ÉTUDE SUR LES OGIVES TORIQUES A FILET SAILLANT
Les progrès incessants de l'archéologie du moyen Age ont déjà réduit à sa juste valeur le critérium des voûtes appliqué à la classification des écoles d'architecture. Je voudrais démontrer à mou tour linexactitude dun autre axiome, qui tend à l'aire croire que toutes les croisées d'ogives toriques à filet saillant doivent être attribuées au XI V" siècle. En recherchant les origines de ce type de profil, qui remontent au XU*' siècle et dont les exemples authentiques du XIIP siècle sont innombrables, j'aurai donné une nouvelle preuve de la nécessité de relever les moulures, qui sont un élément essentiel de l'étude des écoles gothiques (1).
Les architectes et les appareilleurs du XII'' siècle n'avaient pas tardé à reconnaître la lourdeur des boudins appliqués sur les ogives et les doubleaux. Ils avaient peu à peu donné la préférence au tore aminci, dont on voit déjà des exemples dans l'une des voûtes centrales du narthex de Saint-Denis, appareillées avant 1140, comme les ogives en amande de la salle capitulairo de Durham. eu Angleterre. Le chevet des cathédrales de Noyon et de Senlis. bâti vers le milieu du XIl*^ siècle, renferme un très grand nombre de
(1) .le tiens à remercier notre confrère M. K. Chauliat qui a mis au net tous les profils dessinés dans cet article.