‹ Collected papers (volume 3)Chapitre 12 sur 23 · CZ · texte numérisé non relu

CZ

XII' siècle.

XIII° siècle.

XIV^ siècle.

XVI= siècle.

Moderne.

£". Chauliat, del,

PLAN DE L'ÉGLISE DE CORMEILLES-EN-VÈXIN

Eglise de GormeiUes-en-Vexin.

Chapiteaux de la nef.

E.îChauliat, del.

Eglise de Gormeilles-eii-Vexin.

Chapiteaux de la nef.

L EGLISE DE CORMEILLES-EN-VEXIN O

des tiges qui s'enroulent en spirale. Au milieu de la face principale se détache une tête humaine qui est souvent restée épannelée. On voit sur certaines corbeilles de larges dents de scie opposées par leurs pointes ou des feuilles qui ressemblent à des dents denorenage. Les tailloirs en

E. Chauliat, del.

Chapiteau de la nef.

biseau présentent une décoration plus variée : les uns sont garnis de lignes brisées, de losanges en creux, de trois rangs de billettes; les autres, de moulures qui manquent de relief: sur un chanfrein, des filets superposés se décrochent de manière à former sept petits angles droits. Les

L EGLISE DE CORMEILLES-EN-VE\I

bases toriques, dont les gTilîes rcssenilileiit à des volutes. sont très mutilées.

L'ornementation arcli;rK|U('. mais s(nivcrit tr(im|)euse. des clia])itoaux. fournil le seul ('If'nicnl de dise iission sur la date

K. Chauliat, del.

Chapiteau de la nef.

de la nef. (|ue j attribue aux ])r(ninéres années du XIP siècle. Sans doute, on retrouve dans la nef de Morienval certaines corbeilles du même style, mais j'ai remarqué d'autres chapiteaux semblables dans le transept des églises

L EGLISE DE CORMEILLES-EN-VEXIN

d'Enncry et du Bellay (Seine-ct-Oise), dont aucune partie n'est antérieure au XIP siècle. En outre, les gorges d'angle des piles et les moulures des tailloirs qui les contournent ne s'accordent pas avec les caractères de l'architecture du XP siècle (1). La décoration des chanfreins peut se comparer à celle des tailloirs de la nef d'Arronville (Seine-et- Oise), de Villers-Saint-Paul. de Berneuil-sur-Aisne (Oise) et du déambulatoire de Moricnval.Ellc soulève un problème intéressant, qui consiste à déterminer l'époque où les moulures apparaissent sur les tailloirs dans les églises du Nord de la France, sans doute sous rinflucncc de l'école normande, qui fit un usage précoce de la moulura tion.

Ce qui est certain, c'est que le fdet et le biseau des tailloirs des chapiteaux du XI" siècle, dans les nefs de Morienval et d'Oulchy-le-Chà(eau. sont lisses. A Chivy, près de Laon, les ornements gravés en creux sur les tailloirs ne doivent pas être confondus avec des moulures, mais à Berneuil-sur-Aisne (Oise), quelques baguettes se profilent audessus des chapiteaux, ce qui me porte à croire aujourd'hui que jai tro}) vieilli celte église. Les églises de Presles-en- Laonnois. de Courville et de Saint-Thierry i Marne i présentent aussi des exemples archaïques dimposles moulurées, mais, comme les deux dernières ne sont pas des œuvres du Xl'= siècle, il faut en conclure que les architectes du bassin de FOisc n'eurent pas l'idée de faire découi)er des tores et des cavets sur les tailloirs avant le XW siècle.

Au commencement du XilP siècle, on recouvrit la nef. après coup, de cinq voûtes d'ogives garnies d'une arête entre deux baguettes et séparées par des doubleaux en tiers-point, dont le profil se compose d'un filet entre deux tores. Une couronne de feuillages entoure les clefs de voûte percées

(1) Le style du XI" siècle est à peine représenté en Seine-et-Oise par la nef de l'église de Juziers et par les chapiteaux de l'ancien clocher de Deuil conservés au Musée de Clunv.

r, EGLISE DE CORMEILLES-EN-VEXIN

(I un lidii. I.alisonco do formorots sexplique pnr la ditriculté (11' lui;-!'!" ciiKi ((ilniiiicltcs siii- dos cnrl)oaiix. L arcliilootc se ooiilonta donc do montor trois fûts en délit sur une console à trois pans, au droit de chaque pilier, en la décorant de feuillages et de masques humains. Les chapiteaux à crochets sont posés obliquement sous la retombée des ogives : un lislol. une baguette et un cavet inférieur se détachent sur les tailloirs et le tore des bases os( à peine aplati.

La même oj)érati()ii l'ut faili- dans les bas-côtés, mais on prnlila de ci- romaniomonl pour les (dargir. Los trois preniiitcx vulUos dogives so distinguent par leur tore en

Ogives et doubleaux de la nef.

amande, par lours pdilos clefs el par leurs doubleaux moulurés dune arèto outre deux toi-os. Les voûtes do la quatiieiiie ri i\i- la oin(piioni(^ travc'o présentent les mêmes pi(jlils (|ue dans la nef. Trois colonnettes en délit j)laquées contre les murs extérieurs modernes et contre les piles de la nef correspondent aux retombées des nervures et des doubleaux : leurs chapiteaux sont garnis de crochets.

Le carré du transept, voûté d'arêtes, était encadré au X1I*= siècle par des piles oruoifoimos flanquées de quatre grosses colonnes, mais au XIX"" siècle, à la suite dun tassement, on diminua l'ouverture dos doux arcs de lest et de l'ouest par

Eglise de Gormeilles-en-Vexin.

Travées et voûtes de la nef.

E. Chauliat.del.

Église de Gormeilles-en-Vexin.

Retombées des voûtes de la nef.

K. Lefèvre-Pontalis, phot.

Église de Cormeilles-en-Vexin.

Bas-côté nord de la nef.

L EGLISE DE CORMEILLES-EN-VEXIN

deux arcades (|ui éj)ous(>nl leur courbe en plein cintre eL qui refonil)enl sur des piliers nus. La dale de cette reprise en sous-œuvre a dû coïncider avec la peinture sur Tenduit de faux joinis à deux traits roug-es, de rosaces à cinq pétales et de Heurs de lis (1).

E. Chauliat, del.

Chapiteau du transept.

A l'entrée des croisillons, les arcs doublés en plein cintre qui précèdent une voûter en berceau sappuient sur deux

(1) Le chœur de l'église de Morienval est décoré de faux joiuts du même genre, qui encadrent des feuilles de trèfle.

10 l"église de cûkmeilles-en-vexin

colonnes engagées dont les chapiteaux conservent leurs volutes, leurs feuilles plates et leur masque central. Du côté de l'est, des losanges, des lignes brisées ou ondulées sont gravés sur les tailloirs en biseau. Un arc moderne relie le bas-côté nord au transept, mais l'arc en tiers-point ([ui occupe le même emplacement dans le croisillon sud peut remonter au XIV'^ siècle, comme l'indiquent ses faux joints. Le transept communique avec les collatéraux du chœur par deux arcs du XV F siècle qui retombent sur des piles à quatre cavets. Ce profil correspond à celui de l'archivolte qui retombe du côté sud sur quatre petites tètes. .\u fond du croisillon nord s'ouvre une fenêtre en tiers-point du XIV^ siècle, dont le meneau central porte deux trilobés pointus et un trèfle encadré dans un triangle curviligne. On remarque, au sud. une baie du même style, mais son remplage a été remanié.

L'abside romane en hémicycle, voûtée en ciil-dc-four. fut remplacée vers 1250 ])ar un grand chevet carré qui limite le chœur et les bas-côtés. C'est un des plans caractéristiques du chevet des églises de Técole gothique dé l'Ile-de-France, comme j'ai eu souvent l'occasion de le démontrer (1). Les trois voûtes d'ogives supérieures furent refaites au miHeudu XVP siècle ainsi que les formerets. comme rindi(pie le maigre profil de leurs nervures à baguette centrale et leurs clefs dont l'écu est bordr- d'un rinceau ajouré.

Les grandes arcades en tiers-point du XIII*' siècle, flanquées de deux boudins, retombent sur de courtes colonnes à tambours et sur des chapiteaux à deux rangs de crochets. Les bases à tore aplati sont dépourvues de gi-ifles et les

(l) Exemples : Moiilroiiil-sous-Bois (Seine), Andrésy, Gaillon, Jouy-le- Moùtler, Louveciennes (Seinc-et-Oise), Brie-Conile-nobert (Seine-et- Marne), Bury, Cambronne, Xogent-les-Vierges, \'illers-Saint-Paui (Oise), cathédrale de Laon, \'aux-sous-Laon, Gisors, Bonneval, près de Châteaudun, Puiseaux, Serniaises (Loiret). Le plan jjriinilif du chevet à Triel (Seine-et-Oise) était du même type.

Page 1