‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 138 sur 191 · Id., p. IOd · texte numérisé non relu

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248 s. T. COLERIDGE.

pour la France ou plutôt pour l'idée qu'il se fait de la France.

Il en est arrivé à trouver que ce qu'on est obligé d'admirer en France n'est pas français et il en suit nécessairement que tout ce qui est français est odieux. Dans une note où il indique les auteurs qui lui semblent exprimer l'essence morale des principales nations de l'Europe, il ajoute :

Oli, si je pouvais trouver une France à aimer! Mais, en dépit de Pascal, de Mme Guyon et de Molière, la France est pour moi Babylonc, la mère des proslilutions en morale, en pliilosophie et dans le goût. Les Français euxmêmes sentent que ces écrivains sont étrangers cliez eux. Comment en vérité serait-il possible d'aimer à la fois Pascal et Voltaire '?

Ces curieuses limitations d'esprit ne lempôcbaient pas d'avoir une lecture extraordinairement variée. A Malte il lut, pour la première fois probablement, Kant, Herder et beaucoup d'autres Allemands, les écrivains français qu'il vient de citer, en y joignant Fénelon, la littérature italienne de la Renaissance, et Dante, qu'il devait plus tard contribuer à populariser en Angh'lcrre dans la traduction do Cary.

11 ne restait pas absolument élraiigvr à la polili(|uo. 11 est probable que ce fut avec une mission qu'il alla en Sicile en ISO'i. Le 2\ août, sir Alexander Bail écrivait au représentant de rAnglelerre à Syracuse : (( Vous avez admirablement décrit les traits principaux de mon ami Coleridg'o, dont la compagnie sera un festin délicieux [»our votre cs[»ril. Il faut (pio nous le forcions à rédiger un mémoire politique sur les revenus et les ressources de la Sicile, montrant le

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