‹ Collection d'objets d'art de M. Thiers, léguée au Musée du LouvreChapitre 7 sur 36 · BOIS SCULPTÉS · texte numérisé non relu

BOIS SCULPTÉS

remarque des soldats romains, des femmes, des enfants, se détachant sur un fond d'architecture. — Hauteur, 0,264; largeur, 0,193.

Je ne sais pourquoi il y a dans mon esprit une connexité singulière entre la sculpture en bois et l’art tudesque. L’une et l’autre ont quelque chose de sec, et ce qui fait la qualité la plus haute d’Albert Durer et de son école est aussi ce qui fait le défaut de ce grand maître et, en général, des artistes allemands, je veux dire l’énergie d’un dessin pénible, mais voulu, incisif et puissant, l’insistance du crayon ou du pinceau sur un contour anguleux, mais expressif, la précision du caractère particularisé jusqu'à l’aveu d’une laideur sans merci; enfin, l’accent mis partout, même dans le détail. Ces traits, qui distinguent le style d’Albert Dürer, c’est-à-dire de l'artiste en qui se résume tout le génie de l’Allemagne, je les retrouve dans ce bas-relief en bois de buis, qui forme tableau et représente un Ecce homo , bas-relief où les figures sont toutes émues, mais toutes laides jusqu’à la grimace, à l’exception du Christ, qui est présenté au peuple sur une terrasse soutenue par des arceaux plein cintre formant une loge à l’encoignure du prétoire.

Un peu plus tard, ces Juifs, qui rappellent ceux d’Albert Dürer et de Lucas de Leyde, reparaîtront, moins laids peut-être, mais tout aussi expressifs, dans les eaux-fortes de Rembrandt, qui jettera sur eux un rayon de sa poésie et le mystère de ses ombres. Ici la population de Jérusalem est composée d’Israélites dont le sculpteur allemand s’est plu à rendre en caricature les faces ignobles, les nez écrasés ou en bec-decorbin, les bouches édentées, béantes ou criantes. Mais le grouillement de la multitude, les différences bien observées entre les Romains et les Juifs, et enfin la grâce exceptionnelle d’un petit enfant nu qui est assis sur les marches du palais, et qui n’a pas encore eu le temps d’enlaidir; tout cela donne un prix à ce bas-relief, que M. Tliiers avait acheté dans l’intention de réunir des spécimens de toutes les écoles, des objets de choix appartenant aux styles les plus divers.

170. — PORTRAIT EN BAS-RELIEF DE CHARLES-QUINT. Bois sculpté, dans un

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cadre de bois noir. L’Empereur, tourne vers la droite, est représenté de profil et à mi-corps dans une niche. Son bras droit est appuyé sur l'allège de la niche, qui porte gravée l'inscription suivante : Carolus Q. Dei gratia Roman, imrerator Augus. Æt. suæ XXXI. Ann. M D XXXVII. Au-dessus de la niche se voient les armoiries de Charles-Quint et sa devise : Plus oultre. — Hauteur, 0,332 ; largeur, 0,263.

Ce bois, qui provient du Wiener Muséum, fut acheté par M. Thiers à Londres, en mars 1859; le portrait de Maximilien, qui l’accompagnait, a disparu lors des événements de la Commune.

Charles-Quint, étant né en 1500, avait trente-sept ans, et non pas trente et un, quand fut sculpté ce portrait. Il est donc probable que la sculpture en fut faite en 1537, d’après un portrait original gravé par Daniel Hopfer, <pii représentait Charles-Quint âgé de trente et un ans. Du reste, ces sortes d’effigies ont dû être multipliées, comme le sont, en général, celles des souverains, en Allemagne aussi bien qu’ailleurs. L’exemplaire de la collection Thiers est d’un beau travail. La tête est modelée avec beaucoup de précision, mais sans petitesse, dans sa physionomie triste et endormie. L’énorme saillie de la lèvre inférieure, qui est presque une difformité, est accusée sans ménagement; la main gauche est fine, élégante, et semble appartenir à un autre personnage que la main droite; le tout est un ouvrage précieux, autant par le caractère du portrait que par le travail de l’artiste, qui, au moyen d’une saillie modérée, est parvenu, mal à propos sans doute, mais avec bonheur, à rendre les enfoncements d’une peinture.

171. — LE CHRIST AU JARDIN DES OLIVIERS, haut relief en bois sculpté, peint et doré. Au-dessous, cinq personnages casqués et chaperonnés se présentent de face dans des attitudes différentes. Cadre en bois de noyer rehaussé d’or. — Hauteur, 0,463; largeur, 0,290.

Ce morceau, qui est du XVI0 siècle, provient de la vente Pourtalès, où il figurait sous le n° 1553.

172. — PERSONNAGES DIVERS du XVU siècle; six petits médaillons ronds, en bois sculpté, qui sont renfermés dans un cadre rectangulaire en bois noir, monté sur piédouche. — Diamètre de-s médaillons, 0,054; hauteur totale, 0,414.

lmp. A. Sa.lmon.

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i73. - buste “»““f.c7;;iis^:s;h;:iu :xv,^pl. u» ^c.^ en bois noir, sur pied à lustre. -

pii bois, 0,012; hauteur totale, 0,311.

174 TÊTE D’HOMME (XVIe siècle), médaillon en buis, en haut

1 ' ■ , . . nipd A consoles. — Diamètre du médaillon

cadre ovale en bots noir, sur pied a console..

relief; dans un

, 0,019; hauteur du

cadre, 0,140.

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