Franklin, oitv. cité, p
2. Léopold Delisle, Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale (Paris, 1B74, 1> P- 253).
d'une date imprécise après Pâques et cela ne s'accorde pas avec l'inscription de la pierre tombale d'Etampes qui fixait formellement le décès, au dire de Fleureau, le 20 janvier.
Du Boulay, dans son Histoire de l'Université de Paris\ apprend en outre que Jean Huë fut nommé procureur de la Nation de France2, le 26 août 1438, et recteur de l'Université, le 24 mars 1400; que, depuis l'année 1482 jusqu'à sa mort survenue en 1488, il exerça les fonctions de chancelier de l'Université, concurremment avec Ambroise de Cambrai.
L'obituaire de Notre-Dame d'Etampes est détruit ou égaré, mais, à son défaut, celui de la cathédrale de Paris nous fournit une indication précieuse. L'obit de Jean Huë est inscrit au 21 février 14893, et il le déclare pénitencier. Un pénitencier est un
1. Tome V. p. 889 : ■• Johanncs Hue Stampensis, Dio.ccb.is Senonensis, M ig ister in Artibus et Baccal. formatus in Theologïa, fit Procurator nationis Gallicans di . 14.18. Universitatis Hector 24 Martii 1450, hinc
Doctor Theologus. Multas legationes nominc Universitatis obiit. Kjusdem Facultatis Decanus. Paenitentiarius Ecclesiae Parisiensis, de Caucellariatu Universitatis contendit cum M. Ambrosio de Cameraco Decretorum Docturc ab. an. 148: ad an. 14 j8. quo obiit. Ejusdem cognomiois tlorucrunt hoc -eculo Cantianus Huë qui Rector electus fuit 10 octob. an. 1 [~o, et Guillelmus Hue Doctor Theologus, qui Decanus fuit Ecclesia- Parisiensis. »
La faculté des Arts de l'Université de Paris était cumpusee de quatre nations (France. Picardie. Normandie, Allemagne). Les Procureurs de ces Nations et les Doyens des trois autres Facultés composaient le Tribunal du Recteur.
3. « 21 feb. (ix cal.) De domo S. Marie, ob. magister Johannes Hue, doctor theologus. penitentiarus et concanonicus noster. » CAug. Molinier. Obituaires de l.i Province de Sens; Paris, 1902, t. I, p. 224.1 H ne faut pas confondre avec cet obit ceux de deux autres personnages du même nom : le plus ancien, simple chanoine au xiv* siècle, qui fonda une messe du Saint-Esprit, et le second, chantre, qui mourut après 1417, léguèrent chacun 5oo écus d'or {Ibid., pp. 95 et 218).
A l'index général du cartulaire de Notre-Dame de Paris, publié par
prêtre commis par l'évêque pour absoudre les cas de pèches réservés. A Paris, le pénitencier était un haut dignitaire qui avait le devoir d'assister les criminels d'Etat. Jean Huë eut ainsi la tâche de conduire en place de Grève un nommé Jean Hardy, convaincu d'avoir tenté d'empoisonner le roi (3o mars 1474), et le connétable de France Louis de Luxembourg, soupçonné de trahison et décapité (19 décembre 1475). Au moment où Jean Huë entra en fonction, celle-ci venait d "être étendue à l'assistance des grands criminels jusque-là abandonnés sans secours religieux1.
Nous reconnaissons les goûts de Jean Huë pour les livres et l'étude dans les attributions qui lui incombèrent en qualité de chanoine de Notre-Dame de Paris. Ainsi, d'après les anciens registres capitulantes, aux i3 et i5 avril 1463, notre Etampois fut chargé de faire nettoyer la bibliothèque, et de s'entendre avec les ouvriers qui travaillaient à la
Guérard (t. IV), on trouve cités plusieurs Etampois dont voici les noms : Albertus. le chanoine Algrinus, Andrteas, Benedictus, le chanoine Guillelmus, le bailli de l'évêque Herbertus, et le chanoine Yonius.
La liste est incomplète, on n'y trouve pas notamment Johannes de Stampis qui fut chapelain de l'autel Saint- Augustin en i352, et d'autres encore (voir A. Molinier, ouv. cité).
1. Fleureau, ouv. cité, p. 188; — Max. de Montrond, ouv. cité, t. II, p. 28; — d'après les Mémoires de Philippe de Comines, et le Recueil des Ordonnances. On voit aussi dans les mémoires de Jean de Roye [La chronique scandaleuse, édit. B. de Mandrot, t. I, pp. 309 et 36i), que Jean Hué fut seul pour assister Hardy; mais auprès de Louis de Luxembourg, il fut seulement le quatrième après un cordelier, un augustin, et, sauf erreur du chroniqueur, le pénitencier de l'église de Paris, d'ailleurs non nommé. Jean Huë est parfaitement désigné et de plus qualifié curé de Saint-Andrédes-Arcs. Mandrot a publié le compte des dépenses qui furent à la charge de la ville de Paris à l'occasion de l'exécution du connétable : parmi les frais les plus divers montant au total de presque 95 livres, on relève une somme de 10 livres pour le frère mineur; Jean Huë ne paraît pas.
construction de celle-ci. Le 8 février 1465, il avance des fonds à la cathédrale et constate les réparations que réclame la bibliothèque. Le 3 juin 1485, il est commis à l'inventaire des titres relatifs à la chancellerie1.
En 1482. en qualité de doyen de la Faculté de théologie, il avait présidé à des censures de livres. L'une d'elles (5 février) concernait quatorze propositions présentées à Tournai par un prédicateur cordelier, qui avaient déplu au Chapitre de cette ville : les chanoines avaient demandé l'avis de la Faculté de Paris à ce sujet2.
Le catalogue des Dignités et Chanoines de l'église de Sens, dressé au xvme siècle par le doven Charles Fenel3, contient sur Jean Hut [Johannes Hueli) quelques renseignements que M. le chanoine Chartraire a eu l'obligeance de me communiquer, mais qui ne sont pas tous exacts. Je prends pour authentiques seulement les suivants : Jean Hue est professeur et docteur en Sorbonne en 1447; il fut reçu chanoine de Sens en 1468, ayant réussi à évincer un concurrent. Comme il ne résidait pas à Sens à cause de son professorat à Paris, le Chapitre prit une délibération pour lui interdire d'enseigner hors de Sens. Il devient doven de Sens par élection en no-
1. Franklin, Les anciennes bibliothèques de Paris Paris. 1867), pp. 54-56.
:. Fleureau, ouv. cite, p. 189.
3. Archives de V Yonne, G 700. — Jean Hue y est indique comme originaire du diocèse de Soissons, étudiant à l'Université de Paris en 1408 (d'après Denifle, Cartularium UniversUatis Parisiensis, IV, p. EI4). La seconde information est très douteuse, mais la première est évidemment fausse : il s'agit d'un autre personnage.
vembre 1476. Il est mort en 1489 et enterré à Etampes.
Les informations susceptibles d'être trouvées à Reims ont été aimablement recherchées pour moi par M. Henry Jadart, et sont extraites du Livre des Prébendes dit Chapitre de Reims. On voit là que Jean Huë (Huet) devint chanoine de Reims en 1471. Son obit est de [488, sans plus de précision, mais nous savons que son successeur fut nommé le 25 février 1489'.
On remarque que, à Reims comme à Sens, le nom de notre personnage est écrit Htiet, tandis qu'à Paris et à Etampes, au collège de Navarre ou à la cathédrale, le nom reste inscrit sur les registres Hue \
On a vu plus haut le désaccord qui existe au sujet de la date du décès de Jean Huë entre sa pierre tombale et la note du manuscrit de la Bibliothèque nationale. 11 est néanmoins très vraisemblable que cette date doit être fixée au 20 janvier 1489.
1. >• Johannes Huet, in sacra pagina professor, authoritate ordinarià 11 sept. 147 1, per demissionem aut puram et simplicem resignationem Guillermi Compaing in manibus archicpiscopi. Obiit canonicus Remcnsis... 1488. »
-- Nicolaus de Villers, seu de Villiari, junior clericus Remensis diocesis authoritate ordinarià in propria 25 feb. 1488, per obitura Johannis Huet. »
(Weyen, Nomina Canon. Rem., prsebenda 48, fol. 299 recto et verso; ms. de la Biblioth. raunicip. de Reims, n° 1773.)
2. Le nom de Huë a disparu dans la région d'Étampes, tandis que celui de Huet s'est perpétué. C'est à se demander si les Huet actuels n'appartiennent pas très lointainement à une ancienne famille Hué; ce nom, abrégé de Hugues, fut assez répandu.
Un écrivain irrévérencieux d'aujourd'hui ne manquerait pas de qualifier Jean Huë de « cumulard ». Le reproche qui se cache sous cette formule ne serait pas immérité : au Moyen âge, les accumulations d'honneurs et de prébendes sur une seule tète n'avaient rien d'extraordinaire. Naturellement le titulaire de tant de dignités requérant en principe une présence assidue, était incapable d'assumer en personne tous les devoirs de ses fonctions, et il était obligé, pour une bonne part d'entre elles, de maintenir des suppléants à droite et à gauche; par leur universalité et par leur persistance pendant des siècles, de tels abus, qui eussent été sans conséquence s'ils avaient été rares, firent un tort considérable à l'Eglise par les convoitises et les querelles qu'ils suscitaient. Xous verrons plus loin avec quelle àpreté ceux-là même qui profitaient le plus de ce désordre protestaient contre la non présence des prélats étrangers imposés par le pape.
Il serait injuste de considérer seulement en notre Jean Huë le chanoine trois fois prébende qui, pour comble, s'est fait nommer curé dans une quatrième église; par sa vie officielle on doit reconnaître en lui le savant, le professeur, le « magister » d'une grande activité.
Ma surprise naît seulement en constatant qu'il n'a laissé pour nous convaincre de la haute valeur de sa science aucun ouvrage écrit. Il a certainement rédigé des rapports, mais, si nous les possédions, quelle importance faudrait-il y attacher?- Fort peu
— lu —
probablement. L'activité dont nous parlions, et qui n'est guère douteuse, fut peut-être cause de son abstention et de son empêchement de laisser une œuvre importante et durable. Peut-être plutôt manqua-t-il d'idées, ce qui lui enleva le désir d écrire.
En tout cas, à l'absence de production littéraire il faut sans doute attribuer le maigre renom que Jean Hué a conservé dans la postérité, malgré les éminentes qualités dont il lit preuve, qu'on lui reconnut, qu'on lui fournit l'occasion d'exercer en tant de différentes manières, et sans lesquelles il ne serait pas devenu doyen de Faculté. Comparons-le à son compatriote le médecin Jacques Houllier (+ i5Ô2) : celui-ci n'eut pas le bonheur de faire imprimer luimême ses livres; mais après sa mort, des disciples nons moins illustres publièrent dix ouvrages1 qui attestent et perpétuent d'une façon éclatante l'influence et la réputation du praticien. Un tel honneur manque à Jean Huë, et il est difficile d'en rendre responsable uniquement l'injustice du sort.
Le professeur Jean Huë, qui ne fut pas un écrivain, était-il un orateur? En 1478, il fut délégué par l'Université à la réunion du clergé de France, sorte de concile national convoqué à Orléans par le roi Louis XI dans le but de faire échec au pape Sixte IV, en ordonnant que l'argent des bénéfices vacants ne serait plus envoyé à Rome et en rétablissant ainsi la Pragmatique Sanction de Bourges (juin 1438) que le même roi avait abrogée en 1461 \
i. Léon Marquis, Les Rues d'Étampes, pp. 365-366.
2. Fleurcau, ouv. cité, p. 189; — M. de Montrond, ouv. cité, t. II,
Devant cette importante assemblée, qui dura du i3 septembre au 19 octobre, et qui comprenait 6 archevêques. 47 évêques, de nombreux abbés et des délégués de chapitres au nombre de plus de 3oo, Jean Huë représentait les plus hautes institutions littéraires et savantes de l'époque. Fort de l'autorité de ses commettants, il prit la parole le premier aussitôt après l'ouverture des débats, et il le fit de la manière la plus énergique1 contre les pratiques du Saint-Siège.
A la fin du concile, une requête fut rédigée à l'adresse du pape, qui résumait les revendications du clergé de l'Eglise gallicane. On y faisait l'éloge de la nation française, et la justification des actes de Louis XI. On y reprochait aussi à Sixte IV de perdre son temps en misérables querelles contre les alliés du roi en Italie au lieu de faire son devoir en unissant toute la chrétienté contre le Turc"2. Cette sévère requête, dont l'original est conservé dans les archives du Vatican, a été publiée sans signatures. Il est en tout cas probable que Jean Huë prit une part très importante à sa rédaction :i.
p. 3o; — sur la Pragmatique Sanction, voir Noël Valois, Hisl. de la Pragmatique S. de Bourges sous Charles VII: — Commines, edit. Lenglet du Fresnoy (1747), III. 555-557.
1. « Lequel monseigneur le chancellier en la présence de monseigneur dist et déclaira les causes pourquoy ladite assemblée estoit ainsi faicte audit Orléans, et les causes qui mouvoient le Roy d"avoir fait faire icelle assemblée, laquelle proposition fut responduë par maistre Jehan Hué, doyen de la Faculté de théologie pour ladite université de Paris, qui en ce faisant fisl de grandes remcnslrances et parla fort et hardiment, pour ce qu'il estoit advoué de par lesdits de l'université de Paris - (Jean de Roye, Chronique, t. II, pp. 77-78).
2. J. Combet, Louis XI et le Saint-Siège, pp. 159-160 et 256-263.
3. Le but de la Pragmatique Sanction de Bourges, but également
A défaut d'ouvrages littéraires ou d'érudition qui nous eussent peut-être mieux dévoilé ses goûts, ses talents et la voie préférée de ses études, nous pouvons essayer de découvrir les inclinations plus profondes de son esprit ou de son cœur en considérant le peu que nous savons de ses actes moins professionnels et moins solennels, de ceux qui furent uniquement inspirés par ses désirs intimes.
Dans cette catégorie de faits, je classe sa fondation de cérémonies dans l'église Notre-Dame d'Étampes, et sa décision d'être enterré sous ses voûtes, actes qui dénotent le vivace amour du pays natal chez un homme fort occupé et comblé d'honneurs à Paris. Il aurait pu, oublieux de tout souvenir d'enfance, dépenser exclusivement ses faveurs dans cette ville, pour l'Université, pour le collège de Navarre, ou pour la cathédrale, et, à vrai dire, nous ignorons l'exact quantum de ses générosités et le nombre de leurs bénéficiaires. Nous avons seulement constaté des dons de livres au collège de Navarre.
D'ailleurs, nous ne savons pas non plus l'importance de la somme d'argent ou des sommes offertes ou léguées à Notre-Dame d'Etampes. Nous savons seulement, par le compte de fabrique de 1 5 1 3- 1 5 15,
poursuivi par rassemblée d'Orléans, avait été surtout de mettre fin aux cupides abus du Saint-Siège qui faisait souffrir l'Eglise de France : par sa faute, en effet, les bénéfices étaient distribués à des étrangers et à des indignes ne s'astreignant pas à la résidence, ruinant les édifices par leur négligence et leur rapacité, et finalement drainant chaque année des sommes consiérables qui étaient emportées hors du royaume. Il est piquant de voir Jean Hué protester véhémentement contre la non résidence de certains prélats quand lui-même acceptait des fonctions simultanées à Paris, à Sens et à Reims. On a vu la petite leçon que lui donna à ce sujet le Chapitre de Sens.
-loque sur la rente instituée par Jean Huë, la fabrique prélevait pour distribution, à l'occasion de la cérémonie du Salut, une somme de six sous cinq deniers1.
Xous manquons de détails sur la fête en l'honneur de la Visitation de la Vierge et de sainte Elisabeth; il en est de même quant à l'anniversaire qui devait comprendre une messe et un défilé des assistants devant la tombe pour y jeter de l'eau bénite. Xous sommes mieux renseignés au sujet du Salut solennel pour le jour de l'Annonciation (25 mars), et j'en ai déjà publié le récit d'après Fleureau2. Il avait une curieuse mise en scène rappelant les tragédies primitives du théâtre antique, avec un chœur et deux petits acteurs3, des enfants de chœur, dont un était habillé en fille pour figurer la Vierge Marie', et l'autre avec des ailes pour figurer l'ange Gabriel. 11 est supposable que la cérémonie de la Visitation se jouait et se chantait de façon similaire. C'est une question de savoir si Jean Huë avait composé luimême les paroles des motets et des dialogues, ou s'il s'était contente d'en choisir parmi les plus ap-
i. - Dudit boursier pour le Salut Notre Dame fonde par Maistre Jehan Hue. duct. théologien, le jour de Notre Dame en mars, pour lequel ladite fabrice a droit de prandre pour distribucion six solz cinq deniers parisis qui est pour les dits deux années la somme de douze solz dix deniers parisis » (Max. Legrand, Annales de l.i Société historique et archéologique du Câlinais, IQ07, p. 83).
2. Le mobilier du chœur de l'église Noire-Dame d'Ètampes pendant le Moyen âge.
3. C'est, en effet, le simple appareil des premières pièces d'Escbyie pour les fêtes de Bacchus quand elles étaient composées seulement de récits épiques et de scènes alternées jouées par deux acteurs solistes.
4. Naguère les femmes ne devaient pas paraître dans les cérémonies catholiques autrement que comme simples fidèles, et elles ne pouvaient même pas faire entendre leur voix.
propriés qui existaient déjà; peut-être seule la mise en scène était exceptionnelle, et se contentait-on de suivre le service liturgique ordinaire. En tout cas, je m'imagine volontiers que pour mieux satisfaire le peuple, auquel le spectacle était destiné, les dialogues notés des personnages et les chants du chœur étaient écrits en français. Les antiphonaires de l'église Notre-Dame du temps de Jean Huë furent brûlés en i5Ô2 avec les autres livres de chœur; cette circonstance nous enlève la plus grande chance que nous aurions pu avoir de retrouver un jour la musique et les paroles de ces intéressants petits spectacles dramatiques ou plutôt lyriques.
On peut se demander si Jean Huë eut l'originalité de concevoir les cérémonies qu'il a fondées. C'est douteux, car j'ai la preuve de fondations du même genre antérieures à 1474; il reste seulement à savoir si celles-ci visaient des cérémonies avec mise en scène. Je signale notamment la fondation de Guillaume Grelier, qui fut chanoine de Paris en même temps que Jean Huë et décéda en 1474. La cérémonie qu'il avait largement rétribuée pour la cathédrale de Paris est celle de la Présentation de la Vierge1.
1. « Hac die xxi hujus mensis novembris, fit festum solenne in hac ccclesia Parisiensi Presentationis béate et intemerate virginis Marie in Templo, fundatum per venerabilem et scientilicum virum magistrum Guillermum Grelier, de Aurelianis oriundum, in jure canonico licenciatum. prepositum Normanie in ecclesia Carnotensi ac hujus ecclesie canonicum. Qui nobis, pro dicta solennitate. . . primo realiter et de facto tradidit et donavit ducentum scuta auri. Deinde, per suum testamentum. in augmentatione dicte fundationis, nobis legavit quedam vasa argentea. ponderis septemdecim marcarum argenti vel circa; quandam Bibliam in parvo volumine et unum breviarium ad usum ecclesie Carnotensis, nec non suas
11 serait donc très imprudent d'accorder à Jean Huë le mérite d'une invention quelconque dans son initiative; du moins apparemment, on ne peut guère lui refuser celui d'avoir introduit à Etampes un mode régulier de représentation théâtrale. Le caractère simplet et primitif des cérémonies, même à côté des jeux et des mystères joués ailleurs dès le xiie siècle, ne suffit pas à déprécier le louable effort de son innovation dans une ville qui, en dépit de sa richesse et de sa nombreuse cléricature, semble être restée jusque-là indifférente à toutes les tentatives dramatiques.
Nous avons dit que Jean Huë fit don a l'église Xotre-Dame d'Etampes d'une importante verrière. Nous avons proposé de l'identifier avec celle qui orne une grande fenêtre du croisillon sud : si la preuve absolue manque, il n'y a pas non plus le moindre motif de doute. Elle représente le Baptême du Christ et l'Adoration de l'Enfant. Dans cette dernière scène qui est à la partie inférieure et a été malheureusement transformée par deux mauvaises restaurations, d'ailleurs à la suite de désastres, apparaissait naguère le portrait de Jean Huë comme donateur. Il avait là toute la physionomie d'un personnage très important; mais c'est tout ce que nous pouvons dire1.
domos in quibus habitabat, sitas an ce ecclesiam Sancti Pétri ad Boves, videlicet unam in pleno dominio, et alteram ad tempus quadraginta annorum, prout habebat a domo Dei. Obiit dictus Greslier 1474. » (Guerard. Cartulaire de X.-D. de Paris, t. IV, p, 189; Molinier, Obituaires de la province de -Sens, t. I. p. 202.)
1. Nous avons écrit sur le vitrail deux études où le lecteur trouvera, des renseignements complémentaires : Œuvres d'art diverses disparues
La scène du baptême du Christ a été beaucoup mieux préservée, et, si elle ne peut nous dédommager de la perte d'un beau portrait de Jean Huë, du moins nous offre-t-elle, outre le plaisir de contempler une belle œuvre du xve siècle, un détail extrêmement curieux dont notre doyen de Sorbonne est sans doute responsable. Le Christ, au lieu d'être présenté presque nu selon la tradition iconographique, et d'accord avec l'ancien dogme sur le baptême pratiqué par immersion, le Christ, dis-je, est vêtu d'une somptueuse tunique bleue qui lui cache tout le corps presque jusqu'aux chevilles. Le cas est tout à fait exceptionnel. Je n'ai jamais rencontré aucune image pouvant lui être comparée, même parmi celles plus récentes du xvne ou du xvine siècle.
Voilà évidemment une singulière manifestation de l'esprit de Jean Huë : elle le montre sous un jour des plus sévères et en même temps capable d'initiatives hardies.
ou existantes dans les églises d'Étampes (Paris, A. Picard, 1912), pp. 107- 110; — Revue de l'Art chrétien, 1913.
Imprimerie Bourges. Téléph. — Fontaineble»
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Lefèvre-Pontalis, Eugène Amedee, 1852-1923 Ccllected papers. —