‹ Collection de calculs urinaires et d'instruments de chirurgieChapitre 8 sur 39 · CONSIDÉRATIONS GENERALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GENERALES

SUR LE DEVELOPPEES», £JA STRUCTURE ET LA CONEiGÙrSt/IOX

Dépôts sous forme de cristaux ou de paillettes. — Les dépôts rudimentaires peuvent être facilement recueillis sur du papier, par l'évaporation de l'urine.

Ces dépôts se présentent sous forme de cristaux ou déniasses diversement colorées (voir le 1er carton).

Les cristaux, incolores le plus souvent, sont quelquefois brillants; ils se ternissent au contact de l'air. A mesure qu'ils s'agglomèrent pour former le sable, la gravelle ou le calcul, ils prennent une teinte jaune-rougeàtre, tout en conservant un aspect brillant.

On observe à la surface des couches lamellées des masses de cristaux brillants, très-petits, très-serrés, visibles à l'œil nu, lorsqu'on divise les calculs au moyen d'un coin ou qu'on les fait éclater.

Dans quelques pierres volumineuses, les lamelles et les cristaux alternent. Les lamelles isolées se présentent en couches très-minces, jaunâtres ou brunâtres.

On distingue quelquefois des couches épaisses, formées de substances cristallines, comme fibreuses, à grains fins et

serrés, distribution analogue à celle des métaux qui ont subi la fusion ignée. Ces caractères sont frappants dans les calculs d'acide urique impur et de phosphate triple.

Dépôts sous forme de poudre. — On observe souvent dans l'urine, après le refroidissement, des dépôts floconneux, que la dessiccation transforme en substances pulvérulentes, rosacées, briquetées, rougeàtres, terreuses, grises, noirâtres. Ces teintes sont attribuées aux principes colorants de l'urine ou aux purpurates d'ammoniaque et de soude.

Ces dépôts, cristallisés ou amorphes, sont quelquefois trèsabondants. De là cette prodigieuse quantité de graviers que rendent quelques malades, et ces pierres multiples d'un volume énorme, qui occupent presque toute la capacité de la vessie.

Pour toutes les^ concrétions simples en général, les principaux modes de développement se réduisent à deux : la gravelle, les calculs et les grosses pierres se développent par lamelles ou par granulations. Dans quelques cas ces modes de développement alternent ou coïncident.

Pour expliquer le développement des concrétions urinaires par couches lamellées, on suppose un petit cristal ou grain primitif, autour duquel vient se déposer la matière solidifiable de l'urine, de manière à former des lames superposées, qu'on a comparées aux tuniques d'un oignon. Si le travail se fait lentement et avec régularité, les couches sont uniformes, et en général très-serrées.

En examinant avec attention les pièces réunies sur les' premiers cartons, on peut suivre à vue d'œil le grossissement progressif qui transforme le cristal et la paillette en grains, ceux-ci en sable, gravelle, etc.

Dans la première période de formation, les dépôts divers que rendent les malades présentent des variétés de teintes

PRELIMINAIRES If

que l'œil distingue, et lia arrangement moléculaire visible à

la loupe.

Plus tard apparaissent dans l'urine des graviers de plus en plus gros, à teintes variées, les nus très-régulièrement

arrondis <■( lisses à leur sur&oe, les autres à formes irréga-

Certains malades ne rendent qu'une petite quantité de ces dépôts, On suppose, dans ce cas, que la sécrétion pénale, momentanément troublée et par simple accident, pourra être ramenée à l'état normal par les moyens efficace- dont l'art dispose, et l'on s'efforce de prévenir la formation de la pierre. On y réussit souvent.

Il n'en est pas de même des malades qui rendent habituellement de prodigieuses quantités de poudre, de gravelle et de'graviers. Ils finissent ordinairement par avoir la pierre; et lorsqu'on Fa extraite par la taille ou détruite par la lithotritie, on peut s'attendre à la voir se reproduire dans un temps plus ou moins éloigné.

Il y a là, au point de vue de la pratique, une distinction importante, qu'il me suffit ici de signaler.

Faisons une autre remarque. On peut s'étonner du volume! extraordinaire des graviers rendus naturellement, d'autant plus qu'avant les applications de la lithotritie, on n'était pas fixé sur le diamètre et la dilatabilité de l'urètlire. Ici la clinique est venue en aide à la physiologie.

Du reste, il convient de tenir compte de la force d'expulsion de la vessie et de sa puissance de réaction, lorsque ses parois sont stimulées par la présence d'un corps ^étran^er ou de toute autre manière.

Ce qui passait autrefois pour un phénomène extraordinaire et merveilleux est aujourd'hui un fait acquis à la pratique, grâce aux progrès de la chirurgie des voies urinaires.

Il est à peine besoin de dire que ces faits d'expulsion spon-

tanée des gros graviers ne doivent pas être confondus avec les cas rares.

Reste à déterminer la manière dont les couches s'étalent à la surface du corps qu'elles recouvrent, les caractères de ces couches, tant à l'intérieur que du côté de la concavité, leur épaisseur, leur régularité.

Sur plusieurs des cartons de la collection, notamment ceux des calculs exfoliés, on trouvera des particularités propres à éclaircir ces divers points.

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