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CATHEDRALE

Histoire. — La cathédrale actuelle doit occuper l'emplacement des quatre édifices religieux qui l'ont précédée. Le premier, bâti par saint Médard au VIe siècle et réparé par saint Éloi, fut incendié vers 676. Le second, où Charlemagne fut sacré le 9 octobre 768, devint la proie des flammes pendant le pillage de Noyon par les Normands en 859. Relevée de ses ruines par l'évèque Airard. la cathédrale carolingienne, où les évêques se firent enterrer dès le IXe siècle, fut le théâtre du sacre de Hugues Capet par Adalbéron. archevêque de Reims, le 1" juin 987. La preuve de la

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reconstruction de ce monument vers le milieu du XIe siècle est fournie par une charte du cartulaire.

Nous arrivons ainsi à l'incendie du mois de juin 1131. qui réduisit en cendres la ville et la cathédrale romane. Le pape Innocent II. qui se trouvait à Crépyen-Valois. lit appel aux fidèles et l'évêque Simon de Vermandois commença le superbe édifice que nous admirons aujourd'hui. En écrivant l'histoire détaillée de la cathédrale, où j'ai rectifié certaines erreurs de M. Vitet, j'ai fait ressortir l'importance de la translation des reliques de saint Éloi. qui eut lieu le 25 juin 1157, car elle a dû coïncider avec l'achèvement du chœur, dont le style est identique à celui du chevet de Saint-Germain-des-Prés à Paris, consacré le 21 avril 1163. L'évêque Baudouin II (1148-1167) fit commencer le transept, dont les croisillons arrondis et la galerie extérieure portent l'empreinte d'une influence germanique. Son successeur, Baudouin III, mort en 1174. continua les travaux, mais il fallut trois campagnes différentes pour élever la nef. qui ne fut pas achevée avant 1220. car on a monté toute la partie qui se trouve au revers des portails en même temps que la façade, le porche et le clocher sud.

Pendant le terrible incendie du 21 juillet 1293, qui dura 34 heures, les voûtes sexpartites de la nef et les toitures s'effondrèrent. Les arcs-boutants et les tours jumelles du chœur furent très endommagés. Il fallut refaire les voûtes sur plan barlong et les baies hautes du clocher nord. Au commencement du XIVe siècle, on ajouta six chapelles latérales dans le bas-côté nord, puis la première du bas-côté sud. Pierre Le Verrier répara les vitraux en 1425, Jean Masse et Jean Turpin remplacèrent les deux dernières voûtes de la nef et

Cathédrale de Noyon et ses dépendances.

Plan au XIIIe siècle.

celles du croisillon sud en 1460. Florent Bleuet refit les arcs-boutants qui épaulent les tribunes du chevet l'année suivante. La voûte centrale du transept, qui s'écrov> en 1462. fut rétablie aussitôt. Après l'expertise de Pierre Tarisel, architecte de la ville d Amiens. en 1476. on restaura les arcs-boutants de la nef et on coupa quatre colonnes du chœur pour leur substituer des piliers de mauvais style. La seconde chapelle du bas-côté sud fut bâtie de 1528 à 1532. En 1723. le chapitre fit démolir les étages supérieurs des clochers de l'abside. Les réparations entreprises à cette époque jusqu'en 1730 coûtèrent 62.447 livres, y compris la réfection de la charpente et des toitures. Les arcsboutants du chevet, qui doivent remonter au XVIIIe siècle, ne figurent pas dans ce compte, mais on sait que la voûte du chœur fut réparée en 1748. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la cathédrale fut l'objet d'importants travaux de restauration, dirigés par MM. Ramée. Verdier et Selmersheim.

Nef. Recouverte de croisées d'ogives à tore aminci, dont les huit premières sont postérieures à l'incendie de 1293 et dont les deux dernières datent du XVe siècle, la nef était surmontée au XIIe siècle, de cinq voûtes sexpartites embrassant deux travées, comme à la cathédrale de Senlis. car l'alternance des colonnes et des piliers flanqués de huit ou de douze colonnettes vers le transept suffit à le prouver. Cette disposition se rencontre encore au XIIIe siècle à Angicourt (Oise), à Notre-Dame de Mantes et dans plusieurs églises de la Champagne. Toutes les grandes arcades aux arêtes abattues décrivent une courbe en tiers-point: trois minces colonnettes reposent

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sur le tailloir des colonnes isolées pour soutenir les doubleaux à deux tores et les ogives. Les colonnettes des formerets en plein cintre partent de fond dans les quatre dernières travées et du niveau des fenêtres hautes dans les autres.

Les tribunes, dont les voûtes d'ogives se composent de nervures en amande, de doubleaux en tiers-point nus et de formerets en plein cintre, sont éclairées par des fenêtres géminées de la même forme: tandis que leurs grandes baies en tiers-point, avec trèfle dans le tympan, encadrent deux arcades secondaires en lancette, ornées de trois tores. La colonnette centrale de chaque baie est dépourvue de tailloir, comme celles de la petite galerie supérieure formée d"arcades cintrées sans moulures qui passent sous des fenêtres jumelles en plein cintre flanquées de colonnettes.

Les deux dernières travées de la nef. montées vers 1170, sont les plus anciennes. Leurs chapiteaux à feuillage roman reposent sur des colonnes dont le socle est plus élevé, et qui se distinguent par le profil de leurs bases. Le faisceau des trois colonnettes centrales est coupé par cinq bagues. La double travée précédente avait été amorcée jusqu'à la hauteur de la voûte des bas-côtés, car on remarque également une bague dans le groupe des cinq fûts adossés au mur extérieur.

Un autre architecte éleva les huit premières travées vers la fin du XIIe siècle, comme l'indiquent les crochets des chapiteaux et le tore aplati des bases à griffes qui déborde sur le socle. Les travaux subirent un nouvel arrêt avant la construction de la façade, commencée vers 1220. Au revers, c'est-à-dire au-dessous des deux tours, on a monté un véritable narthex aussi

E. Lefèvre-Pontalis, phot.

Cathédrale de Noyon.

Tribunes de la nef.

haut que la nef, comme à Saint-Germer età Notre-Dame de Mantes. Ses trois voûtes d'ogives du XIIIe siècle à tore aminci sont séparées par des doubleaux en tiers-point à triple ressaut, qui retombent de chaque côté sur deux colon nettes jumelles et quatre colonnettes.

Au nord et au sud s'ouvre une large baie en tierspoint encadrée par deux tores et quatre colonnes et divisée par deux arcades cintrées. L'arc en plein cintre persiste également dans le triforium qui contourne cette partie de l'église: ses petites arcades, rehaussées d'un boudin, retombent sur des colonnettes et des chapiteaux à crochets. Plus haut, de larges fenêtres en tiers-point s'ouvrent au fond d'une voussure. On peut circuler au niveau de leur appui par un passage qui fait retour d'équerre aux angles. Les baies de l'ouest sont des triplets, celles du nord et du sud sont géminées, et celles de l'est forment deux arcatures, dont la colonne centrale porte un linteau qui reçoit les voussures.

Bas-côtés. — Les huit premières voûtes d'ogives à tore aminci du bas-côté nord sont encadrées par des formerets en plein cintre contre le mur et en tierspoint contre les grandes arcades, et séparées par des doubleaux nus en tiers-point surhaussé. Une seule de ses anciennes fenêtres est intacte dans la seconde iravée, où se trouve la porte du cloître. Elle se compose de deux baies géminées en plein cintre qui s'ouvrent entre trois colonnettes, comme celles de la nef et des tribunes. Plus loin, on voit des petits fûts qui sont les derniers témoins des arcatures en plein cintre primitives.

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Les chapelles latérales, ajoutées après coup dans les premières années du XIVe siècle, sont voûtées d'ogives, décorées de quatre arcatures en tiers-point et éclairées par de larges baies à trois meneaux qui soutiennent trois rosaces à cinq lobes. La sixième chapelle, qui doit avoir été construite avant les autres, se distingue par le filet saillant de ses ogives, le remplage de sa fenêtre et sa piscine en tiers-point encadrée par une gorge entre deux tores.

Dans les deux dernières travées, les nervures de la voûte sont garnies d'un boudin central entre deux baguettes. Cette différence de profil indique une période moins avancée du XIIe siècle, comme je l'ai déjà fait remarquer dans la description de la nef. Le mur, percé de deux portes, conserve une rose à huit lobes bouchée, une arcature en plein cintre et cinq colonnettes en faisceau à bague centrale, dont les socles sont aussi hauts que ceux des dernières piles de la nef. Dans les travées précédentes, les colonnettes placées sous les retombées sont groupées trois par trois.

On peut faire des remarques du même genre dans le bas-côté sud, mais toutes ses croisées d'ogives se trouvent ornées d'un tore en amande. Le mur de la seconde et de la troisième travée fut défoncé au XIVe siècle par l'architecte qui construisit une grande chapelle latérale, dont les deux voûtes présentent un filet en saillie sur leurs nervures toriques. Le remplage flamboyant de ses deux fenêtres fut refait au XVe siècle.

L'évêque Charles de Hangest. qui mourut en 1528, avait donné le terrain nécessaire aux trois travées de la chapelle suivante, placée sous le vocable de l'Assomption et terminée en 1532. Ses voûtes en étoile à clefs

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pendantes, reliées par des contre-courbes et des motifs très élégants, ressemblent à certaines voûtes de la cathédrale de Senlis. Les nervures et les doubleaux à redents retombent sur des' faisceaux de colonnettes prismatiques. Les fenêtres à réseau flamboyant sont garnies de vitraux modernes. Des arcatures tréflées sous un bandeau de pampres, des niches à dais et un retable très élégant, qui devait abriter dix statues, complètent cette riche décoration. La troisième chapelle, qui n'offre aucun intérêt, fut bcàtie aux frais de Nicolas Ier de la Haye, doyen du chapitre, et consacrée en 1647. Elle est encore voûtée d'ogives.

Transept. — La voûte à tore aminci de la croisée, refaite en 1462, est encadrée par quatre doubleaux en tiers-point, dont les quatre boudins retombent sur les piles d'angle, cantonnées de colonnettes. Entre la nef et le transept, les dosserets et les colonnes d'axe sont portés sur deux consoles du XIIe siècle, garnies de tètes d'angle reliées par des feuillages et surmontées d'un masque sous des rinceaux. Cette disposition, en usage dans plusieurs églises cisterciennes, se voit également à l'entrée des bas-côtés où elle fut appliquée au XIIIe siècle, et dans l'église d'Évron (Mayenne), bâtie au XIVe siècle. Elle avait l'avantage de ne pas masquer la vue du chœur. C'est dans le même but que l'architecte de Notre-Dame de Paris a monté des pilastres sur deux piles du transept. Lautel, dessiné par Godot, architecte à Compiègne, soutenu par six anffes en bronze doré et couronné d'un dôme à colonnés, fut mis en place vers 1779, malgré l'opposition de huit chanoines qui tenaient à conserver l'autel gothique.

Les deux croisillons renferment deux travées droites et s'arrondissent en hémicycle. Leur plan, dérivé des chapelles tréflées bâties dans les premiers siècles et de plusieurs basiliques chrétiennes, se retrouve à la cathédrale de Tournai et dans beaucoup d'églises rhénanes. Celui du nord, dont la première voûte d'ogives à tore aminci remonte au XVe siècle, est recouvert au-dessus du chevet par huit nervures qui rayonnent autour d'une clef centrale sans ornement et qui retombent sur des colonnettes à six bagues. Au niveau du sol, on voit des arcatures en plein cintre, moulurées et soutenues par des colonnettes, sous deux grandes fenêtres occidentales en plein cintre à boudin continu, comme les baies en tiers-point de l'hémicycle qui sont bouchées par des niches du XVIIe siècle.

Plus haut, les arcades en plein cintre d'une galerie de circulation retombent sur des colonnettes : celles de la galerie supérieure se composent d'arcs en tierspoint qui encadrent deux lancettes soutenues par une colonne isolée et deux fenêtres jumelles, dont l'archivolte est brisée. Enfin, sous les formerets en plein cintre, des baies géminées et cintrées, semblables à celles de la nef, montrent le mélange des deux formes d'arc vers 1170. Le transept de Notre-Dame de Noyon est antérieur au croisillon méridional arrondi de la cathédrale de Soissons. bâti vers 1190.

Le croisillon sud est du même style, mais l'habile restauration de M. Selmersheim, qui a repris ses lézardes et conjuré sa ruine, fait mieux valoir la suprême élégance et l'harmonie de son architecture. Ses trois voûtes d'ogives ont été refaites en 1460, en copiant les profils plus anciens. La petite galerie de circulation de la nef et les arcatures tréflées du chœur

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se continuent dans la première travée de chaque croisillon, au-dessus des larges baies des tribunes dépourvues de remplage. il faut attirer l'attention sur les crochets plats de tous les chapiteaux.

Chœur. — Trois travées droites, de largeur inégale, précèdent l'hémicycle en fer à cheval. Les deux premières voûtes d'ogives, ornées d'un boudin central, de perles et de deux baguettes, doivent avoir été restaurées, car leurs clefs n'ont aucun style et elles retombent sur des chapiteaux du XVe siècle. Au contraire, les huit nervures du chevet, qui rayonnent autour de l'agneau divin sculpté sur la clef et qui sont ornées de petites fleurs, comme le doubleau en tierspoint, remontent bien au XIIe siècle. Elles s'appuient sur des colonnettes groupées en faisceau et reliées par

sept bagues.

La première travée, avec ses arcades en plein cintre surhaussé, flanquées de tores à rainure, et sa tribune, dont les baies en plein cintre sont encadrées par deux colonnes et des chapiteaux à feuilles d'acanthe, se trouve adossée aux tours jumelles de l'abside, comme à Saint-Germain-des-Prés. En 1477, la seconde et la troisième travée furent l'objet d'une reprise en sousœuvre. Il fallut remplacer de chaque côté deux piles ou deux colonnes du XIIe siècle par un pilier rond flanqué d'une colonnette, mais on conserva les arcs en plein cintre qui les relient, puis on renouvela les quatre colonnes du chevet, posées sur d'épaisses feuilles de plomb et surmontées de chapiteaux à larges feuillages • qui soutiennent des arcs en tiers-point.

Les tribunes du chœur sont voûtées dans la partie droite par des- croisées d'ogives à tore aminci et par

cinq nervures sur chaque travée de l'hémicycle, où il faut signaler deux clefs à cinq têtes et des doubleaux ornés de masques et de feuillages. Leurs baies en tiers-point, géminées dans la seconde et la troisième travée, se trouvent séparées par trois colonnettes accouplées, mais celles du chevet sont simples: toutes les archivoltes, garnies d'un gros boudin aplati, d'un tore et d'un cordon mouluré, se distinguent de celles des tribunes de la nef. Sous les six grandes fenêtres en plein cintre des travées droites et sous les cinq baies de l'hémicycle qui correspondent à celles des tribunes et à la courbe des formerets, on voit des arcatures tréflées qui retombent sur des colonnettes, mais, au centre, une arcature en plein cintre se trouve entre deux autres en cintre brisé.

Déambulatoire. — Ses onze voûtes d'ogives, à boudin aminci entre deux tores, n'ont jamais été remaniées depuis le milieu du XIIe siècle. Un christ bénissant se détache sur la clef de la voûte centrale, un ange et un roi décorent deux autres clefs. Les arêtes des doubleaux en tiers-point surhaussé sont abattues. On compte quatre chapelles latérales rectangulaires, recouvertes de croisées d'ogives avec pointes de diamant entre deux tores, et cinq chapelles rayonnantes arrondies qui sont voûtées par cinq nervures du même type. Les arcs en plein cintre qui les encadrent, comme à Saint-Germain-des-Prés, conservent un méplat entre deux boudins. Dans les piles intermédiaires, les trois colonnes et les quatre colonnettes sont reliées par une contre-courbe, comme dans la première travée de la nef de Chars (Seine-et-Oise), au lieu d'être engagées dans un angle rentrant.

Les chapelles barlongues qui s'ouvrent sur la seconde et la troisième travée droite renferment un formeret en plein cintre et deux en tiers-point : un boudin continu encadre leur grande fenêtre cintrée. Dans les chapelles de l'hémicycle, huit arcatures en plein cintre, ornées d'un tore et soutenues par des colonnettes, passent sous l'appui des deux fenêtres en tiers-point, dont l'archivolte suit la courbe des formerets.

Façade. — Le porche, bâti pendant le premier tiers du XIIIe siècle et voûté d'ogives en amande avec doubleaux en tiers-point surhaussé et garnis de deux tores, s'ouvre sur le parvis par trois arcades de la même forme à quatre boudins, qui retombent sur dix colonnettes. Ces baies sont fermées par de belles grilles posées en 1688. Au commencement du XIVe siècle, il fallut consolider le porche par deux arcsboutants moulurés qui viennent buter sur des culées rectangulaires: leur couronnement à double égout, orné d'écaillés en dents de scie, est flanqué de neuf petits gables avec un quatre-feuilles dans une couronne de feuillages. La terrasse est bordée d'une balustrade de la même époque, qui se compose de dalles percées de petits quatre-feuilles et de trèfles.

Dans les quatre voussures des portails en tierspoint, on distingue encore la silhouette de nombreux personnages mutilés et des rinceaux entre deux baguettes. Le soubassement est orné de fleurs à quatre pétales. Des bas-reliefs mutilés, inscrits dans les quatre-lobes, sous des bandeaux de pampres et de feuilles de houx, représentent la création et l'histoire d'Adam et Eve, le meurtre d'Abel, la tour de Babel, la construction de l'arche, le déluge, le

sommeil de Jacob, 1" Annonciation, la Visitation, le baptême du Christ, la descente de croix, la Pentecôte, etc.

La porte centrale, flanquée de huit colonnes, conserve son linteau garni de fleurs à quatre pétales, mais son tympan, qui représentait la résurrection des morts et le jugement dernier, fut mutilé pendant la Révolution. Son trumeau est décoré de petits arbres, d'animaux et de fleurs qui portent des traces de peintures. Les vantaux du XVe siècle sont rehaussés de gables et de chimères posées sur les crochets. ' Le tympan de la porte de droite renfermait six personnages mutilés, la mort, l'ensevelissement et le couronnement de la Vierge, mais il est impossible d'identifier les scènes sculptées sur le tympan de gauche. Les deux portes latérales étaient ornées de statues posées sur un bandeau de feuillages très saillant.

Tours. — Entre les deux clochers, on voit une grande fenêtre en tiers-point dépourvue de son triplet et flanquée de deux baies divisées par trois arcades en plein cintre. Au-dessus, une galerie de circulation, formée de longues arcatures en plein cintre, se continue sur la tour du sud, achevée vers 1240. Ses contreforts d'angle à nombreux larmiers sont reliés par une petite plate-forme octogone qui semble destinée à recevoir les clochetons d'une flèche en pierre, plutôt qu'un toit pointu. Trois longues baies en tierspoint, encadrées par des colonnettes, s'ouvrent sur chaque face de ce clocher, dont le pavillon central repose sur une corniche à larges crochets. La sonnerie se compose d'une petite cloche de 1481, d'une cloche datée de 1743 et de quatre cloches modernes.

La tour du nord remonte à la fin du XIIIe siècle. Ses arcatures inférieures en tiers-point se distinguent par leurs moulures et leur cordon de feuillages. Une pile à colonnette et deux arcades en tiers-point, qui portent une rosace à six lobes, divisent ses baies géminées, surmontées d'un gable. Les quatre larmiers supérieurs des contreforts d'angle sont reliés par un bandeau de feuillages. La toiture de cette tour, semblable à celle de l'autre clocher, suggère les mêmes observations. Des colonnes et deux amorces encore visibles prouvent que les deux tours étaient reliées par un grand arc supportant un passage au-dessous de la corniche.

Élévation latérale. — Au sud de la nef, on voit bien les arcs-boutants refaits après l'incendie de 1293, avec leur tête chargée de maçonnerie pour épauler la partie supérieure du mur. Du côté nord, les arcs-boutants furent réparés en 1477. Les fenêtres hautes sont encadrées par deux arcatures en plein cintre qui forment des voussures, comme celles du transept.

Le croisillon nord, masqué par la sacristie et la salle du trésor, présente des fenêtres accouplées en tiers-point, sous les baies supérieures en plein cintre qui sont doublées par les arcades jumelles de la galerie. Dans la partie droite, l'arc de décharge, orné d'un boudin, passe au-dessus d'un trèfle percé dans le tympan, comme dans l'autre croisillon. La balustrade ajourée remonte au XVe siècle. A Test, un porche du XIIe siècle, avec trois tores sur les ogives, encadre un portail en tiers-point, dont le tympan mutilé représentait le Christ entre deux anges. Ses trois voussures, qui devaient être ornées de figurines, retombent sur six colonnes et quatre colonnettes. Des feuillages

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très élégants et des fruits d'arum décorent la corbeille des chapiteaux, et des petits animaux se jouent dans les rinceaux des tailloirs. Au-dessus du porche s'ouvre une rose du XIIe siècle, à seize redents, cerclée d'un cordon de feuillages. Huit rayons partent de son oculus central à huit lobes.

Épaulé par huit contreforts, le croisillon sud est bien dégagé. On y entre à l'orient par un portail en tiers-point du XIIe siècle. Les scènes du tympan et les ornements des voussures n'existent plus, mais les courtes colonnes qui servaient de supports à des statues sont encore intactes. La saillie du gable plein porte sur deux chapiteaux et deux consoles neuves. Chaque travée du croisillon sud est ajourée par une baie en tiers-point avec bandeau de trous cubiques sous l'appui et cordon à double biseau sur l'archivolte. Au-dessus, deux fenêtres géminées en tiers-point, flanquées de deux colonnettes, sont encadrées par un arc de décharge non saillant. Enfin, la galerie supérieure de circulation, qui dérive de celles des églises romanes des bords du Rhin, se compose d'arcades jumelles en plein cintre, en avant des fenêtres hautes de la même forme. M. Selmersheim a fait rétablir la balustrade flamboyante.

Abside. Les deux tours jumelles, qui s'élevaient à la naissance du chœur, comme à Morienval, à Saint- Leu-d'Esserent. à Saint-Germain-des-Prés, furent démolies en 1723. mais leur étage inférieur, avec ses deux grandes baies en plein cintre encadrées par un ruban brisé, est encore intact. Les fondations du chevet sont en grès, comme celles des croisillons. Les chapelles rayonnantes, épaulées par des colonnes

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