaine.
Corps petit, déprimé, ailé; tête distincte, droite, presque orbiculaire, un peu plus large que le corselet, comprimée vers la base, et formant une sorte de col qui s'attache au corselet ; yeux médiocres, peu proéminents; labre très-large, .semi-orbiculaire; mandibules petites, imitiques; mâchoires a lobe interne mutique, bordé intérieurement de petites épines; palpes maxillaires médiocrement allongés, a deuxième et troisième articles presque égaux, le quatrième petit, subulé; labre assez grand, un peu effilé en arrière, allongé, à extrémité profondément incisée, et à lobes arrondis; languette étroite, allongée, à extrémité bifide; paraglosses petits, effilés, pointus, ciliés à l'intérieur; palpes labiaux biarticulés, à premier article cylindrique, le second à peine plus court, et à extrémité épaissie; antennes presque aussi longues que la tête et le corselet réunis, épaisses, à premier article cylindrique, le second et le troisième presque coniques, plus allongés; corselet près de deux fois plus étroit que les élytres, presque carré, à angles antérieurs arrondis, et sommet atténué; écusson triangulaire; élytres assez amples, un peu plus larges que l'abdomen, arrondis légèrement sur les côtés; abdomen linéaire placé en dessus, convexe et recourbé en dessous; pieds médiocres, les intermédiaires un peu écartés des autres; tarses antérieurs de quatre articles, Fij.6. — à uiahaimp rusa. postérieurs de cinq, les quatre premiers articles à peu près égaux.
Ce genre, formé aux dépens de celui des Aleocliara, comprend des Insectes très-petits, qui ont le faciès de quelques Psélaphiens. Selon Erichson, ils se rapprochent des Falagria par leurs paraglosses acuminés, tandis qu'ils s'en distinguent par leur menton profondément échancré et leur languette allongée; en outre, ils se rapprochent aussi de certaines espèces d'Homaiota, telles que les //. didyma et bisulcala ; mais la forme des organes de la bouche les en différencie facilement. Comme ces derniers Staphyliniens, les Autalia vivent dans les Bolets et autres végétaux en décomposition. Erichson n'en cite que deux espèces, les A. impressa (Siaplnjl'mus), Olivier, et rivulare (Aleocliara), Gravenhorst, qui se trouvent dans presque toute l'Europe. M. Shuckard (Eléments of Brïùsch Entomology, etc.) en cite quatre autres espèces, propres a l'Angleterre, et qui sont désignées sous les noms d'A. plicata, Kirby, ruficornis, alerrima et anejusùcolïis, Kirby.
5me GENRE. — FALAGBIE. FALAGRIA. Leach, 1819.
In Samouellc Coinpcrdium.
**>.axpc;, chauve.
Corps très-petit, un peu déprimé, ailé; tète distincte, droite, presque orbiculaire, à peu près aussi large que le corselet, à base considérablement rétrécie, et formant une sorte de col qui vient s'attacher au corselet; yeux médiocres, très-peu proéminents; labre médiocre, presque orbicuh.iiv; mandibules petites, mutiques; mâchoires à lobe interne mutique, cilié en dedans et présentant de courtes épines; palpes maxillaires peu allongés, à second et troisième article presque égaux, et â quatrième article petit, subulé; lèvre à menton transverse, à sommet légèrement échancré; languette
allongée, linéaire, à extrémité bifide; paraglosses petits, effilés; palpes labiaux de trois articles, le second étant le plus petit; antennes égales ou un peu plus longues que la tête et le corselet, épaissies : les trois premiers articles les plus allongés, le second et le troisième presque coniques, égaux; corselet étroit vers la base, obtusément anguleux au sommet; écusson triangulaire; élytres de la largeur de l'abdomen, tronqués au sommet et a peine sinueux à l'angle externe; abdomen linéaire, plan en dessus, convexe en dessous, souvent recourbé; pieds un peu allongés, les intermédiaires un peu distants de la base; tarses antérieurs de quatre articles, postérieurs de cinq : tous allongés, et les quatre premiers allant en décroissant insensiblement.
Ce genre, fondé aux dépens des Aléochares, se distingue facilement des groupes de la même tribu par son corselet presque en cœur ou arrondi et légèrement convexe, et par sa tête éloignée du corselet : il se rapproebe beaucoup des Homalola, des Aulatia, et surtout des Bolitochara; mais il s'en différencie particulièrement par sa languette moins allongée, et parla disposition du premier article de ses palpes labiaux. Les Falagria sont des Insectes de très-petite taille, a forme grêle, élégante, et dont les couleurs sont sombres, généralement même noirâtres. Les espèces dont on connaît les mœurs se rencontrent sur les bouses des Ruminants, ou bien sous les pierres. On en connaît plus de vingt-cinq, qui sont réparties dans toutes les parties du monde, l'Océanie exceptée; mais plus de la moitié se trouvent dans l'Amérique. Nous citerons comme types les F. tukata (Staphylàuu), Paykuhl, et obscura (Akochara), Gravenhorst, qui ne sont pas rares dans toute l'Europe, ainsi que les F. nœvala, Erichson, d'Egypte, et disciva, Erichson, du Brésil.
Fig. 7 — Falagria sukala.
GENRE. - B0L1T0C11ARE. BOLITOCHARA. Mannerheim, 1830.
Précis d'un arrangement des BtlChilytKS.
BuXinn, champignon; y.apa, choix.
Corps un peu déprimé, ailé; tête bien distincte, droite, arrondie, à base profondément rétrécie, légèrement plus étroite que le corselet; yeux médiocres, peu proéminents; mandibules mutiques placées sous le labre; celui-ci assez grand, large, un peu arrondi à l'extrémité; mâchoires à lobe interne mutique, cilié intérieurement et offrant de petites spinules; palpes maxillaires allongés, à second et troisième article d'une longueur égale, le quatrième petit, subulé; languette allongée, linéaire, bifide à son sommet; paraglosses petits, effilés, acuminés; palpes labiaux de trois articles, le second le plus court de tous; antennes épaisses, presque de la même longueur que la tête et le corselet réunis, à trois premiers articles allongés, le second et le troisième obeoniques; écusson triangulaire; corselet plus étroit que les élytres, court, à bords antérieurs arrondis; élytres tronqués à l'extrémité, à angle externe distinctement sinué; abdomen de la même largeur que les élytres, plan en dessus, convexe en dessous, souvent recourbé; pieds médiocrement longs, les internes peu distants delà base; tarses antérieurs de quatre articles, postérieurs de cinq : ceux-ci allongés, et les quatre premiers allant sensiblement en diminuant.
Les Bolitochara' ont les mâchoires semblables à celles des Homalota, et les paraglosses disposés comme ceux des Falagria; mais leur languette est moins allongée. Par leur aspect, ils rappellent plusieurs Oxyporides, dont ils se distinguent facilement par leur tête rétrécie à la base, ainsi que par leurs tarses antérieurs, composés seulement de quatre articles. Les mâles sont différents des femelles, parce que le sixième anneau de leur abdomen a le dos tuberculeux ou globuleux.
Ce genre, créé par M. de Mannerheim aux dépens des Akochara, a été
Kig. 8. — fio/ilocAaro /limita.
Fig. |. — .4nonuilochilus si/igutaris.
Tic. 2. — Alvarez submetalllci*
Fig. :!. — Sauta quadrimaculata.
Fig. i. — Vloments hypoct'Ua.
Fig. 5. — Euryasjfsis Camtichatu/ti.
adopté par Erichson; mais ce dernier, au lieu d'y comprendre cinquante-sept espèces, comme le premier entomologiste, n'y place plus que quatre espèces; les autres rentrant, soit dans le genre Ilomalola, soit dans des groupes qui en sont plus ou moins éloignés. Les espèces d'Erichson sont les Aleochara luc'uliila, Gravenhorst, d'Allemagne et de Suède; Stapkylinus limants, Pavkull (B.pulclna, Lacordaire), d'Europe; B. obliqua, Erichson {B. cincta, Lacordaire), d'Allemagne et des environs de Paris, et B. varia, Erichson, découvert en Sardaigne par M. Gêné. Ces Insectes, de petite taille et de couleur sombre, vivent dans les Bolets et les végétaux en décomposition.
5"' GENRE. - OCALÉE. OCALEA. Erichson, 1840.
Gênera et S|iecies Slaphylinorum.
fixsXto;, rapide.
Corps peu déprimé, ailé; tète découverte, droite, arrondie, à base rétrécie ; yeux médiocres, peu proéminents; labre assez grand, légèrement arrondi à l'extrémité; mandibules mutiques, placées sous le labre; mâchoires à lobe interne mutique, terminé par de petites épines; palpes maxillaires peu allongés, à second et troisième articles presque égaux, le troisième légèrement épaissi, le quatrième petit, subulè; languette allongée, linéaire, bifide à son extrémité; pas de paraglosses; palpes labiaux composés de trois articles à peu près d'égale longueur, le dernier très-mince; antennes peu épaisses, à trois premiers articles longs, les second et troisième presque égaux; corselet suborbiculaire, un peu plus étroit que les élytres; écusson triangulaire; élytres tronqués à l'extrémité, légèrement sinueux à l'angle externe; abdomen de la largeur des élytres, plan en, dessus, convexe en dessous; pieds peu allongés, les intermédiaires rapprochés de la base; tous les tarses de cinq articles, les quatre premiers sensiblement décroissants.
Les Ocalca ont les mâchoires constituées comme celles des Homalota, et leur languette est bifide, comme chez les Boiuockara ; mais ils se distinguent des uns et des autres par l'absence complète de paraglosses. En outre, par plusieurs de leurs caractères, ils se rapprochent des Oxijpoda.
Erichson décrit huit espèces de ce genre; sept sont propres à l'Europe, principalement à l'Allemagne, et une aux États-Unis d'Amérique. Nous indiquerons comme types les 0. badia, Erichson, de Berlin, et 0. decumana, Erichson, qui a été trouvé aux environs de Paris.
6me GENRE. — CALODÈRE. CALODERA. Mannerheim, 1850.
Précis d'un arrangement des Drachélytres. KiJ.c;, Leau ; StfTi, col.
Corps allongé, peu déprimé, ailé; tête découverte, droite, arrondie, presque de la largeur du corselet; yeux médiocres, peu proéminents; labre très-grand, à bords arrondis, a extrémité tronquée; mandibules mutiqueo; mâchoires à lobe interne mutique, bordé intérieurement par de petites épines; palpes maxillaires peu allongés, à second et troisième articles presque égaux, le quatrième petit, subulè; languette courte, biiide; paraglosses courts; palpes labiaux triarticulés, à second article court, le troisième grêle; antennes plus ou moins épaisses, ù trois premiers articles allongés, les second et troisième obeoniques, les quatrième à dixième presque tous transverses, le dernier ovalaire; corselet plus étroit que les élytres, carré ou arrondi; écusson triangulaire; élytres tronqués à l'extrémité, sinués profondément a l'angle externe; abdomen de la largeur des élytres, linéaire, plan en dessus, convexe en dessous; pieds médiocrement allongés, les
Fig. '•)■ — CaloJcr* longilariis.
intermédiaires très-rapprorhés de la base; tarses ayant tous cinq articles allongés, et les quatre premiers décroissant de grandeur.
Ce genre, créé par M. Mannerlieim et adopté par ErichsOB, renferme une douzaine d'espèces, tomes d'Europe, et qui sont nouvelles, ou qui avaient été placées dans les genres Alcocliara et Tacltinus. Les Calodères ont les mâchoires semblables a celles des Homalola, et les paraglosses larges, arrondis, comme chez les Alcocliara; mais leur languette est beaucoup plus courte. Ces Insectes ont, en général, le corps finement ponctué, soyeux, noirâtre, et recouvert d'une poussière blanche : la plupart vivent sur le bord des eaux; les deux sexes ne présentent aucune différence notable entre eux. Comme types, nous indiquerons le Staphylinus nigricollis, Paykull, et le C. Iongitarti», Erichson, qui se trouvent dans les bois humides de presque toute l'Europe. Dernièrement (.Iidi. de la Soc. eut. />., 2' série, tom. VIII, oct. 1850), M. Aube en a fait connaître quatre espèces nouvelles, toutes propres à l'Europe, et dont deux, \esCalodera propinqua et picina, Aube, ont été découvertes aux environs de Taris
7°" GENRE. - TACHYUSE. TACHYUSA. Erichson, 1837.
Kopfer der Mardi Brandeliurg.
Ta/ii;, prompt.
Corps allongé, peu déprimé, ailé; tète découverte, droite, arrondie, de la largeur du corselet, rétrécie à la base; yeux médiocres, peu proéminents; labre transverse, tronqué à l'extrémité, atteignant à peine les mandibules; celles-ci mutiques; mâchoires à lobe interne mutique, bordé intérieurement de petites épines; languette courte, bifide; paraglosses peu visibles; palpes maxillaires médiocrement allongés, a second et troisième articles presque égaux, le quatrième petit, subulé; lèvre courte; palpes labiaux à trois articles, le second plus petit que le premier, le troisième grêle, mais plus long; antennes longues, grêles, à trois premiers articles assez grands, le premier épais; corselet un peu plus étroit que les élytres; écusson triangulaire; élytres tronqués obliquement à la base interne, sinués à l'angle externe; abdomen très-plan en dessus, convexe en dessous; pieds allongés, grêles, les intermédiaires rapprochés de la base; tarses antérieurs de quatre articles, postérieurs de cinq : les quatre premiers décroissant en grandeur.
Ce genre, qui se rapproche beaucoup, par quelques-uns de ses caractères, de ceux des Homalola et Calodcra, correspond en partie à celui des IsclinopoUa (iu/.vc;, étroit; nou;, pied), indiqué par Stephens (lllusir. Brit. Ent., 1855). Les Taclnjusa se rencontrent principalement sur le bord deseaux; quelques espèces, telles que les T. comtricta etcoarctuia, marchent avec une grande rapidité sur le sable humide, et, dès qu'on les approche, fuient cî) élevant fortement en l'air leur abdomen. Erichson en indique vingt espèces, toutes propres à l'Europe, et principalement à l'Allemagne; nous nous bornerons à citer parmi elles les Alcocliara alra, Gravenhorst, communes presque partout, et T anutriela, Erichson, d'Allemagne.
8-* GENRE. — PHLŒOPORE. PHLOEOPOUA. Erichson. 1840. Ccncra ci Species SUphyllnomm.
■tv.cio;, ccorce ; mjn;, irou
Corps allongé, linéaire, presque déprimé, ailé; tête découver.e, droite, arrondie, rétrécie ù la de la largeur du corselet ; yeux médiocres, légèrement proéminents; labre court, tronqué, n'atteignant pas tout à fait les mandibules; celles-ci mutiques; mâchoires à lobe interne mutique, borde ii sa terminaison «le petites épines; palpes maxillaires peu allongés, à troisième article un peu plus long que le second, un peu épaissi, le quatrième petit, subulé; languette courte, à extrémité bifide; pas de paraglosses; palpes labiaux Inarticulés, à second article presque du double
plus petit que le troisième; antennes très-courtes, a trois premiers articles légèrement allongés, le second et le troisième obconiques, presque égaux entre eux, le dernier un peu obtus à sa terminaison; corselet un peu plus étroit que les élytres, presque carré, subdéprimé; élytres obliquement tronqués a leur extrémité interne, sinués à l'angle externe en dehors; abdomen allongé, linéaire; pieds courts, les intermédiaires rapprochés de la base; tous les tarses ayant cinq articles, les quatre premiers des antérieurs courts, presque égaux, et le premier des postérieurs très-peu allongé.
Ce genre se rapproche, par sa forme allongée et la disposition de ses mâchoires, des Homaloia; mais il s'en distingue surtout en ce que ses tarses antérieurs ont constamment cinq articles. Il a aussi quelque rapport avec les Oxypoda.
Erichson, créateur de ce genre, y place six espèces, deux anciennement rangées avec les Aleochara, les P. reptans, Gravenhorst, et P. corticalis, Gravenhorst, qui se trouvent sous les écorces du pin dans presque toute l'Europe tempérée et septentrionale, et quatre, propres à différentes régions de l'Amérique, et décrites par Jui sous les noms de P. latens, siibtusa, colubrina et religata.
T" GENRE. — HYGRONOME. HYGRONOMA. Erichson, 1837
Kaefer der March Bran leburg.
ïff «;, humide ; voitcç, pâturage.
Corps allongé, linéaire, déprimé, ailé; tête découverte, droite, subarrondie, dépassant un peu le corselet par sa largeur; yeux médiocres, légèrement proéminents; labre transverse, tronqué, n'atteignant pas les mandibules; celles-ci mutiques; mâchoires à lobe interne mutique, bordé intérieurement de petites épines; palpes maxillaires très-courts: second article presque de la même longueur que le troisième, quatrième petit, subulé; languette courte, bifide; pas de paraglosses; palpes labiaux triarticulés, à second article très-court; antennes filiformes, â trois premiers articles légèrement allongés, égaux en longueur, le second et le troisième obeoni- ^ y ques, le dernier presque acuminé; corselet à peine plus étroit que les élytres, anguleux vers la base; écusson triangulaire; élytres tronqués à l'extrémité; abdomen linéaire; pieds courts, les intermédiaires rapprochés de la base ; tous les tarses très-courts, déprimés, de quatre articles, le premier un peu plus long que les autres, triangulaire, le dernier onguiculé, déprimé.
Ce genre ne comprend qu'une seule espèce, YAleocliara dimidiata, de Kg. to — ffyjronoma Gravenhorst, propre à l'Allemagne, que Curtis (Brit. Eut., tom. XI, 1855) dimiéiata
place dans le genre d'Homalota, mais qui n'en présente pas les caractères génériques. Les Ilygronomes, groupe fondé par Erichson, se trouvent
au milieu des joncs, sur le bord des lacs et dans les marais; ils courent avec une grande agilité sur le sable humide, et hivernent dans l'intérieur de tiges de plantes aquatiques. Ils sont noirâtres et de très-petite taille.
10ne GENRE. - HOMALOTE. HOMALOTA. Mannerheim 1855.
Hem. de l'Acad des Se. de St -Pélcrslionri;. Ou.ati.CTr,;, surface plane.
Corps allongé ou oblong, souvent déprimé, ailé dans le plus grand nombre des espèces; tête découverte, droite, rétrécie plus ou moins vers la base, tantôt de la largeur du corselet, tantôt plus étroit que lui; yeux médiocres, un peu proéminents; Libre arrondi â sa terminaison, atteignant les mandibules ; celles-ci mutiques; mâchoires à lobe interne mutique, bordé à l'intérieur de petites
f'pines; palpes maxillaires légèrement allongés, les second et troisième articles presque égaux, le quatrième petit, subtile; languette courte, bifide; pas de paraglosses; palpes labiaux Inarticulés, à premier article le plus long de tous, le second presque deux l'ois plus petit, le troisième plus grêle, n aïs plus long que le précédent; antennes à trois premiers articles plus allongés que les autres, le second et le troisième égaux eut e eux; corselet tantôt avec ses bords parallèles, tantôt rétréci en arrière; écusson triangulaire; élytres tronqués à l'extrémité; abdomen tantôt linéaire, tantôt rétréci vers son extrémité seulement; pieds légèrement allongés; tarses antérieurs de quatre articles, postérieurs de cinq, et, dans le premier cas, les trois premiers articles, et dans le second, les quatre premiers, courts, égaux entre eux.
Le genre Homalota a été <réé par M. de Hannerheiffl pour une seule espèce, YAlcocharaplana, (îvllenhall, propre à l'Allemagne et à la Suisse, et il était fondé particulièrement sur la structure des tarses postérieurs; Erichson l'adopta, et il y plaça un grand nombre d'espèces, principalement retirées du groupe des Dolitochara ; de sorte que ce genre comprend cent trente-quatre espèces, dont quatre-vingt-quinze d'Europe, une d'Egypte, et trente-huit d'Amérique. Les miles se distinguent principalement des femelles par leurs antennes plus fortes et par la structure particulière de l'abdomen. Ces Stapbyliniens, assez petits et de couleur sombre, se rencontrent presque partout sous Jes pierres, au pied des arbres, quelquefois dans les lieux humides, etc.
Erichson les subdivise en quatre groupes particuliers de la manière suivante :
§ 1. — ESt'ÈCES A. COUPS LINÉAIRE, ET A CORSELET CAIIRÉ OU PRESQUE CARRÉ.
Trente-cinq espèces entrent Jans cette division; quelques-unes des plus remarquables soin les //. grammicola, Erichson (Aleochani graminù, Gravenhorst; //. linearis, Gyllenball), commune dans l'Europe boréale et tempérée; 11. pagana, Erichson, découvert aux environs de Paris par M. Aube; 11. vestitus (Pœdaus), Gravenhorst, d'Allemagne;//, clongainla (Aleockura), Gravenhorst, de toute l'Europe, II. pluna (Alcochara), Gyllenliall, d'Allemagne et de Suisse.
ESPECES A CORPS LINEAIRE ET A CORSELET TRANSVERSE.
Quatre-vingt-cinq espèces, telles que les //. brmneus (Slaphylinus), Fabricius, de l'Europe tempérée et septentrionale, socialis (Staplnjlinus), l'aykull, de toute l'Europe; dkliroa, Erichson, de l'Amérique du Nord, etc.