‹ Collection de machines, instrumens, ustensiles, constructions, appareils, etc., employés dans l'economie rurale, domestique et industrielleChapitre 31 sur 75 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

de petites pierres et du mortier, et revêtue extérieurement en pierres de taille. Elle à une forme circulaire bombée du côté des eaux, afin de présenter une plus grande force à leur pression : circonstance qui n’a pas été bien indiquée dans le dessin. L'eau destinée aux irrigalions s'échappe par un puits pratiqué dans l'intérieur de la digue, et dont l'ouverture prend au sommet. L'eau entre dans ce puits par des ouvertures établies deux à deux de distance en distance, afin qu’elle puisse sortir sans trouver un obstacle par le dépôt de la vase. On règle la quantité d’eau qui doit sortir du puits au moyen d’une vanne soulevée par un treuil. L'eau s'échappe alors avec un impétuosité inexprimable, à travers une ouverture carrée, taillée dans le roc, et vient se briser avec fracas contre le rocher. On a pratiqué en maçonnerie une seconde ouverture à côté de la première, ainsi qu’on peut le voir dans la figure. Elle est voûtée, large de 33 d. m., élevée extérieurement de 24 palmes, et elle va en diminuant jusqu'à son issue intérieure, qui a 16 palmes d’élévation. C'est par cette issue qu'on nettoie le pantano, et qu'on le vide de la vase qui s'y accumule à une grande élévation. Ce travail a lieu environ tous les quinze ans. Cette ouverture se ferme avec une porte appuyée contre des solives qui sont elles-mémes soutenues par d’autres solives en contreforts. Lorsqu'on veut dégager la vase qui obstrue l'ouverture, on laisse tomber une pesantebarre de fer qu’on relève au moyen d'un treuil. On a soin de pratiquer dans la partie supérieure de la digue une ouverture large de quelques mètres, afin de donner passage à la surabondance des eaux. Le bassin de Sainte- Féréole, qui sert de point de partage pour les eaux du canal de Languedoc, est construit dans le même genre que les pantanos d'Espagne. Les digues qui forment ces bassins doivent être établies avec beaucoup de solidité et entretenues avec une surveillance particulière. J'en ai vu une en Espagne, qui, ayant crevé par la négligence des architectes, a laissé échapper une masse d'eau qui a renversé un

grand nombre d'habitations et d'arbres, et ruiné une vaste étendue de terrain.

Fig. 2. Perche pour sonder la profondeur de l’eau. Elle porte à l’une de ses extrémités un disque en bois avec lequel on appuie au

fond de l’eau pour en connaître la profondeur. Ce qui est indiqué par les divisions métriques marquées sur la perche. Cet instrument peut trouver son usage dans diverses circonstances.

PLANCHE VE

Fig. 1. Puits à bascule fixée sur un poteau par une chaïne. Ce moyen de puiser l'eau, surtout lorsqu'elle n’est pas très-profonde; est commode et expéditif. Le levier, qui doit avoir un poids à son extrémité inférieure, est attaché au poteau avec une chaîne; l'extrémité opposée doit tomber verticalement sur le puits, afin que la perche puisse y descendre avec facilité. En usage dans la Castille et autres pays.

Fig. 2. Solive à poulie pour élever l'eau.

Cette solive, fixée en terre et appuyée contre le bord du puits, est munie, à sa partie supérieure, d’une poulie à l’aide de laquelle on élève Veau d'un puits. Usitée dans plusieurs campagnes.

Fig. 3. Manière de construire un puits. On forme avec des planches fort épaisses une base circulaire, sur laquelle doit porter la muraille du puits. Après lavoir posée sur le terrain où l'on veut creuser le puits, on élève la maçonnerie sur cette base à la hauteur de quelques décimètres. L'on creuse ensuite le puits, soit dans l'intérieur , soit au-dessous de la rondelle, de manière que celle-ci s'enfonce insensiblement par le poids dont elle est chargée. On coritinue à élever la muraille et à creuser le sol

L] jusqu’à ce que le puits soit terminé. Cette méthode économique a été pratiquée en Suède.

Fig. 4. Puits à bascule et à perche brisée. I diffère du n° 1 par le poteau fourchu qui soutient le levier, et par la perche, qui est composée de trois parties liées par des chaînons. On fait usage de ce dernier moyen lorsqu’on est obligé, à raison de la profondeur de l'eau , d'employer une grande longueur de perche. Comme celle-ci ne pourrait tomber verticalement dans le puits si elle était d’une seule pièce, elle doit être de plusieurs, afin de se prêter à l'inchinaison nécessaire. Les trois perches avec les chaînes avaient une longueur de 13 mètres (6 à 7 toises), et le poteau en avait 7 (21 pi.)

Fig. 5. Seau en forme de poire. Il est fait avec des douves contenues dans des cercles en fer. 11 a un bec en fer-blanc pour verser l’eau, une anse sur le côté qui sert à le pencher, et une pour l’attacher lorsqu'on veut puiser l’eau. Il est solide et commode pour le transport. Usité dans les landes de Bordeaux.

Fig. 6. Seau à manche. T facilite le puisement de l’eau lorsque celle-ci est peu profonde. Usité en Suisse.

PLANCHE VIL

Fig. 1, Puits à roue et à tonneau. On élève l’eau en faisant tourner une roue de charrette qu'on a adaptée à l'extrémité d’un essieu sur le centre duquel est fixé un tonneau. L’essieu tourne sur deux pieux fourchus. Ce genre de mécanisme est usité dans le département de la Gironde.

Fig. 2. Puits formé.avec des planches. Lors-

que l’eau est peu profonde, daus un sol sablonneux, on soutient le terrain par des planches, qu’on faitentrer dans les rainures de quatre poteaux enfoncés en terre. En usage dans les Landes.

Fig. 3. Pompe en bois ayant une boule pour soupape. On méuage dans le corps d'une pompe, à peu de distance au-dessous du pis-

ton, un rétrécissement conique, fig. 5, qui s’ajuste exactement avec une boule en plomb, de sorte que l’eau repousse la boule, et se fait un passage par l'ouverture lorsqu'elle est aspirée par le piston , tandis que la boule retombe par son propre poids lorsque l’eau est foulée par ce même piston. Le passage se trouve alors fermé , et l’eau est forcée de s'échapper par la canule ou conduit extérieur. Ce genre de pompe est peu sujet aux réparations, et convient bien aux besoins d’une ferme. Usité dans quelques endroits.

Fig. 4. Bascule double pour puiser l’eau.

On en fait usage dans le Piémont pour les ir-

/ rigations. Elle accélère le travail, puisqu'un homme seul peut tirer deux seaux à la fois, ou que deux ouvriers peuvent puiser en même temps lorsque le besoin l'exige. Les deux seaux doivent être fixés à une distance égale de lextrémité de la bascule.

Fig. 6. Puits à bascule fixée sur un axe.

On en faitusage dans la Biscaye, lorsque l’eau se lrouve à peu de profondeur. La bascule porte sur une traverse qui tourne librement dans deux trous pratiqués à la partie supérieure de deux poteaux fixés en terre et liés ensemble vers la moitié de leur hauteur par une autre traverse.

PLANCHE VIII

Fig. 1. Puits à bascule à deux cordes. Pour puiser l’eau avec plus de facilité et de célérité, on peut établir une mécanique qui consiste à élever sur les deux côtés opposés d’un puits deux poteaux liés ensemble à leur sommet par une traverse. On adapte au milieu de celle-ci un boulon, sur lequel joue un levier ou bascule garnie d'une poulie à chacune de ses extrémités; on pose ensuite contre les poteaux, et au-dessus du puits, deux potences également garnies de poulies. Deux cordes, qui portent chacune un seau, passent sur les poulies des potences, sur celles du levier, et redescendent ensuite à la partie inférieure des poteaux, où elles sont retenues par une cheville. Cet appareil étant ainsi établi, il suffit de tirer la corde à laquelle est attaché le seau supérieur, pour le faire descendre, et pour faire monter le seau inférieur rempli d’eau. On proportionne la longueur de la bascule et celle des cordes à la profondeur du puits; la longueur totale de la bascule doit avoir un peu plus du tiers de la profondeur du puits.

Fig. 2. Houe pour former les rigoles d'irrigation. Son fer, un peu recourbé, a 3 d. m.

( 11 po. ) de long, et une largeur égale à celle des rigoles qu’on veut creuser.

Fig. 3. Pompe à bascule. On charge l’ex-

trémité de la bascule ou levier qui porte la tige du piston, d’un poids proportionné à la distance que ce dernier éprouve à descendre. Ce petit mécanisme facilite l’action des pompes ordinaires. Usitée en Suisse.

Fig. 4. Compas de nivellement. Il est formé avec deux branches de bois réunies à leur sommet par une cheville de fer. On fixe vers le milieu du compas, au moyen de deux chevilles, une règle mobile, qui porte des divisions régulières, celles du mètre, par exemple; etl'on attache la corde d’un aplomb à la partie supérieure du compas. Lorsqu'on veut faire le nivellement d'un terrain, on porte successivement les pointes du compas sur toutes les parties qui sont à parcourir, et on indique la pente qu’on veut avoir avec des piquets qu’on enfonce en terre à la hauteur nécessaire. Si l'on voulait, par exemple, se ménager une pente de 2 c. m.(8 po.) sur deux mètres, on poseraitune des pointes du compas sur le point de départ, et l’autre sur un des points de la direction qu’on veut faire prendre aux eaux.

On tiendrait cette dernière pointe à un niveau inférieur au premier, de 2 c. m.(S8 po.}), et l’on marquerait avec un piquet cette élévation; l'on prendrait successivement le même niveau en faisant tomber la corde de l'aplomb sur la

méme division de la règle où elle aurait d’abord été. On observera que la corde doit, pour donner un niveau horizontal, être parallèle à la division qui sépare par le milieu les deux côtés de la règle.

Fig. 5. Bascule pour épuiser l’eau. Lorsqu'on veut épuiser l’eau contenue dans une localité de dimension moyenne, on établit une bascule sur un poteau qui porte un pied à sa

base. On dispose cette bascule de manière que le seau, attaché au bout d’une perche, puisse plonger dans l’eau. Des cordes attachées à l’autre extrémité du levier servent à faire monter le seau rempli d’eau, tandis qu’un ouvrier le vide à mesure qu'il se remplit. Cette machine est mobile et peut se transporter partout où il est besoin.

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