Ibid., p
7. « Carolus ad Noviornum urbem et Carlomannus ad Suessionis civitatem pariter uno die a proceribus eorum et consecratione sacerdotum sublimati sunt in regno. s Continuateur de Frédégaire, dans les Historiens de France, t. V, p. 9.
tradition rapportée par Levasseur, qui attribuait la construction de la nef actuelle à la générosité de Charlemagne1. Un ancien tableau remarqué par Louis XI dans sa visite à la cathédrale conservait le souvenir du sacre de l'empereur, qui fit un séjour à Noyon en 808 2. Le diplôme de Charles le Chauve, qui confirma le privilège d'immunité du chapitre le 24 décembre 842, prouve que la cathédrale avait été consacrée sous le double vocable de Notre-Dame et de Saint-Médard3.
En 859, les Normands, qui avaient remonté l'Oise, firent leur première apparition devant Noyon et s'emparèrent de la ville à la faveur de la nuit. La cité fut livrée au pillage et la cathédrale devint certainement la proie des flammes. En se retirant chargés de butin, les pirates massacrèrent l'évêque Immon avec les nobles et les clercs qu'ils avaient faits prisonniers4. Il est probable que les reliques de saint Eloi avaient été déposées dans une cachette pendant les ravages des Normands, mais, comme l'abbaye de Saint-Eloi se trouvait en dehors de l'enceinte, l'évêque Hédilon jugea nécessaire de les mettre en sûreté le 19 janvier 881 ou 882 en les transférant à l'abri des murs de la cité, dans la chapelle de l'évêché, dédiée à saint Benoît5. Cette précaution n'était pas inutile, car les Normands traversèrent Noyon dans le cours de l'année 882 6, en se dirigeant sur Reims, et ils revinrent assiéger la ville en 890, vers la fin d'octobre, mais ils ne réussirent pas à s'en emparer, malgré leur séjour de six mois dans une île de l'Oise7. En 925, les pirates furent encore mis en déroute par une courageuse sortie des habitants8.