LETTRE DE MONSIEUR BIGOT
Québec, le 7 novembre, 1749.
Il y a un peu plus de blé du côté de Montréal qu'on ne l’avoit dit, sui- “ant les connoissances que j'en ay prises, et je compte faire passer l’année prochaine à Louisbourg sept à huit cents quarts de farine qui seront douze à quatorze cents quintaux ; j'av l'honneur de vous en prevenir, Monseigneur, afin que l'on diminue cette quantité sur les envois que l’on en doit faire de France.
Je fais délivrer journellement la subsistance à 7 ou 800 Sauvages, tant hommes que femmes et enfans, dont moitié réside à la prairie a la caille, et l'autre au Sault de la Chaudière ; ce sont des Abénakis, des Micmacs et autres de la rivière St Jean.
Ils doivent s’en retourner chez eux à printemps ; ils consomment des vivres considérablement de même que des étoffes. Ils y sont établis depuis la guerre et j'ignore les raisons pour lesquelles Monsieur de la Cralissonnière ne les a pas renvoyé aussitôt la nouvelle de la paix reçue, il leur seroit impossible à présent de partir.
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