LETTRE DU MINISTRE A MONSIEUR BEGON
À Marly, le 10 juillet, 1715.
Monsieur,
Sa Majesté a approuvé la conduite que vous avez tenue à l'égard des prisonniers anglois, et l'attention que vous avez donnée d’empécher que le
navire envoyé à Québec n'ait fait aucun commerce. Je vous recommande
de veiller toujours avec beaucoup de soin que les Anglois ni autres étrangers fassent aucun commerce en Canada. Il est très important de l'empêcher + absolument. Sa Majesté l’a fort à cœur et vous ne pouvez trop vous y H
appliquer.
sense serres seen Monsieur le Marquis de Vaudreuil s’est
plaint à moi que depuis votre arrivée en Canada, vous vous êtes presque
toujours opposé à ce qui vous avait été ordonné...
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Qu’'ayant voulu envoyer le Sieur de St Castin aux Abénakis, vous refusâtes de fournir les vivres et les canots que cet officier demandait pour
ce voyage. Ce qui a donné le temps aux Anglois d'avoir des pourparlers
avec ces sauvages, que la présence du dit Sieur de St Castin aurait é
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L MEMOIRE DU ROI A MONSIEUR DE RAMESAY (GOUVERNEUR AD INTERIM). Marly, le 10 juillet, 1715.
Sa Majesté est satisfaite que le vaisseau que le sieur Dudley, gouverneur de Baston, avoit envoyé à Québec pour prendre les prisonniers Anglois qui étoient en Canada, en soit reparti, et que les ofliciers que ce gouverneur et le sieur de Nicholson avait envoyé pour cela aient eu lieu d'être contents des précautions que les sieurs de Vaudreuil et Bégon ont prises pour leur faire parler à tous ceux de leur nation, pour savoir par eux mêmes ceux qui étaient dans le dessein de s’en retourner chez eux ou de rester dans le pays. Ils auront reconnu par là qu'on agit toujours de bonne foi. Sa Majesté est aussi satisfaite des assurances que les sieurs de Vaudreuil et Bégon ont donnés que ce vaisseau n'a fait aucun commerce à Québec et des mesures qu'ils avaient prises pour l'empêcher
À l'égard de la dépense qu’ils marquent que ces envoyés ont causé, comme le sieur Bégon n’en a pas envoyé l’état, Sa Majesté ne peut pas comprendre en quoi elle peut consister ni pourquoi elle a été faite.
Les habitants de l’Acadie sont toujours déterminés de s’aller s'établir à l'Ile Royale ; Il y en a même déjà quelques familles. On prend des mesures pour y faire passer les autres, et il y a lieu d'espérer que la meilleure partie y sera cette année.
Sa Majesté à été informée que les Anglois ont envoyé jusques sur la Rivière Mississipy, même aux Nakés, aux Illinois et aux Miamis, et qu'ils font tout ce qu'ils peuvent pour faire alliance avec ces nations. Elle a pourvu à la sûreté d’une partie de la rivière de Mississipy par l’augmentation de deux compagnies de cinquante hommes chacune qu'Elle a fait à la Louisiane, et les ordres qu'Elle a donnés au sieur de la Motte Cadillac d'établir un poste aux Nakis et un autre à Ouabache, sous les ordres du
sieur de Bienville, lieutenant du Roi.
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Mais comme ces précautions deviendront inutiles si les Anglais s'éta-
blissaient aux Illinois et aux Miamis, Sa Majesté désire que le sieur de ’
Ramesay y fasse passer un'oflicier sage et expérimenté avec 8 ou 10 soldats
pour occuper l’ancien fort qui est aux Illinois et y rester en garnison afin
de contenir cette nation et les Miamis dans l'alliance des François, et les em-
pêcher d'entrer dans les intérêts des Anglois ni d'avoir commerce avec eux.
On parviendra par ce moyen à faire une communication libre entre le Canada et la Louisiane, et cela est très important, On pourra se servir des canots qui monteront pour faire ce petit établissement afin qu’il n’en coûte rien à Sa Majesté.
Le Roi est informé que le sieur de Lizette y est déjà et comme il sait la langue de ces Sauvages, et qu’il n’y à point eu de plaintes sur son sujet, le sieur de Ramesay pourrait l’y laisser s’il l'en juge capable.
Le Roi souhaitte que l'officier qui est en ce poste soit sous les ordres de celui qui sera commandant à Michilimakimac.
LETTRE DU CONSEIL DE MARINE AU SIEUR DE ST CASTIN. À Paris, le 27 novembre, 1715.
Le Conseil de Marine a reçu la lettre que vous avez écrite, le 28 du mois de septembre, au sujet des affaires que vous avez avec le Sieur de Sarrante, Le Conseil écrit à Monsieur de Courson, Intendant, pour vous faire rendre justice et vous n'avez qu’à vous adresser à lui.
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