ÉGLISE D'OURSCAMP
contenait que trois. Le chœur primitif devait se terminer par un mur droit, comme dans la plupart des églises du même ordre. En effet, les moines n'auraient pas éprouvé le besoin de construire un rond-point au XIIIe siècle, si leur église avait été déjà entourée de chapelles rayonnantes.
La dédicace tardive de 1201 par Etienne, évèque de Noyon, ne peut s'appliquer qu'à l'église dont je viens de décrire les restes. Son chevet, entouré d'un déambulatoire, fut rebâti vers 1280, mais les deux grandes fenêtres à trois meneaux et à rosaces polylobées qui éclairent le transept au levant ne sont pas antérieures au XIVe siècle. Le chœur, qui s'évase dans la première de ses quatre travées droites, est recouvert de trois voûtes d'ogives barlongues et de huit nervures rayonnant sur l'hémicycle. Le tore aminci de leurs nervures se détache entre deux baguettes et les doubleaux en tiers-point présentent le même profil. Les douze grosses colonnes, flanquées de trois colonnettes dans la partie droite et d'une seule dans le chevet, reçoivent des arcades en lancette moulurées sur leurs chapiteaux à crochets, mais les colonnettes des formerets partent de leur tailloir octogone. Les fenêtres, divisées par un meneau central, deux arcs brisés et une rosace sans redents, furent en partie bouchées au XVIIe siècle, quand on monta sur leur appui des arcatures d'un style très médiocre.
Le plan du déambulatoire gothique comprend une double galerie correspondant aux travées droites et divisée par des piles à huit colonnettes avec chapiteaux à crochets. Au chevet, le bas-côté simple communique avec cinq grandes chapelles rayonnantes à cinq pans coupés, encadrées par un arc en cintre
INFIHMEHIE D OUHSCAMP
brisé et voûtées par cinq nervures à tore aminci qui retombaient sur des colonnettes. C'était le développement de l'abside de la cathédrale de Noyon, où les chapelles latérales ne communiquent pas entre elles. Les ogives en amande et les doubleaux à quatre baguettes du déambulatoire ont résisté aux intempéries, mais les compartiments de remplissage se sont effondrés, ainsi que les arcs-boutants, dont la tète est encore visible.
La collection Gaignières donne une idée des monuments funéraires et des magnifiques tombes plates qui faisaient l'ornement de cette belle église. M. Peio-né-Delacourt, qui a écrit l'histoire de l'abbaye, en a donné de bonnes reproductions.