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L. Pasteur

CAUSERIE BIBLIOGRAPHIQUE

En général, les savants s'accordent pour exalter l'intelligence des animaux. Ils réunissent tous les faits qui leur paraissent prouver l'intelligence du chien, du cheval, du singe, de l'éléphant; on prend parti pour La Fontaine contre Descartes, on ne veut pas voir dans les animaux de simples machines, et on raconte sur les faits étonnants qu'ils ont accomplis des histoires plus ou moins extraordinaires. M. Netter s'est insurgé contre cette opinion générale : il n'admet pas que les animaux soient intelligents, et il leur refuse tout raisonnement (1). Rien ne trouve grâce devant lui, ni l'orang-outang de BufTon, ni la fourmi de Bonnet, ni le caniche de M. Milne-Edwards. Pour lui, tout est pur mécanisme, inintelligence, action réflexe. La méthode expérimentale, dit-il, appliquée rigoureusement, démontre que les animaux ne pensent pas, qu'ils se meuvent comme des machines et qu'il faut se garder de leur supposer une puissance ratiocinante quelconque.

Il y a là évidemment une idée intéressante à poursuivre. L'opinion que les animaux sont des machines est ancienne, puisqu'elle date de Descartes, et c'est toujours avec une singulière prudence qu'il faut combattre les opinions de ce grand esprit. Depuis Descartes, qui avait pressenti la vérité et devancé son siècle, la démonstration a été donnée de la nature des actions réflexes, de leur complexité extrême, et souvent de leur grande analogie avec les phénomènes intellectuels. L'on peut donc très bien prétendre que tout ce que font les animaux est phénomène réflexe; réflexe compliqué assurément, mais, en somme, fatal. La direction de la volonté ne serait que l'antagonisme de deux sensations; la plus forte l'emportant sur la plus faible.

v t "> L'homme et l'animal, suivant la méthode expérimentale, par M. Netter. avec une étude sur les praiiijues de dressage, par M. Musauy. — Paris Dentu, in-12, 1883.

CAUSERIE BIBLIOGRAPHIQUE

Tout cela vraiment paraît assez exact, et on ne peut guère contredire M. Netter à cet égard. Oui, les phénomènes présentés par les animaux, malgré leur apparence de détermination réfléchie, peuvent en dernière analyse tHre ramenés à des actions réflexes. Mais s'il en est ainsi chez le chien, l'éléphant, le singe, en sera-t-il aulrement chez l'homme'/ Si ce que nous appelons intelligence chez l'animal n'est qu'une action réflexe, que deviendra la puissance que nous appelons intelligence de l'homme?

L'idée profonde de Descartes sur le mécanisme des êtres vivants doit s'étendre à tous les êtres vivants.

L'homme est une machine plus compliquée, mais qui obéit aux mêmes lois que les machines animales. Peut-être M. Netter n'a-t-il pas envisagé ce côté de la question; peutêtre n'a-t-il pas vu qu'en refusant la spontanéité à l'intelligence de l'animal, il retire la spontanéité et il impose le fatalisme à l'intelligence de l'homme.

Le livre de M. Bonnafont (1) est un livre épisodique, et non dogmatique. C'est le récit des premières années de la conquête algérienne. L'auteur, envoyé comme sous-aide-major au moment de l'expédition d'Alger, le 15 mai 1830, s'embarqua sur la Caravane, et, pendant douze ans, jusqu'à la fin de la conquête, il resta en Afrique. Il eut donc l'occasion d'assister au débarquement de Sidi Ferruch, à la bataille de Slaouëli, au bombardement d'Alger, puis aux diverses expéditions dans la province d'Oran et dans la province de Constantine qui ont placé définitivement l'Afrique septentrionale sous notre domination.

Le mot : « livre de bonne foy », dont on a tant abusé depuis Montaigne, peut justement s'appliquer aux récits intéressants que nous donne M. Bonnafont; il raconte ce qu'il a vu, les faits d'armes auxquels il a pris part. Certes, ce n'est pas pour remplacer une histoire complète de la conquête ; mais ces pages, écrites au jour le jour, donnent peut-être la notion plus vraie des choses et une impression plus saisissante qu'une histoire méthodique. Le livre de M. Bonnafont se lit comme un roman ; roman patriotique, où les épisodes curieux et pittoresques se mêlent aux épisodes glorieux.

On disait ici même que tous les Français devaient s'intéresser à la prospérité de l'Algérie; n'est-il pas bien intéressant aussi de se faire une idée exacte de ce qu'était la Régence d'Alger avant 1830?

Nous avons maintenant le compte rendu officiel et détaillé du congrès géographique de Venise (2), du mois de septembre 1881. D'importantes questions ont été traitées dans cette réunion intéressante, à laquelle donnait un grand attrait une exposition rétrospective riche en détails précieux sur l'histoire de la géographie.

Nous ne pouvons entrer dans le détail des questions qui y

(I) Douze ans en Algérie. Paris, Dentu, 18S3. (•2) Terzu Congresso Geograflco Internationale, Societa geogralka Ilaliaua. Rome, 1SS2, t. Ier.

ont été traitées; contentons-nous de dire quelques mots d'une publication annexe sur la statistique des émigrations.

Oti sait que la statistique italienne est une des meilleures à tous les points de vue. Cette nouvelle étude statistique e;t aussi une des plus intéressantes que nous ayons eues depuis longtemps.

Donnons quelques chiffres, car c'est la seule manière d'analyser une statistique.

Aux États-Unis, pays vers lesquels se dirige en plus grande partie l'émigration européenne, le nombre des émigrants a été :

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isai. .

Si l'on fait le bilan général de l'immigration et de l'émigration, on voit que dans les pays hors d'Europe, il y a un excédent de l'immigration. Dans tous les pays européens, il y a un excédent de l'émigration.

Voici des chiffres qui établissent l'immigration aux États- Unis, au Canada, au Brésil, en Australie, etc.

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On voit assez, par ce tableau, quelle prodigieuse extension a prise le mouvement d'émigration vers les États-Unis et la Nouvelle-Hollande.

BEVUE DE ZOOLOGIE ET D'ANATOMIE

Un autre tableau très intéressant nous donne le nombre d'émigrants hors d'Europe par cent mille habitants.

Royaume-Uni. . . .

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Relativement à l'émigration française, pour laquelle les documents sont très insuffisants, il faut surtout se rapporter aux chiffres donnés par les pays d'arrivée.

Voici quelques résultats à cet égard :

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