EXTRAIT EN FORME DE JOURNAL (SUITE
1747.—Janvier le 13.—Dans la disette de sel où se trouve actuellement la Colonie, monsieur l’intendant a pris le party d'envoyer le sieur Perthins l'aisné à Kamouraska où l’on assure qu'il y a des fontaines d'eau salée ; il doit en faire l'essai.
Le 15.—Tous nos Sauvages de l’Acadie qui ont dans les forts sont revenus en cette ville, (Montréal) ne pouvant rester auus l’inaction, et retournant à Québec.
Le 24—Le sieur Perthins laisné est de retour ; il apporte des essays du sel qu'il a fait, il est beau, mais c’est une faible ressource par la lenteur et la dépense des opérations, néantmoins monsieur l’Intendant donne des ordres pour la fabrication, ce sera toujours un petit secours en cas que les vaisseaux de France n'arrivent pas de bonne heure.
Monsieur le général fait partir de Montréal monsieur de La Corne l’aisné, capitaine, accompagné de monsieur Dubreuil et de MM. Lacorne, Belestre, pour aller chez toutes les nations des païs d'en haut, les inviter à descendre le printemps prochain à Montréal, pour combattre l’ennemy commun s’il ose tenter quelqu’entreprise sur cette colonie.
Février le 7.—Nous recevons des lettres de Monsieur de Ramesay [le 9 janvier ;] et du Père Germain, datées de Beaubassin le 9 janvier ;. ils nous marquent que 200 à 250 Anglois scùt arrivés aux Mines par terre à la fin de décembre sous la. conduite des Sieurs Grorham et. Phips, dans. le dessein
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d'y construire une ou plusieurs Blockhouses, que même ils avoient fuit venir auxdits lieux dans deux moyens bastimens les bois nécessaires pour cet ouvrage, qu'ils comptoient y passer l'hiver et y attendre un nouveau secours au printemps ; que les ennemis pensent que le détachement de Canadiens s'en est retourné par la rivière Saint Jean ayant vu passer le servant du Sieur Lelarge qui a pris cette route, que les Accadiens qui nous sont affidés se sont réfugiés dans les bois avec leurs familles, Monsieur de Ramesay ajoute qu'il se prépare à envoyer son «.étachement aux Mines pour en chasser les ennemis s’il est possible ; nous avons aussy avis que les navire la Déesse et la Ste Croix, deux des trois bastimens chargés de vivres et destinés pour Chibouctou, sont entrés dans ce port le 6 décembre, qu'ayant été informé de la relâche de l'Escadre, ils étoient repartis le 9 pour la Martiuique suivant les ordres que nous leur avons donnés, le navire le Lion d'or, 8°" navire destiné pour Chihouctou, n'ayant point encore paru, il s'étoit séparé peu de jours auparavant, on croit que ce 3i" bastiment a été forcé de continuer sa route pour les isles.
Le 24.—Nous renvoyons les Courriers à Beaubassin, nous marquons à Monsieur de Ramesay de prendre les plus justes mesures pour chasser les Anglois des Mines, où ils ne manqueroient pas de faire un nouvel établissement pour nous couper toute communication avec Port Royal, que cela est d'autant plus de conséquence que nous espérons toujours que Sa Majesté fera cette année une nouvelle tentative sur l’Acadie.
Mars le 5.—Après toutes les hostilités que les années ont fait sur nos côtes aux environs de Montréal, Monsieur le général n'a pas cru devoir
balancer à leur déclarer la guerre, ce qui a été fait dans un conseil tenu à Montréal
Le 7.—Les Iroquois du Sault St Louis, ceux du lac, les Népissingues, les Algonquins, les Outa8ois de Michilimakinac, les PonteSatamés, les. Puants, les Islinois, les Folzavoines, les Hurons du Détroit. Les Sakis qui ont tous hiverné icy, les Abénakis de St François, ceux de Bécancourt, ceux de Missiskonis, les Amalecites, ont tous été assemblés ce jour dans le château de Montréal pour assister au Conseil dans lequel on a déclaré la guerre à la nation Anniés.
La hache de guerre a été présentée pour frapper sur cette nation à tous les Sauvages cy devant nommés, qu'ils ont acceptée de bonne grâce et tous
chanté la guerre suivant l’asage ordinaire, puis sont allés, à l'exception des Iroquois domiciliés, en guerre en différens partis au nombre de 8 ou 10 du côté de la Rivière Connecticut, Corlar et Orange.
Le 6.—Nous recevons des nouvelles de Boaubassin, nous apprenons l'aventure arrivée aux Mines le 11 février dernier, dopt voyci le détail :
Le détachement de Canadiens composé d'environ 300 hommes tant François que Sauvages, sous le commandement de Monsieur Coulon, capitaine, (Monsieur de Ramesay n'ayant pu faire le voyage par une incommo-
(æ] dité au genoûüil causée par une violente fraissure dans le voyage qu'il avoit fait par ordre aux Mines) partit en raquettes de Beaubassin le 23 janvier pour se rendre aux Mines et chasser les Anglois qui y étoient venus s’establir.
Il arriva à Pegeguit le 10 février ; le commandant après avoir pris onnoissance de la position des ennemis, partagea son monde en 10 détachements pour attaquer en même temps autant de maisons où les ennemis étoient postés au nombre de 500 au lieu de 250, comme on l'avait ey devant raporté ; après avoir marché tout Ia nuit il se trouva le 11 à trois heures du matin en état de commencer l'attaque, ee qu'il fit, les ennemis avoient de sentinelles à chaque maison et faisoient bonne garde, le S' de Coulon, peu après le premier choc, reçut un coup de feu au bras gauche qui l'obligea de se retirer, ayant perdu beaucoup de sang.
es 10 maisons qui furent attaquées furent enlevées à la réserve d’une seule où il y avoit du canon, et que les Micmacs abandonnèrent ayant eu à la première décharge quatre de leurs gens mis hors de combat.
Monsieur le Chevallier de la Corne, capitaine, devenu commandant, avoit attaqué la maison dans laquelle estoit le Sieur Noble, colonel, et son frère, avec le Sieux Flau, conseiller an Conseil de Port Royal, et s'en étoit emparé ; il resta dans la maison et empescha, avec partie du détachement qui le rejoignit, les ennemis d'en approcher, et il les oblige: de se réfugier dans une maison de pierre où ils avoient du canon.
Le feu a été fort vif depuis l'attaque du matin, jusques à trois heures l'après midy que le combat cessn; dans cet espace de tems les ennemis ont eu 130 hommes de tués sur Ja place, dont on compte 6 officiers, 54 blessés, on a fait 53 prisonniers, de notre ec..& nous avons perdu 6 hommes,
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sçavoir : 3 Canadiens, un habitant du Port Toulouse et deux Miemaes, et 14 blessés, y compris Monsieur de Coulon et le Sieur de Lusignant, cadet.
Le Capitaine Flow dangereusement blessé pria Monsieur de la Corne d'envoyer chercher 12 chirurgien anglois pour le panser, le chirurgien françois étant pour lors occupé à soigner Monsieur de Coulon, cela occasionna un envoy d'otages de notre part et une suspension d'armes jusques au renvoy du chirurgien anglois.
Cet fut alors que deux officiers anglois sortirent de leurs maisons et s’'avancèrent avec un pavillon françois vers 11 maison ou étoit le Sieur de la Corne qui les envoya recevoir, ils lui proposèrent une suspension d'armes jusques au lendemain à 9 heures du matin, il la leur accorda, mais s'étant apperçu le lendemain de grand matin qu'ils sortoient de leurs maisons et qu'ils rassembloient des bestiaux, il leur envoya dire que s'ils ne rentroient chez eux dans le moment, la suspension cesseroit ; le commandant anglois le Sieur Goldwhait vint trouver le Kieur de la Corne, accompagné d’un autre officier, et après s'être excusé, il commanda à tout son monde de rentrer, demanda à capituler et donna par écrit ses demandes.
Le Sieur de la Corne après avoir pris l'avis de ses ofliciers, luy en
ecorda une partie et Iuy dit de se dépescher de la décider, parce qu'il étoit résolu de l'aller attaquer promptement, Ï1 capitulation fut donc signée et veici en : b'égé les articles qu'elle contient.
Que les troupes angloises au nombre de 300 hommes, (le détachement françois étant rangé sur deux hayes) délileroient de la maison de pierre où elles s'étoient retirées sous deux fois 24 heures pour aller à Annapolis Royale, avec les honneurs de la guerre, 6 jours de vivres, le havresac, une livre de poudre et une livre de plomb par homme ; que les prisonniers faits resteroient prisonniers de guerre, que les François garderoient les deux bastimens de mer dont ils s'étoient emparés : que le pillage ne seroit pas rendu, ayant été fait par les Sauvages ; que les malades et blessés anglois qui étoient dans la maison seroient transportés à la Rivière aux Canards et logés par ordre du commandant François et entretenus aux dépens du Roy d'Angleterre jusqu'à ce qu'ils fussent en état d'être conduits à Annapolis Royale qu'en attendant leur rétablissement ils pourroient garder leur donneroit un sauf conduit, que les troupes de Na Majesté Britannique
actuellement à la Grande Prée ne pourroient porter les armes dans le haut de la baye françoise, c’est à dire les Mines, Coleguet et Beaubassin, pendant l'espace de 6 mois, à commencer de ce jour, en conséquence les troupes françoises en prirent possession ainsy que de la Grand Pré, de toutes les munitions de bouche et de guerre et de l'artillerie, consistant en 2 pièces de canon de 4 et 8 pierriers.
Cette aventure a fait un très bon effet sur l'esprit des Acadiens des Mines qui ne font à présent aucune difficulté de fournir au détachement les rafraichissemens dont ils ont besoin : les ennemis vivoient à la Grand Pré aux dépens des habitans, ils leur avoient imposé le 10° des grains et des bestiaux, ils avoient arboré leur pavillon sur l'Eglise, ce procédé a irrité le plus grand nombre des habitans.
Monsieur de Ramesay ajoute qu'il a fait revenir le détachement à Beaubassin, étant l'endroit le plus commode à garder et celui où sont les F4 vivres et les munitions; qu'il a envoyé un officier avec un détachement à Chibouctou pour recevoir les vaisseaux françois qui paroitront dans ce parage et les informer de ce qui se passe.
1 Le 8.—Douze Iroquois du Sault partirent de Montréal pour aller en guerre du côté du Conecticut, sont revenus avec une chevelure et un de leurs hommes tués.
M. le Chevalier de Niverville officier, 8 cadets, 6 habitans et 45 Abénaquis, partirent de Montréal pour aller en guerre.
Ce party a été attaquer un fort dont la garnison demanda à capituler, mais après avoir eu connoissance du peu de force de de nos gens, ils firent revenir leurs gens qui avoient envoyés au camp pour faire les conventions de la capitulation, et renvoyèrent un François et deux Sauvages qui avoient
été à leur fort en échange, et firent dire au Sieur de Niverville qu'ils avoient changé de sentiment, ce dernier qui manquoient de vivres et qui n’avoient point de force assez pour enlever ce fort qui étoient gardé par beaucoup de monde, prit le party de se retirer et de se rendre au fort St Frédéric pour y mener ses blessés dont il forma un nouveau party et fut du côté de Flevril où il a bruslé 5 forts et et environ 100 maisons qui étoient abandonnées.
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Le 9.—-Douze Iroquois du Lac partirent pour la guerre, arrivés le 5 May avec deux prisonniers et deux chevelures.
Le 17.—Dix huit Iroquois du Sault sont partis pour guerre; arrivés en cette ville de Montréal avec deux chevelures et un prisonnier.
Le 18.—Le Sieur de St Blain et le nommé Deteully, interprète, sont partis avec 16 Sauvages des pais d'en haut qui ont hiverné à Montreal, sont
revenus avec des prisonniers et chevelures après avoir ravagé plusieurs habitations.
Le 21.—Est arrivé le Sieur de Gannes, enseigne dans les troupes, détaché du Fort St Fréderic, nous apprenons qu'un party de 30 François et Sauvages commandé par le Sieur Gerbin, lieutenant, a fait coup près le fort Sarasteau, ils ont tué 6 anglois, pris 4, le reste an nombre de 15, ont pris la fuite et ont abandonné leurs armes ; deux de ces quatre prisonniers qui sont restés malades au Fort St Fréderic y ont été interrogés et un 3° la été à Montréal ; ils rapportent qu'il y a 12 pièces de canon au fort de Sarasteau, 6 de dix huit et 6 de huit, que la garnison est d'environ 300 hommes ; qu’il y avoit 5 à 690 batteaux construits à Orange et environ 100 à Narasteau ; ils pensent que c’est pour aller au fort St Frederic; qu'ils ont beaucoup oùi parlé d’un armement pour Québec ; que la maladie a regné tout l’hyver à Orange où il est mort beaucoup de monde ; qu’elle y continue encore, ainsi qu'à Sarasteau où il est mort beaucoup de monde cet hyver; qu'il a été pris deux bastimens de notre flotte assez gros et bien chargés qui ont été conduits à New Yorck, il y a environ 2 mois que les prisonniers faits à Orange au mois de novembre dernier par un party d'aniés, ont esté conduits à New Yorck où ils sont restés,
Ceux faits à l’isle de la Motte ont esté menés au même endroit par 4 chef aniés ; et enfin que les 3 ou 4000 hommes venus l'automne dernier à Sarasteau, n'étoient que pour fortifier le fort et le mettre à l’abry des incursions d’un gros party françois qu'ils craignoient dans ce temps là.
Le 27.—Mess. : le Chev.: de la Corne, Beaujeu, lieutenant, Mercier, enseigne, et marin fils cadet, arrivèrent de Beaubassin d’où ils sont partis à leur retour des Mines ; nous apprenons par eux que les prisonniers faits à la Grand Pré disent tous que le Canada sera attaqué au printems par terre ct par mer; qu'un particulier de Baston écrit à son fils officier à Port Royal,
qu'il est party un corps de 900 hommes pour aller au fort St Fréderie ; que le chef d’escadre Warren étoit parti de Baston au mois de décembre pour l’Ancienne Angleterre où il duvoit demander le commandement de l’escadre destinée pour monter dans la rivière de Canada ; que les anglois qui étoient aux mines projettoient lors de leur défaite, de venir à Beaubassin pour en faire déguerpir notre détachement qu'ils avoient appris y être encore, s'emparer de cet endroit et de la baye verte, d'où ils comptoient s'embarquer dans des bastimens qui devoient y venir au printemps, pour les recevoir et les amener à Quebec; ces mêmes prisonniers assurent, et on l’a ji] sçu aussy par des Accadiens revenant de Port Royal, que deux bastimens venants de Baston au Port Royale dans la dernière saison ont fait naufrage sur l'isle Menane et les Monts Deserts ; que de 800 hommes dontils étoient chargés il ne s’en est sauvé qu'environ 40 qui ont hiverné ; et qu'il a esté expédié à Port Royal un bastiment pour Baston qui devoit les prendre chemin faisant.
Nous présumons que ces troupes devoient se joindre aux 500 hommes venus aux Mines pour s'emparer de tous les ports de l’Accadie afin de nous ôter par là tous les moyens de faire une nouvelle tentative sur cette province.
‘ Avril le 8—Nous faisons partir le Nieur Depleine pour établir à l’ordinaire des feux et fumées de signaux tout le long de la côte du Sud depuis Rimouski jusques à Quebec pour avertir en cas d'approche d’une flotte
ennemie.
Nous donnons ordre en mesme temps aux habitans de la dite côte de
bonne heure des cabannes et pares dans les profondeurs de leurs terres pour
mettre leurs familles et leurs bestiaux en sureté, en cas que l'ennemy ne
fasse une tentative, et aussitôt qu'on apercevra la flotte ennemie, ordre aux
habitens de la côte de se rendre à Québec avec leurs armes, leurs couvertes
et un mois de vivres.
Le 12.—Monsieur de Villiers, officier, 8 cadets et environ 100 habitans
sont partis de Montreal pour aller à Chateaugué à l’occasion de plusieurs
pistes que les Iroquois ont assuré avoir vues, revenant après avoir fait une
exacte et n'avoir rien vu.
Le 21.—Nous recevons des lettres du sieur de Joncaire, résident aux Sonnon8ans ; il nous marque les cinq nations Iroquoises ont accepté la
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hache des Anglois, qu'ils ne l'ont prise, disent ils, que pour sortir de leurs mains ; que cependant le coup de Soulange a été fait par un party d’Aniés dans lequel étoit un Nontagues, et que celuy de l’isle à la Motte l’a été par les Aniés qui ont été à Montréal l'automne dernier; qu'il y a à Orange dix prisonniers François provenant sans doute de ces deux coups; qu'il y a un grand accord secret entre les cinq nations et nos Iroquois domiciliés pour de part et d'autre laisser frapper les blancs les uns sur les autres sans se rien faire entre eux; que les Flamands auxquels il avoit parlé l’avoient assuré qu'un gros vaisseau de leseadre de Monsieur le Due d'Anville avoit été pris, dont l’aumonier se nomme Monsieur le Major; que l'espion que le dit N° Joncaire a envoyé au mois de février à Orange, luy a rapporté que l'artillerie destinée pour le fort St Frédérie étoit partie vers le 15 dudit mois ; qu'elle étoit composée de 12 pièces de canon et de 2 mortiers, et qu'il est mort cet hyver à Orange plus de 200 personnes par les fièrres.
Messieurs de Bécancourt et Michel nous informent des differentes précautions qu'ils prennent pour n'être pas surpris et pour garder les frontières de Montréal, ils ont étably des corps de gardes dans différens postes avanvés pour garantir nos costes des insultes des ennemis et même des Aniés qui pourroient tenter de faire quelques coups de ces costés là.
Le 27.—Monsieur Flerbin, qui avoit esté la seconde fois à la découverte à Narasteau avec 30 François et 30 Sauvages, est arrivé icy avec 12 chevelures et trois prisonniers qu'il a fait auprès de Sarasto sur un détashement de 40 Anglois qui sont sortis de ce fort et que nos gens atta juèrent à 4 arpens dudit fort, ce qui obligea l'ennemy de faire une seconde sortie de 150 hommes pour faciliter au reste de leur monde de rentrer dans le fort.
Nos gens se retirèrent victorieux avec leurs prisonniers et chevelures, n'ayant perdu qu'un homme et un légèrement blessé.
May le 7.—Un party d'Abénakis de Becancourt nous amènent un prisonnier qu'ils ont fait à Wiscasick village à 150 milles de Baston et à 15 milles de la mer, rapporte qu'il à appris personnellement d’un capitaine marchand venu à Whiscasick que l'admir:1 Warren étoit attendu tous les jours avec 18 vaisseaux de guerre, sans compter les transports de l’Ancienne Angleterre, pour l'expédition contre le Canada ; qu'un M° de batiment
venu audit endroit a rapporté qu'on avoit pris vers la Martinique deux
vaisseaux de guerre françois tous délabrés et qui étoient de la flotte françoise venue à Chibouctou, Qu'il a oui dire qu'on enrolloit du monde à Baston et qu’il y avoit dans ce port plusieurs vaisseaux de guerre et que le Général Martin avoit fait beaucoup de dégats en France.
Monsieur Lerbin, Lieutenant. arrive avec trois autres prisonniers dont un qu'il a pris aux environs de Sarasto, dans un voyage qu'il a fait à la fin d'Avril, ce prisonnier rapporte qu'il y a environ 390 hommes dans ce fort, mais beaucoup de malades, que cette garnison est très mécontente, n'étant point payée et manquant presque entièrement de vivres ; qu'il a oùi dire qu'un vaisseau françois avoit été pris et amené à New Yorcek l'hiver dernier, qu'il peut y avoir 100 batteaux à Sarasto, ne sçait pas combien il y en à à Orange.
Le Sieur Flerbin nous a remis quelques lettres escrites en anglois qui ont été trouvées dans les habits d’un officier de Sarastau qui a esté tué et qui commandoit un petit détachement qui alloit à Orange, quelques unes de ces lettres parlent d'une expédition dont le Nieur Levingston commandant à Narastau attend le dénouement et l'exécution.
IT ajoute que tous ses soldats sont malades, que la garnison est dans un état pitoyable, qu'il n’y a qu'environ 100 hommes en état de faire leur
devoir, qu'ils manquent de tout secours et s'expliquent en ces termes :
“ Puissions-nous avoir été tués dans cette expédition contre le Canada, c'eût été un honneur pour nous ” ;—Que le fort est la plus mauvaise place qu'on puisse imaginer et qu'il plaint celuy qui le viendra relever. Dans une autre lettre cet officier dit: ‘“ Je suis content par rapport à moy, et je le serois si j'étois à l'endroit du portage (Nota : le seul endroit des quartiers du fort St Fréderie connu sous le nom de portage est celuy de la rivière de Chicot) et que j'y puisse être de quelqu'utilité ; une autre lettre écrite
au capitaine Trente à Narasto, dit :
“ Que la vieille histoire est toujours sur pied, que les habits pour les nouvelles levées sont à Orange, qu'on y a tenu une assemblée générale à ce sujet, qu'on ne s’y est point accordé touchant quelques propositions, que les articles convenus ont été envoyés au gouverneur de Baston, un certificat étant au bas d’un roile de la compagnie du Capitaine Trente, mentionne
qui et nes
al-
un ur
que les soldats qui 11 composent ont été levés par le Capitaine pour l'expédition contre le Canada.
Nous apprenons par un courrier qui arrive de Montréal que dans les derniers jours d'avril, un party d'Aniés et d'Anglois a tombé sur 21 François d'écouvreurs près du Fort St Frédéric dont ils nous ont tué 5 hommes auxquels ils ont enlevé la chevelure, le S'° Laplante officier y a été mal traité, ayant esté blessé de sept coups de feu ; ce malheureux coup est arrivé par trop de confiance de la part des François qui ont été surpris.
Le 16.—Nous apprenons que le Sieur de la Chaumièrie, (si) interprète en langue Iroquoise, que Monsieur le Général avoit envoyé en députation chez quatre des 5 nations est de retour à Montréal le 13 du courant avec 12 ou 15 Montagués outre les femmes et les enfants, les chefs de cette nation les luy ont donné pour le ramener à Montréal en sureté tandis que tous les chefs de tous les villages sont assemblés pour descendre incessamment,
Cet officier assure la parfaite neutralité des Nontagues, Sonont8ans, Goyoguins et Onoyouts, qu'ils sont tous très bien disposés pour nous; qu'ils sont brouillés avec les Aniés, les Anglois et les Flamands encore plus, qu'ils n'ont eu aucune correspondance ave. eux depuis le conseil tenu à Orange l'automne dernier.
L'interprête des Flamands les a suivis dans leurs villages pour les exciter à se servir de la hache qu’ils avoient acceptée. Les Iroquois n'ont voulu l'écouter, ils ont pris le collier qu’ils avoient reçu dans le conseil pour se servir de la hache et l'ont écrasé sous une grosse pierre, ils ont rejeté le tout. L'interprête s'en est retourné. Tel est le récit que les Sauvages en ont fait au Sieur Lachauvinere.
Six Nontagues se sont mis en chemin ce printemps pour aller à un Conseil qui avoit esté assigné lors du conseil à Orange l'automne dernier, mais les Aniés et les anglois les ont arresté à un nouvel établissement qu'ils ont fait avant d'arriver au village des aniés, ils leur ont dit qu'ils ne parleroient dorenavent plus à Orange, les Nontagués s’en sont retournés à leur
village.
Des Sauvages de cette nation ont dit au Sieur La Chauvinerie qu'il étoit mort beaucoup de monde à Orange, à Corlar et même aux Aniés. (Il
y a lieu de penser qu'ils ne veulent pas faire voire aux 5 nations le mauvais état de leurs affaires.) Le Gouverneur de Philadelphie a offert des presents considérables aux Testes llates pour accepter sa hache, le chef de cette nation qui est souverain s'est moqué de luy.
Monsieur de LaChaunvinerie raporte aussi que les 5 nations ont fait toutes les insultes possibles à tous les gens d'Orange pendant le Conseil de l'automne, ils leur ont tué bœufs, vaches, chevaux dans la ville et à leurs
œens du Conseil.
portes et ont couvert de cendre les g
Les Nontagues ont dit à leur arrivée à Montréal qu'ils avoient été détachés de leur village pour conduire le Sieur de la Chauvinerie en sureté, mais qu'ils ne faisoient que procéder les chefs des 5 nations qui étoient assemblés pour descendre et qu'ils venoient tous pour offrir leurs corps et courir les mesmes risques que leur père.
Le 18.—Un party de sept Aniés a fait coup à Chateauguay. un habitant, qui a reçu plusieurs blessures, a eu la chevelure levée sans être tué, sa
femme tuée et son fils blessé, l'homme a été heureusement guéri.
Le 19.— Un party de quatorze anniés a fait coup à Saulange, trois habitans ont été amenés prisonniers dont l'un nommé le Ticle (sic) a tué un des anniés dans l'action.
Le 28.— Arrivé un courrier de Montreal, Messieurs de Beaucourt et Michel nous écrivent que. deux femmes de Sauvages loups, qui ont été prises à Corlar par un party de 22 Iroquois du Sault, rapportent que les anglois ont enbandonné tous leurs petits forts et fait retirer toutes les familles dans les villes ou gros bourgs, pour rassembler tous les hommes à Orange dans le dessein de venir tenter une expédition sur le fort St Fréderic ; que tout ce monde est rassemblé depuis Orange jusqu'au fort de la demy lune qui est à moitié chemin de Narasteau, que le commandant de cette armée devoit partir d'Orange pouf se mettre en route six jours après celuy qu'elles ont été prises.
May le 20.—Ces deux femmes assurent aussy que ce corps de troupes est conduit par les Aniés et autres Sauvages à qui le commandant a dit qu'il ne les fatigueroit pas cette campagne, qu'il borneroit ses exploits au fort Nt Frédéric qu'il prendroit plus aysément que le Cap Breton, qu'il y
Es SE
mu QU. ess
fourniroit un établissement considérable pour pouvoir venir au Canada l'année prochaine.
Le 21.—En réunissant tout ce que nous avons déjà appris des mouvemens de l’ennemy du côté de la Nouvelle Angleterre, joint au rapport de Monsieur de Niverville qui a trouvé les forts et maisons où il a passé abandonnés, nous devons présumer que les ennemis font réellement des préparatifs pour attaquer le fort St Frédéric, les Nontagués descendus à Montréal ont encore dit à cette occasion que les Aniés et les Flamands n'avoient pas voulu leur laisser passer la barrière qu'ils avoient establie en dedans de Corlar et les laisser passer jusques à Orange, on peut juger de là que les ennemis ne connoissent pas aux Nontagués de bonnes dispositions pour eux, ils n'ont pas voulu leur donner connoiïissance des préparatifs qui s'y font et malgré tout cela, les Nontaguëés assurent toujours qu'ils doivent venir icy cette année, d'ailleurs il paroît par la lettre du Sieur Levingston, dont il est cy devant parlé, que les ennemis comptent prendre la route du portage de la rivière du Chicot,
Cette rivière a été embarrassée au mois d'aoust dernier par le détachement de monsieur Rigaud, mais elle ne l’est pas suffisamment pour arrêter l’'ennemy assez longtemps et nous donner tout celuy nécessaire pour nous opposer à leurs entreprises.
Dans ces circonstances nous avons pensé qu'il étoit indispensable de prendre les plus grandes précautions pour secourir le fort St Frédéric s'il est attaqué comme il y a apparance, ou pour ravager les côtes de la Nouvelle Angleterre si l'ennemy ne fait aucun mouvement de ce costé là.
C’est en conséquence que Monsieur le Général donne ses ordres pour la levée à Montréal de 5 à 600 hommes et plus s’il est possible, de tascher d'y joindre les Sauvages des pays d'en haut qui sont à Montréal ; en outre ordre aux 3 Rivières pour la levée de 100 miliciens et 30 à 40 Sauvages des villages.
Ordre d: faire équiper incessamment ce détachement auquel on joint trente à 40 Sauvages de la Rivière St Jean et de l'Acadie qui ont hiverné aux environs de Québec.
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Monsieur le Général n'a pu se déterminer à détacher des habitans du Gouvernement de Québec dans la crainte où il est d'apprendre par les premières nouvelles que Québec sera attaqué par mer. Monsieur le Marquis de Beauharnois a destiné Monsieur de Rigaud major de la ville des Trois Rivières pour commander ce détachement. Ordre également à Montréal d'employer dans le détachement de Monsieur Rigaud les voyageurs destinés pour les postes.
Le 22.—Un party de sept Anniés a fait coup sur une maison à Chambly et ont tué deux personneset fait quatre à cinq prisonniers.
Le 24.—Un party de Sauvages de PanaSamské nous amène un anglois fait prisonnier proche le fort St Georges il y a 17 jours, agé de 64 ans ; n’a pu rien nous apprendre.
Le Sieur Lagroix, pris le 14 juillet 1745 dans une goëlette du Roy à l'entrée de la petite Brador, est de retour avec 5 autres françois renvoyés de Baston à Monsieur de Ramesay en échange du S' Flow fait prisonnier dans le coup des mines et qui fut renvoyé sur sa parole,
Il assure que les marchandises sont d'un prix exhorbitant à Baston, le pain y vaut 8 shellings la livre ce qui fait douze sols de notre argent, et la viande un shelling plus que le pain ; l'argent en papier y est sy commun et sy décrié que Lagroix assure qu'au commencement de sa prison, il changeoit une piastre pour 25 shellings et qu’à son départ il les a changé pour 50.
Que les anglois ont envoyé ce printemps du monde à Louisbourg pour remplacer ceux qui sont morts dont le nombre est sy grand que le premier cimetière à la porte de Maurepas étoit plein, et qu'ils portent les morts à la pointe blanche.
Il y a eu de la mutinerie et du désordre à Louisbourg, les soldats sont mécontens du Gouverneur, les anglois disent que la conqueste de l’isle Royalle leur est funeste, les ruine de vivres et de monde ; que le coup des Mines à fait grand bruit à Baston et que le Colonel Noble est très regretté.
Le Sieur Lagroix dit que cet hiver les anglois doivent aller attaquer le fort St Fréderic. Ils ont envoyé de Baston à New-Yorck un bastiment chargé d'artillerie, de bombes, raquettes et autres munitions ; il compte que s’il y a quelqu'exnédition ce sera contre ce fort,
Le Sieur Lagroix a remis à Monsieur le Général une lettre que luy écrit le Sieur Shirley en datte du 18 mars, par laquelle entre autre il luy propose un cartel pour un échange général de prisonniers.
Le Sieur Lagroix nous remet deux lettres de Monsieur de Ramesay qui nous informe dans celle du premier de ce mois que le 12 avril les anglois sont venus aux Mines avec un navire de 24 canons commandé par le Kieur Rousse et deux goëlettes armées en guerre avec 300 hommes, après avoir bien été assurés par les Accadiens dans cet endroit, ils y ont fait une descente au nombre de 150, ont esté se poster dans la maison de pierre qu'ils occupoient cy devant. Ils y ont arboré leur pavillon pendant une heure seulement, ont dit aux habitans qu'ils reprenoient la Grand Prée par la force des armes. Après 4 jours de séjour les ennemis s'en sont retournés sans faire de nouvelle descente.
Le 26.—Un party Anniés a fait coup à l'Ile Peraux chez le nommé Desloges qu'il amène prisonnier avec sa famille au nombre de neuf. o L
Le 29.—Les Anniés ont fait depuis peu un nouveau coup au Buisson distant de 9 lieues de Montréal où ils ont pris et enlevé trois hommes, sçavoir le nommé de l'Isle, son fils, et le dernier qui restoit des enfans dn nommé Montreuil ey devant pris à Soulange, quelques Nepissingues et Iroquois du lac les ont poursuivis mais inutilement.
Dans le même temps les Anniés ont fait un nouveau coup au petit rapide à une lieue audessous de Chambly où ils ont tué un enfant et pris deux hommes, 2 femmes et 4 enfans. Monsieur de Vassant, Lieutenant commandant un corps de gardes à Ste Thérèse, a envoyé sur le champ un détachement à la rivière aux Sables pour couper passage aux ennemis, mais ce détachement est revenu sans avoir pu rencontrer aucune piste, ce qui a fait penser que les ennemis sont campés au dessus de [Chatnbly nul] Chateaugué.
En conséquence Monsieur de Bécancourt a détaché Monsieur de St Pierre, lieutenant, avec 80 voyageurs et bourgeois pour les cascades jusques au lac St François pour faire en sorte de les surprendre et revenir par Chateaugué.
Huit Abénakis de Nissiskony ont suivi cet officier, ou a envoyé avertir
les sens du lac d'aller les trouver au Cèdres ; on n’a pas jugé à propos d’ ê JUS prop VE
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couvier les Iroquois du Sault, on craint à Montréal qu'ils ne nous trahissent et favorisent les Anniés dans les incursions qu'ils font sur nos côtes, ils sont mêmes subçonnés d'avertir les ennemis lorsqu'on est à leur poursuite en tirant 3 coups de fusil quand les détachements approchent les quartiers où ils campent,
On leur a envoyé des paroles menagées à ce sujet qu'ils ont bien reçues et auxquelles ils sont venus répondre à Montréal dans un conseil tenu le 25 ; ils se sont assez mal excusés et ont présenté de la part de tout le village un collier de guerre en présence des Nontagués pour affirmer qu'ils vont frapper sur l'Annié, en protestant de mieux faire à l'avenir ; on leur a répondu qu’on croyoit leur parole sincère, mais que pour l'affirmer il falloit des preuves constantes et parlantes, et à cet effet il s'en est joint plusieurs dans le détachement de Monsieur de St Pierre.
May le 29.—Les Messieurs nous représentent que le gouvernement de Montréal est entièrement dénué de monde par les différentes levées considérables qu'ils font faire tant pour les corps de gardes avancés que pour les détachements envoyés au fort St Frédéric et le convoy des canots qui emploie beaucoup d'hommes.
Pourquoi ils nous demande:t d'envoyer à Montréal 300 hommes du gouvernement de Québec pour garder les postes et corps de garde, ce qui les mettra en état de fournir un plus fort détachement à Monsieur de Rigaud en y joignant les milices qui sont dans les différents postes.
Nous apprenons aussi que les derniers coups des Anniés au Buisson et au petit Rapide, avoient fait abandonner les établissements de nombre d'habitans de la Rivière Chambly qui ont traversé leurs familles à la côte du nord où ils se croyent plus en sureté.
Ces incursions de la part des sauvages si elle dérangeront beaucoup les costes du sud du gouvernement 4 s nous espérons que les fréquens détachemens- que s ur poursuite, nous débarasseront enfin de leurs fâcheu pportu tés.
Juin le 8.—Nous recevons des lettres de Mon réal, Messieurs de Beaucourt et Michel nous informent du premier de ce mois que le voyase de Monsieur de St Pierre a été infructueux par une mauvaise manœuvr. les
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Iroquois du Sault, que cet officier a trouvé nn établissement formé par les gens du Sault à l'entrée de la rivière Nt Louis au fond du lac St François, lien qui sert de passage aux Anniés lorsqu'ils viennent faire coup sur nos côtes, ce qui a fait soubçonner que ces mêmes sauvages pouvoient favoriser les Anniés, que ce qui les a le plus surpris, c'est que quelques uns des sauvages du Nault qui étoient avee Monsieur de St Pierre ont tenté de prendre le devant lorsqu'ils ont cru être pro“hes des anniés et qu'ils ont été assez hardis pour tirer encore les trois coups de fusil de signaux qui ont été réitérés dans toutes les occasions où on à poursuivi ces sauvages,
Ces messieurs ont envoyé des paroles aux gens du KNault pour leur faire ressentir ce mécontentement ; ils ont reçu ces paroles avee beaucoup d'attention et ont promis de mieux faire à l'avenir. Monsieur de St Pierre a ramené avec lui les sauvages établis au lac St François, et il a brisé plusieurs canots d'écorce et d’orme fait par les Anniés.
Messieurs de Beaucourt et Michel assurent que Monsieur de May commandant à la Prairie les informe que deux courriers arrivent d’un party de sauvages du Sault et du Lac qui ont eu un homme de tué et un de blessé, ces deux courriers rapportent que le party a frappé aux environs de Corlar où ils ont fait un prisonnier, lequel assure que le nommé Loyennoguin le chef Annié qui nous a trompé l'automne dernier étoit party avec 70 hommes pour faire coup sur les costes de Montréal.
Le 11 Messieurs de Villiers et Celcron (si) officiers partis le 13 may de Montréal avec 7 cadets et 12 habitans et environ 80 sauvages pour aller frapper du côté de Corlard, sont de retour après avoir été attaquer le fort que Monsieur de Rigaud avoit pris l'an passé que les ennemis ont rétabli. Notre détachement a été repoussé par une forte sortie fait de ce fort, dans laquelle il y a eu dix Anglois de tués et deux sauvages Anniés dont on a rapporté les chevelures de ces derniers seulement.
Monsieur de Rigaud, major de la place des Trois Rivières, parti le'8 de ce mois de Montréal, avec neuf officiers des troupes et 12 officiers de milice, dix cadets un aumosnier, deux chirurgiens, trois interprètes, environ 500 habitans, non compris ce qui étoit parti avec Monsieur de la Corne et ce qui était venu de Québec et les Trois Rivières, faisant en tout environ 1200 hommes et deux cent sauvages, pour aller en guerre sur les côtes de la Nouvelle Angleterre.
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Ce party a séjourné quelque temps au fort St Frederic. Monsieur Rigaud détacha de ce fort Monsieur St Lue la Corne avec un détachement de 200 homme: tant François que Sauvages pour aller faire une descente à Sarasto. Cet officier, au moyen d'une feinte qu'il fit aux ennemis pour les engager à sortir de leur fort, en a défait plusieurs et fait 40 prisonniers dans le nombre duquel il y avoit un officier.
Monsieur Rigaud a été ensuite avec son monde faire une seconde descente au fort où il n'a pas trouvé occasion de faire coup cet s'en est revenu en cette ville.
Trois habitans que Monsieur de Ramezay avoit envoyé exprès pour savoir des nouvelles de Louisbourg, sont arrivés à Beaubassin le 22 may, ces habitans ont été au St Esprit d'où ils ont envoyé à Louisbourg.
Au retour on leur a assuré qu’il n’y avoit dans ce port qu'une galiotte à bombes, trois goëlettes, deux batteaux venus depuis peu à Baston où l'on dit toujours qu'il y a une grande famine, que les Anglois ont perdu à Louisbourg depuis l'automne jusqu'à Noël environ 500 hommes, mais que depuis ce temps la maladie a bien cessé, qu'il y a environ 2000 hommes de garnison, que les Anglois disent publiquement à l'Isle Royalle qu'ils viendront cette année en Canada et qu'ils prendront les Accadiens pour les faire embarquer dans leurs vaisseaux ; ils paroissent mécontents de ces derniers qu ils accusent d'avoir pris les armes contre eux dans le coup des Mines.
Il n'y a rien de nouveau à Chibouctou du 18 may que les deux petits bastimens anglois qui sortent le matin et rentrent le soir sans descendre à terre.
On a eu avis que le 24 dudit mois il paroissoit à 6 licues de la Baye Verte, du costé du Port Lajoye, trois bastimens. Monsieur de Ramezaÿ envoya un détachement de François à la découverte, ayant été informé le soir que ces bastimens rentroient dans la Baye Verte. IT fit partir un second détachement de tous les Sauvages qui seroient arrivés assez tôt pour les recevoir, mais ces corsaires, n'ayant point eu connoissance de nos bastimens qui étoient chachés dans une petite rivière, se sont retirés dans la nuit du costé de Tamigonche, on ne les a pas vus depuis.
I] apprend par Monsieur Desenglave, preste Missionnaire à Port Royal qui lui écrit des 6 et 17 may, qu'on a reçu depuis des nouvelles de Baston qui apprennent qu'un bastiment arrivé audit lien rapporte que le chef d'Escadre Warren étoit parti de Londres ave: quinze vaisseaux de guerre pour l’entreprise du Canada dont il étoit chargé, qu'on attend par luv les ordres de la Cour de Londres pour cette entreprise ; qu'on croit à Port Royal qu'on enverra des forces de Baston aux Mines ou à Beaubassin, que cependant on pense que l'on ne fera de mouvemens qu'après l’arrivée de ce chef d'escadre, qu'on à appris à Baston le retour en France de 7 vaisseoux de guerre de l'escadre de Monsieur le Due d'Anville avec plusieurs transports, que les anglois ont pris &e cet escadre l’Ardent, le Mercure et le Mars.
Il paroït par cette même lettre que le batteau venu à Beaubassin, venant de Baston, sans avoir touché à Port Royal, y est entré ensuite, ce qui fait conjecturer Monsieur de Ramezay que ce bâtiment venoit voir si le détachement de Canadiens étoit encore à Beaubassin pour y venir avec des forces supérieures et exécuter leur premier projet contre les habitans.
Ce commandant ajoute qu'il se trouve dans l'obligation de nous prévenir que s’il ne reçoit pas de nouvelles de France avant le commencement de juin ou de rouveaux ordres de Monsieur le Général, il sera forcé de partir aussitôt pour le Canada, ce qui pourra aller jusques audit mois, ne pouvant plus soutenir à cause de vivres, en ce cas il compte laisser un officier à Beaubassin avec 30 hommes et quelques Sauvages pour boucher tous les chemins et ôter à l’'ennemy la connoissance de son départ.
Le 14—Arrive un party de 14 Abénakis de Panna8amské qui ont frappé aux environs du fort St George sur 15 anglois dont ils en ont tué 12, pris 2 qu'ils nous ont amené, le 15% s'est sauvé, ces 2 prisonniers ne savent aucunes
nouvelles.
Le 15.—Nous eûmes avis à Montréal par des Sauvages du Sault qu'il y avoit un party d'Anniés aux Cèdres et que quelques uns de leurs canots avoient traversé dans l'isle de Montréal, l'on tira trois coups de canon à minuit à la ville et l'on battit la générale à 2 heures, et à 6 Messieurs le Chevalier de La Corne, capitaine, et de St Pierre, lieutenant, partirent avec un détachement chacun d'environ 100 hommes y compris la quantité d'officiers et de cadets pour aller à la rencontre des ennemis.
Monsieur le Chevalier de La Corne la nuit du 16 fit rencontre à la traverse d2 l'Isle Peraux d'un canot Sauvage qui étoit dans le large sur lequel il donna et qu'il prit, dans lequel il y avoit cinq sauvages Anniés Sounon-
. "2 FA ° tanans, Anoyots, et deux flamands déguisés en Sauvages.
Il s'empara aussy de trois femmes françoises que ces Sauvages avoient
fait prisonniers la nuit devant l’isle de Montréal.
Le reste du party, qui est d'environ 40 hommes, conduit par Thoguenoguin, qui s'étoit divisé en canots fut tomber pour se sauver à Chateaugué où Monsieur de St Pierre étoit embusqué pour les attendre ; il fit faire une décharge sur eux lorsqu'ils furent prêts à mettre pied à terre ; il y en eût plusieurs de tués et plusieurs faits prisonniers, les autres s'échappèrent à la faveur de la nuit qui étoit sy obscure que les François tiroient sur euxmêmes, un nommé le Duc fut tué de cette façon, et le Sieur Gaudefrois cadet le fut aussy par un annié. Un canot chargé de 25 françois tourna dans le
Sault St Louis en revenant, 8 à 10 hommes furent noyés.
Le 17.—L'on eùt avis que les ennemis étoient au bout de l’isle de Montréal, l’on battit la générale et à l'instant l’on fit partir environ 200 hommes en plusieurs détachemens avec plusieurs officiers à leur tête :
c'étoit une fausse alarme.
Le 19.—Le Sieur Beaujeu de Vilemonde arrive de Beaubassin, il nous remet une lettre de Monsieur de Ramesay qui nous écrit du 16 courant qu'il est à Rimouski avec tout le détachement de Canadiens et les prisonniers, qu'ii est parti de la baye verte le 5, n'ayant pu y rester plus longtemps sans exposer le détachement à mourir de faim, qu'il y en a même 40 à 50 de très malades.
Le 21.—Nous recevons des lettres de Monsieur de La Corne, Capt. détaché par Monsieur le Général chez toutes les nations des pais d'en haut. Il nous écrit de Mivhilimakinac du 6 may que toutes les nations chez lesquelles il a passé se sont présentées de bonne volonté et avec plaisir pour descendre à Montréal, et qu'il n'a trouvé aucun obstacle dans sa mission dans laquelle il a mieux réussi qu'il n'osoit se flatter ; il compte se rendre à Montréal au plutot le 20 de ce mois, il ne nous marque point la quantité de Sauvages ou le nombre des nations qui doivent le suivre.
Le 26.—Nous expédions des courriers à Rimouski, au cap chat et au cap Desrosiers, pour donner avis aux commandants de ces postes du départ de France d'une Escadre qui vient en Canada sous le commandement de Monsieur de la Jonquière, afin que nous soyons informés de bonne heure de l'approche de cette escadre pour que nous puissions envoyer au devant d'elle des rafraichissemens dont les équipages et les troupes pourront avoir besoin.
Le 28.—Les Sauvages faits prisonniers par Messieurs de la Corne et St Pierre, ont été amenés à Québec au nombre de 10, sçavoir 4 Sonont8ans, 4 Oneyots, un Lou» et un Annié et 4 Flamands habillés en sauvages.
Nous fait avertir tous les Sauvages des environs de Québec au nombre de plus de 300 qui se sont trouvés à l’arrivée de ces prisonniers et qui ont observé les cérémonies ordinaires en pareil cas, ils les ont feit promener par toute la ville, fait danser et chanter.
Nous avons fait conduire ces prisonniers dans une prison où ils sont bien gardés et aux fers, il est resté un Loup malade à Montréal et un jeune Annié qui a esté pris par les gens du Sault.
Juillet le 1°*—Arrivée de Monsieur Réal Boscat garde de la marine débarqué hier aux pellerins de la fregatte l'Emeraude commandée par Monsieur de la Jonquière de Caffanet, cet officier nous marque la malheureuse rencontre faite par Monsieur de la Jonquière de 16 vaisseaux de guerre anglois auxquels il a livré combat, sur lequel il ne peut rien dire de positif en étant trop éloigué, il ajoute qu'il est en rivière avec 7 bastimens marchands de transport et autres dans lesquels il y a 14 officiers, 150 soldats et 30 Suisses, et qu'il en a vu encore trois autres quelques jours après le combat.
Le 5.—Arrivent des courriers de Beaubassin, le Père (Germain nous écrit du 20 juin qu'il a appris le 18 que la goëlette l'Angélique capitaine le Sieur Crosselin, expédiée par nous, était arrivée dans un petit port de la coste de terre ferme nommé Cocagne, distant de la Baye Verte de 15 à 18 lieues. ‘
Ce missionnaire a fait rester ce bastiment dans ce hâvre jusques à ce qu'il reçoive des ordres pour l'employ de la cargaison ; il a seulement tiré
quelques effets pour les besoins du détachement de 30 hommes. ss
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Le Sieur de Repentigny qui le commande compte rester à Beaubassin jusques à ce qu'il reçoive de nouveaux ordres. Monsieur Desenclave, prestre missionnaire à Port Royal, écrit au Père Cermain le 7 juin que Monsieur Knowles, gouverneur de Louisbourg, étoit alors à ce fort avec deux vaisseaux de guerre, mais qu'on ignore le sujet de sa venue.
Le 7.—Arrivent des couriers de l’Accadie, le Sieur de Repentigny et le Père Germain nous marquent du 23 juin, qu'ils viennent d'apprendre par deux habitans des Mines que 10 à 12 Accadiens partis de Port Royal le 17 du dit mois ont rapporté à la Grandprée que le 15 Monsieur Knowles qui depuis le 10 étoit arrêté avec des navires dans le bassin, s’étoit embarqué dans un batteau qui venoit d'arriver pour se rendre à l'Isle Royale, que ce même batteau avoit esté dépeché de Baston par M. Shirley pour informer M. Knowles que Louisbourg étoit déja assiégé, que ces mesmes habitans rapportent que 2 Accadiens de Port Royal nmmés Luret et Poirrier ont assuré tenir de vive voix de Dion, qui pilotoit le batteau en question, que les François avoient fait leur débarquement le 2 juin, ils ajoutent qu'il est engagé de rendre de jour ou de nuit le gouverneur dans sa place en canot d'écorce dont il avoit eu soin de se pourvoir. Nous n'avons fait aucune attention à ces nouvelles, et s’il est vray qu'il ayt paru une escadre à Louisbourg ce ne peut être que celle du chef d’escadre Warren qui est attendu depuis longtemps dans ces mers-cy avec douze ou 14 vaisseaux de guerre qui sont destinés, disent les anglois, pour l’entreprise du Canada.
Le 8.—24 Iroquois du lac sont partis de Montréal avec le Kieur Richeville pour aller en guerre. Ils ont été du côté de Baston et ont esté repoussées ; ils ont tué deux Anglois dont ils n’ont pu avoir la chevelure.
Le 10.—Les cinq Sauvages Malecites, du party de Monsieur de St Luc de la Corne, viennent d'arriver avec le prisonnier qu'ils ont fait dans l'action, ce prisonnier nous confirme ce qui s’est passé dans l'aventure du N° La Corne St Luc, et ajoute qu’il ne devoit rester que 150 hommes dans le fort, qu'il étoit du! aux soldats 21 mois de paye, ce qui accasionnoit un mécontentement général.
Ce prisonnier étoit il y a 20 jours à Orange, il dit qu'il a été ey devant levé dans les province de New York, Pensilvanie, Cersey, et Maryland 40 compagnies de 100 hommes, chacune réduite aujourd'hui à 40 ou 50 hommes
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de mauvaise volonté, que ces compagnies étoient dispersées dans les diftérens forts, que celuy de la demy lune entre Orange et Narasteau avoit été abandonné et que l’on attendoit plus l'amiral Warren, nous pouvons compter sur quelque chose lorsque nous aurons vu les autres prisonniers.
Le 12.—On nous envoye de Montréal 7 prisonniers Anglois dont un officier provenant du coup de Monsieur St Lue, le lendemain cinq ou six
Abénaquis nous en amènent encore un provenant du même coup.
Le 13.—Douze Mississagues partis de Montréal pour la guerre arrivent avec deux chevelures.
Le 16.—Le Sieur de Repentigny nous écrit de Beaubassin qu'il vient de recevoir par un habitant venant du Nt Esprit, des nouvelles de Louisbourg qui détruisent celles qu'il nous avoient marqué le 23 juin précédent, que cet homme a parlé à quelques habitans du St Esprit venant de Louisbourg et arrivés Le 15 juin, lesquels lui ont dit que le Gouverneur n'y étoit pas encore de retour, (Nota : il étoit allé à Baston et de là devoit se rendre à Port Royal) que les Anglois présumoient toujours qu'il partiroit une escadre françoise considérable, mais ils ignorent le temps de son départ et sa destination, que l’Amiral Warren attendoit qu'on seut de quel côté cette escadre tourneroit, pour s'y opposer avec des forces, ce même habitant a mené à Beaubassin 3 déserteurs de l'isle Royale partis le 15 may, lesquels n'ont rien rapporté de plus particulier.
Ils coufirment seulement le mécontentement général de la garnison qui est composée d'environ 1500 hommes.
Messieurs de Beaucourt et Michel nous écrivent du 13 qu'ils viennent de recevoir une lettre de Monsieur de Rigaud, datée au fort St Fréderic, le 8 du courant, il leur marque qu'une partie de ses Nauvages l’abandonne, que la diversité de sentinients parmy eux change totalement les idées qu'il s'étoit fait sur son voyage, qu'il prend le party de se rendre dans le fonds de la grande baye où il sera à portée de remplir ses instructions qui consistent particulièrement à couvrir le fort St Fréderic, qu'il fera faire de fréquentes découvertes pour observer l'ennemy, qu'après toutes ces précautions il se déterminera sur le party qu'il doit prendre pour diriger sa marche.
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Le 19.—Le père Maurice Lacorne, missionnaire des Sauvages de Miramichi, vient d'arriver par terre, deux corsaires anglois s'étant emparé le 380 du passé, à 8 lieues de Gaspé, du bateau qu'il montoit, heureux d’avoir pu se sauver à terre avec son équipage au nombre de 10 hommes, les deux corsaires sont un gros senaut de 20 à 30 canons avec un bateau.
Le 20.—Nous recevons des nôuvelles tant de Montréal que du Détroit, celles du Détroit sont très intéressantes. Monsieur le Chevalier de Longouil, commandant à ce poste, nous écrit du 23 juin, que le 20 may quelques Hurons du Détroit, établis depuis quelques années à Sandoské, de la bande du nommé Nicholas chef de guerre, ont tué cinq François qui revenoient du poste de la Rivière Blanche et ont pillé leurs pelleteries, que tous les Sauvages des environs, excepté ceux des Illinois, avoient formé le dessein de détruire tous les François du Détroit dans une fête de la Pentecôte, et d'aller ensuite au fort y mettre tout à feu et à sang, que quelques Hurons ayant frappé trop tôt, la mèche avoit été découverte par une femme huronne qui vint en avertir Monsieur le Chevalier de Longueil ; que ce dessein est le fruit des colliers que les Angiois ont fait distribuer chez toutes les nations par les Iroquois des cinq nations, que sur cet avertissement il a fait retirer tous les habitans dans le fort pour se tenir sur leurs gardes, en cas de quelques nouvelles trahisons.
Les Outa8as ont parlé au Détroit et ont assuré n'avoir eu aucune part dans cette mauvaise affaire, d’autres Hurons de la bande de Sastaredzi (premier chef de la nation huronne ainsi que Jaychatin autre chef n’étoient pas présents au coup) et Jaychatin sont ausy venus parler à Monsieur de Longueuil et luy ont également assuré qu'ils ne trempoient pas dans le mauvais coup des gens de Nicholas, cependant, demandent grâce, tâchent de se disculper et proposent de se venir établir proche du Détroit.
Monsieur de Longueil ne leur a rien répondu de positif et les a renvoyé à Monsieur le Général.
Néantmoins la bande de Nicholas continue de se tenir à Sandoské où ils comptent sans doute, dit Monsieur de Longueuil non seulement %e soutenir mais encore harceler le Détroit par de petits partis de guerre.
Ils ont attiré chez eux plusieurs familles d'Troquois vagabonds Loups et autres ; on assure même qu’il y en à du village du Sault.
Le père Potivr jésuite missionnaire a abandonné ls village de l'Isle aux Bois Blanc et s'est retiré au Détroit où il doit rester. Monsieur De Longueil ajoute que si les nations ne se déclarent en notre faveur, même pour peu qu'elles demeurent dans l'inaction, il sera hors d'état de faire faire les récoltes ; qu'il y a desjà eu plusieurs bostiaux des habitans de tués et emportés, quelques maisons à la campagne pillées par des Sauvages inconnus, qu'il est vray que les chefs désaprouvent fort la mauvaise conduite de ces malheureux et qu'ils tâchent d: les contenir, mais que cela ne donne
‘aucune certitude de leurs bonnes intentions.
Des lettres particulières font mention du meurtre des cinq François avec des circonstances qui font connoitre que les Hurons de Sandoské ont
exercé dans cette occasion les plus grandes cruautés.
Messieurs de Beaucourt et Michel nous écrivent du 20 que Monsieur de St Luc qui arrive du fort St Fréderie lour apprend que Monsieur Rigaud revient avec tout son détachement ; que cet officier à esté 3 jours devant Sarasto sans pouvoir rien entreprendre, la garnison qui a déjà perdu plus de 100 hommes ne sortant plus du fort qu'on ne peut enlever qu'au moyen d’un siége en furme, ee fort étant muni d’une forte artillerie, d'artilleurs la désertion de 1a plupart ds Nauvages et de leur mauvaise volonté de marcher contre les anniés ont obligé Monsieur Rigaud de se retirer.
Nora :—Hlavoit (sie) déserté du party de Monsieur de St Luc un Sauvage dit Germaneau, les autres Sauvages ont craint que ledit Germaneau s'étant rendu à Orange où il avoit donné avis de l’état de nos forces, ils ne fussent cnveloppés par un party ennemi supérieur au nôtre.
Le 26 —Nous renvoyons le Sieur Langi à Montréal ou nous donnons ordre d'envoyer au fort St Fréderie 50 à 60 François et 30 à 40 Sauvages, ce qui doit sufhire et au delà pour faire le bois de la garnison pour l'hiver prochain, monsieur de Rigaud en ayant fait faire la plus grande partie par son détachement.
Arrivé un courrier despêché par Monsieur Aubert commandant au cap Desrosiers, lequel nous adresse une lettre que luy écrit le Sieur Barré résident à la grande rivière en date du 5 de ce mois, ce particulier lui
marque que le deux dudit mois, 3 bastimens anglois, sçavoir, une goëélette un Menaut ct un bateau (c'est celuy du Sieur LaCorne) sont venus ranger la pointe verte sous pavillon et flamme françoise, que le Sieur Barré leur a
tiré un coup de fusil, ensuite leur a demandé d'où ils étoient ; lui ont
répondu qu'ils venoient de la Cruadeloupe et qu'ils venoient chercher un
pilote pour monter lu rivière.
Le Sieur Barré leur a dit d'envoyer leur chaloup: à terre, et qu'alors il les re-onnaitroit et leur enverroit un pilote, ce qu'il n’ont pas fait. Alors le dit Sieux Barré leur a fait faire une décharge de mousqueterie par les pêcheurs du lieu qui se sont rassemblés au nombre de 30 à 40 personnes, les ennemis n'ont point répondu, la goëlette a poussé sa bordée vers Pabo, mais étant incommod£e des décharges de mousqueterie ; elle a été obligée de virer de bord en tirant 2 coups d? canon et est venue mouiller à portée de pistolet de terre où elle a amené ses voiles et tiré plusieurs coups de canon et pierriers, ainsy que de là mousqueterie.
Le Senaut qui étoit plus au large que la goëlette, tiroit continuellement du canon du calibre de 4 livres ; le petit bateau a toujours tenu le large ; le Sicur Barré n'a cessé de tirer sur ces deux bastiments principalement sur la golette qui étoit plus proche ; le combat a duré 6 à 7 heures que la nuit est venue, alors ces bastiments ont pris le large, ils étoient à la voix de terre et ont souhaité le bonsoir au Sieur Barré et l’assurèrent qu'ils viendroient le revoir le lendemain, ce qu'ils n’ont cependant pas fait.
Le Sieur Barré assure que ces deux bastimens ont tiré au moins 50) coups de canon et pierriers sans compter la mousqueterie, et qu'il leur a tiré de sa part à portée de pistolet plus de 80 1. de balles, il compte même avoir affaibli l'équipage de la goëlette, y ayant vu venir 3 fois la chaloupe
du Senaut chargée de monde et qui ne retournoit qu'avec l'équipage.
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Le Sieur Barré demande au Nieur Aubert des munitions, ayant lieu de craindre que les Anglois ne reviennent à la charge.
Monsieur Aubert en nous envoyant la lettre du Sieur Barré nous marque avoir vu le 8 de ce mois à environ 5 lieues au large un navire à trois mats dont il n'a pu distinguer la voilure, ayant dépassé le poste d'.nviron 2 livues, il luy a paru porter dans le sud, l’ainur (sic) a tribord étant avec sa mizaine et son artimont ; deux heures après il a reviré de bord le
gros quoyque de loin, sur les 94 du matin il l'a perdu du vue, il compte que c’est un bastiment anglois.
Ledit Aubert en nous informant de l'aventure du Sieur Barré nous marque qu'il a très peu de munitions de guerre et qu'il n'est pas en état d'assister ledit Sieur Barré comme il conviendroit dans les circonstances où il se trouve, et nous prie de lui en envoyer incessamment, ainsy que des vivres pour le monde de son poste (audit Aubert) dont il n'a que pour très peu de temps.
Le 50.—Trente Iroquois du Sault sont partis de Montréal pour aller en guerre sur les costes de Baston, arrivent avec G prisonniers et huit chevelures.
Messieurs de La Corne, capitaine, Dubreuil, Lacorne et Jumonville, officiers, 8 cadets, deux officiers de milice, trois interprètes et 350 Sauvages descendus avec mondit Sieur de La Corne des pays d'en haut des domiciliés, sont également partis pour aller en guerre du côté des Anniés. Quelques petites bandes se sont détachés par petits partis, ont fait à Corlard et ont tué deux Sauvages auxquels ils ont levé la chevelure qu'on croit être des Anniers et ont amené six prisonniers anglois.
Aoust le 1‘.—Quinze Iroquois du Sault St Louis sont partis pour aller en guerre, arrivent avec des prisonniers et des chevelures.
Le 7.-— Le navire la Vierge-de-Grave, capitaine le Sieur Larregin, équipé en paquebot, est parti aujourd'hui pour Baston avec 180 prisonniers anglois.
Le 9.— Les Hurons du Détroit ont parlé en Conseil, ils ont demandé entr'autres choses que le P. La Richardie leur ancien missionnaire remontat avec eux au Détroit pour travailler efficasement à rétablir la tranquilité dans cette nation, nous avons pensé que cette demande ne pouvoit que bien faire dans les circonstances, vu le dérangement des affaires du Détroit, et la confiance particulière qu'ont ces Sauvages dans ce missionnaire, nous n'avons pas balancé à leur accorder leur demande. Le Père La Richardie s'y est prêté volontiers, il doit partir en peu de jours pour se rendre à Montreal et dela au Détroit.
Le 10.=—Le Brigantin le Saint-Exprit, équipé en paquebot est parti aujourd'hui pour Louisbourg chargé d'environ 80 prisonniers.
Le 13.—Monsieur de Noyelle capitaine et le Sieur d'la Verendrie fils, arrivent de Michilimakina: et remettent à Monsieur le GSnéral une lettre dattée au dit poste le 23 juillet à luy écrite par le Sieur de Noyelles fils commandant en l'absence de Monsieur de La Corne l’aisné et autres officiers venus audit poste des autres postes d'en haut qui se sont trouvés alors à Michilimakinac, et remettent à Monsieur le Général une lettre dattée (nul). Monsieur le (rénéral est informé par cette lettre du dérangement d2 toutes les nations de ce postes et des environs, 8ta8as, Sauteurs et Mississagués.
Les 8ta8as de Saguinau ont tué 3 françois venant du Détroit à Michilimakinac, deux canots françois qui étoient partis en guerre de Montréal pour la mer de l’ouest ont été attaqués par les Sauteurs vers le lieu nommé la cloche près le lac Michigan, un a été défait en entier où il y avoit huit hommes, le second s’est sauvé à Michilimakinac, en prenant le large et en jetant tous ses effets à l’eau.
Un autre François a été poignardé par les Sauteurs à l'endroit nommé la Grosse Isle, distance du poste de 2 lieues seulement.
Ces sauvages ont fait diverses insultes et menaces dans le fort et aux environs, ils y ont tué tous les chevaux et autres bestiaux qu'ils ont pu y attraper, leur dessein étant de surprendre le fort, ce qui a heureusement été découvert, on les obligea de sortir en sonnant la messe et battant la retraite comme il est d'usage, et en faisant même quelques mouvements pour se mettre sur la défensive.
Il y avoit d'autant mieux lieu de présumer des mauvaises intentions des sauvages qu'une foule de jeunes gens s'étoient armés de couteaux dans un conseil qui avoit été assemblé à leur demande le 3 juillet et qui se tourna en criailleries ; on n’a depuis laissé entrer les sauvages dans le fort qu'avec de certaines précautions.
Quelques jours après arriva des François de ChagS8amiyou ainsy que Monsieur de Noyelle père qui revenoit de la mer de l’ouest à l'ordinaire, on y reçut aussy des nouvelles sures du Détroit, ce secours d'hommes tranquillisera un peu le fort dans lequel il n’y avoit avant cette arrivée que 28 hommes.
Le 2 juillet un sauvage 8ta8as nommé Niqui8anan vint au poste dire en secret au commandant et au missionnaire que l'Iroquois, le Huron et les
Têtes Plates s'entendoient avec l'Anglois pour détruire le François et le chasser jusques au delà de la mer, que l'8ta8as du Détroit est partagé, que le Pont8atami se conformera à luy, que le Mississigué et le Sauteur sont gagnés, que l'8ta8ac de Saguinau à déjà frappé, que l'8ta8ac de Michilimakinas auroit pris parti contre nous sans la partie du village qui est à Montréal, et que malgré cela peut-être encore qu'à l'arrivé: de 70 hommes dr. Saguunan auxquels se doivent joindre les Sauteurs de la Grosse Isle, ils se déclareroient contre nous, qu'ils doivent partir en peu de jours et venir la nuit parler aux Sta8acs du poste et qu'il étoit bon de ne laisser aller personne à la chasse et de se tenir sur ses gardes.
Monsieur de Noyelle fils ajoute qu'il retiendra à Michilimakinac jusques à nouvel ordre les canots qui devoient venir à Montréal pour les différens postes, à moins que les aflaires ne vinsent à changer de face et qu'on fut certain d'un changement de dispositions dans les Sauvages de ces postes.
Le 21.—Un party d'Abénuquis de l'Accadie nous amène un anglois qu'ils ont fait prisonnier à Pisvatoué nommé Guillaume Wilson, ce prisonnier rapporte qu'il est arrivé à Baston un batteau du Cap Breton qui dit pour nouvelle que l'amiral Warren y étoit arrivé; que la nouvelle est publique à Baston qu'il y a eu dans le combat livré près de France 5 vaisseaux de force françois pris et un 6° coulé bas ; qu’on devoit renvoyer incessamment la milice levées à la Nouvelle Angleterre, qu'on parloit beaucoup de paix, que les marchandises étoient fort chères à Baston que les vivres y étoient abondans, la livre de poudre y vaut 14 shellings.
*e prisonnier rapporte aussy que les anglois avoient tous les Sauvages des pays d'en haut dans leurs intérêts.
Le 28 —Nous recevons des lettres de Monsieur de Beaucourt et de M. Michel des 20 et 23 du courant dont voici les extraits :—De celle du 20 :
“ Que les Pont8atmis du party de Monsieur de la Corne, ayant eu quelques discutions avec les 8ta8acs, le lendemain du départ du fort St Fréderice, se sont séparés au nombre de 48, et ont été en deux partis frapper, un du côté d'Orange où ils ont fait trois prisonniers et une chevelure, et l'autre à Sarastaugué d'où ils ont apporté deux chevelures.
Les prisonniers interrogés ont dit qu'il y a près de 3 mois qu'il n'ont 1 eu aucunes nouvelles d'Europe, qu'on parle toujours chez eux d'une grande
expédition contre le Canada, sans cependant faire aucuns préparatifs, et que les plus sensés pensent que c'est un leurre qu'on donne au public; n'ont
Deere eat er RE
eu aucune nouvelle du combat de Monsieur de la Jonquière.
Les Folles Avoines et Nepissingues, au nombre de 14 qui se sont séparés
de Monsieur de la Corne, dont tout le party s'est séparé selon les apparances
| aux environs de Corlard, arrivèrent le 29 à Montréal avec deux chevelures
d'Anniés et une de Flamand ; ils disent qu'ayant voulu suivre les Sauvages
du Sault qui avoient de l'avance sur eux et n'ayant pu les joindre, ils se
j sont embusqués auprès d'un grand chemin où trois autres aboutissoient, ils
| n'y ont point été cachés qu'il a paru un gros et grand Annié qui portoit une chaudière, un sabre et un fusil.
Dès que cet Annié les apperçut il fit un cri d’une voix forte. Lamothe fol avoine chef du party cria à ses gens de le prendre en vie, mais le nommé Caron avoit déjà lasché son coup qui le tua.
Suivant la chevelure qu'ils ont présentée, la taille, la voix qu'ils ont figurées, il y a tout lieu de penser qu'iis ont tué Joyenoguin le chef Annié LS qui nous a trompé, tous les Iroquois assurent que c’est sa chevelure qui est
remarquable en ce qu'elle est clair et blanche (on a su depuis que c’étoit un autre chef nommé Le grand poisson, hommes très acrédité dans la nation) après ce coup ils couvrirent le corps et furent s'embusquer un peu plus loin, et dans le moment, parut un Flamand avec un jeune Annié auxquels ils ont également levé la chevelure après les avoir tué, ils disent que ce Flamand avoit beaucoup d'argent sur ses habits, et le regardent comme un considérable.
Septembre le 6.—Le Brigantin le Saint-Esprit équipé en paquebot et \ de retour de Louisbourg, estant par le travers de Miré, bon vent pour entrer à Louisbourg, une goëlette luy a tiré plusieurs coups de canon à
boulet pour l'arrêter, ce qu'il a fait.
Monsieur Knowles étoit dans cette goëlette, il a conduit ce brigaatin à Portenove et de là à la baye des Espagnols ou le gouverneur s'est rendu ; 2
vaisseaux de guerre, l’un de 50 canons et l’autre de 60 sont venus l'y
joindre.
et ur
Les prisonniers Anglois dont le KSieur Esprit étoit chargé ont esté remis dans les vaisseaux de guerre, M. Knowles répond à Monsieur le Général et luy marque qu'il n'y a à Louisbourg aucuns prisonniers françois.
Le Sieur Lefevre, capitaine du Paquebot, raporte qu'il n'a été que 8 jours à terre à l'Espagnol où il a appris seulement qu'il n'y avoient point d'autres vaisseaux à Louisbourg que les cy-dessus. La goëlette dans laquelle étoit le gouverneur est une goëlette en bombes. Monsieur Knowles luy a dit qu'il attendoit Monsieur Warren avec 8 vaisseaux de guerre, il sçavoit alors la prise de l’escadre de Monsieur de La Jonquière.
Le 12.—Le Sieur Guillimin nous a fait le détail de son naufrage et de ce qu'il a appris dans son séjour à Baston et à Louisbourg où il a touché en revenant :
“ Le paquebot a touché à Louisbourg où il a resté 8 jours, le Sieur Guillemin a su de quelques François qui sont encore dans cette place que lorsque Monsieur de Ramesay estoit aux Mines l'hiver dernier, les Anglois étoient dans l'apréhension qu'il ne vint aussy à Louisbourg, que dans cette crainte où étoit la garnison, les soldats s'étoient déterminés à se sauver de leurs officiers lorsque nos gens puroïitroient ; il y a eu à cette occasion 12 soldats de pendus et d’autres passés par les armes,
Quelque temps avant l’arrivée du Sieur Guillimin dans le port, la garnison s'étoit de nouveau revoltée, les soldats avoient tenté de mettre le feu à une des poudrières, et le dérangement et la mutinerie occasionnent tous les jours des punitions rigoureuses.
La maladie paroit avoir cessé ; on a assuré au Sieur Guillimin que la garnison n'étoit pas composée de plus de 8 à 900 hommes.
I! y avoit à Louisbourg un vaisseau de guerre de 54 canons et 8 goëlettes de 12 canons avec de très faibles équipages. Deux de ces goëlettes sont sortis du port avec le paquebot, pour croiser, dit-on,
Lors du séjour du paquebot à l’isle Royale tous les Français estant à Louisbourg provenant de la capitulation au nombre de 60 hommes et enfans se sont présentés à M. Knowles pour avoir la liberté de passer à Québec par cette occasion,
I] leur a esté repondu qu'il ne pouroit les envoyer iey, mais q'il les enverroit en France dans un paquebot qu'il expédieroit dans un mois. A été repliqué par les habitans que depuis un an on les amusoit d’une pareille réponse qui n'avoit eue aucun effet. Le Nieur Knowles a prié le Sieur Guillemin d'assurer Monsieur Beaubarnois qu'il les enverroit.
Le 17.—Depuis 15 jours il est venu nombre d'habitans de Beaubassin et du Port Toulouse dans plusieurs esquifs pour demander des vivres pour faire subsister leurs familles qui sont dans une extrème misère sans aucune resource. Monsieur Hocquart n’a pu se dispenser de leur faire donner 115
quarts de farine, des légumes et quelques marchanäises.
Le 19.—Le Northumberland est entré,dans le bassin et est entré en rade,
Monsieur le Comte de la Gallissonnière a descendu à terre sur les 4 heures
après midy.
Octobre le 3.—Viugt Abénaquis viennent d'arriver de guerre du côté du fort St George, où ils se sont trouvés au nombre de 60 ; ont eu plusieurs rencontres avec les Anglo s. Ils n'ont pas 6t6 heureux et se sont laissés envelopper. Le missionnaire nous écrit que les deux chefs ont perdu dans la dernière rencontre deux de leurs enfans dont l’un fils de Sagouaurabb et uv. troisième fils de Louis Mescadone qui ont esté pris ; 4 autres Sauvages ont été Liessés. Nos Sauvages disent avoir tué quelques Anglois ; ceux qui viennent après eux apportent cinq chevelures. Il n’est point à craindre que ce mauvais succès décourage nos gens au contraire, on nous marque qu'ils en sont plus animés.
Le 5.—L?s missionnaires de St François et de Beaucourt sont descendus à Québec, le premier nous a informé du retour de 3 partis d'Abénaquis revenus des côtes d'Angleterre vers Casco et Piscatoné avec cinq chevelures, il y a encore plusieurs partis dé ces deux villages en campagne que l’on attend.
Il n’a pas été possible de recueillir toutes les courses de nos domiciliés, tuut de ces deux villiges que des villages de !Tontréal ont faites, elles ont été presque continulles.
Le 9.—Nous recevons des letires des forts de Frontenac et Niagara, par lesqueiles nous sommes informés que toutes les nations en général conti-
nuent d'être dans de très mauvaise dispositions pour les François. Le Che-
valier de Longueuil écrit du 14 juillet que ls gens du lice Sauteurs et Outaëas sont à la veille d'attaquer le Détroit, qu'une nouvelle tentative devoit se faire vers L: plein de la lune, qu'il a perdu presque tous ses bestiaux, qu'ils pense qu'ils piriront tous étant à la distrétion de l'ennemy, et qu'il craint qu'on ne puisse faire les récoltes S'il n'arrive pas du secours, qu'il attend impatiemment l'arrivée du convoy, qu'il compte retenir pour la sureté du Détroit.
Qu'il n'a appris rien de certain de Sandoské, qu'il luy a esté rapporté que Nicholas était abandonné, mais qu'il n'en croit rien, qu'aucontraire il sçait qu'il a des correspondances avec les gens du Saguinau et NSanteurs pour venir surprendre le Détroit, que si cela arrive Miquinas chef 8ta8as se déclarera contre nous, tous les jours il est averty de Ja mauvaise disposition des lonteSatanis qui se rangeront du côté le plus fort suivant toute apparance, Qu'il n'y a que la bande de Quinousaki OutaSacs qui demeure
fidèle.
Tahaké, Sauvage Huron que l'on erovoit mort chez les Anglois, est de retour ; il à régalé les nations du Détroit ce qui a fait un très mauvais cflet. Les 8ta8as et les PonteSatamis, qui avoient promis d'aller brusler le village de l'isle aux bois blancs, ne veulent pas exécuter ee projet, is s'en défendent sous divers prétextes, il est évident qu'ils fuyent les occasions de s’offencer les uns les autres, mais qu'il fera en sorte d'empêcher l'ennemi
de s'emparer de ce poste dont ils ont envie pour nous fermer les passages.
Monsieur Duplessis commandant à Niagara écrit du 8 septembre que le Sieur Dubuisson est arrivé avec le convoy parti de Montréal pour le Détroit. Il marque que les Anniés ont été proche du fort de Niagara 7 semaines entières, qu'à la fin il avoit déterminé les Sonont8ans à tirer dessus, ce qu'ils avoient fait mais trop tôt, qu'ils leur avoient dit bin des injures de ce qu'ils venoient troubler leurs terres et que depris ce temps, il ne les avoit ni vu ni entendu parler d'eux.
Monsieur Duplessis nous envoye copie d'une lettre du Sieur de Jonaire du 12 aoust par laquelle il informe que le chef qui avoit esté remettre sa couronne à ésté mandé d'Orange et que le Conseil de Baston a envoyé à Choeguin pour le faire venir, et qu'il est party du village des Sanont8ans
avec 22 hommes, qu'il y a toute apparance qu'ils iront faire coup sur nos
frontières, que c'est le sentiment de tout le monde, d'ailleurs que deux enfans de l'Orateur du village ayant esté faits prisonniers à Montréal, il craint fort que leur père qui part au premier jour pour Orange, ne lève en passant des guerriers dans les villages, et qu'étant rendu à Orange cela ne forme un gros parti qui pourroit faire sur nous quelques coups remar-
quables.
Qu'il y a toute apparance de guerre avec les cinq nations que les marchands de Choneguin se retirent par convoys et sont tous escortés par des détachemens de Sauvage de chaque nation qui restent tous à Orange que c'est ce qui fait penser qu'il pourroit se former quelque parti considérable ; qu'il n'obmettra rien pour informer de tout ce qui en sera, mais que sil n'eût pas été là haut toutes les nations seroient parties, qu'au surplus un flamand luy avoit assuré qu'il n'y avoit à Orange aucune nouvelle d'Angleterre, qu'il compte que les 100 sauvages Teste Plates qui venoient aux SononiSans ont relâché, et que la moitié de ce village et de celui du petit rapide, est divisé, une partie étant pour la guerre et l’autre pour rester
neutre,
Lo: 14—Nous recevons des lettres de Michilimakinac qui nous informent de l'arrivée du Chevalier de La Verendrye qui a trouvé ce poste bien tranquil, les 8la8as commencent à se repentir de ce qui s’est passé l'esté dernier.
Le Nicar Denoyelle envoye à Monsieur le Crénéral la liste des meurtriers qui ont tué les François à l'entrée du lac Huron. Deux sauvages Sauteurs ont rapporté au Sieur Denoyelle la part qu'ils avoient eu dans le partage que les meurtriers en ont fait pour luy persuader qu'ils n'étoient point coupables, mais il est vray qu'ayant aperçu un canot que leurs gens
poursuivoient en tirant dessus, ils y avoient été et fait comme les autres.
Marque que le nommé Philippes Leduc arrivé à Michilimakinac le 93 aoust dernier, avoit esté pillé par les Sauvages de Camanistisoya lesquels luy ont enlevé 14 paquets et 5 fusils, ils s'étoient assemblées au nombre de 100 et plus aux pais plats dans le lac Supérieur pour y attendre les François.
Le Sieur Denoyelle fut averti le 24 que les Sauteurs avoient accepté le hache de l’Anglois et qu'ils devoient dresser des embuscades dans le lac
Supérieur pour empescher qu'il ne sortit aucun François le printemps pro-
té
chain, cependant tous les canots sont partis pour les différens postes du Nord comme à l'ordinaire, en se convoyant les uns les autres jusqu'à ce qu'ils ayent passé les endroits Les plus dangéreux, et ils doivent se donner
un rendez-vous au prochain printemps pour revenir dans les même crdre.
Le 17.—Trente Abénaquis arrivent de guerre du côté du fort St Georges avec deux chevelures seulement. 11s n'ont pu faire de priscaniers.
Le 28—Arrivé un courrier de l’Acadie, le Père (termain nous écrit du 14 du courant qu'il nous envoye ce courrier pour nous donner avis qu'on luy à assüré comme chose absolument résolue que les Ang'ois attaqueroient le fort St Frédéric cet hiver, que cela se dit secrètement et sans beaucoup de bruit, que de plus deux déserteurs anglois de la garnison de Port Royal venus à Beaubassin, ont dit la même nouvelle, que la garnison n’est composée que de 250 hommes de vieilles troupes, qu'ils avoient entendu dire que le Gouverneur de Baston ne vouloit pas envoyer de nouvelles troupes dans ce fort parce que celles qu’il avoit envoyées l'automne dernier avoient esté défaites aux Mines où s’étoient perdues en chemin.
Le Sieur Abbé Maillard qui est aussy à Beaubassin nous marque les mesmes nouvelles ; qu'il a reçu les secours que nous luy avons envoyé pour luy et pour ses Sauvages, qu'il les fera agir conformément à ce que Monsieur le Comte de la Galissionn ière luy a écrit et qu'il espère qu'ils feront des courses pendant l’hyver, qu'il sera obligé de faire quelque dépense en vivres, etc. que le commandant de Port Royal a su qu'il étoit arrivé des raisseaux à Québec et qu'il s'attendoit a être bloqué.
Le Sieur Gautier écrit dans le mesme sens et que 40 anglois de la garnison du Port Royal ont esté détaché pour aller aux Mines pour y surprendre ceux des habitans qui ont pris cy devant les armes pour la France qu'étant arrivés aux Mines, ayant appris qu'un de ses enfans avoit esté
avertir les Sauvages, il s'en étoit retournés précipitamment.
Novembre le 9.—Arrive un party deSauvages Abénakis de St François qui a fait coup aux environs du fort St Georges, ils ont amené un prisonnier jeune homme d'environ 15 ans qui n’a rien raporté, ils ont tué son père et en ont apporté la chevelure.
Le 10.—Nous recevons des lettres de Michilimakinac, Monsieur de St
Pierre nous écrit de 22 octobre qu'il n'a pu parler aux Sauvages qui étoient
lors de son arrivée tous partis pour leur hivernement sans avoir donné aucun sujet de repentir de l’indigne action qu'ils ont commise, que par cette démarche il est à présumer qu'ils persistent toujours dans leurs mauvois sentimens.
Monsieur de St Pierre ajoute qu'il a fait relâcher un chef Ponte8atamis qui venoit à Montréal avec les Francois qui descendoient leurs pelleteries, que cette nation est la seule sur laquelle l’on peut compter.
Il a parlé à ce chef par‘deux colliers ; par le premier il l'a félicité sur la bonne conduite que les gens de sa nation avoient tenus jusques à présent, luy insinuant qu'ils ne devoient pas s'arrêter aux mauvais discours, qu'ils ne devoieat écouter d'autre parole que celle de leur père à laquelle seule ils devoient s'attacher ; par le second collier l’a engagé à ne point abandonner leur village, ayant esté informé que monsieur Bertel, commandant aux Illinois, mettoit tout en usage pour les attirer, ce qui seroit très prjudiciable au bien du service parcequ'étant sur de la fidélité de cette nation, ce sera toujours une barrière que les autres trouveront ‘ans leur chemin et le moyen de les contenir.
Le 14—Nous recevons des lettres de Monsieur le Chevalier de Longueil, commandant au Détroit, en date des 24 et 25 aoust derniers, dont voicy l'extroit.
Les hurons de Sandoské de la bande de Nicholas sont toujours iusolens, ce chef ne cesse de travailler et se faire des alliés. |
Plusieurs partis de guerre hurons qui étoient allés au chicathas, cohas et autres étoient de retour, ils ont esté voir Monsieur de Longueuil comme
gens qui n'ont aucune part aux ofliciers de Nicholas, mais les ambiguités
de leurs discours ne donnent rien de bon à penser.
Le mème Nicholas a fait relâcher les gens de la Rivière Blanche qui venoient au Détroit à l'occasion des 5 François tués par les Hurons ; il a aussi fait rebrousser chemin à 27 ChaSenons qui venoient répondre aux paroles de Monsieur de Longeuiul, et pour tout fruit des dépenses faite pour cette notion, (du village de Sonniota) il a vu arriver le 23 Aoust un ChaSenon accompagné de 3 Iroquois qui ont été en débarquant au petit village Huron qui est proche le fort, ils vouloient sans doute se consulter
avec le Huron et arranger les paroles qu'ils devoient dire.
Lt
Ces députés n'ont esté voir Monsieur de Longeuil que le lendemain 24, s’excusant de ce qu'ils n'avoient pas débarqué au fort, ils n’avoient point encore parlé le 25 date de la dernière lettre de cet officier, ce ne devoit estre que le 27, quelques sauvages aflidés luy ont assuré que ces députes découvriroient bien des secrets dont ils luy feroient part.
Kinousaki chef 8ta8as qui nous est attaché a dit que de quelque manière que les affaires tournent, jamais les ChaSenous ne consentiront à sortir de leur village à Sonnioto, ce qui nous seroit toujours avantageux.
Monsieur de Longueuil venoit d'apprendre sous mains par le moyen de quelques Sarvages qui avoient des liaisons avec les 4 députés qu'il étoit venu des Anglois à Sandoské ar: 1rter des munitions à Nicholas et à sa bande, les Hurons qui demeurent «ux l'Isle aux Bois Blancs qui sont auprès du fort ont vu ces 2 Anglois et n’en ont point parlé, ce qui prouve bien leurs intelligences avec les gens de Sandoské, et qu'ils n'ont demandé à demeurer auprès du fort que pour mieux voir nos mouvemens pour en instruire Nicholas et en avertir des préparatifs que l’on pourroit faire contre luy.
Ces mesmes IHurons persistent cependant à retourner à l'Isle aux Bois Blancs parce qu’il est de leur intérêt d'occuper ce poste qui est la clef du Détroit, pendant que Nicholas de son côté attirera l'Anglois à luy et luy facilitera des établissemens tout le long du lac Erié jusque dans la rivière des Miamis.
Monsieur de Longeuil n’est pas en état de s'opposer à toutes ces entreprises, il voit tous les jours leurs projets sans pouvoir faire la première démarche pour les détruire, ce qui étonne les autres nations et leur donne de mauvaises pensées sur notre compte.
L'8ta8as paroit fort insensible aux maux qui menacent le fort et ne prend aucun soin de nous ayder.
Les PêteSatanins sont ceux que Monsieur de Longeuil croit les mieux intentionnés, il n’a rien à leur reprocher, aussy se sont les seuls auxquels il puisse se confier.
Les Miamis sont venus en partie danser le calumet äâu fort, une autre bande a esté chez Nicholas à Sandoské, la cérémonie qu’il a fallu faire pour les premiers a beaucoup coûté, leur réception, la bonne chair pendant plus
uu
de 15 jours et les présens qui leur ont esté faits dans la vue tant de détruire en eux les mauvaises impressions que pour assurer la vie des François qui sont dans leurs villages ont occasionné de la dépense.
Nous recevons aussy des nouvelles de la Rivière St Joseph, le Sieur Laperière marin commandant à ce poste nous écrit des 5 et 80 juillet d" ; il paroit que les anglois cherchent à débaucher les nations de ce poste comme toutes les autres nations par les mauvaises impressions qu’ils tâächent de leur faire insinuer par le moyen des cinq nations qui continuent de brouiller toutes les affaires et qui employent tous les détours pour faire détruire tous les François de ce poste.
Les P8te8atamis paroissent toujours dans nos intérêts ; ils ont fait beaucoup de protestations au Sieur Laperrière sur l'attachement qu'ils ont eu depuis longtemps et qu'il continueront d’avoir pour leur père le François.
Le 28.— Nous recevons des nouvelles du Détroit, Monsieur le Chevalier de Longueuil nous marque que les 4 députés Cha8enons arrivés le 23 Aoust ont parlé le 26 ; il ne comptoit pas beaucoup sur leurs discours, ils les a cependant bien traités, ces Sauvages ont resté assez longtemps au Détroit pour découvrir la pensée des autres nations et l'embarras où étoit le poste.
Ils ont aussy été témoins d’un nouveau coups que les Sauteurs de la rivière aux Sables, cy devant meurtriers des François tués à Chibavenain, sont venu faire à À de lieue du fort où ils ont tué le 31 un habitant nommé Martineau qui s’étoit imprudemment avancé dans le bois, ces meurtriers au nombre de 4 luy ont enlevé la chevelure que l’on assure avoir été envoyée aux Iroquois avec deux pièces de drap du pillage de Chibavenamy de la part de Mamahækisigo.
Le convoy de Montréal est arrivé au Détroit sans accident le 22 septembre excorté d'environ 150 hommes y compris les marchands et leurs engagés, ce secour est le salut du Détroit et à paru faire impression sur les nations.
Les Miamis et peut être aussy les 8yatanons sont en désordre, les premiers se sont laissé gagner par les colliers de Nicholas qui leur avoit fait
dire que le détroit avoit été rasé par les nations des Lacs, que par conséquent ils ne devoient plus différer de tuer les François qui étoient chez eux.
Le
Les Miamis ont écouté cette parole ; il se sont premièrement saisi des 8 François qui étoient dans le fort de ce poste auxquels ils n’ont pourtant
fait aucun mal, ensuite ils se sont emparés des effets et bruslé un partie des establissement.
Est arrivé le 7 Obre au Détroit deux de ces François que les Miamis ont laissé partir sans leur faire violance.
A l’arrivée du convoy Monsieur de Longueil, ignorant ce qui se passoit aux Miamis et voulant en être informés avant que d’y laissé aller les fermiers, y a envoyé 4 députés François avec des paroles aux Miamis pour les engager à venir au Détroit ; les députés sont arrivés chez les Miamis après le coup fuit, néanmoins ils avoient déterminé un bon nombre de Sauvages de cette nation à venir au Détroit pour être désabusés par eux mesmes des impostures de Nicholas, mais démontés de se voir avertis par l’arrivée d'un second collier de la part de ce Nicholas ils sont retournés à leur village et ont seulement envoyé au Détroit deux députés que monsieur de Longueil a envoyé sur le champ avec des paroles pour détromper cette nation du mauvais discours de Nicholas.
Le nommé Jaret chef Miamis du village de Jepicourt étoit pendant tout ce désordre au Détroit, Monsieur de Longeuil a jugé à propos de le renvoyer en diligence pour tâcher de remettre le bon ordre et encore plus pour la sureté des 6 prisonniers détenus.
Les nouvelles des Illinois sont également intéressantes, Monsieur le Chevalier Berthet, commandant, nous écrit des Caskaquias le 11 aoust ; ii paroit par sa lettre qu’il s’est élevé beaucoup de trouble dans son quartier, semble même que depuis les irruptions des Hurons du Detroit toutes les autres nations à leur exemple se dérangent et veulent prendre party pour eux, voicy en précis ce que cet officier nous marque.
À la fin de juillet est venu chez les illinois trois sauvages étrangers du fond du lac qui ont apporté une parole de l’Anglois au nom des Iroquois, Hurons, Abénakis, P8z et 8ta8as et de toutes les nations de Sabache, par laquelle on invitoit les Islinois d'abandonner les François, sans quoy ils éloient morts, ou s'ils ne vouloient pas eux mesmes défaire les François, de s'éloigner et d'aller aux Caskias et qu'eux viendroient les détruire (les
François) après quoy l’Anglois viendroit chez eux (les Islinois) et leur fourq g
niroient abondamment leurs besoins.
Nos Islinois étoient presque convenus du fait lorsque Monsieur de Berthet qui étoit informé du dessein de ces trois étrangers demanda qu'ils parlassent devant luy, ce qu'ils refusèrent et les Islinois furent de cet avis.
Cependant ces derniers lui promirent de lui faire part de tout ce qui seroit dit, mais leur conseil s'étant tenu la nuit ils en firent à ce comman-
dant le détail qu'ils voulurent.
Ce dernier voyant que les Illinois le trompoit leur fit entendre dus une assemblée qu'il savoit tout et qu'ils ne pouvoient rien lui cacher, ces sauvages après avoir balancé convinrent du fait ; ils Iuy remirent la parole en question qui consistoit en une coquille, un calumet et du tabac, il la leur rendit sur le champ et leur dit de la remettre à ceux qui l’avoit apportée. Un de ces trois Sauvages étrangers reprit cette parole et ne voulut pas s’en retourner, il dit qu’il seroit honteux de la rapporter, et qu'étant luy même
Islinois il restoit avec ses gens.
Monsieur de Berthet a été informé par un Huron de nation, revenant de guerre des Chicachas et qui avoit passé l'hyver au village de Sonniots avec les Cha8enons de la ligne formé par ces derniers pour détruire les
postes des pays d'en haut.
Ce Huron lui a assuré que les Iroquois du grand village ainsy que toutes les autres nations avoient accepté le casse-testes contre les François et qu'ils se sont réunis tous ensemble pour enlever tous les postes François en
lorsqu'on a distribué les colliers pour le complot, qu'il accusoit la vérité et qu'il l’avertissoit de se tenir sur ses gardes.
Il luy ajouta que si l'expédition ne se faisoit pas dans le temps qu'il citoit, la partie seroit remise au printemps prochain, ou l'affaire s'assoupiroit
Si le Sieur Berthet eût été muni de quelques marchandises, il auroit pu espérer arrester ces nations, étant connu des principales, mais sa misère est au point qu'il n’y a pas dans les magazins du Roy et chez les commer-
commançant par le pays des Illinois, que peut être cette entreprise se feroit dans la lune du mois d'aoust ou aux feuilles tombantes, et qu’il étoit présent
entièrement, c’est la Demoisselle chef Miamis qui est l’auteur de cette ligue.
se
Ve
ee
çans une aune d'étoffe, point de munitions de guerre pour se défendre en cas d'attaque ; ce qui l’a obligé de réunir ses forces au village de Caskaynias
(sie) et d'abandonner les autres postes du pays à la discrétion des Sauvages.
Il n'a reçu aucun secours de la Nouvelle Orléans depuis 15 mois, ne sait si les Anglois se sont rendu maistres de la colonie ou si Sa Majesté a abandonné la Louisiane. Il a demandé quelques secours à Monsieur de Longueil au Détroit, n’en attendant point de la Nouvelle Orléans qu'à la fin de l'automne, encore est il incertain qu'ils lui parviennent ayant appris que les ChaSenons établis à 8abache joints aux Choraguis, Chicachas et Abénaquis doivent venir à la Mississipi épier le convoy et l'arrester s'ils peuvent.
Le 23.—Cet officier attend avec impatience le secours qu'il a demandé à Monsieur le Chevalier de Longueuil pour parer l'orage qui menace le pays des Islinois dont la perte seroit consilérable, attendu que l'Anglois en étant une fois maître, il ne luy seroit pas difficile de mettre les nations tout à fait dans ses intérets, et par ce moyen s'empareroit aisément de toute la colonie de la Louisiane.
Monsieur de Berthet a envoyé à la Nouvelle Orléans 3 des principaux chefs des Islinois pour voir Monsieur de Vaudreuil afin de pouvoir gagner du temps et arrêter les mauvois desseins que cette nation paroit avoir contre nous.
Le fort St Frederic est autant muni que l’on puisse en vivres et munitions de toutes espèces, il y a été fait un dernier envoy de bœufs vifs pour le rafiaichissement de la garnison qu'il est nécessaire de bien traiter.
On nous écrit de Montréal que le Sieur Jimblin (sie) cadet qui avoit été à la tête d’un petit party de François et de Sauvages du côté de Dierfild estant sur le bord d'un grand chemin où il gardoit seul le butin de ses gens qu'il avoit envoyé tué quelques bestiaux pour vivre, y a esté surpris et tué par une vingtaine de cavaliers ennemis.
Ses gens à leur retour l'ont trouvé près d'expirer ; il n’a eu que le temps de leur raconter comment il avoit esté blessé, ils ont ensuite continué leur marche, ont levé une chevelure et s’en sont retournés à Montréal.
Le Sieur de Lery, enseigne parti du fort St Frédéric au commencement d'octobre avec un détachement d'environ 35 hommes François et Sauvages
pour aller sur les côtes de la Nouvelle Angleterre, est de rétour à Montréal,
Il a bruslé le fort de Bridgeman situé sur la rivière d2 Canitikout (sic)
où il n'a trouvé personne, et fait un prisonnier à 8 lieues du fort du Colonel Ensdaine dans lequel il y avoit trente habitans des environs, ce fort , est à 37 lieues de Baston, 30 lieues d'Orange et 6 de Dierfild.
Ce prisonnier Jonatase Nautune, est natif de Nortfil, agé de 22 ans, rapporte qu'il y a plus d'un mois que Lidiers devoit partir avec 1500 hommes pour venir frapper sur les côtes de Canada, que la moitié de ce party étoit composé de sauvages des cinq nations et le reste flamands.
Qu'il ne sait pas s'il y a bien des Sauvages à Orange, Corlard et Narastaugué, a entendu parler d'une bataille en Flandres dont on ignore la réusite, que Monsieur Knowles, gouverneur de l'Isle Royale, est à Baston depuis plus d'un mois pour couférer si les milices entretenues pour l'expédition du Canada seroient congédiées.
Ces prisonniers ainsy que les gens de son village pensent qu'elles seront renvoyées si elles ne le sont déjà ; les marchandises très rares à
Baston ; la monnoiïe n’a plus de crédit ; la dernière récolte a esté bonne.
Les Iroquois du Nault, qui étoient du party du Nieur de Lery, ont marqué dans leur marche beaucoup de craintes d'être rencontrés par des
Anniés, ce qui a donné lieu de penser qu'ils ne s’entendent point avec eux.
Il à offert à 6 de ces Iroquois 100 1. chacun pour le mener à la découverte à Sarastogué dont il n’a point eu de nouvelles depuis deux mois ; ils ont refusé la proposition sous prétexte qu'il y a, disoit-ils des cabanes sauvages et des Anniés dans ce fort qui vont journellement à la décou-
verte et qu'il falloit 5 à 600 hommes pour y aller en sureté.
Lorsque Monsieur le général à envoyé Monsieur de Labrevois au fort St Frédéric, il luy a recommandé expressément de faire faire des fréquentes découvertes, nous avons à ce fort une trentaine d’'Abénakis de Bécancourt qui seront employés utilement et nous espérons en peu de tems avoir des nouvelles de Sarastogué
Le Sieur Desnoyelles Lanoix, qui étoit party avec 70 hommes François et Sauvages en même temps que le Sieur de Lery, est aussy de retour à Montréal ; ce party n’a pas réussi, il a seulement fait deux chevelures au dessous d'Orange ; un Nonont8an qui a déserté de son party en a esté
tu
Or
donner avis à Orange et a fait manquer par là tous les coups, les Anglois s'estant mis sur leurs gardes des deux côtés.
Decembre le 3—Le KNieur Leborgne, enseigne, arrive du Détroit d'où il a été détaché pour le service par Monsieur de Longueuil, il nous amène un $ta8as et un PSta8atamis que les deux nations envoyent en députation à Monsieur le général pour traiter des affaires présentes du Détroit. Les affaires de ce poste ne sont pas plis 1vancées qu'elles étoient lors de la lettre de Monsieur de Longueuil du 22 octobre.
Monsieur de Longueuil marque que c’est pour la quatrième fois qu'il envoye sous mains des députés hurons à Nandosket sans succès, ne sait qu'elle sera la réussite de ces allées et venues, il pense que les Hurons ne cherchent qu'à trainer les affaires en Jongueur pour pouvoir surprendre le Détroit au moyen des secours qu'ils espèrent de leurs alliés et pour gagner
le temps de se réfugier en quelqu'endroit éloigné du danger qui les menace.
Cet officier nous adresse les paroles que Mikinac chef 8ta8as et Ononguiset chef des PSte8amis luy ont donné de la part de leurs villages pour Monsieur le Marquis de la Galisonnière et qu'ils envoyent confirmer par les paroles des deux députés de ces nations.
Par ces paroles les deux chefs demandent qu'on envoye dans le milieu l'hiver une centaine de François et Sauvages au Détroit ; qu'ils soient choisis (les Sauvages) du nombre de ceux qui n'ont aucune alliance a\ oc les nations de ce poste, afin que leur conduite ne porte aucun obstacle au dessin qu'ils ont de réduire le Huron qui semble vouloir persister dans ses mauvaises intentions.
Mikinac parlant de la partie de la nation 8ta8as qui a invité le Huron, dit que quoyqu'elle fasse un corps séparé du village du Détroit, il se fait fort par les colliers qu'il enverra dans le cours de l'hyver à tous les chefs de cette nation de faire rentrer les coupables dans leur devoir et les déterininer à demander grâces.
Ils ajoutent par ces paroles que si on leur accorde les 100 François et sauvages, ils prient Mônsieur le Général de leur donner un chefs qu'ils aiment et qu'ils respectent, et que ce nombre d'hommes qu.ls attendent dans le milieu de l’hyver soit suivi d'un pareil renfort à la première navigation bien muni de vivres et de munitions, et qu'on verra quel usage ils
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