Clerus mysticus
Antennes le plus souvent moins longues que la tête et le corselet pris en semble, de onze articles : le premier épais, les deuxième à sixième minces, plus longs que larges, subcylindriques ou faiblement obeoniques, les septième et huitième au moins aussi larges que longs, fortement obeoniques, les neuvième, dixième et onzième dilatés, aplatis, formant une massue à articles serrés, le dernier ovalaire-oblong, terminé en pointe mousse; yeux distants, échancrés; tétcovalaire, à front large, faiblement convexe; labre en rectangle transversal, à bord antérieur plus ou moins échancré; mandibules trièdres; palpes maxillaires de quatre articles : le premier très-court ordinairement enfoncé dans un sinus de la mâchoire, deuxième et troisième allongés, obeoniques, dernier plus long que le précédent, cylindrique, tronqué, plus rarement un peu renflé au milieu; palpes labiaux de trois articles, le dernier trèsaplali, sécuriforme; mâchoires cornées, terminées par deux lobes membraneux inégaux, l'interne étant beaucoup plus grand que l'externe; menton corné, en trapèze un peu rétréci en avant; languette membraneuse, plus ou moins échancrée; corselet aussi large que long; prosternum plus court que le tergum; mésosternum peu renflé, le plus souvent de la longueur de l'abdomen; ventre plan ou très-faiblement convexe, à segments entiers dans les deux sexes; écusson variant pour la grandeur, le plus habituellement en demi-eercle et moins transversal que dans les Scrobiger; élylrcs sans aplatissement près de la base, uniformément convexes, à calus humeraux peu saillants, à côtés parallèles, à extrémités arrondies et angle suturai postérieur fermé; pattes de moyenne grosseur; tarses de quatre articles à articulations mobiles, les trois premiers articles vrais fortement bifides en dessus, munis en dessous d'un appendice large, plus ou moins profondément échan-
cré, le quatrième terminé par deux crochets rarement simples et le plus souvent a arête interne largement échancrée en arc de cercle du milieu à l'extrémité, et à dent interne de l'échancrure obtuse ou aiguë, les restes de l'article avorté plus ou moins apparents en dessous aux quatre pattes antérieures, ce qui donne à l'Insecte le caractère d'un llétéromère.
Le genre Omis, créé par Geoffroy, a été adopté par Fabricius, qui y comprenait presque toutes les espèces alors connues qui entrent aujourd'hui dans la famille des Clériens; Latreille n'a pas adopté l'arrangement de l'illustre entomologiste de Kiel, et, pour lui, l'espèce typique de ce groupe, ainsi que quelques autres, sont devenues le genre Tlianasimus, tandis qu'il a réservé le nom particulier de Clans pour des espèces telles que i'alvearius et Vapiarius, dont Fabricius faisait son genre Trichodcs. Tel fut longtemps l'état des choses, et les naturalistes adoptaient les genres Clcrus, Tlianasimus et Trichodcs, tantôt a la manière de Fabricius, tantôt a celle de Latreille, selon qu'ils suivaient la méthode de l'un ou de l'autre de ces entomologistes; mais, eu 1844, M. Spinola, dans sa Monographie des Clcritcs, proposa une autre disposition : 1° il conserva le genre Tlianasimus pour y placer les espèces vraiment typiques du genre Clcrus de Fabricius; 2"° il adopta le genre Trichodcs tel que l'avait créé Fabricius; et 5° il fonda, en quelque sorte, un nouveau genre Clcrus, le plus nombreux de tous ceux de la famille, et dans lequel il rangea des espèces, qui, pour le plus petit nombre, entraient dans les Clairons de Fabricius, et qui, pour les autres, découvertes assez récemment, auraient pu, par leurs caractères, être placées dans le même groupe, tel qu'il est décrit dans le Sijstema Entomologice. Cette disposition n'est peut-être pas la plus naturelle, la plus juste, mais nous avons dû la suivre, puisque nous avons pris pour guide le travail de M. Spinola.
Ainsi compris, le genre Clairon est tellement rationnel, que la plupart des espèces présentent a peu près le même faciès. Les différences des formes, ainsi que celles des inégalités des surfaces, sont si variables, que toutes tentatives pour distinguer les espèces, indépendamment des couleurs, ont été vaines, et que M. Spinola lui-même a dû se servir du système de coloration pour la caractéristique spécifique.
Les Clairons ont, comme les Ptiniens, l'habitude de contracter les pattes quand on les prend, et cherchent à échapper, par une mort apparente, au danger qui les menace; mais ils ne tardent pas à reprendre leurs mouvements si l'on cesse de les inquiéter.
Plusieurs groupes ont été formés aux dépens de ce genre, qui comprend près de cinquante espèces, quoique M. Spinola n'en décrive que vingt-neuf. C'est ainsi que celui des Pezoporus (itiïoj, pédestre; boçoc, marchant) de M. Klug (Acl. Acad.Bcralinensis, 1842), peut y rentrer.
Presque toutes les espèces proviennent des diverses régions de l'Amérique : trois seulement, les Clans Fisckeri, Spinola, de la Perse septentrionale, Gambicnsis, Castelnau, du Sénégal, el brevicollis, Kutze, de Hongrie, n'appartiennent pas à cette partie du monde. La dernière espèce que nous venons de nommer, la seule qui soit propre à l'Europe, ressemble beaucoup au Tlianasimus mutiltarins, mais elle en diffère manifestement par la massue antennaire, qui est bien semblable à celle des Clairons, et non à celle des Thanasimes. Comme espèces typiques, nous indiquerons les Clcrus twvigatus, Spinola, des parties équinoxiales de l'Amérique, qui a les antennes, le corps et les pattes noirs, avec un pelage blanc; bilobus, Spinola, du Brésil; armants, Dejean, de Colombie; Mcxicanus. Castelnau, du Mexique; lunatus, Say, de l'Amérique septentrionale, etc.
32m« GENRE. — CHALCICLÈRE. CIIALCICLERUS. Spinola, 1844.
Essai tui.iiuy rai>lii<jue sur les délites. XaXxos, airain ; Clerus, clairon.
Antennes distantes, insérées au devant des yeux, en face et en dehors de l'échancrure oculaire, de onze articles : le premier plus épais, fortement obeonique, le deuxième moitié plus court que le précédent, les suivants diminuant progressivement en longueur sans augmenter en épaisseur, les quatre derniers formant ensemble une massue aplatie à articulations très-serrées; tète ovalaire; yeux de moyenne grandeur, finement grenus, transversaux, réniformes; labre corné, transversal, échan-
cré en avant; palpes maxillaires filiformes, de quatre articles : les deuxième et troisième à peu près égaux, un peu obconiques, le dernier de la même épaisseur que les autres, plus- allongé, subcylindrique, un peu aminci en avant, a extrémité tronquée; palpes labiaux comme dans les Clerus, à dernier article très-grand, aplati, sécuriforme; corselet plus long que large, de même que dans les Noloxus; métasternam renflé; abdomen de moyenne grandeur, à segments arrondis dans les deux sexes; écusson et élylrcs comme dans les Clerus; pattes minces, moyennes; fémurs non renflés, les postérieurs atteignant a peine l'extrémité de l'abdomen; tarses proportionnellement assez allongés, à peine un peu plus courts que les tibias, de cinq articles mobiles aux premières pattes et de quatre seulement aux autres paires, de sorte que les espèces de ce genre sont hétéromérées.
Les caractères de ce genre sont très-remarquables; en effet, par son faciès, il se rapprocbe beaucoup des Nolçxiis, par la disposition de ses antennes, des Trichodes, et par la structure de ses palpes ainsi que de plusieurs autres de ses organes, des Clerus; mais il diffère de ces trois groupes génériques par le buitième article des antennes faisant partie de la massue, et par ses pattes bétéromérées.
M.Spinola, le créateur du genre Cbalciclerus, n'y range que trois espèces propres à la Nouvelle-Hollande, qu'il nomme C. iinicolor, d'une teinte générale métallique bronzée ou cuivreuse, avec des poils blanchâtres; bimaculatits, d'un brun noirâtre avec une grande tache jaune un peu au delà du milieu de chacun des élytres, et intricalus, de la terre de Yan-Diemen.
Fig.174— ChahicUrut bimaculatus.
35me GENRE. — YLOTE. YLOT1S. Spinola, 1841.
Revue zoologique de Guérin-Méneville.
ÏJ.ïl, bois.