CLERMONT
des fenêtres et des pignons en escalier <|uand il fut englobé dans les bâtiments de l'ancienne maison de détention. Quelques chapiteaux de la collégiale se voient encore dans deux archères de la porte de Nointel au chevet de l'église. C'est le dernier débris des fortifications de la ville: son arc en tiers-point permet de l'attribuer au XIII0 siècle 1 .
La seigneurie passa dans la maison de Blois par le mariage de Catherine, comtesse de Clermont, tille de Raoul, tué en 1191 au siège de Saint-Jean-d'Acre. puis elle entra dans la maison royale et Philippe- Auguste la donna en apanage à Philippe HurepeL son lils naturel. Elle comprenait alors les terres de Clermont. de Neuville-en-Hez, de Creil. de Sacy-le- Grand, de Gournay-sur-Aronde et de Méry. Parmi les comtes les plus célèbres, il faut citer: Robert de France, sixième lils de Saint Louis: Jean II. un des héros de Formigny: le célèbre connétable de Bourbon, tue à Rome en 1Ô27 : et Louis de Bourbon, tué en 1641, à la bataille de la Mariée.
En 1356, Guillaume Cale, paysan de Mello. chef du mouvement de la Jacquerie, vaincu à Catenoy par le roi de Navarre, fut décapité à Clermont et la ville tomba au pouvoir des Anglais deux ans plus tard. Thomas Kiriel, gouverneur de la place en 1429. dévasta les environs. Clermont. qui avait pris parti pour la Ligue, fut assiégé par Henri IV et pillé pendant dix-sept jours après l'assaut du 26 septembre 15VI0. La démolition de l'enceinte commença en 1703
Cl) Je tiens à remercier notre confrère, M. l'abbé Beaudry, de m'avoir fourni des notes sur l'histoire et les monuments de la ville.
et la Révolution fit disparaître la collégiale, rebâtie en 1714. l'église des Trinitaires, commencée vers 1392, et la chapelle de Saint-Laurent, dans la maladrerie.
EGLISE
Cet édifice, consacré à saint Samson. évèque de Dol, fut construit au XIIIe siècle et incendié en 1432. Les reprises en sous-œuvre faites au XVIe siècle et de maladroites restaurations modernes ont diminué sa valeur archéologique, mais ses remaniements sont curieux à étudier. La nef a six travées au nord et trois au sud. parce que le croisillon méridional fut ajouté après coup au XVIe siècle. A cette époque, la charpente avec ses poinçons et ses entraits moulurés était apparente. Des voûtes modernes en briques, aux nervures ramifiées, chevauchent sur la troisième et la quatrième travée et sur les deux dernières.
Au nord, les piliers du XIIIe siècle, flanqués de huit colonnes et reliés par des arcs en tiers-point moulurés, furent transformés en massifs ondulés au XVIe siècle. Le profil des arcades du triforium bouché et les quatre premières fenêtres indiquent une reprise du XIVe siècle, qui a dû coïncider avec la dédicace de 1327. mais, dans la quatrième travée, deux colonnettes avec chapiteaux à crochets prouvent l'existence de cette galerie au XIIIe siècle. Les deux dernières fenêtres hautes doivent être attribuées à la même époque.
Les travées du sud, comme l'indiquent leurs piliers, leurs arcades et le remplage de leurs baies, furent rebâties au XVIe siècle avec le bas-côté correspondant
ÉGLISE DE CLERMOXT 15
et sa grande chapelle recouverte de nervures en étoile. La dédicace du 7 juillet 150G est antérieure à tous les remaniements de l'église. Les voûtes d'ogives du bas-côté nord remontent au XIIIe siècle, mais leurs clefs sont modernes. Trois chapelles ajoutées après coup au XVe siècle s'ouvrent entre trois fenêtres primitives. Au XIIIe siècle l'église était dépourvue de transept. 11 fallut démolir les dernières travées de la nef pour construire le croisillon sud au XVIe siècle : lune de ses voûtes, dont les nervures rayonnent autour d'un cercle central, mérite d'attirer l'attention.
Les chapiteaux à crochets qui reçoivent la croisée d'ogives du chœur etles six nervures du chevet refaites en 1869 prouvent que le sanctuaire estime œuvre du XIIIe siècle, dont il reste encore quelques colonnettes engagées dans la pile en avant de l'hémicycle; mais, vers 1540. toutes les piles furent reprises en sousœuvre sur un plan ondulé. C'est à la même campagne de travaux qu'il faut attribuer le déambulatoire, ses voûtes d'ogives à clefs pendantes et ses fenêtres à remplage flamboyant.
La chapelle rayonnante centrale, à cinq pans coupés, est flanquée de deux autres chapelles à trois pans. Une grande chapelle latérale s'ouvre du côté sud et deux petites au nord, qui renferment le vitrail des litanies de la Vierge, les figures d'Anne, de Joachim et des donateurs patronnés par saint Claude et saint Nicolas. La verrière voisine de l'arbre de Jessé appartient également au XVIe siècle, comme celles de saint Crépin et de saint Crépinien, données par la corporation des cordonniers de Clermont, en 1550. L'église de Saint-Samson possède dans le bas-côté sud un sépulcre et une tombe de la même époque qui