Un extrait d'un procès verbal d'une séance de la Faculté
de Médecine de l'Université Laval à Montréal, recommandant au Conseil Universitaire la nomination d'un certain nombre de nouveaux Professeurs, etc.
3. Une lettre des deux Comités de la Faculté de Médecine de Laval et de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, me demandant d'ajouter à la liste des médecins, pour, lesquels on demande un titre de Professeur, le nom de l'Hon. À. H. Paquet M. D, sénateur, ce que je fais volontiers dans la mesure de mes pouvoirs: et je suggère de nommer ce Monsieur à la Chaire de Clinique de (iynécologie.
Ce projet d'union aménerait, avant deux ans. l'effacement complet de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal. C'est un
état de choses transitoire, nécessité par les circonstances, comme j'ai
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eu l'occasion de vous l'expliquer de vive voix, qui conduirait fatalement à l’état de choses définitif, désiré par tous, je veux dire l'établissement, sans rival aucun dans l'élément catholique, de l'Université Laval à Montréal.
En approuvant cette entente, vous donnerez à nous, diocésains de Montréal, la paix et l'union, en même temps qu'à votre Succurcursale la stabilité et la prosperité, Espérant une réponse favorable, je demeure, avec la plus haute considération,
Monsieur le Recteur, Votre tout dévoué serviteur.
J. B. Prouix prétre V, R.
N. B. — A propos de ces expressions qu'on lit dans la lettre précédente: effacement complet de l'Ecole de Médecine... élablissement, sans rival dans l'élément catholique, de l'Université Laval à Montréal, ainsi qu'à propos de celles qui se rencontrent dans la lettre suivante: absorption de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie par Laval, je donnerai quelques explications.
D'abord, dans ce tiraillement d'intérêts opposés, ayant à répondre sur le Champ aur questions les plus délicates, marchant à la bonne franquelte à travers la dipic.atie la plus habile et la plus exercée, que j'aie manqué dans mes expression de précision technique et étymologique, c'est possible: je ne pouvais toujours avoir Littré dans ma poche, Mais, par les nombreuses explications que je me suis plu à donner, par la franchise et l'uniformité d'action que j'ai apportées dans ma conduite des affaires universitaires à Montréal, ma pensée a dù être, pour tous ceux qui ont voulu la comprendre, claire et précise.
Dans tous les cas, elle tombe d'elle-même, la prétention de ceux qui avancent que, dès le commencement de mon administration, j'ai voulu faire disparaitre la Succursale. J'ai pu différer d'opinion avec quelques uns sur les moyens à prendre pour amener le fonctionement prospère de l'Université à Montréal, mais, du jour où j'ai accepté d'en ètre le Vice-Recteur, je l’ai voulue « belle, grande, large et une. »
Quant à ceux qui prétendraient que j'ai méconnu les légitimes aspirations des membres de l'Ecole, je leur demanderai de lire ce que j'ai écrit dans mon « Mémoire sur les Ressources à créer pour la Succursele, » le voici:
« L'Université, dans l'interprétation de ses constitutions e: le fonctionnement de ses réglements, devrait se placer sur des bases si larges qu’elle püt embrasser dans son enseignement la totalité des élèves catholiques, respecter et favoriser, en se les incorporant, les institutions déjà existantes, développer l'énergie, l'élan et les forces de toutes les aspirations légitimes, n'offenser en rien les susceptibilités naturelles à chaque section du pays, voir ses deux siéges actuels fleurir et s'épanouir, l'un à côté de l'autre, sans froissement, sans empiètement, chacun dans la liberté de sa sphère d'action propre, faisant tous
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deux la gloire d'une même université, sous la haute direction d'un même Conseil Universitaire, et surtout sous la protection eflicace des évêques, à qui a été confié le soin de régir l'Eglise de Dieu, et d'enseigner toutes les nations, »
Respecter el favoriser, en se les incorporant, les institutions déjà existantes, et pour cela, leur offrir des conditions tellement honorable, leur créer une position tellement supérieure, qu'ils ne puissent raisonablement les refuser, voila comment j'entends « l'établissement, sans rival dans l'élément catholique, de l'Université à Montréal. »
Dans ce même mémoire, je disais: « Pour juger sainement la question universitaire, il faut commencer par apprécier chaque prétention à sa juste valeur, puis placer les grands intérèts de la religion, de l'éducation et du pays au dessus des intérets particuliers: ce qui n'empéche pas toutefois que, dans ce vaste ensemble bien coordonné, les intérèts particuliers ne puissent fort bien être sauvegardés suivant la mesure de leurs droits. »
Ainsi, placant les grands intérêts de la religion, de l'éducation el du pays au-dessus de leurs intéréls particuliers, YEcole de Médecine et de Chirurgie de Montréal et la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal, mettraient en commun leurs avantages et leurs intérèts divers, et formenaient un seul tout universitaire qui deviendrait “haque jour de plus en plus brillant, surpassant en éclat et en utilité l'éclat et l'utilité qu'ont actuellement l'une et l'autre Ecole de Médecine; et voilà comment j'entends « l'absorption de l'Ecole par l'Université Catholique ».
Cependant, ceci n'emprche pas que, dans ce rasle ensemble bien cooïdonne, les intéréts particuliers ne puissent fort bien élre sauvegardes suirant la mesure de leurs droits; et voilà pourquoi, en différentes circonstances, m'adressant à différentes personnes, toujours fidèle à mon idée qui me parait embrasser de haut les vrais intérèts de tous, sans me contredire, j'ai pu m'exprimer comme suit:
Le 9 Octobre ISS9, j'écrivais au Président de l'Ecole: « Croyez que, dans tout arrangement, nous voulons respecter la justice commutative et les droits acquis de propriété, »
Le 12 Octobre, je disais dans un discours public en présence de lArchévèque de Montréal et de son clergé réuni: € L'union des membres des deux Ecoles de Médecine constitue la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal, et, comme de raison, doit fonctionner au nom de l'Université, L'Ecole de Médecine et de Chirurgie conserve sa charte, son nom et ses privilèges, et fait les actes nécessaires à sa vie, afin de pouvoir se jeter à ses droits, si l'Union ne lui convenait jus. Elle a deux ans pour se dcider à prendre un parti définitif. Dans certaines explications, on à caché ce point important, ou on a laissé entendre le contraire, Je n'ai pas protesté sur le moment, afin de ne pas ajouter aux prétextes d'ébullition. Mais je profie de la première occasion, où je rencontre un auditoire calme et nombreux pour rétablir les faits, et rendre justice à notre position. S'il en était autrement, je serais traitre à mon mandat, à mon évêque et au décret papal. »
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Le 14 Octobre, j'écrivais à M. le Recteur de l’Université: « J'ai fait des concessions — les circonstances l'exigeant — mais il y en a trois que Je ne ferai jamais: celles qui s'attaqueraient à l'honneur, à l’independance et à l'unité de l’Université en tout ce qui regarde Montréal. »
Le 15 Novembre 1889, je pouvais offrir à l'Ecole de Médecine, sous certaines conditions, « d'étudier d'un commun accord, s'il n’y aurait pas moyen de mettre à la base de la Faculté de Médecine de la Succursale de EUniversité Laval à Montréal, la Charte de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal. » (Voir ci-dessous le numéro CVII).
Après avoir laissé à l'Ecole de Médecine un essai de deux ans dans une union provisoire qu’elle peut briser si elle ne lui convient pas, lui faire cette dernière proposition, c'est, on l’avouera, pousser le bon vouloir jusqu'à l’extrème limite. Après cela, je ne vois pas comment on pourrait soutenir que je fais des lentalives pour détruire l'Ecole ou faire disparaitre sa charte : seulemement, en vue d’un grand bien public à réaliser, je lui offre, moyennant le sacrifice de certaines suseeptibilités juvéniles, qui n’ont aucun poids auprès d'hommes aussi sérieux et aussi patriotes que le sont tous ses membres, de se développer, de grandir, de devenir, avec honneur, partie intégrante et libre d’une grande Université,
Enfin, dans mon Mémoire sur l'Union, me mettant au-dessus de tous les points de vue sectionnels, j'ai pu écrire: « tout en respectant les prescriptions des dècrets romains, les intéréts des anciens professeurs titulaires de la Succursalc de l'Université à Montréal, et les droits universitaires... L'Ecole continuerait à administrer ses biens, dettes et revenus; et, par là, se trouverait résolue une difficulté qui est restée insoluble jusqu'ici. Les droits du Conseil de l’Université, tels que définis par la Constitution Jam duduinr, seraient respectés. Les droits matériels du Séminaire de Quèbec ne seraient lésés en rien. Ce serait un avantage, non seulement pour le district de Montréal, auquel cet arrangement apporterait la paix, mais encore pour l'Université en général. Ce projet assurerait l'exécution pleine et entière des décrets apostoliques.. »
En un mot, je voudrais ne me constituer l’agent d'aucun intérét particulier, mais amener les différents partis sur un terrain commun où, pour s'entendre, il y a quelques petits sacrifices à .faire et de grands avantages à réaliser. Tout le monde y gagnerait.
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Document N° NNNEX.
Québec, 25 Septembre 1889.
P Mgr. B. Paquet, Recteur de l'Université Laval.
Monseigneur,
Si je vous ai bien compris dans la conversation que nous venons d'avoir ensemble, vous m'avez dit que le projet d'absorption de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie par Laval, tel que je vous l'ai présenté aujourd'hui, constitue une affaire très-grave, qui demande du temps pour être étudiée, et que vous ne pouvez certainement pas régler avant l'ouverture des Cours. Vous m'avez gracieusement permis de vous poser, par écrit, cette question, et je vous en remercie. Votre réponse, quelle qu'elle soit, me fera plaisir et me rendra un grand service,
Croyez que je demeure, avec une haute considération,
Monseigneur, Votre très-dévoué serviteur.
J, B. Prouix, Vice Recteur.
Document N° XL.
Québec, 25 Septembre 1889.
Monsieur le Vice-Recteur,
En réponse à votre lettre de ce jour au sujet des affaires de l'Université Laval, c'est-à-dire, pour ce qui regarde l'absorption de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal par Laval, j'ai l'honneur de vous dire que vous m'avez parfaitement compris. Je considère cette affaire comme très-grave, et je suis d'avis qu'elle ne pourra pas être réglée pour le 2 Octobre, Jour de l'ouve:ture des classes des Facultés.
Comptez que le Conseil Universitaire, sans manquer toutefois aux
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règles de la prudence, apportera toute régler promptement,.
J'ai l'honneur d'être, Monsieur |
la diligence possible pour la e Vice-Recteur,
Votre tout dévoué serviteur.
BEN, Paquer, Recteur.
N. B. — Le 25 et le 26 Septembre 1889, Monseigneur l’Evèque de Sherbrooke se trouvant à Québec, je lui exposai, comme à un homme de bon conseil, plein de confiance dans sa longue exptrience, l'embarras d
ans lequel nous nous trouvions à Montreal.
À la fin, il me dit: « Pourquoi n’ouvrez-vous pas les cours avec les deux écoles réunies, quitte ensuite à vous en rapporter à ce que Rome aura décidé? — Je le ferais volontiers; mais, je le comprends, c'est un moyen extrème, pénible; Monseigneur Paquet n'y consentira jamais. — Pas du tout. Il vient de me dire que vous pouviez ouvrir, au jour fixé, — Oui, ouvrir avec Laval seulement, mais pas avec l'Union. — Avec l'Union; et il m'a aflirmé qu'il vous l'avait dit. — Monseigneur, il doit y avoir un malentendu quelque part. » Après huit mois, Je cite, non les mots peut-être, mais certainement le sens de notre conversation.
Monseigneur Racine partait pour Sherbrooke. J
e me rendis immédiatement chez Monseigneur P
aquet; et, après explications minutieuses et précises, de la chambre même de Monsieur le Recteur de l’Université, j
’écrivis et j'envoyai la lettre suivante.
Document N° XELE.
Québec, 26 Septembre 1889.
Sa Grandeur Mgr. A. Racine, Evèque de Sherbrooke. Monseigneur,
Je vous écris cette lettre chez Mgr. Paquet, avec sa connaissance, après lui en avoir donné communication.
Dans le cours de la conversation, Mgr. Paquet m'a dit que je pouvais ouvrir avec laval, mais aucunement avec l'Union: au contraire, il ne voyait pas comment je pourrais le faire, vu que les nouveaux professeurs n'auraient pas de titre.
Je m'empresse de vous écrire cette rectification, car ce malen-
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tendu m'a été bien pénible. Merci de vos bons conseils, et croyez
que je suis avec le plus profond respect, De Votre Grandeur, Monseigneur, le très-dévoué et très-obéissant serviteur.
J, B. Prouix prêtre.
»aquet me dit: « À propos, je me
“presentations qu'il , cours avec l'union
N. B,— La lettre étant partie, Mgr.
lle; en effet j'ai dit à Monseigneur Racine, su’ pouviez, si vous le vouliez, OUV:
des deux écoles de Médecine, à vos risques et périls, quitte à en passer parce Voulez-vous m'écrire cela? — Bien loin de là, il m'est et de vous le conseiller. —-Je
rappe m'a faites, que vous
que Rome déciderait. impossible de vous le permetire ofliciellement, e, contre votre désir et contre votre gré. »
comprends, je puis le faire, si je l'os éal, j'écrivis à Monseigneur l'Evèque
Sur le bateau, en route pour Montr de Sherbrooke la petite note ci-dessous.
Si je rappelle ces incidents, si je cite ces lettres, ce n'est pas dans le dessein de me plaindre, ni de jeter du louche sur la conduite de qui que ce soit. Seulement ces petits détails peignent une situation mieux que de » tiens à faire comprendre comme, dans ces jours difficiles et pénibles, allant vers l'inconnu au milieu de réticences habiles et auxquelles je ne m'attendais pas, vu Ma qualité de des lames de rasoir. En
longs raisonnements; et Je
de réserves prudentes de l'Université, j'eus à marcher sur qu'y aurait-il d'étonn'
fonctionnaire aurais-je brisé quelques unes,
Document N° LEE.
A bord du vaisseau “ Le Québec ,, 26 Septembre 1889.
Sa Grandeur Monseigneur À. Racine, Evèque de Sherbrooke. Monseigneur,
A bord du “ Québec ,, je complète, avec la plus mauvaise plume
la lettre que Je vous ai écrite à fa vapeur chez Mgr. Pa-
du monde, Cette double version, à si courte échéance, m
Mgr. Paquet m'a dit qu'il vous avait dit (mais ce qui il ne m'avais pas dit) que si je voulais ouvrir l'union penses, quitte à en passer par ce que déciderait Rome, c'était mon affaire. Mais il à ajouté qu'il ne pouvait officiellement ni me le per-
quet. x surpris, étonné,
renversé.
à mes risques et dé-
re a