Arch. de l'Oise, G
4. « Item pro quodam panno serico tradito régi Navarre et ab ipso post oblato lx". »
5. « Item Anglico le ymagier pro quîbusdam sui operis refectis in ymaginibus et equo super altare reliquiarum sitis, viB. »
hautes, près du gros clocher sud, désigné sous le nom de tour de l'évêque1. Le clocher du nord, qu'on appelait la tour des grosses cloches, était certainement terminé en 1333, car les charpentiers y posèrent des ahat-sons pour garantir le beffroi contre la pluie2. Ce travail coûta 15 livres 12 sous, y compris l'achat, le montage des bois et la réparation de la roue de l'orgue qui devait actionner la soufflerie.
Un autre article concerne la pose d'étais sous le grand porche de la façade où les ouvriers dressèrent un échafaudage pour peindre le grand portail aux frais de Jean de Brie3. La fabrique contribua pour dix livres à cette dépense. Le maître maçon Tassard remania les marches du porche avant de travailler dans la tour du nord4. Il faut en conclure que les deux éperons bâtis en dehors du porche pour contrebuter la poussée de ses voûtes venaient d'être terminés. Les portes et les appentis du cimetière de la cathédrale qui se trouvait au nord, du côté de Saint-Barthélémy furent également réparés. Ce cimetière était planté de noyers dont les fruits rapportaient trente sous à la fabrique. Enfin le portail Saint-Eutrope qui s'ouvre dans le croisillon sud-est est désigné dans le même compte sous le nom de portail des Merciers, comme l'indique une recette provenant de la location d'une boutique à une marchande de cierges.
Vers le milieu du xive siècle, la chapelle de Sainte-Luce et de Sainte-Marguerite, qui avait sans doute été détruite par l'incendie de 1316, fut rebâtie sur le même emplacement. Cette chapelle, recouverte de quatre voûtes d'ogives, communique avec la seconde et la troisième travée du bas côté méridional. A l'approche des Anglais, le trésor de la cathédrale fut déposé dans une cachette
1. « Werrario pro pluri operatura facienda in verreriis ecclesie et in stillicidiis perforatis dicta stillicidia plonibanda soldando et reficienda, xliiii5. — Item plastrario pro operando in verreriis ecclesie altis contra turrem domini episcopi et in turre magnarum campanarum, Ixxi5. »
2. <c Item pro asseribus et mairieno emptis pro appendiciis faciendis in turre magnarum campanarum ad defi'endendum mairienum belfridi de aquis et pluviis volantibus nec non pro dictis asseribus et mairieno ad ecclesiam adductis et apportatis, ix' v\ »
3. « Item pro sumptibus factis pro hourdiciis faciendis ad pingendum magnum porticum vel introitum ecclesie sumptibus magistri Jobannis de Brya tam pro operariis quara pro virga et aliis ad hoc necessariis xxxvi5 vid. »
4. « Item Tassardo lathomo pro operando in gradibus porticuum ecclesie et es pechines et in turre magnarum campanarum ixs vid. » Le mot pechine ou pessine doit signifier une piscine ou une cuve à huile.
le 10 janvier 1345 ^ Une bulle de Clément VI, datée du 22 novembre 1348, mentionne l'existence de trente-neuf chapelles dans la cathédrale, mais à cette époque les chapelles proprement dites étaient au nombre de seize, à savoir neuf autour du chœur, six dans le bas-côté nord et une dans le bas-côté sud. En outre, on avait établi de nombreux autels dans les croisillons, sous les clochers, sous le porche et dans les tribunes. Le 21 septembre 1358, les chanoines reçurent l'ordre de s'armer et de monter la garde aux portes de la ville2. Us furent souvent appelés à remplir le même rôle pendant le cours du xve siècle. Le roi Jean le Bon visita la cathédrale le 28 novembre 1360 3. Le doyen Jean d'Erquery, qui mourut en 1370, légua au trésor deux draps d'or sur champ d'azur et une pomme de pin dorée4.
La confrérie de Notre-Dame des Joies qui se composait de huit chanoines, de huit chapelains et de huit bourgeois fut fondée vers 1376. Elle faisait célébrer ses offices à un autel placé sous la grosse tour du nord5. Jean de Hangest, chapelain de la cathédrale, fut l'un de ses premiers bienfaiteurs, comme l'indique une délibération du chapitre datée du 22 avril 1384 6. Le roi Charles V visita deux fois la cathédrale de Noyon, en 1372 avec la reine et le 27 mai 1378. Le chapitre fit une réception solennelle à son oncle Charles IV, empereur d'Allemagne, le 29 décembre 1377. Dans la première partie de son règne, Charles VI entra dans la ville le 16 mars 1381, le 8 et le 16 avril 1385, le 22 septembre de la même année, le 27 septembre, le 24 novembre, le 9 décembre 1387 et le 8 septembre 13907.
Pendant la guerre de Cent ans, le chapitre eut d'autres préoccupations que de contribuer à l'embellissement de la cathédrale. Le Noyonnais était ravagé par des bandes de pillards et les cha-