SÉANCE DD 31 DÉCEMBRE
Astronomie. — M. Trouvelot, a observé la comète Pons- Rrooks à l'Observatoire de Meudon et, malgré la peMstance du mauvais temps, il est parvenu à obtenir un dessin très soigné de cette comète. Ce dessin montre que l'astre possède un noyau allongé dans un axe perpendiculaire à la direction de l'axe de la queue. C'est là une particularité importante, ajoute M. Janssen, et qui avait été déjà observée sur les photographies de la comète 1881, faites à Meudon par M. Janssen lui-même.
Météorologie. — M. Cornu fait une très courte communication sur certain arc-en-ciel blanc, qu'il a eu l'occasion d'observer dans la matinée du 28 novembre dernier, à Courtenay (Loiret). Ce matin-là, il y avait eu une gelée blanche très intense, le brouillard était très peu épais et très peu élevé. L'arc-en-ciel était absolument blanc, sans la moindre trace d'une irisation quelconque, pas même égale à celle que l'on constate dans le phénomène des halos; son aspect était floconneux comme celui de la fumée de l'hydrogène phosphore ou d'une pièce d'artillerie. Faute d'instruments, M. Cornu n'a pu prendre que des mesures grossières de cet arc-en-ciel; ces mesures lui ont donné 38° à 39°. En résuma l'observation de M. Cornu porte sur un phénomène très rare.
— M. Janssen présente une lettre de M. Landerer, qui communique ses observations sur les lueurs crépusculaires de ces derniers temps. M. Landerer a remarqué que le centre du phénomène n'est pas exactement dans la direction du soleil, mais qu'il se présente notablement à la gauche de l'observateur; ce lait curieux a été déjà signalé. 11 importe qu'il soit bien constaté au point de vue de la théorie du phénomène. Sous ce rapport cette observation est importante.
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— M. de Quatrefages donne lecture d'une lettre de M. Eringlon de la Croix, sur la catastrophe du Krakatoa el la vitesse des ondes liquides. On sait que l'éruption du Krakatoa a coûté la vie à 50 000 personnes. Mais ce que l'on sait moins, c'est que, au moment de l'explosion finale du volcan, il s'est formé dans le détroit une vague gigantesque qui a ravagé les deux côtes de Java et de Sumatra. Le phénomène se produisit le 27 août à midi moins quelques minutes.
Or, le môme jour, à une heure et demie du soir, il se produisait en divers points de la côte de Ceylan, notamment à la Pointe-de-Galles, à Kalatara et à Barlicola, un retrait considérable de la mer suivi d'une marée assez haute. Ces deux points étant séparés par 3000 kilomètres d'océan, le mouvement moléculaire se serait donc transmis avec une rapidité vertigineuse de 2000 kilomètres à l'heure, rapidité qui correspond à une vitesse de 550 mètres par seconde, c'est-àdire une vitesse supérieure de 210 mètres à celle de la transmission du son dans l'air.
M. Erington de la Croix ajoute que ces chiffres, pour ainsi dire fabuleux, ont été entièrement contrôlés par des renseignements venus de l'île Maurice. En effet, le même phénomène s'est également fait sentir dans ces parages éloignés. La distance entre l'île Maurice et le détroit de la Sonde étant de 5500 kilomètres, et le retrait de l'Océan s'étant produit à 2 heures 15 minutes, tout aussi remarquable qu'à Ceylan, le calcul donne aussi, pour la vitesse de transmission du mouvement des eaux, le môme résultat, soit encore 550 mètres par seconde.
Ces chiffres, ajoute l'auteur, fournissent une base certaine pour évaluer désormais la rapidité de propagation des ondes liquides.
— M. Daubrée ne considère pas ces faits comme absolument probants, parce que l'on ne sait pas comment le fond de la mer s'est comporté pendant la dernière éruption du Krakatoa ; on ne sait pas s'il n'a pas été également agité dans le même moment. Quand on se reporte, dit-il, au tremblement de terre de Lisbonne qui eut lieu le 1" novembre 1759, on remarque que les vibrations de l'écorce terrestre se sont étendues à tout le nord de l'Afrique, à l'Amérique du Sud, au Groenland, etc., en un mot, les secousses volcaniques comprenaient un treizième de la surface du globe. Mais si, au lieu de s'étendre au continent américain, le phénomène d'agitation avait été plus restreint, on aurait pu considérer le mouvement des eaux qui s'en est suivi comme résultant de la propagation de l'onde marine.
— Une note sur le même sujet est adressée par un auteur dont le nom ne parvient pas jusqu'à nous. 11 s'agit des courbes du marégraphe dans la baie Orange, lesquelles fournissent des matériaux nombreux et très instructifs. Les relevés des courbes pendant les journées du 27 et du 28 août 1883 sont particulièrement importants, en ce qu'ils indiquent des traces d'ondulation d'une grandeur remarquable que rien dans ces parages ne pouvait justifier, des ondes de 50 centimètres de hauteur, absolument en désaccord avec les courbes fournies par tous les autres jours de l'année, soit avant, soit après cette époque. Mais lorsque l'on sait ce qui, au même moment, se passait à Java, lorsque l'on connaît les phénomènes relevés à Ceylan, à l'île Maurice et jusque sur les côtes de France, notamment à Hochefort, nul doute ne reste dans l'esprit sur la coïncidence de tous ces faits et sur leur point d'origine dans l'explosion formidable du Krakatoa.
.Dans la baie Orange, le mouvement moléculaire mit
31 heures à franchir la distance de 7700 milles environ qui la sépare du détroit de la Sonde, soit une vitesse d'un peu plus de 2i8 milles à l'heure.
Mission du c\p Horjj. — M. le docteur llahn, médecinmajor de la Romanche, lit le rapport sommaire suivant sur les recherches d'histoire naturelle faites par la Romanche pendant tout le cours de l'expédition scientifique du cap Ilorn :
Pendant que la mission à terre explorait la baie Orange et que M. le docteur llyades réunissait les éléments d'une étude approfondie de cette partie de la Terre-de-Feu, y formant des collections considérables et portant son attention sur les populations fuégiennes voisines, qui venaient visiter la mission, la Romanche parcourait les canaux de l'archipel et poussait ses explorations, d'un côté, jusqu'aux îles Malouines, de l'autre, jusqu'à 10 milles au sud de Diego Ramirez.
En qualité de médecin du bord, nous avions été chargé de ne rien négliger pour faire connaître les productions naturelles des différentes terres auxquelles toucherait la Romanche; nous avons cherché à répondre aux désirs de la Commission et, dans l'espoir que nos observations pourraient, à certains égards, compléter celles qui sont dues aux membres de la mission à terre, nous venons les présenter à l'Académie.
En quittant la baie Orange pour remonter dans le nord, nous avons visité la jolie petite île de Packsaddle, remarquable par ses colonnades de basalte, ses grottes et ses récifs, où habitent, pendant une partie de l'année, les otaries à fourrure, et nous sommes entrés dans le canal du Beagle en traversant le détroit de Murray. L'aspect de la végétation n'est plus le même sur les deux rives de ce canal que dans le sud; le fagus beluloïdes est remplacé dans les forêts par le [non* arilarctiea; le Doynier et le Berberis ilicifolia deviennent plus rares, tandis que les Berbris buccifolia el empetrifoiia prédominent. Ces modifications nous paraissent dues à l'abri que donne à ces régions la chaîne du Darwin et à la nature du sol qui, de granitique, est devenu schisteux. Cette contrée nous a donné un herbier assez complet comprenant plusieurs plantes qui avaient échappé au botaniste Hooker.
La faune également y est plus riche, elle contient toutes les espèces de l'archipel et une grande partie de celles du détroit de Magellan; nous y avons trouvé un grèbe, une foulque, un perroquet, une hirondelle de mer, un hibou et quelques autres petites espèces d'oiseaux, tous étrangers aux lies du Sud.
Le lion de mer [Otaria jubala) n'y est pas rare, surtout du côté de l'île Picton, où se trouve une rookerie de manchots momentanémentabandonnée.La loutre, aucontraire, y fait défaut ; sa fourrure, qui, dans le sud, est avec la peau de l'otarie des Falkland, le seul vêtement du Fuégien, est ici avantageusement remplacée par la peau du guanaco, qui abonde sur les deux rives du canal du Beagle. Le nandou de Darwin, si commun dans les grandes plaines de Palagonie et qui accompagne partout le guanaco, ne se rencontre pas sur la Terre-de-Feu.
La population y est plus nombreuse et plus dense que dans le sud; elle appartient à la famille Yahgan, dont le centre est à Yahgadans le détroit de Murray. Cette branche du Tekeenika est de beaucoup la plus importante; elle est représentée par environ huit cents individus et peuple, outre la partie est du canal du Beagle, la partie ouest jusqu'au delà de sa bifurcation, l'île de Navarin et le Ponsomby Sound.
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La richesse de la faune permet aux habitants une vie moins misérable. Le Yahgan reste moins dans sa pirogue; excellent marcheur, il devient chasseur de terre ferme et, tout en se servant encore du harpon pour le phoque et le poisson et de la fronde pour les oiseaux, il commence à manier avec adresse l'arc et la flèche, complètement abandonnés par ses frères du sud. Il se couvre mieux, son manteau est plus ample et il a soin de munir ses pieds de sandales pourchasser le guanaco sous bois. 11 nous a paru aussi plus éveillé, plus intelligent et plus communicatif. Il a des notions sur le déluge, des légendes sur un homme de pierre et sur un héros qui, à Sionna, grâce à son adresse et à son courage, a débarrassé la contrée d'un lion de mer gigantesque, lequel détruisait tous les jours nombre de pirogues avec leur personnel. Les Yahgans célèbrent une fête à laquelle les femmes n'assistent pas ; cette fête, appelée hira, est commémorative de la révolte des hommes contre les femmes qui, avant cette époque, avaient l'autorité dans la famille et possédaient les secrets du sorcier. Ils se masquent dans cette circonstance, crient et dansent jusqu'à bout de forces. C'est sur les habitants de celte partie de la Terre-de-Feu que nous avons pris le plus grand nombre d'observations anthropométriques; ce sont eux qui nous ont permis de recueillir la plus grande partie de notre vocabulaire fuégien et qui nous ont fourni les cinq sujets rapportés par la Romanche. Leur langue et leurs mœurs diffèrent peu de celles des Fuégiens du sud.
Ils ont pour voisins, à l'extrémité est du canal du Beagle les Ona (Yakana-Kung de Fitz-Roy, Thôkrrh des Patagons), les habitants de la grande île de la Terre-de-Feu, chez lesquels ils se procurent l'arc et la flèche à pointe de verre qu'ils ne savent plus tailler. Les deux tribus se rencontrent une fois par an et vivent en bonne intelligence; les Ona de la baie Hoggett se marient quelquefois avec des femmes Y'ahganes. Malgré notre vif désir de faire ample connaissance avec eux, nous n'avons pu les voir de près; plus farouches que les Yahgans au milieu desquels vivent les missionnaires anglais, ils se sont toujours enfuis devant nous. Nos renseignements nous permettent de considérer leur taille comme très élevée, supérieure peut-être à celle des Patagons, et, d'après les quelques mots que nous avons recueillis, leur langue aurait beaucoup d'analogie avec celle de ces derniers.
Les huttes que nous avons visitées à la baie Bon-Succès et à la baie Hoggelt sont identiques à celles des Yahgans; les amas de coquilles de moules et de patelles devant les habitations prouvent qu'au bord de la mer leur manière de vivre est la même. Un panier abandonné dans une de ces huttes était fait de la même façon et avec les mêmes matériaux que ceux des Yahgans. Ils n'ont pas de pirogues. Leur chien est plus grand et plus fort que celui des habitants de l'archipel, il est excellent chasseur et travaille souvent pour son propre compte. La Romanche en a rapporté un spécimen.
Dans la partie ouest du canal du Beagle, a portée du Mont- Darwin, la végétation reprend l'aspect du sud jusqu'au moment où, après avoir traversé la baie Désolée, on arrive à la côte ouest. On ne voit plus alors que des îlots dénudés à charpente de granit.
Dans ces parages exposés, les habitants sont rares; cependant Celikoolips et Tekeenikas viennent y chasser la loutre da:is la bonne saison. C'est là que nous avons vu pour la première fois le petit manchot {inicroilipi.es serresiana), espèce très rare, décrite récemment par M. Oustalet et dont un seul exemplaire existait au Muséum.
Plus au sud et du même côté de l'île Hoste se trouve le New Year-Sound avec ses nombreux fjords. C'est le centre d'habitation des Aldouaïlins, autre branche des Tekeenikas qui se compose d'environ deux cents individus. Nous serons sobres de détails sur eux, M. Ilyades ayant eu l'occasion de les étudier.
Dans le New- Year-Sound la partie Ouest est granitique, la partie Est est schisteuse. La végétation est la même qu'à la baie Orange. La baleine y est très commune pendant un mois et on peut atlribuer sa présence à la nourriture abondante qu'elle y trouve à cette époque. La mer est quelquefois colorée en rouge par les millions de larves d'une galatée, la m h ni ila subtugosa.C'esl dans cette même baie que nous avons trouvé la baleine dont la Romanche a rapporté le squelette. La présence de ce grand cétacé dans les environs nous avait été signalée trois jours auparavant par Yakhaïf.le Fuégien embarqué à bord. Il l'avait devinée en voyant tournoyer dans les airs un grand nombre de pétrels géants.
Plusieurs voyages aux lies Wolleston et Hermite nous ont permis de faire une belle moisson de plantes et d'échantillons géologiques de ces contrées. Les habitants de la partie sud de ce groupe d'îles sont au nombre de cinquante; ce sont de hardis chasseurs qui s'aventurent à la poursuite des otaries et de la loutre jusque sur les récifs les plus exposés des environs du cap Horn.
Nous mentionnerons encore un voyage à la Terre-des-Elats, d'où la Romanche a rapporté un squelette de baleine d'une espèce différente de celle de New-Year-Sound, et où notre herbier s'est enrichi de plusieurs plantes qui n'existent pas à la Terre- Je-Feu. Nous citerons aussi l'expédition aux Iles Malouines où, dans leur partie occidentale, à la baie Edwards, nous avons pu faire une ample récolte d'otaries de tout âge et de manchots, et observer ces différents animaux à terre.
Pendant tous nos voyages, le commandant Martial a fait partout exécuter des draguages à des profondeurs variant entre 20 et 150 mètres, sauf à la baie Hoggett où ils ont atteint près de 700 mètres. De fructueuses recherches ont été faites de cette façon, quoique la faune soit peu variée en espèces; mais les individus y sont nombreux et nous avons cherché à réunir des séries aussi complètes que possible représentant toutes les formes que peut réaliser la même espèce dans ses différents âges et dans ses différents états.
Parmi les crustacés, les espèces les plus communes que nous ayons rencontrées sont de grands crabes épineux du genre Lithode (Lithodes antiirclica), un autre lithode à pattes plus courtes, à corps plus gros (Lilhodes verrucosa), un eurypode aux pieds démesurément longs, un petit halicarcitius au corps aplati, un pellarion, une galatée, plus rarement des crevettes et différentes variétés d'isopodes parmi lesquelles le genre sérole comptait de nombreux représentants.
Les échinides sont fort abondants; parmi les astéries plusieurs exemplaires n'existaient pas au .Muséum, nous citerons le Lobidiaster radiosus et le Ctenodisciis amlralit (Lùtken); le premier appartient à une espèce nouvelle qui n'est encore connue que par un très petit nombre d'exemplaires et qui permet d'établir les rapports de ce genre mal connu avec les Brisinga; parmi les mollusques il y a des succinées et des chôtons nouveaux.
La température des eaux, où se trouvaient ces animaux, et toutes les conditions dans lesquelles ils vivaient ont été notées avec soin, et quand nous rencontrions des espèces
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remarquables par leur coloration, avant que la dessiccation et l'action de l'alcool aient fait disparaîire leurs nuances, nous en prenions des dessins aussi exacts que possible.
Pendant toute une année nous n'avons cessé de réunir des observations et des collections, en nous conformant autant que possible aux instructions que l'Académie avait rédigées et nous espérons que, au point de vue de l'histoire naturelle des régions magellaniques, l'expédition de la linmanclie aura donné d'utiles résultats.
— M. le président Blanchard félicite M. le docteur Hiihn des résultats obtenus par l'expédition.
Aérostation. — Deux lettres sont adressées sur la direction des aérostats. Dans l'une d'elles, l'auteur demande une somme de 50 000 francs pour poursuivre ses recherches.
Mécanique. — M. Rousselin adresse une note par laquelle il l'ait connaître qu'il a trouvé le moyen de réaliser des économies importantes sur le chauffage des machines à vapeur.
Physique. — M. Lcdieu, correspondant de l'Académie et candidat à la place vacante dans la section de mécanique, envoie une note sur la théorie de l'électricité et sur la démonstration d'une formule de Joulle.
Zoologie. — M. Kerville adresse une note sur un poisson péché tout récemment aux environs du Tréport, remarquable, dit-il, par ses dimensions considérables et inusitées.
— MM. P. Mégnin et E.-L. Trouessart communiquent une note complémentaire de celle qu'ils ont présentée dans la dernière séance sur la morphologie et sur la classification des sarcoptides plumicoles.
La sous-famille des analgesiens se divise naturellement en trois groupes secondaires qu'ils désignent sous les noms de Pterolicheœ , Analgeseœ et Proctophyllodeœ d'après le nom du genre le plus anciennement connu qui leur sert de type.
On peut former un quatrième petit groupe, sous le nom de Dermoglypheœ, pour deux genres qui se distinguent de tous les autres par l'absence de cuirasse dorsale à tous les âges et de ventouses copulalrices chez le mâle adulte.
Les pterolichés (Pterolicheœ), qui viennent ensuite, soii[ des Acariens aux formes robustes, dont les mâles, souvent très peu différents des femelles, ne présentent qu'exceptionnellement une inégalité dans le développement des pattes postérieures. On les trouve sur les oiseaux de grande taille (autruches, échassiers, palmipèdes, rapaces, corvidés, bucerotidés, etc.).
Les analgesés (Analgeseœ) constituent le groupe central et, pour ainsi dire, prototypique de la sous-famille. Les mâles sont remarquables par le développement souvent énorme des deux paires de pattes postérieures (Prot'alges), ou seulement de l'une d'elles (Analges, P ter allop les). On les trouve sur des oiseaux de tous le=. ordres, et souvent en société avec des espèces appartenant aux deux autres groupes.
Dans ces deux groupes, les femelles adultes ont constamment l'abdomen entier et sans appendices autres que des poils.
Chez les proelophyllodrs (Proctophyllodeœ), au contraire, les femelles adultes ont l'abdomen terminé par deux prolongements conoïdes qui forment une sorte de fourche, et la caractéristique de ce groupe se trouve ainsi empruntée sur-
tout aux femelles, et non plus aux mâles comme dans les deux autres groupes. Ces sarcoptides sont généralement de petite taille ; ils ont des formes plus grêles et plus délicates que les Pterolichés et vivent sur les passereaux, plus rarement sur les échassiers et les palmipèdes.
Relativement à la synonymie des genres adoptés par les auteurs, ceux-ci feront remarquer que Dermalichus (Koch, 18/|0) doit rester synonyme à' Analges (Nitzsch, 1818), qui a, de beaucoup, la priorité. Le nom de Dimorphus (Haller, 1878), déjà plusieurs fois préoccupé, ne peut non plus être conservé pour le genre qui diffère i'Analges par la présence d'ambulacres à toutes les pattes et l'abdomen bifide: ce genre devra prendre le nom de MegniniaÇBerleae, 188o). — Le nom à'Alloptes (Canestrini, 1879) doit être réservé pour les espèces dont le mâle a la quatrième paire de pattes plus développée que les autres, et dont la femelle a l'abdomen fourchu; A. crassipes (Canestr.) en est le type. On doit en séparer non seulement les types des genres Pseudalloptes et Pleralloptes, mais encore, à plus forte raison, toutes les espèces parasites des insectes (A. cerumbicis, etc.), décrites par M. Canestrini, et qui n'appartiennent même pas à la sousfamille des Analgesinœ.
La note de MM. Mégnin et Trouessart est complétée par un tableau renfermant les genres de la sous-famille des Analgesinœ.
Anatomie comparée. — M. Henri Gervais présente un travail sur une nouvelle espèce du genre mégaplère provenant de la baie de Bassorah, dans le golfe Persique.
Le genre mégaplère, tel qu'il a été établi par les auteurs de l'Ostéographie des cétacés, comprend quatre espèces distinctes : les deux premières, le Megaplera Boops et le Megaptt ra Lalandii, y sont établies d'une façon certaine ; les deux autres, le Meg. Aovtr Zelandiœ et le Meg. Ituzira, n'y sont inscrites que d'une façon provisoire.
Les naturalistes, en établissant des différences spécifiques enlre ces animaux du môme groupe, se sont laissés guider, comme l'a fait observer M. Van Reneden, par cette idée que ces cétacés auraient, comme les baleines et les balénoptères, des stations géographiques bien définies, et que ceux qui habitent un hémisphère ne passent jamais dans l'hémisphère opposé. Bien que celte loi de répartition des espèces, établie par le savant professeur ne soit pas encore confirmée en ce qui regarde les mégaptères et que le professeur Van Beneden, dans un récent ouvrage, soit revenu à l'idée, qu'il avait, il y a plus de vingt ans, qu'il n'existerait qu'une seule espèce de mégaptère cosmopolite, le megaplera Boops, M. Gervais croit pouvoir, par la comparaison de nouveaux matériaux rassemblés dans les collections analomiques du Muséum de Paris, démontrer que cette loi de répartition des espèces doit s'appliquer aussi aux mégaptères et qu'il est impossible de rapporter aujourd'hui à une seule espèce tous les sujets connus et que le nombre de ces espèces doit être porté à trois, qui sont : le Meg. Boops, habitant l'hémisphère boréal, le Meg. Lalandii, habitant la partie sud de l'océan Atlantique et le Meg. du golfe Persique qui fait le sujet de la pi rie note, espèce qui habiterait l'océan Indien et à lhqmlle il propose de donner le nom de M. Indica. Ce n'est, en effet, qu'accidentellement que l'individu, acquis pour les collections du Muséum d'histoire naturelle aurait dû pénétrer dans le golfe Persique d'où il a été expédié.
La taille du mégaptère du golfe Persique, qui est arrivé à
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l'âge adulte, diffère àpeine de celledu squelette du Meg. Boops. Les formes extérieures de son corps devaient Être cependant plus élancées et la tête plus globuleuse. Les différents os qui constituent le squelette présentent une plus grande épaisseur dans toutes leurs parties et leur substance plus compacte leur donne une plus grande densité.
La forme générale de la tête osseuse, étudiée avec soin, accuse dans ses contours supérieurs, en allant soit du trou occipital à l'extrémité antérieure du rostre, soit du bord externe d'un maxillaire au bord externe de l'os symétrique, une courbure beaucoup plus marquée; le rostre est beaucoup plus obtus, le maxillaire inférieur plus arqué.
La région postérieure du crâne uniquement formée par l'os occipital est moins concave que chez le Meg. Boops; la crôte longitudinale, occupant le milieu de la face externe de cet os, est plus accentuée, les saillies des occipitaux latéraux plus marquées et la région condylienne moins proéminente; le trou occipital est situé moins haut chez le Meg. du golfe Persique et regarde, par conséquent, plus en arrière.
L'os temporal présente un prolongement zygomatique plus court, plus massif, plus arqué à son sommet et dirigé plus obliquement en dehors.
Les os frontaux accusent au contraire dans les deux sujets des différences assez grandes, la région frontale supérieure est très bombée.
Les prolongements orbitaires du fronta sont plus massifs, leur direction moins oblique de dedans en dehors et d'arrière en avant; ils se distinguent aussi par l'épaisseur de leur bord externe qui limite supérieurement le bord orbitaire et par leur gouttière protégeant le nef optique et le réseau vasculaire qui l'entoure, gouttière largement ouverte chez le sujet étudié par M. Gervais et qui est au contraire convertie en un canal fermé sur le tiers interne de son trajet chez le mégaptère du nord.
La région inférieure du crâne, quoique un peu mutilée, a permis pourtant de remarquer que les os palatins, qui donnent de si bons caractères au point de vue de la distinction des espèces chez les cétacés, diffèrent par leur forme, leur épaisseur plus considérable et leur large articulation avec le maxillaire supérieur chez le mégaptère du golfe Persique. Les ptérigoïdiens sont aussi très épais et leur apophyse postérieure est beaucoup plus courte que chez le Meg. Boops, deux fois plus épaisse et plus recourbée en arrière et en dehors. Les maxillaires supérieurs ont leurs bords externes moins droits que ceux de l'espèce du nord. Le rostre subit un rétrécissement assez marqué un peu en avant de la base des apophyses orbitaires des maxillaires, puis il s'élargit dans la région moyenne pour diminuer ensuite progressivement vers son extrémité antérieure. Les apophyses orbitaires des maxillaires sont très fortes. La crête supérieure des mêmes apophyses, longeant le bord antérieur des prolongements orbitaires des frontaux, est plus convexe et plus accentuée. II en est de même de celle qui limite le bord supérieur de la face interne des maxillaires au niveau des évents, les apophyses montantes rejoignant le frontal sont plus courtes et beaucoup plus larges que chez le Meg. Boops.
L'os jugal présente aussi de grandes différences dans son aspect; il est plus long que celui du Meg. Boops, surtout plus recourbé, plus épais à son bord externe et très arqué, ce qui rend le cercle orbilaire très vaste; l'extrémité antérieure du même os porte une forte apophyse creusée d'une dépression très marquée, le maintenant en rapport avec la partie
correspondante du maxillaire supérieur et au-dessus de cette dépression se trouve une apophyse très forte dirigée en haut et en dedans, pénétrant dans la cavité articulaire creusée sur le bord postérieur du lacrymal.
L'os lacrymal, dont la forme diffère chez les mysticètes au point de fournir d'excellents caractères spécifiques, présente ici une configuration autre que celle que l'on observe cher le Meg. Boops; il se rapproche beaucoup du lacrymal de l'espèce du Cap.
Les vertèbres se distinguent d'une façon générale par l'épaisseur de leur corps qui est plus grande dans les premières cervicales chez le mégaptère du golfe Persique que dans celles qui leur correspondent chez le mégaptère de Laponie qui était pourtant supérieur quant à la taille.
Le membre thoracique est plus long chez le Meg. du golfe Persique que chez le Meg. Boops, bien que la taille du premier de ces sujets soit inférieure de près de 2 mètres à celle du second.
Les côtes sont au nombre de quatorze. Elles se font remarquer par leur double torsion; elles sont moins larges et plus arrondies qne dans les deux autres espèces. La première côte présente une forme particulière; son extrémité supérieure est très effilée, son extrémité inférieure large et tronquée. Le sternum, chez le Meg. du golfe Persique, diffère complètement, par sa forme, de celui de toutes les espèces de mysticètes décrites jusqu'ici.
L'os tympanique présente, chez le Meg. du golfe Persique, une forme caractéristique : les apophyses antérieure et postérieure du rocher sont très développées.
Les fanons sont larges, très épais et de couleur noire; leur bord interne et leur extrémité inférieure se décomposent en nombreux filaments épais et rigides; ces fanons ne présentent pas, dans le voisinage de leur bord interne, les bandes de couleur verdàtre foncé que l'on a pu observer sur ceux du Meg. Lalandii.
Hygiène. — Sous le titre de : Action du cuivre sur l'éconcmie, histoire d'un atelier et d'un village, M. le docteur de Pietra Santa, en son nom et au nom de M. l'abbé Houles, a fait à l'Académie des sciences une intéressante communication sur la question du cuivre, basée sur des observations et des faits recueillis depuis plusieurs années, au double point de vue physiologique et professionnel.
En se plaçant dans des conditions particulières de milieux favorables à une étude précise, l'imprégnation de l'organisme par le cuivre s'est manifestée : à l'extérieur, par la coloration verdàtre de la peau, de la barbe, des cheveux ; à l'intérieur, par la présence du cuivre que l'analyse chimique a décelé dans les sécrétions urinaires et cutanées, et après décès, dans le système osseux.
Les observations de M. de Pietra Santa dans un atelier de tourneurs en cuivre de la prison des Madelonnettes l'ont conduit à admettre : 1° qu'un individu peut vivre dans une . atmosphère chargée de poussières de cuivre, sans altération appréciable de sa santé ; 2° que la colique de cuivre, telle que l'ont décrite les auteurs du xwn" siècle, Desbois de Rochefort, t'.ombalurier et, plus près de nous, Blandet et Corrigau, n'existe pas.
Les recherches de M. Houles sur la population industrielle du village de Duri'ort (Tarn), pendant une période de cent ans (1775 à 1876), lui ont prouvé que la moyenne de la vie des ouvriers en cuivre {/nartmeurs fondant et martelant le métal
CHRONIQUE
à chaud, chaudronniers le martelant à froid, le limant et le polissant pour lui donner une forme définitive) est, toutes choses égales d'ailleurs, la même que celle de la population agricole de la région, si elle n'est pas supérieure.
Si les auteurs n'admettent aucune maladie spéciale ou professionnelle pouvant se rapporter directement à l'inspiration des poussières de cuivre ; par contre, dans l'atelier comme dans le village, ils n'ont reconnu aucune immunité spéciale ou professionnelle contre les affections infectieuses en général, et plus particulièrement contre le choléra et la fièvre typhoïde.
En définitive, pour MM. Houles et de Pietra Santa, la démonstration de l'innocuité du travail du cuivre et de ses alliages leur paraît de nature à donner plus d'impulsion à l'industrie des fondeurs, dont les résultats, si brillants pour les arts, sont de première nécessité pour l'économie domestique et sociale.
Élections. — A quatre heures, l'Académie procède à l'élection d'un membre titulaire dans la section de mécanique, en remplacement de M. Bresse, décédé.
La section présente, par l'organe de son doyen, M. de Saint-Venant, la liste suivante de candidats :
En première ligne : M. Maurice Lévy ;
En seconde ligne : M. Boussinesq:
En troisième ligne, ex œquo, par ordre alphabétique, M. Kretz et M. Ledieu ;
En quatrième ligne, M. Léauté.
De plus, l'Académie, consultée par voie de scrutin, adjoint à cette liste le nom de M. Marcel Deprez.
Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant de &G, majorité 29 :
M. Maurice Lévy obtient 2i voix.
M. Marcel Deprez 17 —
M. Boussinesq. 11 —
M. Ledieu 4 —
Aucun des candidats n'ayant obtenu la majorité des suffrages, il est procédé à un second tour de scrutin, lequel donne les résultats suivants:
Nombre des votants, 56; majorité, 29.
M. Maurice Lévy 29 voix.
M. Marcel Deprez 24 —
M. Boussinesq 3 — .
En conséquence, M. Maurice Lévy est proclamé élu.
E. RiviKiiE.
l'ublicutiona nouvelles.
Il siiizzo sideheo.- Coufereiiza di Enrico dal Pesao di Jlombello. Une brochure in-8°. — Florence, Le Mounier, 1883.
— The Gipsies, par James Smison. Une brochure in-12°. — New- York, James Miller et London : Baillière, Tiudall et Cox, 18S3.
— Les coccidés utiles, pur Raphaël Blanchard. Une brochure in-8°. — Paris, J.-B. Baillière et fils, 1883.
— Il principio di contraddizioive, par l'ielro Raguisco. Une brochure in-8». — Koma, Tipi dcl Salvincci, 1S83.
— Catalogue des livres de la bibliothèque de l'Académie boïai e des lettres et des beaux-arts DE Belgique. — Bruxelles, Y. Rayez.
— Recherches cliniques et thérapeutiques sur l'épilepsie, ltivstébie et l'idiotie, par MM. Bourneville, E. Bonnaire et Wuillamié. Un volume in-8" avec planches. — Paris, Progrès médical et A. Delahaye et E. Lecrosnier.
— Hydraulique agricole. Étude sur l'aménagement des eau., m
Algérie. Gouvernement général de l'Algérie. Un volume in-12.
Alger, imprimerie administrative Gojosso et C,e, 1883.
— Propriétés générales des phénols. Thèse présentée au concours d'agrégation (section de physique et de chimie), par le docteur Jules Ville. Une brochure in-8°. — Paris, G. Masson, {883.
— I PrOGETTI DI LUIRE SI I.LI ALIENAIT IN ITALIA ED I\ FrANOIA. Pel
prof. Augusto Tambnrini. I ne brochure in-8°. — Reggio-Émilia, Stephano Caldcrini, 188:;.
CHRONIQUE Calendrier perpétuel Julien et Gtrégorlon.
Depuis Numa jusqu'à Jules César, le calendrier romain. d'oA le nôtre dérive, n'avait aucune règle précise. La correspondance de l'année lunaire de 12 lunaisons formant 3S5 jours, avec l'année solaire qui règle les saisons, avait lieu au moyen d'intercalations arbitrairement fixées par les prêtres pour servir les usurpations des magistrats.
(Hbrschell, Traité d'astronomie.) La dernière année de ce calendrier que l'on a appelée l'année de confusion (40 avant J.-C.) fut de 455 jours.
Le calendrier julien est dû à Jules César, assisté de Sosigène, célèbre astronome et mathématicien d'Alexandrie. L'année julienne est communément de 365 jours; tous les quatre ans. on ajoute un jour intercalaire après le 28 lévrier, à la date du 29. On forme ainsi l'année bissextile de 360 jours; les années bissextiles du calendrier julien sont toutes celles dont l'ensemble des deux derniers chiffres du millésime se compose de deux zéros, ou forme un nombre exactement divisible par quatre. La durée moyenne de l'année julienne est donc de 365 1/4 jours solaires moyens. Mais cette durée est un peu trop grande, puisque l'année tropique, intervalle de deux équinuws de printemps, se compose de 365 Jonrs(2 422 042 ; cette différence fait à peu près 7 jours eu neuf siècles. Aussi, dès l'année lili. on commença à s'apercevoir que les équinoxes du printemps et de l'automne devançaient de plus en plus les époques du 21 mars et du 21 septembre auxquelles ils se rapportaient primitivement. La réforme du calendrier fut dès lors constamment réclamée. Celte réforme eut lieu enfin sous le pontificat de Grégoire XIII, qui en ordonna l'exécution par une buHe du 24 février 1582. Elle fut adoptée aussitôt dans tous les pays catholiques, et successivement, mais beaucoup plus tard, chez les nations protestantes. La Russie et la Grèce sont maintenant les seules contrées de l'Europe qui aient conservé le vieux style (calendrier Julien); depuis 1800 la différence des deux calendriers est de 12 jours, elle sera de 13 jours au mois de mars de l'année 1900.
Cette réforme consiste dans l'omission nominale des dix jours qui suivirent le 4 octobre 1582, le jour suivant ayant été compté pour trio au lieu du 5, et dans la suppression du jour intercalaire dans trois années séculaires sur quatre. Dans le calendrier grégorien, l'année séculaire, terminée par deux zéros, est bissextile lorsque le millésime est divisible par quatre, après la suppression des deux zéros. Ainsi 1600 et 2000 sont des années bissextiles; 1700, 1800, 1900, 2100 iule sont pas.
Pourvoir l'approximation de la règle grégorienne, cherchons le nombre de jours contenus danB cent siècles grégoriens; de 1 à 1000(1. il y a 7500 nombres divisibles par quatre; pour les années séculaires, il y a de I à 100, 25 nombres divisibles par quativ. et 75 qui ne le sont pas ; par suite, dans 100 siècles grégoriens, il y a
2425 années bissextiles, ou 3652425 jours; la durée moyenp* de
l'année grégorienne est donc do 365 JO"<'s;2425, Valeur encore un peu trop forte, donnant, moins d'un jour sur 3000 ans.
La semaine se compose de sept joins portant les noms de dimanche, lundi , samedi, et le but de notre calendrier est de trouver
le nom du jour de la semaine qui correspond à une date donnée du
CHRONIQUE
calendrier julien ou grégorien. L'application en est simple, puisqu'il suffît de savoir additionner quatre nombres ne dépassant pas 6, dont le total ne dépasse jamais '23. Quant à la formation du calendrier, on la comprendra facilement. Une date quelconque se compose de quatre données : le quantième, ou numéro du jour dans le mois; le nom du mois ; le numéro de Vannée dans le siècle, et le siècle (julien ou grégorien). Vérifions d'abord l'un ou l'autre des deux calendriers pour une date quelconque, celle du jour présent, par exemple. Nous trouverons le jour convenu, conformément à l'almanach que nous a offert le facteur de la poste.
Cela posé, on conçoit que la somme des quatre nombres Q, M, cj ou J, et A, augmente d'une, de deux, de trois, ...., unités, quand le quantième augmente, et que l'on peut supprimer tous les multiples de 7. Aussi la colonne Q contient le reste de la division du quantième par 7, et l'on peut se passer du premier tableau des quantièmes. De même, en passant de mars à avril, le nombre III augmente de 3 ; il est devenu 6; cela tient à ce que mars a 31 jours, c'est-à-dire quatre semaines plus 3 jours; en passant d'avril à mai, on doit augmenter !H de 2 unités, puisqu'avril a 30 jours, ou quatre semaines et deux jours en plus ; m devient donc 8, ou en supprimant sept jours, M devient 1, et ainsi de suite. On observera d'ailleurs que nous avons reporté à la fin du tableau des mois, les mois de janvier et de février, parce que le jour intercalaire de l'année bissextile se trouve après le 28 février, et ainsi pour trouver un jour de janvier ou de février de l'année 1800, par exemple, on doit se reporter à l'année 1790.
L'année commune se compose de cinquante-deux semaines et d'un jour en plus; l'année bissextile de deux jours en plus; aussi les nombres A. en passant d'une année à l'autre, augmentent trois fois d'un, et une fois de deux, en supprimant les multiples de sept. Enfin, pour les siècles juliens, en y reportant l'année bissextile séculaire, un siècle se compose d'un nombre exact de semaines augmenté de 100 jours, plus 25 pour les années bissextiles; ce qui fait un nombre exact de semaines diminué d'un jour; aussi les nombres » décroissent-ils successivement d'un, d'un siècle au suivant, tandis que les nombres <décroissent de deux, à partir de 7 ou 0, et d'un seulement en passant de 1500 à 1600, ou de 1900 à 2000.
L'utilité de ce calendrier se comprend d'elle-même pour les recherches historiques, et nous l'expliquerons par les circonstances mêmes qui lui ont donné naissance. L'année dernière, dans notre voyage à Rome, pour la publication des OEuvres de Fermât, nous avons pu obtenir de la générosité et du désintéressement du prince Boncompagni, la communication de deux volumes contenant des lettres inédites de Fermât, de Merseune, et de plusieurs autres savants. Quelques-unes de ces lettres ne portent pas la date de l'année, mais seulement le mois, le quantième et le jour de la semaine; il fallait les classer ; nous avons dû faire un premier travail pour retrouver le chiffre de l'année, à six ou sept années près, ce qui suffit amplement avec le contenu, pour retrouver la date précise. Telle est l'origine de ce calendrier.
Grégoire XIII mourut peu de temps après la réforme du calendrier, le 10 avril 1585 ; ce fut un pape éclairé, car il confirma l'établissement de la congrégation de l'Oratoire; il fut charitable, car ses aumônes montèrent à deux millions d'écus d'or.
Avant son élévation au pontificat, le 13 mai 1572, il était marié et père de famille. C'est donc avec une émotion respectueuse que nous dédions ce modeste travail, comme un faible témoignage de notre reconnaissance, à l'un de ses plus illustres descendants, éclairé et généreux comme lui, à Son Excellence le prince B. Boncompagni (1).
Edouard Lucas.
L'industrie du bois Au Canada. — L'industrie du bois occupe au
Canada plus de 100000 personnes, les scieries y représentent un capital de 825 millions de francs et la coupe des bois nécessite environ 193 millions de francs. La production totale du bois, en 18SI, a été de 193 millions de francs, sur lesquels l'exportation a atteint 120 millions de francs environ.
— La houille aux antipodes. — On signale l'existence à Wesport, dans la Nouvelle-Zélande, d'importants gisements de houille. Les couches de charbon auraient de 1"',80 à 10 mètres d'épaisseur et leur altitude au-dessus du niveau de la mer est de 250 à 900 mètres.
(1) Ce travail a été présenté à Rouen, au congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences, au mois d'août 1883.
— La population du Mexique. — La population du Mexique est, d'après le dernier recensemenl,de 10001 884 habitants dont 4826*42 du sexe masculin et 5 175 112 du sexe féminin. L'État le plus peuplé est celui de Jalisco, avec 9X3 434 habitants ; le moins peuplé est la basse Californie, avec 30208 habitants.
11 y a, au Mexique, 1 882 522 habitants de race caucasienne, 3 705 044 de race indigène américaine et 4 254 318 de race mêlée.
— Une nouvelle pile électrique. — MM. F. de Lalande et G. Chaperon viennent d'inventer une pile électrique qui réunit, suivant eux, les qualités de durée de la pile Leclanché et les qualités de débit de la pile au bichromate.
Ces nouvelles piles comprennent, en principe, une lame ou un cylindre de zinc amalgame comme métal actif, une solution de 30 ou 40 pour 100 de potasse caustique comme liquide excitateur et de l'oxyde de cuivre en contact direct avec une lame de fer ou de cuivre comme dépolarisant. La force électromotrice est assez constante. La potasse se transforme peu à peu en zincate alcalin en même temps que l'oxyde de cuivre se réduit. Lorsque les éléments ne sont pas hermétiquement fermés, on évite le contact de l'air, qui carbonaterait la potasse, en versant une couche de pétrole lourd sur le liquide alcalin.
— Les falsifications des vins. — Nous sommes heureux d'apprendre que M. Emile Viard, le chimiste nantais déjà connu par se» études sur les sucres, va publier son Traité complet des falsification* des vins qui a obtenu une médaille d'or de l'Académie de Toulouse.
Ce traité décrit d'une façon complète tous les traitements licites à faire subir aux vins et s'étend très longuement Bur toutes les fraudes dont ils peuvent être l'objet.
Un traité de ce genre doit rendre des services et nous lui souhaitons le meilleur succès.
— Le telphérage. — M. Fleeming Jenkins baptise de ce nom barbare un système de transport des véhicules à distance inventé par lui. Qu'on se figure un câble d'acier, analogue aux câbles qui servent pour les transmissions télédynamiques. Ce cable est supporté par des poteaux espacés de 20 mètres environ et c'est à ce câble que Bont accrochées les voitures, au nombre de huit par train, suspendues par leurs roues qui ont la forme de poulies à gorge. La voilure motrice, située au milieu du train et munie d'un moteur électrique, repose sur le câble au moyen de quatre roues. La ligne formée par ce câble est divisée en sections de 40 mètres de longueur alternativement isolées ou communiquant avec le sol, les sections isolées sont reliées les unes aux autres, ainsi que les sections non isolées. Chaque train ayant 40 mètres de long, on voit que les trains sont toujours en quelque sorte à cheval sur le point de démarcation d'une partie isolée et d'une partie non isolée.
Une machine dynamo envoie un courant électrique dans les parties isolées du câble. Ce courant traverse le moteur électrique de la voiture motrice et passe ensuite dans la partie isolée d'où il se rend à la terre servant comme fil de retour.
Nous ne savons si ce système, difficile à expliquer sans dessins, présente de réels. avantages sur les systèmes déjà connus; dans tous les cas, il n'est pas dépourvu d'originalité.
— L'appétit d'un hareng. — Le hareng est généralement considéré comme un mets assez frugal. On pourrait en conclure que ce poisson vit lui-même en anachorète, mais on aurait tort. S'il faut en croire le révérend Houghlon, qui a fait une excursion scientifique dans la mer du Nord pour déterminer la nature des aliments que consomment de préférence certains poissons, parmi lesquels le hareng et le maquereau, ces poissons absorberaient d'énormes quantités de crustacés microscopiques et notamment d'entomostracés. Ces conclusions sont conformes à celles d'un autre expérimentateur qui a trouvé à la fois jusqu'à soixante mille petits crustacés dans l'estomac d'un seul hareng.
— Rectification. — A propos de l'analyse qui a paru dans la Reout scientifique de décembre 1883, M. E. Ferrière, auteur du livre intitulé : l'Ame, fonction du cerveau, nous prie de faire remarquer que les trois propositions incriminées ne sont pas de lui, mais bien de Claude Bernard.
Le gérant : Henry Ferrari.
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L'esprit de discipline dans l'éducation. — Les devoirs de la famille, par SB. 4-rcard (de l'Institul).
Causerie littéraire. — M. Gilles de la Tourette : Thèophraste Renaudot. — M. Robert de Crèvecœur : Saint-John de Crevecœur. — M. Félix Ribeyre : Cham, sa vie et ses œuvres; préface de M. Alexandre Dumas. — M. Paul Hervieu : La bêtise parisienne. — M. Ernest Dupny : Les Parques. — Auguste Buchot : Petits poèmes des champs., — Edgar Poe : The Raven (le corbeau), illustrations de Gustave Doré. — Henry Gréville : Perdue. — Théâtre-Français : La matinée du contrai.
Feuilles de carnet, par M. Henry Aron.
Bulletin.
Henri Martin, par M. Joseph I&cinach.
Victor de Laprade, par M. Emmanuel des Essarts.
Histoire contemporaine. — Les élections du 8 février 1871 ; l'Assemblée à Versailles; M. Thiers chef du gouvernement; préliminaires de paix, par Henri llartin.
Bonno et mauvaise étoile, conte arabe, par 11. Cii. Ephejre.
Causerie littéraire. — Ludovic Lepic : Lu dernière Egypte. — Quatrelles : La dame de Gai-Fredon. — M. Gustave Nadaud : Une idylle. — AI. Jean Aicard : Lu chanson de l'enfant. — M. Victor Tissol : La Russie et les Russes. — M. Paul Duchaillu : Un hiver en Laponie. — M. Dubut de Laforest : Le rêve d'un viveur. — Le Roi des Montagnes, de M. About; les Contes de M. Alphonse Daudet. — Théâtre : Pot-Bouille. Le Main- de forges.
Notes et impressions, par X.
Etrennes 1884. — M. V. Duruy : Histoire des Romains. — ; M",e de Witt : Chroniqueurs de l'Histoire de France. — Michelet : Histoire de France; Histoire de la Révolution. — Taxile Delord : Histoire du second Empire. — Mistral :
Bulletin.
Mireille. — Ouvrages divers. — Collection llelzel.
La dot de Katel, Nouvelle, par Th. Bcntzon.
Espagne et Portugul. — Grenade. — Visite à l'Alhambra; la cour des Lions, les salles, par M. Eouis Ulbach .
La Russie, d'après M. Anatole Leroy-Beaulieu, par 11. .V 16
Etrennes 1884. — Jules Sandeau : Madeleine; Mademoiselle île la Seigli'ere; la Roche aux m . — M. J. Girardin ,
Mme Colomb. — ■ Ed. Laboulaye : Derniers contes bleus. — M. René Ménard : La mythologie dans l'art ancien e l moderne. — M. Elisée lîeclus : L'Asie antérieure. — M. le Dr Lortet : La Syrie d'aujourd'hui. — M. Piassetsky : La Mongolie et la Chine. — Le Tour du monde.
Opéra. — La Farandole, ballet en trois tableaux, musique de M. Th. Dubois, par M. Lëwu Pillant.
Notes et impressions, par X.
Bulletin.
Tables des matières du second semestre 1883.
Les consulats. — Réformes et traditions consulaires, par H. Ga5>rïel Charmes.
Au soleil. — Algéiue. — Les Mozabites; la colonisation; les chefs indigènes; la Kabylie, Bougie, Constanline, par
il. €■!■} de Manpussaiit.
La dot de Katel, Nouvelle. — Seconde et dernière partie, par Th. IScntzou. Les métamorphoses d'un conte. — « Le roi qui a pei.du son corps », par Arvèdc atarine. Bulletin.
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Chronique. - La Société d'anthropologie de Lyon en 1883. !- Nouvelles géographiques.
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