‹ Collection de documents se rapportant à certaines questions universitaires à Montréal [microforme]Chapitre 1 sur 38 · Collection de documents se rapportant à certaines questions universitaires à Montréal [microforme] · texte numérisé non relu

Collection de documents se rapportant à certaines questions universitaires à Montréal [microforme]

J'ai l'honneur de soumettre à l'examen de Votre Eminence cette brochure, dans la quelle je publie un certain nombre de documents qui se rapportent à la question universitaire, telle qu'elle se présente à Montréal, surtout depuis le jour qu'on a commencé à faire fonctionner la Constitution Jam dudum.

En ce faisant, j'entre dans les vues de Monseigneur l'Archevèque de Montréal et de Nos Seigneurs les évêques de St Hyacinthe et de Sherbrooke, qui m'ont chargé de me rendre à Rome “ auprès de Notre Saint-Père le Pape et des Eminentissimes Cardinaux, pour faire connaître exactement la situation au sujet de notre Université. , (Lettre du 7 Janvier 1890).

Cette publication pourra ètre très-utile plus tard, dans les développements que prendra nécessairement cette question si importante de l’Université, en permettant de réferer, sans être obligé de les copier de nouveau, à des pièces imprimées qui auront été déposées entre les mains de tous ceux qui ont le droit de les voir et de les posséder.

Au milieu des attaques et des insinuations les plus diverses, depuis bientôt un an, je me suis tu, ayant toujours été d'avis que cette question universitaire avait été gâtée, en grande partie, par trop de

paroles. Contraria contrariis curantur. Cependant il en est à qui je dois, lorsqu'on l'interprète mal, de faire connaitre et d'expliquer ma pensée: mes Supérieurs hiérarchiques, les Archévêques et les Evèques de la Pro-

de

vince de Québec et de Montréal, les Eminentissimes Cardinaux qui composent la Sacrée Congrégation de la Propagande, Notre Très-Saint Pere le Pape. Cette brochure met, à nu, dans tout son jour, les motifs qui ont été le mobile de ma conduite, et le but que je poursuis, sous la haute direction de mon Archevèque, uni à ses suffragants.

Généralement je suivrai, dans la publication de ces documents, l'ordre chronologique ; et je ne l'intervertirai que pour grouper ensemble certaines lettres qui s'expliquent et s'éclairent les unes les autres.

Je ne ferai de remarques que le plus rarement possille, seulement lorsqu'elles deviendront nécessaires pour l'intelligence des faits ou l'exposé adéquate de mon dessein, préférant de beaucoup laisser parler seules. par elles-mêmes, ces pièces diverses.

J'ai été sincère, J'ai voulu marcher droit, dans un juste milieu, sans me laisser entrainer, ni d'un coté ni de l'autre, par les dittérents intérêts qui luttent entre eux, soit ostensiblement. soit sourdement, depuis des années, C'est pourquoi je ne crains pas de publier, toute entière, une correspondance qui à été écrite dans les situations les plus disparates, n'avant rien à cacher.

Je puis m'être trompé, rare humanium est, Dans ce cas-l, je remercerai celui qui me fera remarquer mon erreur, afin que je la corrige de suite. Seul, sur cette terre, dans les mativres de la foi encore, le pape est infaillible.

Si, en quelques endroits, on trouvait mes appréciations un peu sévères, qu'on veuille bien le croire, jamais je n'ai eu l'intention d'attaquer les personnes, je ne combats que les opinions.

Que Dieu nous donne la paix: que nos études universitaires, dans deux sièges égaux et fraternels, se mouvant librement sous l'égide d'un même Conseil, grandissent, se développent, Heurissent toujours de plus en plus, protegées par l'influence épiscopale et fécondées par la charité divine: voilà quel est le plus ardent de mes voeux!

Dans ces sentiments, croyez que je suis avec un respect filial et une vénération profonde,

De Votre Eminence,

Eminentissime Seigneur,

Le tres humble et tres obeissant serviteur.

J. B. Prourx prètre

Vice-Recteur U. L, M.

Document N° KE.

Séminaire de Québec, 29 Juillet 1SS9.

Monsieur le Vice Recteur,

J'ai l'honneur et le plaisir de vous annoncer que, le 27 du courant, le Conseil de l'Université Laval vous a nommé Vice-Recteur de l'Université Laval à Montréal, Je vous otfre mes sinceres et vives félicitations. J'espère que nos rapports seront toujours agréables et que, sous votre habile direction, la Succursale de l'Université Laval prendra de nouveaux et heureux accroissements. De mon côté, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, pour vous rendre votre besogne aussi facile que possible.

Veuillez me croire, Monsieur le Vice-Recteur,

Votre très-humble et très-dévoué serviteur.

Bexs. Paquet prélre Recteur de l'Université Laval,

Document N° EX.

St. Lin des Laurentides, 31 Juillet 1SS9, Mgr. B. Paquet, Recteur de l'Université Laval. Monsieur le Recteur,

J'ai reçu, hier soir, la nouvelle de ma nomination comme Vice- Recteur de l'Université Laval à Montréal. C'est pour moi un fardeau qui m'effraie; d'un autre côté, c'est une marque de confiance et un

honneur dont je dois remercier tous ceux qui y ont contribué. Je

suis très sensible aux bonnes paroles que vous me dites, J'irai bientot à Québec, et, nécessairement, j'aurai à vous parler de maintes, choses qu'il serait trop long d’énumérer dans cette lettre. Croyez à ma bonne volonté: je serais trop heureux si mes faibles efforts pouvaient contribuer au bon fonctionnement à Montréal de notre Université Canadienne, belle, grande, large et une.

Je demeure avec une haute considération,

Monsieur le Recteur, votre trèes-dévoué serviteur.

J. B. Proux prétre

Vice-Recteur.

Û N. B. — Je ne cacherai pas que, dès ma première parole officielle avec M. le Recteur de l'Université Laval, je voulus lui faire comprendre quelles étaient les deux idées qui inspireraient ma conduite comme Vice-Recteur à Montréal, par ces deux mots: large et une.

De plus, ne me sentant aucune disposition à accepter une charge aussi pénible, aussi peu enviable dans les circonstamees, seulement pour continuer un état de choses plus où moins précaire, plus où moïns florissant, je voulus auparavant m'assurer s'il s'agissait d'appliquer, dans toute son étendue, dans toutes ses conséquences, la constitution Ja dmduim, comme on peut le voir

par le document suivant.

Document N° REE.

St, Lin des Laurentides, 2 Août ISS9.

Monseigneur,

Avant d'accepter détinitivement la place de Vice-Recteur de l'Umiversité Laval à Montréal, pour laquelle vous m'avez fait l'honneur de me désigner au Conseil de l'Université à Québec, et que vous me pressez ‘e ne pas refuser, la prudence me force de poser quelques questions à Votre Grandeur:

I — 1. Vu que le décret Jam dudum, en date du 2 Février 1SS9, s'exprime ainsi: “ Le Vice-Recteur de la Succursale sera désigné “ par les évèques de la province de Montréal, qui le présenteront “ au Conseil Universitaire, et celui-ci ne pourra le refuser que pour

“ des raisons approuvées par les mêmes évêques , ;

2,0 Vu que la lettre de Mgr B. Paquet, Recteur de l’Univer-

ss

mie

sité Laval, m'annoncant ma nomination, est conçue en ces termes: “ J'ai l'honneur et le plaisir de vous annoncer que le 27 du cou- “ rant, le Conseil Universitaire vous a nommé Vice-Recteur de l'Université Laval à Montréal , ;

3° Vu que dans cette lettre de Monsieur le Recteur, il n'est pas fait aiiusion à la désignation qu'ont faite Nos Seigneurs les évèques de la province ecclésiastique de Montréal:

J'aimerais à savoir si le Conseil Universitaire, qui a nommé le Vice-Recteur de la manière ci-haut citée, peut renvoyer le Vice-Recteur sans le consentement de Nos Seigneurs les dits évèques de la province ecclésiastique de Montréal.

IL — En attendant que la question monétaire soit réglée entre le Séminaire de Québec et le diocèse de Montréal, et que des ressources soient créées pour la Succursale, l'Archevèque de Montréal peut-il m'assurer le remboursement de ines dépenses de temps et d'argent, {els que frais de voyage, absences de ma paroisse, frais de pension, pension et salaire d'un second vicaire, pension et salaire d'un secrétaire, dépenses de la maison de l'Université, annonces dans les jou aux de la réouverture des classes, etc. etc., comme j'entends n'ètre responsable directement ni indirectement d'aucunes dépenses occasionnées par ma charge de Vice-Kecteur.

LL -- S'agit-il, dans ma conduite comme Vice-Recteur, de l'application lovale, large et entière du dernier décret papal * Jon «dudium ,, avec le “ favores sunt ampliundi, pour Montréal dans toutes les questions douteuses ?

Espérant une réponse favorable, je demeure avec le plus profond respect, de Votre Grandeur, Monseigneur,

Le très-humble et tres-dévoué serviteur.

J. B. Prouix prétre,

Document N° IV.

N.-B. — Monseigneur l’Archévèque de Montréal m'avait de suite donné, de vive voix, une reponse satisfaisante à ma lettre du 2 Août, ce qui me permit d'accepter la charge et le travail que l’on m’imposait. Plus tard, je derandai à Sa Grandeur de vouloir bien, ad inemoriam rei, consigner cette réponse par écrit, ce qu’elle fit le 21 du mème mois.

CNE: DES

Monsieur le Vice-Recteur,

Votre nomination comme Vice-Recteur s'est faite d'après la direction du décret “ Jam dudum ,, et il est bien entendu que nous vous aiderons et que vous n'aurez pas à faire des dépenses pour la Succursale sans ètre remboursé.

Montreal, 21 Août I1SS9.

Epvouaro Cus. Archev. de Montréal.

Document N. V.

N. B. — Comme je l'ai dit dans mon Mémoire sur les Coinples du Séminaire de Québec contre la Succursale de l'Université Laral à Montréal, t'ois jours seulement après que j'eus accepté la charge de Vice-Recteur, comme je me trouvais à l'Hôpitai, retenu par une indisposition passagère, M. lPabbé Marcoux, l'ex-Vice-Recteur que je remplaçais, se disant envoyé par le Séminaire de Québec, me présenta une petite feuille rolante Sur laquelle étaient inscrits, d'une manière très succincte, les comptes de la Succursale pour l'année courante, et les réclamations pécuniaires que le Séminaire de Québec prètendait avoir contre elle pour les années précédentes. Le tout se montait à une trentaine de mille piastres (150,000 francs), si je me rappelle bien; car, plus tard, sous prétexte de préparer de nouveaux comptes, M. Marcoux me demanda de vouloir bien lui passer la petite feuille, et elle ne m'est jamais revenue.

Pendant cinq Jours il ne cessa de me presser, à maintes reprises, d’accepter ces comptes immédiatement, surtout de reconnaitre à l'instant certains chèques sur la banque dont le terme de paiement était échu, assurait-il: insistant toujours, allant à la fin jusqu'à dire, en présence de Monseigneur l'Archevéque de Montréal, que si je refusais de me rendre à ses demandes, il y aurait, (ce qu'il déplorait beaucoup à cause du scandale), il y aurait du bruit,

Je répondais à M. Marcoux qu’il voulüt bien attendre quelques jours, au moins jusqu'à ce que je fusse sorti des mains du médecin; que je ne pouvais, ex abruplo, sans examen, accepter décemment des réclamations aussi considérables; qu'en agissant avec une telle légèreté je serais blämé, à bon droit, par les évêques, par le clergé, par les laïques de toute la province ecclésiastique de Montréal: que du reste je ne pensais pas avoir, par le seul fait de ma nomination cenme Vice-Recteur, les facultés légales de régler ces questions monétaires; que, dans tous les cas, aussitôt que je pourrais m'occuper d’affaires, je me ferais donner, par qui de droit, s'il en était besoin, les pouvoirs compétents.

Een er

Aussitôt que ma santé fut rétablie, je me fis nommer par l’Archevèque de Montréal, qui dut à cette fin rassembler les membres de sa corporation épiscopale, procureur ad hoc pour régler les affaires pécuniaires de la Succursale; et, comme je ne voulais pas prendre sur moi seul la responsabilité d'un réglement de comptes aussi important, je demandai à l’Archevèque de vouloir bien me donner, pour m'assister de leurs avis et de leur expérience, un conseil d'hommes connus, devant tout le publie, autant par leur intégrité que par leur entente des affaires.

Archevèché de Montréal, S Août 1SS9.

Monsieur le Vice-Recteur.

Dans les circonstances actuelles, il est important d'avoir, pour vous aider, le conseil de plusieurs personnes qui formeraient avec vous un Conseil provisoire pour régler les questions financiéres. Je vous conseille de demander, dans ce but, M' le Grand Vicaire Maréchal, le D° Rottot et M' le juge Jetté.

Dans l'espoir que ces MM, accepteront, je demeure, votre tout dévoué.

Evovasn Cus. Archev. de Montreal.

N. B. — Ces honorables Messieurs voulurent bien se rendre au désir exprimé dans la lettre ci-dessus citée, Sur la sugestion de M. le Juge Jetté, et avec la permission de Monseigneur lArchevéque de Montréal, je fis la même invitation à l’Honorable P. O. Chauveau, doyen de la Faculté de droit; et il daisna l’accepter.

Ces noms étaient une garantie du sérieux qui allait présider à nos délibérations, en même temps que du grand esprit de bienveillance et de conciliation qui les animeraient vis-à-vis du Séminaire de Québec. Je ferai remarquer que je m'étais permis de ne désigner au choix de l'archevéque de Montréal que des hommes reconnus, par tout le Canada Français, comme d'anciens amis du Séminare de Québec, afin de ne pas prêter flanc au soupçon d'aller chercher mes inspirations dans les rangs d'un camp adverse, et aussi afin de montrer aux autorités du Séminaire la bonne disposition où j'étais de tout régler amiabloment en mème temps que convenablement,

an (Te

Document N° VI.

Montréal, 14 Août ISS9.

L'abbé J. E. Marcoux. Montréal.

Monsieur l'abbé,

Vous m'avez présenté un résumé des comptes de la succursale de l'Université Laval à Montréal, pour l'année derniére, ainsi qu'une liste de réclamations que le Séminaire de Québec a contre la dite Succursale, pour les annés précédentes. J'ai cru devoir me déclarer incompétent, comme Vice-Recteur, à régler les uns et les autres.

Dans mom humble opinion, vu l'absence de tout syndicat financier représentant la Succursale, c'est avec Sa Grandeur Monseigneur Edouard Chs Fabre Archevêque de Montréal que le Séminaire de Québec doit traiter ces questions pécuniaires; or l'Archevèque de Montréal ina nommé son procureur «ad hoc. Vous vous êtes déclaré prêt à entrer en règlement de comptes avec Monseigneur l'Archevèque de Montréal: pour ètre précis, avez-vous reçu du Séminaire de Québec les pouvoirs nécessaires pour régler, de suite, définitivement, et ces comptes et ces réclamations? Dans l'attente de votre réponse, crovez que je suis avec une haute considération,

Votre tout dévoué serviteur. J, B. Prouix prétre.

Document N° VEL.

Montréal, 14 Août ISS9.

Monsieur le Vice-Recteur, En réponse à votre lettre du présent jour, j'ai l'honneur de vous faire savoir que, comme délégué du Séminaire de Quebec, et aussi en ma qualité de Président du Bureau d'administration du Sydicat finan-

cier de l’Université Laval à Montréal, j'ai tous les pouvoirs néces-

saires pour régler d'une manière définitive sur certaines bases, avec

Mgr. l'Archevèque de Montréal ou son Procureur, le bilan de la Succursale pour 1SSS-S9, et les réclamations du Séminaire de Québec contre la Succursale pour les années précédentes.

Avec considération, votre bien dévoué serviteur.

J. E. Marcoux prélre.

N. B, — À propos de cette lettre, voici les remarques que je fais dans mon Méinoûre sur les comptes :

« Cette expression « certaines buses 3 me paraissait un peu vague, et demandait certaines explications. Je ne pus jamais les obtenir sous une forme précise et satisfaisante.

M. Marcoux prétendait agir comme président du Bureau d'administration du Syndicat financier de l'Université Laval à Montréal; or, d’après le bill qui instituait civilement ce Bureau d'administration, le Vice-Recteur de l'Université Laval à Montréal en est le président, de droit. Depuis plus de quinze jours, M. Marcoux avait cessé d'être Vice-Recteur; comment pouvait-il encore en être le président? tout au moins lui aurait-il fallu une délégation de ce Bureau pour agir en son nom; et il n'en produisait aucune. De plus ce Bureaui n'avait Jamais pris, et n'avait jamais voulu prendre possession des affaires pécuniaires de la succursale : il n°y avaut done rien à régler en son nom.

Ces remarques ne sont pas faites, aujourd'hui, dans le but de prouver l'incompétence légale de M. Marcoux pour transiger des réclamations que lui avait confiées le Séminaire de Québec; mais, après la précipitation du début, ces obscurités dans la procédure subséquente expliqueraient mon “tonnement, si par hasard j'en ai laissé paraitre alors. »

Le 15 Août, le lendemain du jour où M. Marcoux m'avait passé ses chiffres, je convoquai une réunion du Conseil d’affaires que m'avait donné Monseigneur l’Archevèque de Montréal. Tous les membres s’y rendirent ; je leur exposai dans leur entier les comptes, et ma manière de voir. Tous, unanimement, après déliberation, décidèrent de demander à M. Marcoux des comptes plus clairs, plus complets et plus détaillés

Ma manière de voir était que ces comptes n'étaient pas acceptables, sous leur forme actuelle, parceque :

1.0 les pouvoirs de M. l'Abbé Marcoux, délégué du Séminaire de Québec, paraissaient tout d'abord n'être pas clairemeut définis ;

2.° la manière dont il présentait ces comptes était, pour le moins, insolite et étrange ;

3.° plusieurs items, pour être intelligibles, auraient eu besoin d'explications plus détaillés ;

4,9 le Séminaire faisait paver des intérèts et des taxes sur des terrains dont il gardait la propriëté ! et cela, après avoir réalisé un profit de P. 24,026.00 sur la vente d’un premier terrain qui avait été acheté primitivement pour les besoins de la succursale ;

Page 1