‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 40 sur 191 · Legouiri, p. 264 et suiv · texte numérisé non relu

Legouiri, p. 264 et suiv

SO s. T. COLERIDGE.

osé faire entendre que les terroristes étaient ses élèves, appliquaient ses principes. Au moment même où paraissait la Chute de Robespierre^ il lui adressait [)ul)liquemeiit un sonnet admiratif :

Tandis que J'errais dans la noire solitude du iMallieur, Tu lis apparaître sur ma route la figure splendide de la et lu m'appris que son nom était Bonheur *. [Justice

C'est ce côté, optimiste à la Rousseau, de la doctrine de Godwin, qui put séduire les pantisocrates, qui, eux aussi, voulaient faire œuvre d'éducation plus encore que de révolution. Mais c'est son athéisme qui les rendit ennemis. Ils arvaient cru s'entendre dans le matérialisme, mais Godwin le comprenait comme d'Holbach, et Coleridge comme Hartley et Priestley, c'est-à-dire dans un esprit religieux '-.

L'âme de Coleridge, comme celle de beaucoup de ses contemporains, était alors un chaos si obscur, que lui-même n'arrivait pas à se rendre compte de ce qu'il croyait. On sentait vaguement que tout était ébranlé, on croyait que la religion et la morale traditionnelle allaient disjjaraître, mais on ne savait pas encore par quels dogmes nouveaux, par quel idéal elles allaient être remplacées. La Révolution française, qui avait produit tout ce désordre, paraissait devoir finir dans une anarcliie incompréhensible, son œuvre constructrice restait entièrement inconnue. On (•om[)rend le désir, le besoin de fuir que purent éprouver alors (|ucl(jues esprits honnêtes et purs qui

1. Somicla (;u(l\\iii(P. W., il), publié cn.janvicr HO.'J, rjans le Morniuf/ Pusl, mais écrit avant le 17 décembre 17'Ji {Lelters, p. 117). — Voir à la suite de la même lettre des vers de Soullicy adressés aussi à Godwin, et qui semblent aussi faire allusion au earactère non sanguinaire de sa docirinc.

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