LETTER FROM M. PEPPERRELL TO GOV. DUCHAMBON
Camp, June 17th, 1745.
I received a letter from Commodore Warren this morning in answer to mine to him last night in regard to your being allowed the liberty of marching with your troops out of the town with their arms, dresses heating, colours flying, which he was as ready to comply with as I was, which gave me pleasure.
I desire the favour that your officers and families with theinhabitants and families may repair to their own houses as soon as possible, where they may depend they shall not meet with the least bad treatment, nor any persons be suffered to give them the least disturbance.
And that your troop's arms may be put by themselves in a magazine where they shall be safe and delivered to you the day you march outof the town.
I shall send Col. Bradstreet with a detachment at 4 o’clock this P. M. to take possession of the town and fort, to whom I desire you will deliver them up with all the warlike stores and keys
They sent out a gentleman to let Col. Bradstreet know what gate he is to march in at.
I am, Sir, your humble servant,
W. PEPPERRELIN.
LETTRE DE MONSIEUR LE MARQUIS DE BEAUHARNOIS AU MINISTRE [EN CHIFFRE
Monseigneur,
Nous venons de recevoir une lettre de messieurs du Chamben et Bigot à l’occasion de la révolte qui est arrivée à l'Ile Royale au mois de décembre deinier, par les Suisses et les soldats de la garnison. Quoiqu'ils nous aient marqué qu'ils avaient l'honneur de vous en informer par deux bastimens qu'ils se proposaient de faire partir au commencement de mai, l'importance de la chose, l'incertitude où nous sommes de savoir si cette garnison ne sera point opposée au départ de ces bastimens joint aux risques qu'ils ont à courir à cause de la quantité de corsaires qui doivent partir de Baston pour croiser dans les parages de l'Isle Royale, nous à fait prendre le parti d'en envoyer un d'ici pour vous en informer de cette nouvelle, afin que vous puissiez donner vos ordres pour changer toute cette garnison ainsi que ces messieurs le demandent, et pour ordonner ce que vous jugerez convenable que l'on fasse de celle qui y est, ne convenant point qu’elle reste dans cette place qui, suivant la lettre de ces messieurs du 12 avril, a poussé la chose à tout faire appréhender jusqu'à ce jour.
Nous avons l'honneur de vous envoyer le détail de la révolte ; mais comme le capitaine du bastiment a ordre de jeter les paquets à la mer s'il se trouve pressé, monsieur Hocquart doit lui faire part du sujet de son voyage afin qu'il ait l'honneur de vous en rendre compte s’il échappe aux ennemis.
On a nouvelle ici tant par les Sauvages domiciliés que ceux de l’&cadie que 40 à 50 bastimens doivent partir de Baston, le 15 avril, pour bloquer l'Isle Royale ou pour venir à Québec.
Le premier dessein serait possible ; mais pour l'autre j'ai peine à le croire. En tout cas, j'ai fait mettre en usage tout ce qui était en mon pouvoir pour le recevoir.
Quant à l'Isle Royale elle me paraît courrir des risques à moins que Sa Majesté n'y ait envoyé des forces suffisantes de vaisseaux, tant pour le projet de la conquête de l’Acadie qu? pour écarter les corsaires anglois qui inquièteraient sûrement nos vaisseaux marchands.
Le parti que j'ai envoyé à l’Acadie est aux Mines par l’ordre de monsieur du Chambon pour y attendre cenx qu’il doit envoyer en conséquence des vôtres, sur ce qu'il a eu l'honneur de vous mander et qu'il espère de jour en jour avec d’autau: plus d’inpatience que sa garnison l’inquiète autant que les ennemis.
Tout est au surplus tranquille de ce côté-ci. Je suis sur mes gardes et seulement sur la défensive, n'ayant pu agir offensivement, ainsi que j'ai eu l'honneur de vous le marquer, tant sur la Nouvelle-Angleterre que sur les postes de la Baie d'Hudson, par la détresse où les magains du Roi et même des marchands font des choses nécessaires pour de semblables expéditions, ce dont je n'étais point informé l'automne dernier.
D'ailleurs le principal objet que je dois avoir en vue était de conserver nos places et forts dans l’intérieur de la colonie, j'ai cru plus prudent de ne nous point dégarnir du peu que nous avons pour résister en cas d'attaque, et de suspendre les autres projets jusqu’à ce que je sois dans un état à les pouvoir faire exécuter.
J'attends de jour à autre les cinq nations qui ont fait savoir dès cet hiver qu'ils me viendraient voir ce printemps.
Ils sont toujours dans l'esprit de neutralité qu'ils m'ont promis de garder à en acepter les anniés que l’on dit avoir accepté la hache des Anglois.
Ils doivent néanmoins descendre avec les autres. Mais au reste le peu qu'ils sont de cette nation n’est pas à appréhender.
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RESUMÉ D'UNE LETTRE DE MONSIEUR DE BEAUHARNOIS AU MINISTRE. Québec, le 18 juin, 1745.
Il a été informé que 40 à 50 bastimens sont partis de Baston pour attaquer l'Isle Royale le 15 avril, Monsieur de Beauharnoïis est sur ses gardes —
Il ne craint que pour l'Isle Royale. Les cinq nations demeurent neutres à l'exception des Anniés —. Les Abénaquis ont
à. envoyé plusieurs partis contre les Anglois et ont pris beaucoup de chevelures.
LETTRE DE MONSIEUR DE LA MAISONFORT A MONSIEUR DUCHAMBON. À bord le Vigilent, le 18 juin.
Je vous envoie ci-joint la copie de la lettre que m'écrit Monsieur Warren, commandant l’escadre angloise qui m'apprend que les François ont usé avec cruauté et humanité sur quelques prisonniers Anglois, ce que je ne peu croire, l'intention du Roï, notre maitre, étant qu'ils soient bien traités, ainsi qu'ils le font aux nôtres qui sont en Angleterre, et en toutes occasions.
Vous avez su que le 30 de mai, je fus pris, voulant entrer dans votre port, par cette escadre, et il est bon que vous soyez informé que messieurs les capitaines et officiers nous traitent non pas en prisonniers, mais comme leurs bons amis et qu'ils ont une attention particulière pour que rien ne manque à mes officiers et équipages ; il me paraît juste d’en user de même à leur égard et de faire punir ceux qui pourraient s’écarter et faire aucune insulte aux prisonniers que vous pourriez faire.
Je suis persuadt que vous n'avez pas eu de connaissance de ce qui s’est passé, dont avec raison on se plaint, mais si vous pouvez découvrir ces malfaiteurs, il faut, s'il vous plait, les faire punir et donner vos ordres pour empêcher à l'avenir de pareilles cruautés.
Vous ne pouvez avoir trop d'attention pour les prisonniers anglois que vous ferez, ni les trop bien traiter, puisqu'ils font la guerre envers nous si noblement et ont tant de soin de ceux qu'ils font.
Mes compliments à Monsieur Bigot, et me croyez, Monsieur, avec estime et vénération, etc.
MaAISONFORT.
LETTER FROM COMMODORE WARREN TO GOV. DUCHAMBON. Superbe, in Louisbourg Harbour, June 19th, 1745.
I am just informed that a formidable Body of Indians are already at this time within Eight Leagues of Louisbourg. No doubt their design is to annoy his Brit. Majesty's subjects. I desire that you will immediatly send some gentleman to desire them to leave this Island, and not to appear on it any more ; otherwise I shall be obliged to order a detachment to put them, and all such French as shall be found with them, to the sword. As this admit of no delay, I expect dispatch, and am,
Sir, Your most obedient humble servant,
P. WARREN
la 1 2 LETTRE DE MONSIEUR DUCHAMBON A MONSIEUR DE LA MAISONFORT.
À Louisbourg, ce 19 juin, 1745.
J'ai reçu, Monsieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, le 18 de ce mois.
Je suis persuadé que nus me rendez assez de justice, pour être persuadé que les maltraitements que les prisonniers anglois ont pu recevoir de la part des Sauvages, n’ont pas été. autorisés par moi, je n'ai su que depuis quelques jours ce qu'ils avaient exercé à leur sujet, et c’est un chef de parti françois qui me l’a appris, il a fait rendre un prisonnier anglois qui leur restait, il me l'avait renvoyé, il ne m'est cependant point parvenu, je comptois qu’il avait été repris par sa nation. Je ferai défendre à ces Sauvages, lorsque je pourrai avoir communication avec eux, d'en ‘user de même par la suite. Je souhaite que mes ordres à ce sujet, soient exécutés.
Ceux qui connaissent cette nation savent qu'elle n'en respecte aucun ; mais Monsieur Warren pense, à ce que je crois, trop bien sur le compte de la nation françoise pour croire un seul instant que les François peuvent avoir part à de pareilles cruautés. Je peux vous assurer, Monsieur, qu'il n'y avait point de François mêlés avec eux lorsqu'ils les ont faites : il aurait été heureux pour ces prisonniers qu’il y en eût, parce qu'ils ne l’auraient pas souffert.
J'ai d’ailleurs toutes les attentions convenables pour Iles prisonniers que j'ai : je les fais traiter comme les sujets du Roi, tant blessés ou malades, que ceux qui se portent bien, assurez-en, je vous prie Monsieur, Warren. Je suis persuadé que vous n'avez que lieu de vous louer de la façon gracieuse avec laquelle vous êtes traité ; nous avons eu pareillement, l’année dernière, toutes sortes d’attentions pour les officiers du Roi d'Angleterre qui étaient prisonniers à Louisbourg.
Monsieur Bigot vous fait bien des compliments, il est charmé de vous savoir en bonne santé.
DuCHAMBON.
ET REY re