‹ Collection de machines, instrumens, ustensiles, constructions, appareils, etc., employés dans l'economie rurale, domestique et industrielleChapitre 34 sur 75 · TOME IE · texte numérisé non relu

TOME IE

Fig. 2. Canal divisé en deux bras, comme le précédent, excepté que la muraille de division à est angulaire, comme on le voit dans le plan B, et s'élève à la hauteur des bords du canal A.

La fig. 3 indique une division inégale, dont l'une présente deux subdivisions, et l’autre quatre. Le mur de séparation est indiqué par les lettres A B, et ceux des subdivisions par les lettres d c. On forme cette combinaison, par la raison que le canal doit fournir sur un point deux portions d’eau, et quatre sur l'autre.

Ainsi l’une des divisions est subdivisée en deux issues, et l’autre en quatre, afin que chaque intéressé puisse recevoir la quantité d’eau qui lui convient : le canal C, qui a droit à deux portions d’eau, les reçoit par ces deux issues; et le canal d, à qui il revient quatre portions, les recoit également par les quatre issues dont il se compose. On double les subdivisions pour le cas où, la quantité d’eau venant à diminuer de moitié, on puisse boucher une issue dans la division e, et deux dans la division d , et que les proportions puissent ainsi se trouver égales.

Les fig. 4, 5, 6 indiquent des subdivisions établies d'après les mêmes motifs, mais construites dans des dimensions diflérentes.

Les fig. 7 et 8 représentent des pierres creusées en rond ou en carré, dans des dimensions convenues, et qui donnent issue à l'eau à travers les petites digues de partage qu'on pratique dans des canaux d'irrigation.

Fig. 9. Canal d'irrigation construit sous un torrent. Ce canal se trouve à trois ou quatre

lieues de Muroïedro, en Espagne. Il est fait de briques et voûté. L'eau vient de la partie a, un peu plus élevée que la partie b. On met une grille verticale dans la partie c, afin d’arrêter les corps entraînés par le courant de l'eau. On la couvre avec une pierre qu’on enlève pour retirer le sable et les ordures qui se déposent dans un creux pratiqué au fond du

canal et en avant de la grille. Cette partie est construite sans plan incliné, afin que les matières, étant entrainées avec moins de rapidité, puissent se déposer dans le creux, tandis que le courant entraîne ces mêmes matières sur le plan incliné E, ménagé dans la partie opposée. G G indiquent le sol du torrent, et f l'élévation de ses eaux.

PLANCHE X

Fig. 1. Canal d'irrigation passant au-dessous d'un grand chemin. W est construit sur le même principe que le précédent. Son cours est de a en b; ses eaux se précipitent et se relèvent sous le chemin ce par un plan incliné. Le grand chemin passe dans l’enfoncement c, au-dessus duquel remonte le canal construit en briques.

Fig. 2. Manière de faire couler les eaux d’un fossé qui se croise avec un autre fossé. On pratique dans le fossé inférieur a b un conduit en bois ou en pierre; on bouche avec de la terre les deux côtés du fossé supérieur e d, qui doivent contenir les eaux. Ainsi l’eau de ce dernier peut continuer son cours sans tomber dans le fossé inférieur, tandis que celle du fossé inférieur trouve une issue à travers le canal qu’on a pratiqué. En usage dans le département de la Gironde.

Fig. 3. Conduit ou aqueduc pour les irrigations. On construit dans la Catalogne de petites murailles en moellons, surmontées d’une suite de pierres de taille creusées en canal, dans lesquelles coule l’eau qu’on veut conduire d'un lieu à l’autre pour l'irrigation des champs. On évite ainsi la déperdition de l’eau, qui pénètre la terre lorsqu'on la fait couler immédiatement sur sa surface; et l’on remédie aux inégalités du sol en formant ces espèces d’aqueducs, qui sont ordinairement à fleur de terre, et qui ne s’en élèvent que lorsque les inégalités du terrain l’exigent. La lettre A représente le canal, et la lettre B, sa coupe.

Fig. 4, 5 et 6. Fnstrumens propres à creuser

des sources. Cette manière ingénieuse de former des sources artificielles est en usage dans la Lombardie. L'eau qui s'écoule des montagnes, ou des rivières plus élevées, et qui se répand dans les plaines peu inclinées entre deux couches de terre, reflue vers la surface du sol, lorsqu'on ouvre la couche supérieure qui la recouvre. Pour lui donner une issue, on creuse avec une bêche un trou dans lequel on place un tonneau sans fond , fig. 4, et dont l’extrémité inférieure des douves est crénelée. Le tonneau a 15 d. m. ( 4 pi. 6 po. ) de haut, et 5 (18 po. %. ) dans son diamètre supérieur; ses douves sont épaisses de 3 d. m. ( 11 po. ) Afin de creuser plus profondément, et de faire enfoncer le tonneau, l’on remue, et l’on divise la terre qui est sablonneuse, avec une fourche en fer longue, y compris sa gouge, de 3 d. m. (11 po.), à laquelle est adapté un manche long de 34 d. m.( 10 pi. *. ), fig. 6;il est traversé dans sa partie supérieure d’une cheville longue de 4 d. m.( 15 po.), qui sert de poignée, pour faciliter son mouvement. On enlève à mesure la terre avec une cuillère à long manche, fig. 5, de forte tôle, qui a en carré 2 d. m. (7 po. 7. ), avec trois rebords élevés d'un d. m. ( 4 po. ): son manche a 3 m. {9 pi. 4 po.) de long. En enlevant le terrain on fait enfoncer le tenneau jusqu’à ce que son bord supérieur soit de niveau au sol. Alors l'eau inférieure est poussée au-dessus de ses bords, et s'écoule dans un canal préparé pour la recevoir. C’est ainsi qu'on se procure en Lombardie une grande quantité d’eau pour les

irrigations. Cette précieuse méthode peut être employée avec un très-grand avantage dans des lieux et des circonstances analogues.

Fig. 7. Briques concaves servant de conduit aux eaux. L'usage de ces briques est commun en Catalogne pour conduire les eaux des norias dans les pièces de terre qu’on veut arroser. Elles ont à leur extrémité la plus évasée un enfoncement dans lequel s’ajuste avec exac-

titude l’extrémité moins ouverte d’une autre brique semblable; elles sont vernissées intérieurement, et liées avec du ciment sur une petite muraille en maçonnerie plus ou moins élevée, selon les inégalités du sol.

Fig.8. Conduits en bois. Ils s'emboîtent les uns dans les autres, de la même manière que les tuiles dont nous venons de parler, et servent aux mêmes usages.

PLANCHE XI

Fig. 1. Arrosement des prairies à surface inégale. On fait une prise à la rivière E,E, au moyen d’une écluse qui fournit l’eau aux deux canaux de conduite À, A. De ceux-ci elle passe à volonté dans les rigoles B, B, etc. qui sont tracées sur les parties les plus élevées du terrain, et elle arrose la prairie en se répandant également sur les deux côtés de la rigole.

C; C, etc. sont des canaux de décharge qui recoivent le surplus des eaux, et qui deviennent, sur un terrain plus bas, rigoles d’arrosement. D représente un fossé pour recevoir les eaux surabondantes dans les lieux bas où elles ne pourraient trouver d'écoulement. Ce modèle d'irrigation est pris en Suisse.

Fig. 2. Irrigation d'une prairie à surface égale. Lorsque la surface d’une prairie est égale et sa pente uniforme, on ouvre des rigoles B, B, etc. sur le canal de conduite A, A, et on les prolonge dans le sens de la pente, de

manière à répandre les eaux sur toute la surface de la prairie. La surabondance des eaux s'écoule par la pente naturelle du terrain. On établit en Suisse la distance de ces rigoles à 12 ou 13 mètres ( 37 à 40 pi. ) sur des lignes parallèles.

Fig. 3. Irrigation d’une prairie à plan horizontal. Lorsqu'on a en Suisse un terrain parfaitement horizontal qu’on veut soumettre à l'irrigation, on le divise en rigoles parallèles et d’une étendue plus ou moins prolongée. Les rigoles C, C, qui recoivent l’eau du canal de conduite B, B, sont faites par un léger exhaussement du terrain, tandis que les rigoles alternantes O, O reçoivent les eaux qui s'écoulent après l’arrosement, et les portent dans un fossé. Le canal de conduite recoit, au moyen d’une écluse, les eaux de la rivière, indiquée par une

flèche.

PLANCHE XII

Fig. 1. Vanne à bonde. Elle est composée d'un patin de charpente, avec deux jumelles liées par une entretoise et un chapeau dans lequel passe la queue du pilon A , qui doit boucher le trou de l’auge B. On adapte du côté de l'étang une planche percée de trous, que l’on voit derrière la bonde.

Fig. 2. Vanne ordinaire à queue. Elle a une queue percée de trous, que l’on soulève avec an levier, et que l’on arrête avec une cheville.

Fig. 3. Fourche pour nettoyer les pièces d’eau. Elle a cinq dents avec douille pour recevoir un long manche. Elle sert à enlever les pièces de bois, les grosses pierres, etc., qui se trouvent au fond de l’eau.

Fig. 4. Vanne à planches. C'est une suite de planches avec leurs anneaux qui se posent les unes au-dessus des autres dans les rainures de deux montans, et que l’on enlève selon la quantité d’eau que l’on veut laisser échapper.

Fig. 5. Poche à récurer les pieces d'eau.

Elle se compose d’une bande de fer circulaire avec une douille, dans laquelle on adapte un long manche. On attache à la bande de fer, percée de trous, un filet en forme de poche.

C’est avec cet instrument qu’on va chercher au fond de l’eau les petites pierres et les ordures qui s’y trouvent. On en fait usage en Hollande.

Fig 6. Vanne à tourniquet. Elle a une porte qui glisse entre deux coulisses, et qu’on sou-

lève au moyen d'une chaîne et d’un tourniquet. Elle a sur l’un des montans un trou qui reçoit une clef, pour pouvoir la fermer à volonté et pour prévenir qu’on ne détourne l’eau des irrigations.

Fig. 7. Vanne ordinaire. On la soulève au moyen d'un anneau qu’elle porte à sa partie supérieure. Elle s'emploie dans les petits courans qui servent aux irrigations.

PLANCHE XIII

Fig. 1. /rrigation des champs à surface inclinée. Cette méthode, en usage dans le royaume de Valence, se pratique non-seulement lorsque le terrain est en pente dans Le sens de la longueur À, B, mais aussi dans le sens transversal en supposant une pente vers B, B. Dans ce cas on élève de petites digues longitudinales, en formant des pallélogrammes allongés dans la direction que doivent prendre les eaux. On établit sur la longueur de ces digues, dans la partie la plus basse du terrain B, B, d’autres petites digues qui tendent à ramener vers la partie opposée l'eau qui se porte vers l'angle le plus ouvert de ces digues. Si l’on n'avait soin de disposer ainsi le sol, l'eau s’écoulerait tout entière dans la partie la plus basse, et elle n'arroserait qu'une partie du terrain comprise entre les grandes digues. Le canal d'irrigation, indiqué avec une flèche, fournit par l’ouverture À les eaux, qu'on arrête lorsqu'elles sont sur le point de parvenir à l'extrémité de la platebande, afin que la partie supérieure ne recoive pas une trop grande quantité d’eau. Les grandes digues, auxquelles on peut donner une étendue plus ou moins considérable, sont distantes de 33 d. m.( 10 pi.), et les petites de 20 (6 pi.)

Fig 2. Irrigation des champs à surface horézontale. On arrose les blés dans le royaume de Valence et dans la Catalogne, lorsque le terrain est à peu près horizontal, en formant le long d'une rigole, indiquée dans le dessin par une flèche, des digues qui se prolongent

à angle droit aussi loin que le permet la surface des champs. Les digues, distantes les unes des autres de 4 à 5 mètres (12 à 15 pi.), se font avec la terre, qu’on relève à la hauteur de 1 ou 2 d. m.(7 po. ”. ). On arrose la première plate-bande en faisant une ouverture par laquelle l’eau du canal se répand entre les deux digues longitudinales. Lorsque l’eau est sur le point d'atteindre l'extrémité inférieure , on bouche cette première ouverture, et l’on conduit l'eau sur la seconde plate-bande, et ainsi successivement.

Fig. 3. [rrigation des jardins par petits carreaux. On voit dans cette figure, à la lettre À, une double bascule dont nous avons donné la représentation t. I, pl. 7, fig. 4, des Irrigations. B indique le puits. Le réservoir, situé entre deux et construit en briques, communique avec les canaux ou rigoles longitudinales, dans lesquels le cours de l’eau est désigné par des flèches. On élève à angle droit, entre ces canaux, de petites digues qui servent à contenir l’eau. On fait entrer celle-ci successivement dans chaque carré en pratiquant une ouverture dont la terre est rejetée dans le canal pour en arrêter l’eau. Ce genre d'irrigation se pratique à Alexandrie, dans le Piémont. Un ouvrier, faisant agir les deux bascules, verse dans le réservoir l'eau qui coule dans les rigoles, et qui est dirigée successivement dans les carrés par un second ouvrier. Les rigoles, ainsi que les digues, ont 2 d. m. de largeur; les

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