Regesta romanorum pontificum, t. II, p. 1931 à
Jean de Saint-Victor prétend que l'incendie de 1293 fut allumé par un noble qui voulait se venger d'avoir été retenu longtemps en prison l. Le récit de cette catastrophe se trouve encore dans la chronique de Gérard de Frachet2, dans une chronique anonyme3, dans un manuscrit de la fin du xve siècle qui contient des fragments d'histoire universelle4, dans les ouvrages de Démocharès5, de Sézille6, et dans le Gallia christiana1 . En contrôlant la valeur historique de tous ces témoignages avec les données de l'archéologie, on peut affirmer que le feu consuma d'abord la charpente de la cathédrale, qui entraîna dans sa chute toutes les voûtes de la nef et du transept, l'arc triomphal et un autre doubleau du chœur. On voit encore les traces de l'incendie à l'extérieur, autour de la fenêtre percée dans le soubassement du clocher méridional de la façade.
L'autre clocher, les trois portails de la façade, le côté nord de l'église, les arcs-boutants, les tours jumelles du chœur, les toitures des tribunes, du porche, du cloître et de la salle capitulaire furent également très endommagés, car le bref de Boniface YIII contient des renseignements précis sur les dégâts causés par le feu. Les chanoines manquaient de ressources pour réparer ce désastre, car ils venaient d'avancer à l'évêque Guy des Prés, au mois de mars 1293, une somme de 3,200 livres pour lui faciliter la reprise du fief de la châtellenie de Noyon que le roi avait
1. « Mense Julio [1293], Noviomum, Galliee civilas, tota miserabiliter est combusta, quodam nobili ignem ibi jactante, ut dicebatur -: propter quod idem nobilis diu fuit ibi carceri mancipatus et detentus. s Historiens de France, t. XXI, p. 633.
2. « Mense Julio [1293], Noviomum, civitas Gallue, prœter Sancti Eligii Sanctique Bartholomœi abbatias igné penitus est combusta. » Ibid., p. 11.
3. <r Mil II. C. IIII. XX. XIII. En cest an, fut arse l'église Nostre Dame de Noyon et toute la cité dedens les murs. » Ibid., p. 133.
4. a En l'an aprez [1293] fu arse toute la cité de Xoyon par dedens les murs et la noble église Nostre-Dame d'icelle cité. » Bibl. nat., fr. 279, fol. 261 v°.
5. « Anno 1293, die 21 julii tam ecclesia quam civiîas incendium quasi générale passa est und sunt bi versus :
« Milleque ter centum septem minus urbs fuit arsa, « Per varium ventum Noviomi gens quoque sparsa, « In julii mense, Praxedis sanctoque festo, <r Illius incensœ memor urbis tu Deus esto. »
Démocharès, De divino missx sacrificio, fol. 24 v.
6. Nouvelles Annales de Noyon. Bibl. nat., fr. 12030, p. 275.