CHATEAU
Adossé au mur de l'enceinte, au nord de la cité, et bâti sur l'emplacement du castrum romain dont M. Bouet a restitué le plan, le château l'ut témoin de nombreux faits historiques sous les Carolingiens, et les rois de France y firent de fréquents séjours jusqu'à Henri IV. Ses ruines forment le décor du jardin de M. Turquet de la Boisserie. qui réserve toujours le meilleur accueil aux archéologues. La porte d'entrée entiers-point, rue du Chat-Héret, conserve les rainures des deux herses et s'ouvre entre deux bases de tours du XIIIe siècle.
La chapelle, dont il ne reste que des débris, avait été construite sous le règne de Louis VI, c'est-à-dire avant 1137. comme le prouve une charte de 1141-1142 (1). Sa nef s'élevait au-dessus d'une voûte en berceau brisé qui servait de passage intérieur : elle était ornée de grandes arcatures en plein cintre, dont les deux colonnettes soutenaient un boudin et un rang d'étoiles. Au nord, deux colonnes séparent la seconde arcature de la troisième : l'une d'elles est engagée dans un dosseret oblique, ce qui prouve que la partie droite du chœur était voûtée d'ogives. Les chapiteaux, décorés de masques, de volutes et de tiges perlées, ressemblent à ceux de la cathédrale, mais les tores des bases ne sont pas aplatis. Au nord, cette unique travée est éclairée
(1) Louis VII s'exprime ainsi: « Notum Geri volumus presentibus et futuris quatinus ecclesie que a venerabili pâtre noslro Silvanecti constructa et ad honorem beati Dionisii solemniter dedicata et domui nostre juncta est ». Luchaire : Études sur les actes de Louis VII, p. 365.
par une fenêtre en tiers-point encadrée par deux colonnettes et des moulures : on voit une baie occidentale en plein cintre près de deux contreforts d'angle encore
intacts.
Une belle salle du XIIe siècle se trouvait en avant de la chapelle : il n'en reste plus que des arcatures en plein cintre engagées dans les murs de l'est et de l'ouest. Le rez-de-chaussée était divisé par une file de colonnes reliées par des arcs en tiers-point cpii portaient un plancher : celle qui existe encore fut remplacée, au XVIe siècle, quand on relança deux arcs sous les claveaux primitifs.
Le bâtiment, qui était adossé à la grande salle, vers le couchant, avait été construit au XIIIe siècle, comme le prouvent deux baies jumelles avec leurs petits arcs en tiers-point simulés sur le linteau et le tuyau cvlindrique d'une cheminée dont le manteau fut refait au XVe siècle. La salle du premier étage, éclairée par une fenêtre à meneaux cruciformes du XVIe siècle, renferme quelques pierres tombales de la même époque, dont l'une reproduit la légende des trois morts et des trois vifs. En la traversant, on passe dans une tour gallo-romaine où l'on avait percé une porte et deux grandes fenêtres au XIVe siècle : son mur droit présente un exemple de petit appareil allongé alternant avec des pierres cubiques, comme aux arènes de Senlis.
Au sud. la salle de billard est installée dans un logis du XIVe siècle qui faisait partie du prieuré de Saint- Maurice, fondé par saint Louis. Deux voûtes d'ogives du rez-de-chaussée sont encore intactes, ainsi que la charpente soutenue par neuf poinçons en forme de colonnettes octogones et par des chevrons portant fermes. C'est une véritable rareté archéologique.