‹ Collection Complette Des Œuvres de Mr. de VoltaireChapitre 41 sur 80 · AVANT OTHON LE GRAND · texte numérisé non relu

AVANT OTHON LE GRAND

été l'ennemi de Formofe , fit déterrer ion corps qui était embaumé, & l'ayant révètu des kbits Pontificaux, le fit comparaître dans un Concile aifemblé pour juger fa mémoire. On donna au mort un avocats on lui fit fon procès en forme j le cadavre fut déclaré coupable d'avoir changé d'évèché , & d'avoir quitté celui de Porto pour çelui de Rome ; & pour réparation de ( ce crime , on lui trancha la tète par la main du bourreau -, on lui coupa trois doigts , & on le jetta clans le Tibre.

Le Pape Etienne VI. fe rendit fi odieux par cette farce auili horrible que folle , que les amis de Formofe, ayant foûlevé les citoyens , le chargèrent de fers , & l'étranglèrent en pfifon.

La faction ennemie de cet Etienne fit repêcher le corps de Formofe , & le fit enterrer Pontificalement une féconde fois.

Cette querelle échauffait les efprits. Serrius III. qui remplilTait Rome de fes brigues pour lè faire Pape , fut exilé par fon rival Jean IX. ami de Fomioje ,* mais reconnu Pape après la y mort de Jean IX. il condamna Formofe encore.

Dans ces troubles, ThéoJora mère de Marozit qu'elle maria depuis au Marquis de Tofcanelie, & d'une autre ThéoJora , toutes trois célèbres par leurs galanteries, avait à Rome la principale autorité. Sergius n'avait été élu que par les intrigues de Tfjéodora la mère. Il eut , étant Pape , un fils de Marozie , qu'il éleva publiquement dans fon palais. Il ne parait pas qu'il fût haï des Romains , qui naturellement vo-

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luptueux , fuivaicnt fes exemples plus qu'ils ne les blâmaient.

Après fa mort, les deux fœurs Marozie .& Théodora procurèrent la chaire de Rome à un de leurs favoris , nommé Landon $ mais ce Landon étant mort , la jeune Théodora fit élire Pape fon amant Jean X. Evèque de Bologne, puis de Ravenne, & enfin de Rome. On ne lui reprocha point , comme à Formofe , d'avoir changé d'évêché. Ces Papes , condamnés par la polférité comme Evèques peu religieux , n'étaient point d'indignes Princes : il s'en faut beaucoup. Ce Jean X. que l'amour fit Pape , était un homme de génie & de courage ; il fit ce que tous les Papes fes prédécefleurs n'avaient pu faire j il chalfa les Sarralins de cette partie de l'Italie nommée le Garillan.

Pour réuliîr dans cette expédition , il eut Padreffe d'obtenir des troupes de l'Empereur de Conftantinople , quoique cet Empereur eût à fe plaindre autant des Romains rebelles que des Sarrafins. Il fit armer le Comte de Capoue.

Il obtint des milices de Tofcane , & marcha lui-même à la tète de cette armée, menant avec lui un jeune fils de Marozie & du Marquis Adelbert. Ayant chaffé les Mahométans du voifinage de Rome , il voulait aulïi délivrer l'Italie des Allemands & des autres étrangers- L'Italie était envahie prefqti'à la fois par les Bérengers , par un Roi de Bourgogne , par un Roi d' Arles. Il les empêcha tous de dominer dans Rome. Mais au bout de quelques années Guido } frère utérin de Hugo Roi d'Arles > Tiran de

l'IU-

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