‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 149 sur 206 · LE · texte numérisé non relu

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aux sauvages l'entière liberté de disposer de ceux qu'ils feront de leur côté, sans m'embarasser de les tirer d’esclavage, à quoy j'ay eu assez de peine à

parvenir jusques à présent, bien entendu qu'ils me tiendront compte de la

dépense que j'auray faite pour prévenir les autres actes d'inhumanité dont la pluspart ne sont que trop capables.

La mort du nommé Petitpas éteint toute discussion entre vous et Monsieur le Marquis de Caylus, je vous renvoye la lettre de ce général

Le Sieur Bedgood a passé à Louisbourg après le départ du brigantin le St Esprit qui a remis en dernier lieu 80 prisonniers anglois à Monsieur Knowles ; ce gouverneur m'a marqué au retour de ce brigantin qu'il n'avoit aucun prisonnier à me renvoyer en échange, mais j'ay sçu que 50 à 60 françois, hommes, femmes et enfants luy avoient demandé plusieurs fois et toujours inutilement de retourner en France, qu'enfin au passage de votre paquebot ces mêmes François ont fait de nouvelles instances, et ont demandé la permission de venir en Canada, ce qui leur a été encore refusé, le prétexte de la capitulation ne pouvoit plus avoir lieu après tous ces refus, et d’ailleurs l'attention que j'ay eue pour Monsieur Knowles de luy renvoyer à Louisbourg les soldats de sa garnison, au lieu de les envoyer en France comme je l’aurois pu faire, en méritoit une de sa part pour m'obliger. Je vous fais Monsieur, le juge de ce procédé sans me repentir autre-

ment de celuy que j'ay tenu avec ce gouverneur. Je suis, etc.

Signé : BEAUTARNOIS.

P. S.—Je ne peux encore vous envoyer lestat de la dépense que j'ay faite pour rachepter d’esclavage le plus grand nombre des prisonniers anglois que je vous ay cy devant renvoyés et que je vous renvoye, je vous ay prévenu qu'il en étoit encore resté quelques uns entre les mains des sauvages que je n'ay pu leur arracher, je me réserve à vous envoyer l'état de ces dépenses quand je les auray rassemblées, ce sont celles que les différentes provinces doivent supporter le plus volontiers,

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LETTRE DE MONSIEUR DE BEAUHARNOIS A MONSIEUR KNOWLES

Québec, le 16 septembre, 1747.

Monsieur,

Le paquebot expédié par Monsieur Shirley est arrivé dans cette rivière à 40 lieues d'icy il y a quelques jours, je le renvoye à Baston avec douze ou 15 prisonniers de plus.

Dès le 9 de ce mois le brigantin le Sf Esprit (toit de retour de Louisbourg et le capitaine Lefevre me remit alors la vôtre du 10 du même mois avec le reçu des 84 prisonniers que je vous avois envoyé par ce brigantin.

Vous me donnez, monsieur, des assurances de la satisfaction que vous avez eue de revoir vos prisonniers ; mais je ne peux vous cacher que j'ay été mortifié d'apprendre que vous n'ayiez pas voulu relâcher, par le paquebot commandé par le capitaine Bedgood, qui a passé à Louisbourg, les 50 ou 60 françois provenant de la capitulation de Louisbourg qui sont encore dans cette place, et qui vous ont fait toutes instances pour venir en Canada.

Deux années sont expirées que ces gens là n’ont pu regagner leur patrie, quoyque depuis 1745, ils eussent du s'attendre à voir effectuer les articles convenus.

J'aurois cru qu’en cette considération et qu'en ayant usé aussy généreusement que je l’ay fait avec vous en vous renvoyant vos prisonniers chez vous au lieu de les renvoyer en France, vous m'auriez également renvoyé ces familles, d'autant qu'elles sont dans un cas plus favorables que ne le sont ceux des vôtres que j'ay renvoyés, puisque ces derniers sont prisonniers de guerre sans aucune condition, et que les François qui sont encore auprès de vous sont censés libres.

Je vous laisse le juge de ce procédé, j'espère que vous les renverrez incessamment, ainsy que le Sieur Guillemin me l’a dit de votre part.

J'ay crû qu'il étoit inutile de vous envoyer un oflicier militaire pour faire l'échange des 84 prisonniers. Le Sieur Lefevre est un homme sage

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auquel j'avois donné ma confiance, et je vois avec plaisir par la conduite qu'il a tenue qu'il s'est attiré des marques de votre considération. Il en sera de même de tous ceux qui me viendront de votre part.

Je suis etc.

Signé : BEAUHARNOIS.

P. S.—J'ay obmis de vous marquer dans ma précédente que j'avois eu attention à retirer ou plustôt arracher d’entre les mains des Sauvages la plus grande partie des prisonniers que je vous ay cy-devant renvoyés, je n'ay pu rassembler jusques à présent ces dépenses. je compte le faire par la première occasion. Il me paroit juste que vous entriez dans ces mêmes dépenses, autrement je ne pourrois continuer à exercer ces actes d'humanité, et je me verrois forcé de laisser les Sauvages les maîtres de disposer de tous les prisonniers, C’est le sort le plus triste et je crois que vous en sentez les conséquences.

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