‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 118 sur 191 · Own Times, p · texte numérisé non relu

Own Times, p

208 S. T. COLEHIDGE.

superstilion et tVenlhousiasme. )) Enfin l'avènement tUi premier consul était le seul moyen possible de rétablir l'unité en France, tandis iqu'unc restauration monarchique aurait laissé une minorité irréconciliable. Il est donc vrai que Bonaparte a agi par intérêt personnel, mais son intérêt se trouve identique à celui de son pays, et de l'Europe. Son caractère personnel est austère, trop confiant dans sa fortune pour être soupçonneux éternel, trop ambitieux d'une grandeur nouvelle pour l'ambition ordinaire du despotisme. « En un mol, par son usurpation, Bonaparte a porté le coup mortel à son honnêteté. Elle est morte chez lui, nous admettons qu'elle est morte, mais le mausolée où clleest enterrée est une des merveilles du monde K »

Nous l'avons dit, les opinions politiques de Goleridge n'étaient que la répercussion en lui des grands mouvements de l'opinion publi(jue de son pays. H y eut en Angleterre, vers 1800, une détente dans la réaction, un grand désir de paix, même au prix d'une réconciliation avec la Franc(\ Les articles du Morn'in^ Poal ne sont qu'une expression de ce sentiment, et s'ils sont de Coleridge, il faut avouer (ju'il avait au moins le don essentiel du journaliste, l'art de saisir le ton du moment et l'opinion [)opulair('. .Mais il y a d'autres mérites dans les articles qui sont sûrement de lui, et que des journalistes de profession ont admirés-, la clarté, l'aisance et la force du raisonnement, sans aucune trace de cette insupportable prolixité (|ui gâtera plus tard sa prose. Ces articles, comme la traduction de }\'(illc))slei)i, sont un frappant

1. Oirn Times, l. Il, p. !]I3-I!0. Cf. un jugement analogue, t. Il, p. /kOf), et sur la probabilité que l'article est de Coleridge, t. III, p. lUlît.

Page 1