FLORENCE
AU
ROME G. SANGIORGI, ÉDITEUR
PALAIS OORCHESE
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Rome, 1895 — Imp. de l'Unione Coop. Editrice.
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collection Carrand manquait au Bargello. Ce sévère édifice, que Ton a été si bien avisé de transformer en Musée national, possédait sans doute un royal trésor de chefs-d'œuvre sans équivalent. Jean de Bologne, Michel-Ange, Donatello surtout n*ont laissé nulle part autant de traces de leur génie. La sculpture florentine peut être étudiée au Bargello, comme la peinture florentine aux Uffizi et au palais Pitti, mais il n'existait pas, au palais des anciens Podestats, un ensemble d'objets d'art industriel ancien comparable aux collections que possèdent tant de Musées étrangers. Le legs fait par M, Carrand à la ville de Florence est venu, en 1888, combler cette lacune et cela d'une façon aussi complète qu'inespérée.
M. Carrand, originaire de Lyon, considérait Florence comme le lieu d'élection où ses goûts d'artiste trouvaient le mieux à se satisfaire; comme Stendhal, son compatriote, qui sur son tombeau fit graver l'épitaphe: Henri Beyle tnilanese, il jugea possible d'oublier complè-
tement son pays natal pour accorder à l'Italie toute ses affections et léguer à Florence une collection à laquelle il avait consacré son existence et sa fortune.
La municipalité de Florence a témoigné sa gratitude à la mémoire de Carrand en plaçant au milieu de la galerie réunie par ses soins, un buste en bronze reproduisant les traits de ce généreux bienfaiteur du Bargello.
On conçoit toute 1* attraction que ce monument, dont l'histoire se rattache intimement à l'existence civile et à la vie artistique de Florence, exerça sur l'esprit d'un collectionneur qui poussait jusqu'au culte le plus ardent, l'amour de l'art italien d'autrefois. C'était un cadre bien fait pour tenter Carrand, et qui explique les prédilections qu'il traduisit par un don royal fait à la ville la plus artiste du monde.
Qui pourrait entreprendre après Carrand d'enrichir une ville qui est aussi la plus riche en joyaux d'art du moyen-âge? Personne sans doute, pensons nous, et notre conviction est partagée par tous ceux qui visitent le Bargello.
Nous avons donc cru rendre service à tous, en mettant le public à même de se procurer à un prix modique une série d'environ trois cents reproductions exactes d'objets choisis parmi les plus remarquables de la collection Carrand. Un travail d'illustration complet des Musées d'Italie serait sans doute à entreprendre, et pourrait être essayé grâce aux modernes moyens de reproduction exacts et rapides : à chaque jour sa tâche. Nous dédions aux curieux, aux studieux, ce premier
recueil de 88 planches, que d'autres fascicules pourront suivre, si notre tentative rencontre Taccueil auquel nous croyons qu'elle a droit.
Au lieu de donner de longues et inefficaces descriptions, qui le plus souvent ne reflètent que Topinion personnelle de celui qui écrit, nous avons préféré nous borner à peu de mots et augmenter plutôt le nombre des belles et fidèles reproductions, laissant ainsi à chacun la faculté de juger selon ses propres idées, car la meileure description ne peut jamais égaler une médiocre reproduction.
Pour tous les amis de Tart envisagé non-seulement dans les productions les plus élevées du génie, mais dans les inspirations d'artistes d'envergure moins ambitieuse, la collection Carrand est un merveilleux sujet d'étude. Ceux qui voudraient, comme nous, voir les arts industriels se retremper en remontant vers leur source, penseront que les artisans du moyen-âge et de la Renaissance ont légué à leurs descendants lointains de bons exemples à suivre, et dont on ne saurait trop vulgariser les enseignements.
Il faut, sans doute, faire silence lorsque chantent Homère, Virgile ou Dante; mais \espoeUp minores antiques, les trouvères du cycle de Charlemagne et les doux chanteurs de la Renaissance méritent eux aussi d'être écoutés.
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yjB» Le numéros progressifs de la description des objets correspondent avec les numéros des planches illustrées.