TOME
qui n’a pas été figurée dans le dessin, donne sur le portique. La pièce C, D, E a pareillement une entrée qui communique avec le portique; elle sert d’étable pour mettre les bœuf, les chevaux et les moutons; elle est divisée en trois parties par des arches en briques, au-dessous desquelles on pose des cloisons en treillis pour séparer les diverses espèces d'animaux. La largeur de chacune de ces trois pièces est de 36 d. m. (11 pi.); ce qui forme une profondeur de bâtiment de 108 d. m. (33 pi.) et leur longueur de 5 mètres (15 pi.). L’élévation du rezde-chaussée est de 33 d. m. (10 pi.).
Fig. 3. Premier étage. Son élévation est de 28 d. m. (2 pi. 6 po.) L’escalier vient aboutir à un second portique À, dont l'arche est un peu moins ouverte que celle du rez-de-chaussée , et qui sert à différens travaux du ménage. On y place aussi des ustensiles de diverse nature. Il communique à la pièce B, qui sert de cuisine. La cheminée est placée vis-à-vis la porte, et la pierre pour le lavage de la vaisselle, dans le coin à gauche. De la cuisine on passe dans la chambre F, destinée au mari et à sa femme ; elle a 5 mètres (15 pi.) sur 56 d. m. (17 pi.). La chambre C est réservée pour les filles, et la chambre D pour les garcons. Les pièces E et G servent à serrer les récoltes ou les provisions, ou à l'éducation des vers à soie. Un petit escalier, placé dans cette dernière pièce, conduit à un grenier au-dessus de la partie centrale de la maison, qui est éclairé par deux fenêtres. Lorsque les besoins de la ferme l'exigent on construit, outre la maison que nous venons de décrire, des hangars et des granges pour les fourrages, pour les bois, etc. Les cultivateurs ont aussi souvent un petit jardin où ils cultivent quelques légumes.
PHANGEHESE
Fig. 1. Habitation des cultivateurs aux environs de Valence en Espagne. Ce genre de construction peut être imité avec avantage dans les lieux où l’on éprouve la rareté ou la cherté des matériaux, ou lorsque les propriétaires peu fortunés cherchent à apporter une grande économie dans les bâtimens nécessaires à leur exploitation. La terre qui se trouve sur les lieux, un peu de paille et quelques pièces de bois mises en œuvre par les cultivateurs euxmêmes, peuvent suflire à former des habitations saines, commodes et à très-bon marché. C’est ainsi que les gens de la campagne construisent, dans plusieurs lieux du royaume de Valence, leurs maisons qu’ils nomment barracas. Is font des fondemens de 8 d. m. (2 pi.2) environ dans lesquels ils jettent la terre mélangée avec de la paille menue, en guise de mortier. On élève le mur avec ce mortier par assises de 3 à 4 d. m. (11 à 14 po.), qu'on laisse sécher avant d’en poser une nouvelle. On continue ainsi successivement jusqu’à Ce qu'on soit parvenu à l'élévation totale, qui est ordinairement de 22 (7 pi.) à 25 d.m.(8 pi.) On donne à ces murs de 5 à 7 d. m. (18 à 22 po.) d'épaisseur à leur base, en diminuant jusqu’au sommet, où ils n’ont que 4 d. m. (15 po.). Ges constructions durent 60 etmême 130 ans, lorsqu'elles sont faites avec soin, et qu’ellesse trouvent bien abritées contre les eaux de pluies. Elles sont fraîches en été et chaudes en hiver, lorsqu'on les couvre en chaume ou en roseau, ainsi que cela se pratique aux environs de Valence. On est dans l'usage de les blanchir à la chaux intérieurement et extérieurement, ce qui les rend plus saines et les préserve contre les injures de l'air. Ce blanchissement a lieu quatre fois par an. Aussi ces habitations sont parfaitement propres et tenues avec som intérieurement.
La maison dont on donne ici le plan avait 111 d. m.(34 pi.) de long : elle était divisée en deux principales parties, l’une comprenant la cuisine À avec sa cheminée &, l'écurie B, l'é-
table à pores C, qui est fermée par une simple palissade en bois. La seconde partie est séparée de la première par un intervalle ou galerie, et communique de la pièce A à la pièce D. Cette galerie a une porte d'entrée située à l’est. Elle sert dans l'été à faire circuler un courant d'air qui rafraichit la maison. On y exécute aussi diflérens travaux, et elle sert de dépôt pour les instrumensaratoires, etc. E chambre à coucher, F salle à manger et à coucher, G magasin pour les provisions, H escalier qui conduit au grenier; ce grenier sert à l'éducation des vers à soie , à la conservation des récoltes et de divers ustensiles ou instrumens. Le four, dont nousavons donné la description dans le premier volume, est placé à peu de distance de la maison. La cuisine et l'écurie sont situées vers le nord, et les chambres d'habitation vers le midi.
Fig. 2. Crèche à compartimens pour faire manger l'avoine aux chevaux. On établit une crèche soutenue par des poteaux, auxquels sont clouées des planches à une élévation de 4 d. m. (15 po.) au-dessus de terre. C’est derrière cette cloison qu’on rejette la litière. La crèche a en tout 11 d. m. (3 pi. 5 po.) de haut. Elle est divisée par des mangeoires circulaires, du diamètre de 24 c. m. (9 po.), dans lesquelles chaque cheval mange séparément la portion qui lui est assignée, sans crainte d'être troublé par son voisin. Les interstices, larges de 7 d. m. (26 po. )et longs de 8 (30 po.), peuvent servir à donner aux chevaux de la paille hachée. Le râtelier, élevé d'un mètre (3 pi.), recoit les fourrages ordinaires. On en fait usage à Rome.
Fig. 3. Crèche en planches. On construit ce genre de crèche en Andalousie pour faire manger la paille broyée et l'orge aux mules. La place de chaque animal est déterminée par des traverses de bois, afin que le plus fort ne puisse troubler le plus faible.
Fig. 4. Crèche soutenue par deux arches.
On établit en brique eten maçonnerie un massif sur lequel on fixe, au moyen de deux cram-
pons en fer, une planche qui forme une crèche ou mangeoire; des barres de bois attachées par une chaîne à cette planche servent à séparer chaque animal. On les suspend par l’autre extrémité aux poteaux qui sont plantés vis-à-vis et à une certaine distance de la crèche. On attache les chevaux avec des anneaux fixés dans Ja muraille au-dessus de la crèche, à la distance de 8 à 9 d. m. (30 à 34 po.) et à la hauteur de
18 d. m. (5 pi. 5 po.) au-dessus du sol. La planche a 34 c. m. (13 po.) de hauteur; la crèche en a 29 (11 po.) de profondeur sur 48 (15 po.) de largeur; l'épaisseur des arches est de 9 d. m. (2 pi. 9 po.); leur hauteur de 63 centimètres (2 pi.); leur largeur inférieure de 14 d. m. (4 pi. 4 po.); et la partie inférieure du massif qui se trouve entre deux arches a 32 c. m. (1 pi.).
PLANCHE XI
Fig. 1. Muraille par assises de briques et de terre. Ces murailles, d’une construction bonne et économique, durent très-long-temps lorsqu’on a soin de les réparer. On les emploie dans le royaume de Valence pour habitations et pour clôtures. On les construit alternativement d’une assise de briques et d’une assise de terre, et quelquefois d’une assise de mortier et d’une assise de briques. On mélange une grande quantité de gravier soit à la terre soit au mortier. On donne aux assises de terre d’un demi d. m. à un d. m. (2 à 4 po.), et on les enduit d’un revêtement de mortier, en laissant paraître les briques. Ces murailles ont une aussi longue durée que celles qui sont entièrement en briques, lorsqu'on a soin de rétablir le mortier qui se dégrade.
Fig. 2. Porte à demi-hauteur. On construit ces portes pour éviter la dépense d’une porte entière, et on garnit souvent leur sommet de pointes de fer, afin que les hommes et les bestiaux ne puissent les franchir.
Fig. 3. Caisson pour former des pierres factices. On est dans l'usage en Toscane de faire des pierres de taille factices avec lesquelles on bâtit des maisons, mais surtout les digues qu’on veut établir le long de l'Arno pour arrêter les dégâts occasionnés par les eaux de ce fleuve. On dépose pour cela sur le rivage de la chaux -vive, au milieu de laquelle on jette la quantité nécessaire de sable, et de cailloux de toutes dimensions jusqu’à la grosseur du poing. On -verse de l’eau, et on corroie le tout avec soin. Lorsque le mortier est préparé, on en remplit
le caisson, qui est sans fond et qui est un peu évasé par le bas. On le comprime par le battage, et on retire ensuite le caisson, en le soulevant par les deux poignées. On forme ainsi une suite de pierres, fig. 4, les unes à côté des autres, et on recouvre le tout de quelques pouces de sable ou de terre, afin d'empêcher une trop prompte dessiccation. Après avoir laissé ces pierres ainsi pendant six mois, on en fait usage pour les constructions. Cette méthode peut avor de grands avantages, surtout dans les pays où l’on manque de pierres de taille. I faut employer la chaux sèche, au lieu de chaux grasse.
Fig. 4. Pierre factice. Elle est représentée telle qu’elle sort du moule ou caisson.
Fig. 5 et 6. Escalier à double marche. Cet escalier, d’origine anglaise, et dont j'ai donné la description dans ma traduction du traité des constructions rurales, a été depuis imité en France. Il peut être employé avec avantage dans les cas où l’on est géné par l’espace, puisqu'il en occupe la moitié moins que les escaliers de même dimension à marches ordinaires. Mais il est incommode lorsqu'il s’agit de monter et de descendre avec une charge pesante. Il est formé de deux séries de gradins accolées l’une à l'autre, de manière que la partie antérieure d’un gradin est plus enfoncée de moitié que celle dont elle est précédée, et que tous les rebords sont disposés sur un même plan. Le plain-pied de chaque gradin se trouve de cette manière situé à la moitié du gradin supérieur, de sorte que le pied droit suit tou-
(Cr)
jours la série placée du côté droit, et le pied gauche celle qui est située du côté gauche. On conçoit que deux marches étant contenues dans la largeur et dans la hauteur qu’on donne ordinairement à une seule, l'escalier dont il s'agit doit occuper un espace moitié moindre. La fig. 5 représente l'escalier vu de côté avec une partie des marches à découvert. Il est vu de face à la fig. 6.
Fig. 7. Vases en terre pour faire des voûtes. Ceux dont on donne la représentation ont été dessinés au cirque de Caracalla, à Rome. Ils sont posés les uns au-dessous des autres, ainsi qu’on le voit dans le dessin. Les interstices sont remplis en mortier. Ils ont 66 c. m. (2 pi.) de long, sur 41 (15 po.) dans leur plus grand dia-
mètre. Ce genre de construction, en allégeant les voûtes, permet de donner moins de largeur aux murs latéraux. Il pourrait trouver des applications utiles dans nos fabriques rurales. Fig. 8. Citerne pour conserver l’eau. Nous
donnons ici la coupe d’une citerne, afin de
faire voir la manière dont on les construit dans quelques endroits de l'Italie. On fait sur le sol un massif en béton qu’on recouvre en brique; et on élève sur les quatre côtés une double muraille en brique qu’on remplit à mesure en béton, c’est-à-dire avec un mortier de chaux maigre, de sable et de cailloux. Il faut employer ce mortier très-sec, et le battre fortement. On donne aux murailles une épaisseur d'un mètre (3 pi.).
PLANCHE XII
Fig. 1, 2 et 3. Elévation, plan et section d’une étable à pores. Ge genre de construction est composé de toits à porcs À, À, fig. 2, dont on peut augmenter le nombre selon les besoins, et d'une cour B, B, située au devant de chaque toit : deux portes C, G communiquent de l’intérieur dans les cours, et de là dans les
oits par la porte B, fig. 1; 4, a indiquent les auges dans lesquelles on donne à manger aux cochons. On doit situer ces étables à l’exposition du midi, afin d'éviter l'humidité, et de tenir les animaux chaudement. On les pave en briques, et on leur donne une pente légèrement inclinée pour l'écoulement des urines; on a soin même en Angleterre de laver ces étables à grande eau, afin de les maintenir dans une propreté constante, car les cochons aiment à être tenus proprement, ce qui est très-favorable à leur santé et à leur prospérité. Le mur du fond est en maconnerie, les côtés et le devant sont en planches peintes à l'huile ou goudronnées ; le toit est ordinairement couvert en paille, ce qui tient les étables fraîches en été, et chaudes en hiver. On pratique souvent des poulaillers au-dessus de ces étables. Les auges sont couvertes en planches, pour être à l'abri
contre les eaux de pluie, qui gâteraient les alimens qu'on donne aux cochons. Elles sortent extérieurement de 10 pouces, ainsi qu'on le voit en C, fig. 3, de manière qu'on peut y mettre la nourriture des porcs, sans être obligé d'entrer dans les cours. La lettre À de la même figure indique la coupe de l'étable, et B celle de la cour. L'intérieur de la cour et la face de l'étable avec sa porte sont représentés par les lettres &, b, fig. 1; a, c indiquent la face antérieure de la cour avec la porte d'entrée. On donne aux étables 3 mètres (9 pi.) de long sur 2 (6 pi.) de large, et aux cours une profondeur de 2 + mètres (8 pi.).
Fig. 4. Mangeotire à ouverture verticale. Ce genre de mangeoire, en usage dans quelques endroits de l'Italie pour les moutons et pour les bœufs, joint à l'avantage d’une facile et économique construction, celui d'empêcher là perte etle gaspillage des fourrages. 11 suffit de planter en terre, près des murs d’uneétable, de distance en distance, des doubles poteaux, entre lesquels on fait passer une large planche qui ferme la mangeoire. On fixe au-dessus de cette planche une traverse assez élevée pour que les animaux puissent entrer leur tête dans la mangeoire.
PLANCHE XIII
Fig. 1. Serre de jardin avec un rucher. On est dans l'usage de construire dans les jardins potagers des serres, pour conserver les instrumens, quelques légumes, et on utilise le grenier de ce genre de construction, en le disposant pour recevoir des paniers à mouches à miel. On pratique à cet effet, dans la muraille qui soutient la partie la plus élevée du toit, de petites ouvertures de 6 ou 7 c. m. (2 pi. =) en carré, contre lesquelles on place intérieurement l’entrée des ruches. On fait avancer le bord du toit sur cette partie de la muraille, afin de mieux abriter ces ouvertures contre la pluie. Les paysans de quelques parties de l'Allemagne ont l'usage de placer ainsi les ruches dans leurs greniers. Les Suisses établissent, contre les murailles de leur habitation, des tablettes sur lesquelles ils posent les ruches; elles se trouvent abritées par des toits fort avancés.
Fig. 2. Poéle hongrois. La construction de ce poêle est si facile, si simple et si économique, qu’il serait à désirer qu'elle fût connue parmi les habitans peu fortunés de nos campagnes, qui pourraient, en l'adoptant, se procurer une douce température dans leurs logemens pendant la saison rigoureuse. Lorsque les habitans de la Hongrie veulent construire ces poëéles, ils forment une espèce de panier en gros clayonage , avec de petites branches d'arbres, dans les dimensions convenables. On
pose ce panier sur une pierre élevée au-dessus du sol, et on l’enduit extérieurement à l’épaisseur de 5 ou 6 c. m. (2 pi. +), d’une couche de terre à brique, mélangée avec de la paille ou du foin haché; on adapte au poêle un tuyau pour l'issue de la fumée, et un conduit pour allumer le feu, dont la porte se trouve placée extérieurement. Lorsque la terre qui forme le poêle est bien sèche, on la cuit, en allumant intérieurement un feu gradué et actif.
Fig. 3 et 4. Pigeonnier soutenu par deux poteaux. La première figure représente le pigeonnier vu sur l’un des côtés où sont placés les cases, et la figure 4 en représente la coupe. Ces sortes de pigeonniers, qui sont d’une construction peu dispendieuse, se placent au milieu des cours de ferme. On forme une charpente composée de deux forts poteaux liés intérieurement et sur les côtés, dans le haut et dans le bas, par des soutiens en bois, et l’on pose sur cette charpente un plancher carré, au-dessus duquel on élève le pigeonnier. On pratique en planches, sur les deux côtés Opposés, des cases dans lesquelles on met les nids des pigeons; chaque case a son ouverture avec une petite planchette sur laquelle les pigeons viennent se poser. On ne laisse entre les cases que l’espace nécessaire pour le passage de la personne qui vient ramasser les pigeonneaux ; on parvient dans l’intérieur du pigeonnier au moyen d’une échelle.
PLANCHE XIV
Fig. 1.2 et 3. Hangur et cour pour les bestiaux. Ces figures représentent le plan, l'élévation et la coupe de ce hangar. On a reconnu les avantages de laisser les bestiaux en plein air, en leur offrant un abri contre les intempéries des saisons, au choix de leur instinct. Ils deviennent ainsi plus robustes, et sont moins sujets aux maladies. Ces abris forment, y com-
pris la cour, un carré, fig. 1., dont la moitié est couverte par un toit supporté intérieurement par trois poteaux, fig. 1 et 2; l’autre portion est entourée de murailles avec deux portes d'entrée, fig. 1 et 3.
Fig. 4. Ratelier pour les moutons. On établit au-devant des murs d'une bergerie des rateliers ordinaires, dans une position verticale,
en laissant assez de distance pour contenir la quantité de fourrage nécessaire aux moutons, et en formant un fond avec des planches. On place vis-à-vis de ces râteliers de petites auges dans lesquelles tombent les portions de fourrage, et qui servent aussi à donner aux animaux des grains ou des racines.
Fig. 5. Auge pour les moutons. On pose dans quelques bergeries, devant les râteliers, des auges mobiles qui sont faites en planches.
Fig. 6. Rätelier construit en plein air. On établit ces râteliers sur deux poteaux, et on les
recouvre d'un toit en planches, dans les pays où l’on est dans l’usage de tenir les bestiaux dans les champs, même pendant la mauvaise saison. Ils viennent y prendre la nourriture dont ils ont besoin.
Fig. 7. Auge composée de deux planches.
Ces auges servent à donner des racines ou des grains aux bestiaux qu’on tient dans les champs. Elles sont composées de deux planches soutenues par des piquets enfoncés en terre, sousun angle de 45 degrés.
PLANCHE XV
Fig.1.etc. Glacière souterraine. Lafigure 1 représente la coupe de cette glacière. Elle est d’une forme un peu conique, ayant un plus grand diamètre à la partie supérieure qu’à la partie inférieure. Sa base a une forme d’entonnoir , afin que la glace qui vient à se fondre puisse s’écouler dans un puiserd creusé au-dessous et fermé par une grille. Les murs sont construits en pierres de taille ou avec des petites pierres et du bon ciment. On couvre ces glacières avec une voûte sur laquelle on jette quelques pieds de glace pour intercepter tout accès à la chaleur. On emploie aussi par économie, au lieu de voûte, une charpente couverte en chaume. On pose vis-à-vis la porte, une poutre pour faciliter l’extraction de la glace. La fig. 2. représente la portion de la glacière qui sort hors de terre avec la double porte qui lui sert d'entrée. On leur donne une profondeur de 6 à 10 mètres (18 à 30 pi.).
Fig. 3 et 4. Glacière hors de terre. La fig. 3 indique l'élévation, et la fig. 4 le plan de cette glacière. On en fait usage en Suède et en
Norwège, et on lui donne la forme du carré long. On élève à cet effet une double palissade en pierre ou en planches, de manière à laisser un interstice d’un demi-mètre (18 po.), que l'on remplit avec du charbon pilé. On recouvre le tout avec un toit épais en paille ou en roseau. On forme au-dessus du sol un plancher afin d’éviter le contact de la terre. C’est sur ce plancher que l’on dépose la glace qui doit être conservée ; la partie longitudinale du milieu est sans planche, sert à aller d’une extrémité de la glacière à l’autre. Une triple porte se trouve placée à l'une de ces extrémités, et à l’autre on pratique souvent une petite ouverture ou fenêtre que l’on ferme par un double volet.
Lorsqu'on entre dans la glacière pendant l'été, on referme successivement les trois portes, à mesure que l’on pénètre dans l'intérieur. Les glacières servent non-seulement à conserver la glace, mais même les différentes provisions de ménage. J'y ai vu conserver des veaux et des moutons entiers, des saumons, etc.
PLANCHE XVI
Fig. 1,2, 3,4,5,6 et 7. Manière de fendre les blocs de pierre. N se trouve dans quelques contrées, au milieu des champs, de gros blocs de pierre qui non-seulement nuisent à la
régularité du labour, mais qui occupent même un terrain susceptible de productions. On peut débarrasser les champs de ces masses de pierre, et les rendre utiles aux constructions, en les
fendant par morcéaux assez réguliers et d’un transpori facile. On les fait éclater, dans quelques endroits, en les entourant de feu, ou en employant la poudre. Ces méthodes sont dispendieuses, et ne produisent que des éclats irréguliers qui ne conviennent pas à cértaines constructions. La méthode de fendre par tranches les blocs de pierre au moyen de coins, consiste à former une rainure, fig. 1, 6,7, large de 5 c. m. (2 po.), et profonde de 10 (4 po.), après avoir débarrassé la terre qui entoure ces pierres, et avoir tracé avec du charbon l’épaisseur qu’on veut donner aux tranches. On creuse cette rainure à la profondeur de 5 à 6c. m., avec le pic fig. 6, et on la termine avec celui qui est représenté sous la fig. 4; on pose ensuite contre les parois de la rainure des lames en tôle, représentées fig. 2 et 3, entre lesquelles on fait entrer avec le marteau, fig. 5, des coins de fer, ainsi qu’on le voit représenté fig. 7. On frappe ces coins l’un après l’autre, d’abord à coups modérés et lents, et l’on continue ensuite à les heurter avec force et vitesse; et bientôt la pierre se fend dans le sens de la rainure et dans une épaisseur uniforme. Ces plaques de pierre sont très-propres à construire les ponts dont on donnera la description dans la planche 18.
Fig. 8. Ratelier portatif. On s'en sert en Angleterre pour affourager les bestiaux de tout genre, lorsque les pâturages sur lesquels ils restent toute l’année ne leur offrent pas une nouiriture suflisante. Il est couvert d’un toit
en planches, afin que le fourrage soit à l'abri des pluies.
Fig. 9. Ratelier double à une seule auge.
On forme avec des planches une auge qui règne dans toute la longueur de la bergerie, et l'on y pose un râtelier dont les côtés, ainsi que le fond, sont fermés par des barreaux de bois.
C'est dans ce râtelier qu'on met le fourrage destiné aux moutons. La situation verticale du râtelier empêche que ces animaux ne salissent leurs toisons. Les semences et les brins des plantes tombent dans lauge, et servent, étant mélangés avec la paille hachée, à nourrir les vaches; de manière que les alimens ne sont ni perdus ni gaspillés. On trouve ce râtelier dans quelques parties de la Prusse. Il a 6 d. m. (2 pi.) de large, et l'auge en a 12 (4 pi.).
Fig. 10. Rdtelier double à auges séparées.
Les bâtons du râtelier sont fixés dans une position inclinée sur un massif en maçonnerie, avec deux auges dans lesquelles tombent les graines des fourrages, et qui servent aussi à donner aux moutons les racines, le son ou les grains dont on les nourrit. La longueur des barreaux est de 6 d. m. (2 pi.). Les deux plans inclinés qui forment le fond du rätelier ont 14 c. m. (5 po.) de large. Le fond des auges est de 18 c. m. (7 po.), et leur rebord antérieur est de 11 €. m. (4 po.) sur une épaisseur de 4 c. m.(r1 po. +); l'élévation de ce rebord au-dessus du sol est de 36 c. m. (13 po.). On en fait usage aux environs de Paris.
PLANCHE XVIL
Fig. 1. Pont établi sur des chevrons. Ces sortes. de ponts, qui sont peu dispendieux, s'établissent sur des torrens et sur les rivières rapides et peu profondes, lorsqu'on n’a pas les moyens d'en construire de plus solides. On place, à cet effet, dans la largeur de la rivière, une suite de chevrons que l’on forme avec une poutre et deux pieds, ainsi qu'on l'a repré-
senté dans la figure. On cloue au sommet de ces chevrons une pièce de bois taillée en forme de coin, de manière à corriger l'inclinaison des chevrons. Les planches qui doivent servir de passage sont fixées sur ces pièces de bois, de manière que leur position se*trouve horizontale. On établit contre ces planches une rampe qui sert de garde-fou. Les chevrops se
placent à distance de trois mètres el demi (10 à 12 pi.), plus ou moins. Usité en Suisse et dans plusieurs autres pays.
Fig. 2. Pont en bois. On a représenté la coupe de ce pont qui a été dessiné sur la Glies, près Perpignan. Il est d’une construction simple et solide. On enfonce dans la rivière, de distance en distance, des pièces de bois dans un écartement proportionné à la largeur que l'on veut donner au pont. On réunit ces pièces de bois par des traverses qui soutiennent le plancher du pont, et on les lie par deux autres pièces de bois croisées, dont l'extrémité supérieure s'appuie au bout des traverses, et la partieinférieure contre deux pilotis presque à fleur d’eau.
Fig. 3. Pont à bascule construit avec une seule planche. On peut former ce pont sur des ruisseaux qui ont peu de largeur. On enfonce, à cet effet, au milieu de l'eau, quatre poteaux qui soutiennent une traverse un peu plus élevée que les deux bords du ruisseau, de manière que la planche qui forme le pont appuie seulement sur la traverse et sur l’un des rivages, et présente une bascule que les bestiaux n’osent franchir.
Fig. 4. Pont à escalier. On forme ces ponts sur les canaux pour donner passage aux bateaux chargés, ou dans les jardins d'agrément, pour produire un effet pittoresque. On a représenté la coupe de ce pont avec sa rampe; il est vu de face sous la lettre A.
PLANCHE X VIII
Fig. ret 2. Pont en pierres brutes. La fig. 1 représente le plan du pont, et la fig. 2 la coupe de son élévation. Ces ponts, qui offrent autant de solidité que d'économie, peuvent être trèsutiles dans la conduite des petits courans d’eau. On forme sur les deux côtés de l’eau, avec des pierres de différentes formes, des murailles, dont l’étendue est proportionnée à la largeur qu'on veut donner au pont. On pose sur ces murailles de longues pierres plates, dont on bouche les interstices avec de petites pierres; on recouvre le tout avec de la terre; on établit un pavé, et enfin on met une borne à chaque coin du pont. Ces ponts peuvent avoir une largeur de 1 à 2 mètres (3 à 6 pi.), selon la longueur des pierres qu’on a à sa disposition. Ils ne sont sujets à aucune réparation lorsqu'ils sont bien construits.
Fig. 3. Plancher servant de pont. On le construit avec de fortes planches, et on l’emploie dans quelques fermes aux environs de Paris, pour faire passer les charrettes dans les champs sans être obligé de combler les fossés. On le traîne au lieu où l’on veut en faire usage, au moyen de deux anneaux en fer destinés à attacher les traits des chevaux.
Fig. 4. Pont soutenu par deux pieux. On peut établir sur un ruisseau d’une certaine largeur, au moyen d’une longue planche, un pont solide et peu coûteux. On enfonce, à cet effet, dans la largeur du ruisseau, deux pieux, sur lesquels on pose une planche. Celle-ci est fixée sur les deux bords opposés avec quatre chevilles en bois. On élève un garde-fou avec une perche et deux pieux, l'une enfoncée au milieu du ruisseau, et les deux autres aux extrémités de la planche.
Fig. 5. Pont en bois dont les extrémités sont en talus. Ces espèces de ponts se construisent sur les canaux ou dans les jardins d'agrément. La construction en est simple et facile à concevoir par l’inspection de la gravure.
Fig. 6. Pont pour le passage des petits courans d’eau. I suflit pour former ces ponts de placer de grosses pierres dans le courant, à de certaines distances, et de poser de l’une à l'autre des pierres longues et plates.
Fig. 7. Pont à double échelle. On trouve ces ponts sur les canaux à Venise, dans les endroits’où le passage est peu fréquenté. On élève une solive sur deux poteaux fixés verticalement aux deux bords du canal, et l'on forme
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