REVUE DU TEMPS
Mars 1883.
Le mois de mars 1883 a été exceptionnellement froid, ce qui tient aux conditions particulières de la circulation de l'atmosphère pendant ce mois.
A Paris, la moyenne (2°8) a été de 3°3 inférieure à la température normale du mois. La hauteur de pluie a été de 29 millimètres
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(1) Paris, Savy, 1883. Un vol. grand in-8" de 300 pages avec 285 avures dans le texte.
C.irto indiquant les trajectoires des principaux centres des basses prossions en mars 1883.
(au lieu de 37 millimètres), tombés en quinze jours, sur lesquels il y a eu neuf chutes de neige.
Les températures mini ma sont liés remarquables; au parc Saint- Maur, ou compte vingt jours de gelée. Le minimum — 7"i s'est
BIBLIOGRAPHIE
produit le 11 au matin ; le même jour on notait — 8°5 à Charleville — 5°3 à Bordeaux — 7° à Clermont et à Nancy — 5" aux caps Croisette et Sicié.
Le mois de mars dernier est très intéressant à étudier parce qu'il montre l'influence de la position des centres d'action de l'atmosphère (1) sur ks caractères du temps.
Ainsi, en mars 1883, nous pouvons remarquer pendant presque tout le mois que les hautes pressions océaniennes sont situées plus haut en latitude que d'ordinaire et se tiennent à l'ouest ou au nordouest de nos régions. Il en est résulté un régime prédominant de vents de nord à nord-est avec temps clair et par conséquent une température basse, d'abord à cause de l'arrivée du vent froid du nord, puis par suite du rayonnement.
Au contraire, lorsque le maximum océanien, plus élevé en latitude que d'ordinaire, est situé à l'est ou au nord-est de nos régions ce qui arrive assez souvent en mars, les vents de sud-est et d'est dominent et la température se maintient bien plus douce, au moins dans la journée, surtout quand le vent est modéré et permet ainsi réchauffement des couches basses voisines du sol.
Le mois de mars dernier peut se partager en trois périodes.
La première, du 1er au 14, est caractérisée par la présence des hautes pressions à l'ouest ou au nord-ouest de la France ; c'est la période où le froid atteint sa plus grande intensité. On remarque peu de tourbillons pendant cette période, mais seulement les minima A B sur la Méditerranée et (C) sur la Baltique, l'Allemagne et la Russie.
La deuxième période s'étend du 14 au '23. Elle est caractérisée par la présence de tourbillons de peu d'intensité sur la France, la mer du Nord et la Méditerranée (D E).
Cette période reste assez froide, car le régime des vents océaniens ne s'établit pas complètement, les vents de sud et sud-ouest étant dus au tourbillonnement de l'air autour des minima barométriques et non à une arrivée directe de l'air chaud du large.
La troisième période, qui s'étend du 24 à la fin du mois, a pour traits caractéristiques le passage de fréquentes dépressions assez intenses sur le Danemark et sur le nord de l'Europe.
Mais le maximum barométrique est encore voisin de Valentia, en sorte que les vents soufflent souvent du nord-ouest et la température s'abaisse plusieurs fois encore au-dessous de zéro.
Léon Teisserknc de Bort.
BIBLIOGRAPHIE
Sommaires «Ion principaux recueil» de moiiloIroN originaux
Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, t. V, 3° série, fascicule 5, novembre et décembre 1882. — Girard de Rialle: De l'origine des Dardous. — Pommerol: Age des instruments de silex trouvés dans les graviers de Sarlière. — Hamy: Observations sur l'anthropologie des Comalis. — Mmr Clémence Royer: L'instinct social. — Piètrement : Les chevaux dans les lemps préhistoriques et historiques. '■ — Lagneau : Remarques à propos du dénombrement de la population sur quelques différences démographiques, présentées par les catholiques, les protestants et les Israélites. — Comevin : Observations zoologiques et zootechniques faites dans l'Afrique équatoriale pendant l'expédition de M. de Brazza. — Orchanski : Recherches cràniologiques sur une série de crânes d'assassins. — G. Hervé : De l'existence d'un appendice cœcal rudimentaire chez quelques pithéciens. — Bordier : Photographies de criminels. — Daily: Observations sur les Galibis. — 0. Beawrcgard : En Asie : Kachmir et Tibet. ■ — Études d'ethnographie ancienne et moderne. — Hamy : Les mutilations dentaires au Mexique et dans le Yucatan. — Sabatier: Essai de détermination anthropologique des deux types ou races confondus sous le nom moderne de Kabyles. — Rabourdin : Sur la vision binoculaire.
— Journal de pharmacie et de chimie, t. V, avril 1883. — Berthclot : Contribution à l'histoire des réactions entre le soufre, le carbone, leurs oxydes et leurs sels. — Caries : Étamage plombifère des boites de conserves. — Husson : Recherches toxicologiques du sang.
(I) Nous désignons ainsi les grands maxima et minima barométriucs qui se retrouvent à toutes les époques de l'année et oscillent
ques qui „..
autour de certaines régions du globe. Voir Revue scientifique
21 mai 1881.
du
— l'oincaré : Effets de la respiration d'un air chargé de pétrole. — //. Byasson: Note sur l'essai du sulfate de quinine. — Balland: Mémoire sur les blés germes. — /•'. Vigier : .Note préliminaire sur l'action physiologique du borale de soude.
— Archives générales de médecine, avril 1883. — Lannelongut : Quelques exemples d'anomalies congénitales, au point de vue de leur pathogénie. — E. Wertheimer : De la structure du bord de la lèvre aux divers âges. — J.-lî. Duplaix: Étude sur les hémorrhagies des centres nerveux dans le cours du purpura hœmorrhagica. — Raymond et G. Artaud: Recherches expérimentales sur l'étiologie de la tuberculose.
— Revue de médecine, 3« année, n° 3, avril 1883. — Dutil: Des paralysies post-épileptoîdes transitoires. — Hayem et Girandeau: Contribution à l'étude des lésions du bulbe, consécutives à la méningite chronique. — Féré : Note sur un cas de migraine ophtalmique à accès répétés et suivis de mort. — Leroux: Note sur l'albuminurie chez les enfants.
— Archives nE neurologie, Revue des maladies nerveuses et mentales, t. V, 1883, n° 14, mars. — Parinaud: Paralysie des mouvements associés des yeux. — Gellé : Étude clinique du vertige de Menière dans ses rapports avec les lésions des fenêtres ovale et ronde. — Pitres et Vaillard: Contribution à l'étude des névrites périphériques non traumatiques. — Ph. Rey : Méningite tuberculeuse cérébro-spirale avec pachyméningite hémorrhagique.
— Bulletin de la Société d'anthropologie de Lyon, t. Ier, n° 2, 1882.
— A. Lacassagnc : Les tatouages. — Comevin : Domestication du cheval. — S. Arloing : Caractères ostéologiques. — D' Charvet : Sépulture gauloise de Rives (Isère). — ^4. Lacassagne : Rapport de la taille et de la grande envergure. Étude anthropologique sur huit cents hommes criminels. — Ernest Chautre : Aperçu sur les caractères ethniques des Anshariés et des Kurdes.
— Revue internationale de l'enseignement, mars 1883. — B. Buisson : De l'enseignemen'. supérieur des femmes en Angleterre, en Ecosse et en Irlande. — Himly : La Faculté des lettres de Paris. — Les études du droit en France à la veille de la Révolution. -- Extrait des lettres d'un magistrat de Paris à un magistrat de province (Genève et Paris, 1782).
— Annales agronomiques (t. IX, fascicules 1 et 2, janvier et février 1883). — Dehérain et Maquenne: Sur la réduction des nitrates dans la terre arable. — J. Vcsque: Remarques critiques sur les travau) récents concernant le mouvement de l'eau dans le bois. — L. Guil laume: Culture comparée aux engrais chimiques et au fumier d( ferme. — Godlewsky : Contribution à la connaissance de la respira tion des végétaux (traduit de l'allemand). — A. Pagnoul : Recherche sur les pulpes de betteraves des sucreries. — Agathon: Modilicationi que subit la matière azotée de la terre arable. Azote dans une terri de Grignon. — Dehérain et Rréal : Recherches sur t'influence de matières minérales dans la germination. — Engelmann: Couleur e assimilation. — Bergmann: Présence des acides formique et acé tique dans les plantes.
— Journal des économistes (1883, n° 2, février). — l'aul Mulle* Les finances des Etats secondaires de l'Allemagne. — Rouxel: Revu critique des publications économiques eu langue française. — Ad. F. de Fontpertuis : Un touriste en Laponie. — Ad. Biaise : Albuc de statistique graphique de 1882.
— Journal de pharmacie et de chimie (1883, t. VII, février et mars]
— Pasteur : Sur le rouget ou mal rouge des porcs. — Méhu: Su l'extraction des matières colorantes des urines bleues : indigotine e indirtbine. — Cazeneuve et Chaînas: Sur la purification possible de alcools dénaturés. — Cazeneuve: Sur un cas d'isomèrie physique d camphre monochloré. — Bourquelot: Sur les propriétés de l'invertim
— L. Eymonnet : Recherches expérimentales sur l'apparition de l'i cide phosphorique dans l'urine. — Recherches sur l'élimination de hypophosphites par les urines. — Berthelot : La synthèse organiqu et la thermochimie. — Capdeville : Observations théoriques et p» tiques sur la préparation du cérat de Galien. — Félix Bellamy: Ai tion de l'acide carbonique sur la dissolution d'acétate de plom neutre.
— Mittheilungen ads der zoologischen Station zu Neapel (I88Î t. IV, fascicule 1). — Whitman : Embryologie, vie et classificatio des Dicyémides. — Saknsky : Développement et embryogénie d< salpes. — Uohrn: Développement de l'hypophyse chez le PetromytO planeri.
CHRONIQUE
CHRONIQUE
lli.~n.ii C'rcvaux.
La Société de géographie de Paris a reçu communication, dans sa 9éance de vendredi dernier, 4 mai 1883, de la lettre suivante qui lui est adressée par M. Zéballos, président de l'Institut géographique de la République argentine :
n Buenos-Ayres, 21 mars 1883.
« Monsieur le président,
« Je prie M. le lieutenant de Bernardières de remettre entre vos mains cette lettre avec les originaux des observations astronomiques de mon malheureux ami Jules Crevaux, au sujet de la position géographique de Salla et Gujuj, capitales des provinces du même nom, dans la République argentine, dont les positions astronomiques n'étaient pas connues par des travaux sérieux.
« M. Crevaux avait demande, à la dernière page des originaux, qu'ils fussent remis à M. l'amiral Mouchez : je prie M. Maunoir de bien vouloir accomplir la dernière volonté de l'explorateur.
«Il vient de partir pour le Pilcomayo une nouvelle expédition militaire, organisée par le gouvernement argentin, sous les ordres du colonel Sola, commandant en chef les frontières indigènes sur le Chaco. Le colonel marche à la tête de deux cents soldats de l'armée régulière pour attaquer les Indiens dans leurs forêts.
« Vous vous rappelez sans doute ma dernière communication sur la mort de Crevaux, publiée dans les bulletins delà Société de géographie, l'attirai alors votre attention sur l'hypothèse de M. Sola à propos de l'existence d'un nouveau fleuve au Chaco, courant parallèlement au Pilcomayo et qui s'appellerait Teyo.
« Le colonel Sola se propose maintenant de résoudre ce problème géographique fort intéressant. L'Institut géographique argentin a lait accompagner M. Sola par un délégué, dans le but principal rie chercher des renseignements sur les restes de Crevaux et d'obtenir le rachat des prisonniers : le timonier français Naurat et le timonier irgentin Blanco.
« Nous avons autorisé notre délégué à faire les dépenses nécessaires pour rapatrier les restes de Crevaux, de Billet et de Ringel, s U ks retrouve, ainsi que pour obtenir la liberté des survivants.
ii Zéballos. »
» .'utilité de l'Ivresse.
M. Matthieu Williams publie dans le journal américain Popular •science Monthly les arguments suivants pour démontrer que l'ivresse :onformement a une loi naturelle, élimine de la société les membres mrasites, alors que les plus intelligents seuls survivent.
Darwin constate que le progrès direct, le développement de ce
ïue 1 on pourrait appeler la prospérité collective de l'espèce s'obtient
par un surcroît de population, par la lutte pour l'existence, pendant
laquelle les individus faibles ou inférieurs sont éliminés et remplacé.
varies survivants les plus aptes. Ceux-ci transmettent plus ou moins
leurs qualités à leurs descendants qui, se multipliant encore à l'in-
■!', T',,?6 plus en P|US améliorés ou développés dans le cours illinite de l'évolution future.
Aux époques plus anciennes de l'existence humaine, les plus aptes t survivre étaient ceux qui, par leur énergie physique, étaient plus capables de combattre les difficultés physiques du milieu. La lutte «cessante des différentes tribus octroyait la domination de la terre ux plus aptes a tout discipliner; ainsi l'animal humain le plus fort *t le plus violent était destiné à vaincre et, par conséquent, à surnvre. ^
Puis vint une autre ère d'efforts humains; on eut alors moins besoin e force musculaire, de puissance physique, d'énergie animale, grâce la science qui emprisonne les forces physiques naturelles. Désor- ■hasse-TT », , r,?"1' ,gr°SSier' qui dirisuait la <lanse guerrière, la t r v h , i * DeSt P1U9 deStiné a Survivre; " se trouve, au on .a,re, de plus en plus déplacé dans la société. L'inaptitude de
Mnif27 3C h e représentent les sauvages primordiaux est
"e °à race ^ prejudiciable au* intér«ts présents et au progrès
esShr,^,eSHvrn8i' " ^Ut tr°uver le mo>'en d'exclure de la société .es Drutes, d éliminer 1 animal humain, pour donner place au banquet
de la civilisation moderne à un nombre plus grand d'hommes dignes d'y paraître, à des hommes plus intelligents, plus raffinés, à des spécimens humains plus distincts. Cette exclusion pourrait s'opérer par quelque moyen naturel ou spontané d'extinction personnelle, effectué par les animaux eux-mêmes. Si ce sacrifice individuel est un progrès réel, il n'y a pas lieu de s'arrêter à toutes les objections basées sur des considérations de sentiment purement humanitaires.
Or ce moyen de sélection est simple, et le but serait atteint par l'emploi des boissons alcooliques dont l'homme se sert aujourd'hui afin d'exalter son intelligence.
Acclimatation des mollusques comestibles en Angleterre.
Des essais viennent d'être tentés sur la côte du Cheshire (Angleterre) pour l'acclimatation du genre Venus mercenaria L. D'après M. Marrât, de Liverpool, il y aurait avantage à développer cette culture d'un produit très nourrissant et tout nouveau pour l'Angleterre.
Aux États-Unis, surtout dans le Massachusetts, on cultive déjà ce mollusque, qui porte le nom indien de Quahog. L'espèce la plus estimée est Mya arenaria L. ; malgré son goût de vase, il s'en fait une grande consommation. On le retrouve sur la côte occidentale du nord- Pacifique et sur les deux rives de l'Atlantique.
L'huître américaine (Ostrea Virginica, Gmelin et Oslrea borealis et canadensis, Lamarck) est spéciale à l'Amérique du Nord. Elle diffère de l'huître commune d'Europe (0. edulis). Sa grosseur est très variable. 0. virginica a été introduite depuis quelques années à l'embouchure du Tage; on la vend aujourd'hui sous le nom d'huître portugaise.
L'huître que l'on trouve sur les côtes de la Grande-Bretagne était très appréciée des Romains, au dire de Ju vénal. Toutefois il est peu probable qu'elle ait été importée jusqu'à Rome. Les difficultés du voyage étaient trop grandes, à moins que les Romains n'aient eu pour les huîtres gâtées la prédilection du roi d'Angleterre George 1".
Depuis quelques années, le bigorneau (Littorina lilorea L.), dont les gens du peuple en Angleterre et en Belgique font une grande consommation, s'est multiplié avec une grande rapidité sur la côte est du continent nord-américain. On ne l'avait pas observé dans ces parages avant 1870.
L'escargot {Hélix pomatià) qui, si l'on en croyait les Anglais, formerait, avec les grenouilles, la base de la nourriture des Français, se retrouve, dans quelques parties de l'Angleterre. D'après certains naturalistes, il y aurait été apporté par les Romains qui en étaient très friands ; mais cette opinion doit être erronée, car on n'a jamais découvert de coquilles d'escargots dans les villas romaines et les camps où l'on a retrouvé cependant des coquilles d'huîtres et de moules.
Ecole municipale de physique et de chimie industrielles.
42, rue Lhomond (ancien collège Rollin).
Un concours pour l'admission de trente élèves à l'école de physique et de chimie industrielles sera ouvert dans les locaux de l'école, le 16 juillet 1883.
Les candidats devront être âgés de 14 ans au moins et de 18 ans au plus et se faire inscrire du 11 juin au 7 juillet prochain, au 3e bureau de la direction de renseignement (pavillon des examens, cour du Carrousel), à la préfecture de ta Seine, de 11 heures à 3 heures ils auront à produire leur acte de naissance et un certifical du maire de l'arrondissement, ou de la commune de leur domicile légal, constatant qu'ils sont de nationalité française.
programme nu concours poun l'année 1883-1884.
Le concours comprendra des épreuves écrites et des épreuves orales.