‹ Coleridge, la vie d'un poèteChapitre 86 sur 191 · Campbell, ii. a 1'. W., .j · texte numérisé non relu

Campbell, ii. a 1'. W., .j

LA POÉSIE NOUVELLE. lob

influence, qu'il ouvrait les intellig-ences et les cœurs. Son poème adressé à Lamb lors de sa visite [This Lunetree Boiver viy prison) exprime une vraie tendresse d'amitié, mais avec une simplicité qui est nouvelle. Il est intéressant aussi comme développement du thème de l'action morale de la nature, que nous avons vu indiqué dans les poèmes de la lune de miel. On a voulu y voir une preuve de l'influence de Wordsworth, mais le thème est traité dans une manière toute différente de celle de Wordsvorth, même avec une réminiscence de la philosophie de Berkeley que Wordsworth n'aurait jamais songé à introduire dans un poème ^ Ce qui serait plus Avordsworthien ce serait la délicate peinture de la « salle d'ombrage », comme on disait en France vers ce temps-là :

pàii par la lumière éclatante 6 rideau du feuillage m'apparaissait transparent, et je

[regardais avec attention Mne feuille large touchiée du soleil et j'adorais voir L'ombre de la feuille et du pétiole d'au-dessus Divisant la tache de lumière. Et ce noyer [nement

Comme les teintes en étaient riches, et comme le rayon- Portait en plein sur le lierre antique qui envahit ces Maintenant sa masse d'un noir profond [ormes!

Fera paraître moins noires leurs branches sombres .Jusqu'à la fin du crépuscule : et quoique la chauve-souris Tourne maintenant silencieuse autour de nous et qu'au- [cune hirondelle ne gazouille plus Le bourdon solitaire chante encore sur les fleurs des

[fèves ! '^

(' Pas un bruit qui parle de la Vie n'est dissonant. » La pliilosophie de ce poème est d'une si douce

1. Vers 38, 43. La réminiscence de l.i philosophie de Berkeley a été signalée par Coleridge lui-même. (Letters, p. 226, n.)

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