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INTRODUCTION

Pendant un séjour que nous fimes à la Guyane, en 1882, nos collègues de la marine avaient attiré notre attention sur plusieurs cas de coliques qu’on ne pouvait attribuer à une intoxication saturnine, qui s'étaient montrées chez des sujets impaludés et cachectiques etquioffraient cette particularité de se présenter sous forme d'accès véritables et d’être influencés par le sulfate de quinine. Il y aquelques mois, je dus à l’obligeance d’un médecin de la marine, M. le D' Fouque, la communication d’une observation de coliques se rattachant à celles dont nousvenons de parler, et la relation non moins remar-quable d’un cas de colique saturnine où la voie d'introduction du plomb ne fut découverte que très tard, alors quele malade était en traitement depuis plusieurs mois déjà. De plus, M. le D' Leclerc, ex-professeur-agrégé à l’école de médecine navale de Toulon, à bien voulu nous communiquer une observation de coliques, où l’on ne peut incriminer le plomb, observation recueillie en 1875-1876, à bord du Sané, aux Antilles. M. le D' Bestion à mis obligeamment à notre service un cas de colique végétale qu’il a observé au Gabon. Enfin, le D' Arbaud, prosecteur d’anatomie à Toulon, nous a offert une autre observation du même genre, prise celle-là à Cayenne.

C’est ainsi que nous est venue l’idée de cetravail, et, bien que cette question soit difficile à traiter à une époque où les plus autorisés de nos Maîtres s’en sont occupés, et ont émis à ce sujet des théories aussi opposées qu’absolues, cependant nous avons pensé que ces cas divers, recueillis à des époques

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diverses, dans des pays différents, pourraient contribuer à l'avancement de la question. Et nous avons, pour nous encourager dans notre tâche modeste, l’opinion de celui qui fut un des hommes les plus remarquables de la médecine navale et qui veut que chacun se rende utile dans la mesure de ses moyens, «en multipliantles observations et les recher- »ches, sous toutes les latitudes, dans tous les pays, à bord de »tous les navires et dans les circonstances les plus variées.» (J. Rochard). Nous ne saurions, en effet, prétendre clore par ce travail une discussion ouverte depuis près de 40 ans, et dans laquelle «il en est de l’esprit médical comme de l’homme vivre, à cheval, dont parle Luther : incapable de conserver l’équi- »libre, il tombe toujours à droite ow à gauche» (Peter). Nous voulons seulement présenter à l'appréciation de nos Juges quelques observations qui nous ont paru intéressantes, et de nature d’ailleurs à prouver que «s'il est indiscutable qu’une très grande partie des faits, attribués jusqu'ici à la colique »sèche, ne sont que des cas d’empoisonnement saturnin, on »ne peut nier que chez un certain nombre desujets la colique »est un phénomène absolument étranger à cet empoisonne- »ment par le plomb» (Bérenger-Feraud); en un mot que la vérité n’est pas toujours à droite ou à gauche, mais bien souvent dans un juste milieu.

Pour notre part, nous réunissons, sous ce titre général de coliques sèches, d’une part, les coliques de plomb et de l’autre ces coliques que nous appellerons nerveuses et dont nous nous proposons d'étudier ici l’origine paludéenne, miasmatique ou climatérique.

Qu'il nous soit permis, avant de commencer, de remercier ici MM. les D'S Fouque, Leclerc, Bestion et Arbaud pour les observations et les conseils qu’ils ont bien voulu nous donner.

Que M. le Professeur Castan, qui a bien voulu nous faire

1x l'honneur d'accepter la Présidence de notre thèse, reçoive l'expression de notre profonde reconnaissance.

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