‹ Collection de manuscrits contenant lettres, mémoires, et autres documents historiques relatifs à la Nouvelle-France [microforme]Chapitre 57 sur 206 · F LE ] FE · texte numérisé non relu

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pl RAPPORT DE MONSIEUR BEGON AU MINISTRE. G.

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BE Québec, le 4 juillet 1724.

| Les Abénaquis ont continué de fatiguer les Anglois par différents n. partis ; ils en ont tué ou fait prisonniers environ 40 et n'ont perdu qu'un “4 ET > ï ha à des leurs de Panouamské. 4 Suivant les lettres du R. P. Loyard, missionnaire de Medoctek, le à k Gouverneur du Port Royal ayant menacé les François de l’Acadie de les ut, faire pill:r et tuer par les Sauvages Anglois, si nos Sauvages continuoient de faire des actes d’hostilité dans son gouvernement, ceux de cette mission | qui sont en commerce avec ces François et qui tirent d’eux tous leurs F8 L besoins ont pris la résolution de point aller en guerre contre eux. fl À | Ils disent avoir pris ce parti sur ce qu’ils ont appris que les Sauvages (1 de la mission de Monsieur Graulin, avaient fait leur paix avec les.Anglois

du Port Royal.

Monsieur de Vaudreuil a employé à la fin d'octobre dernier, Messieurs

de la Ronde, Capitaine et de Sagesse Lieutenant des troupes, en mission auprès du Gouverneur de Baston pour le prier de cesser de molester les Sau-

Rx.

ki

| vages et de prendre leurs terres.

| j | La réponse a été que les Abénaquis étaient des sujets rebelles d'An-

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| 16 gleterre, et qu'ils les mettraient à la raison ; que sans les conseils de Mon- 4%

(! sieur de Vaudreuil et des missionnaires ils ne se seraient point révoltés, et 4 À que lui seul les excitait à faire la guerre aux Anglois. k

Ce gouverneur a envoyé en même temps au village de Narantsouak un parti d'environ 290 Anglois qui ont brisé le dedans de l'église et pillé tout ce qu'ils y ont trouvé. Ils en ont fait autant d: la maison du R. P. Raslé qui s'était retiré à trois lieues dans les bois et qui marque que si les Anglois n'y ont point mis le feu c’est par la crainte d'être poursuivis par les Sauvages,

Depuis la guerre commencée entre les Anglois et les Abënakis, il n'y à encore eu aucun acte d'hostilité contre les Flamands d'Orange,

Les Abénakis ont demandé d'y aller. Ils en ont été d‘tournés par les ménagements qu'on a eus pour ces Flamans, parce qu'étant voisins des villages des Iroquois qui tirent de chez eux tous leurs besoins, ils ont fait dire que si les Ab£nakis ne se déclaraient point contre eux, ils se faisaient fort d'empêcher les Iroquois de rien entreprendre contre les Abénakis de cette colonie ; et aussi parce qne les Sauvages domiciliés au Sault Saint Louis et au lac des Deux Montagnes font à Orange leur commerce qui serait

# interrompu par la guerre des Abénakis.

n b: Nonobstant ces ménagements les Flamands, pour rendre service aux à Anglois et empêcher nos Sauvages domiciliés d'aller en parti du côté de le : Narantsouak, leur ont envoyé des colliers et leur ont fait dire que s'ils y où allaient les Troquois des cinq villages se déclareraient contre eux. nt Les Abénakis domiciliés étant informés que cette menace ne vient que on de la part des Flamands, sont actuellement en parti du côté de Narantsouak ars avec les Hurons de Lorette.

à Tous les autres de ces deux villages n'y ont point voulu aller, et se ves : sont contentés de faire dire aux Anglois par des députés qu'ils ont envoyés à ois . Orange de se retirer de la terre des Abénakis. Ces députés ne sont pas encore de retour.

dus Suivant les nouvelles qu'on a apprises par les prisonniers Anglois qui qu". 1 ont été amenés ici, le peuple de Baston murmure contre cette guerre, disant pau- que c’est le gouverneur qui l'a entreprise. ‘4 Cependant ceux qui gouvernent continuent d'agir comme s'ils étaient Ù # Re PR é À .

An 4 entièrement résolus de chssser les Abénakis de leurs terres et ont sans

on- à doute toujours envie de s'approcher de la côte du Sud du fleuve St Laurent

autant qu'ils le pourront.

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LES ORDRES QUE DOIT SUIVRE MONSIEUR PIERRE GOUARD. Baston, le 10 septembre, 1724.

Ici inclu et envoi et reconnoissement pour divers marchandises à vous consignés, mises à bord de la chaloupe l'Hyrondelle, Capitaine Josué Aimy, pour notre compte que nous désirons en disposer pour notre meilleur avantage, et employer le net produit des autres marchandises en telle quantité de poisson que vous puissiez apporter commodement, et le reste en argent ou en bon taffetas pourvu qu'il soit profitable comme autres marchandises, et ne laisse pas savoir le maître ni les matelots rien de cela, et que l'on le puisse mettre à terre commodement, et donner toute la dépêche possible à notre chaloupe que vous pourrez, et faites toutes les dilligences possibles pour revenir à nous, et pour votre trouble de vente et d'achat vous devez avoir six pour cent, comme nous sommes convenus.

(Signé) DANIEL JOHONNOT, BENG. EVaARDs,

EBETH Houcu.

LETTRE DU GOUVERNEUR DUMMER A MONSIEUR DE VAUDREUIL. Baston, Nouvelle Angleterre, septembre le 15, 1724. Monsieur,

Ayant vu depuis peu la sauvegarde et la commission que vous avez données à Sebastien Rallé, j'ai cra que c'était une occasion favorable de vous écrire une seconde fois pour vous dire que les Sauvages de Narantsouak et

de Pentagouët, Penobscott, sont les sujets du Roi de la Grande Bretagne. D'ailleurs comme ils sont sur ces terres ils ne doivent point être regardés comme vos alliés qu'en vertu de l'alliance faite entre l'Angleterre et la France, et par conséquent vous ne devez point vous mêler de leurs affaires

sans ma permission, et je ne puis regarder que comme une infraction ouverte au traité de paix la démarche que vous avez faite de commettre le dit Sieur Sébastien Rallé pour demeurer parmi ces Sauvages.

Vous pourriez également prétendre que votre Sauvegarde suffirait pour autoriser ceux de votre Religion à commettre toutes sortes de violences dans tous les autres quartiers de ce gouvernement.

Il ne vous appartient pas de vous engager dans cette querelle. Vous devez plutôt nous aider à réduire ces Sauvages à l'obéissance quand on vous le demandera, mais loin de là je suis fâché que nous puissions vous reprocher d'avoir excité ces gens aussi bien que d’autres Sauvages de votre gouvernement à venir tomber sur les sujets de la Grande Bretagne dans cette colonie.

I] faut aussi que j'ajoute que j'ai différentes preuves que les Sauvages se seraient donnésil y a longtemps si vous ne leur aviez persuadé le contraire et si vous ne les aviez encouragé à ne le pas faire par la protection que vous leur avez donnée ; quoiqu'il en soit je ne doute pas que ces gens ne voient le malheur qui doit leur arrivers’ils font encore d’autres hostilités.

C'est pour cela que j'ai voulu une seconde fois vous recommander la bonne intelligence que doivent entretenir réciproquement les deux couronnes qui sont unies si étroitement d'amitié et d'intérêts. Il ne faut pas que nous fassions noître de le mesintelligence et de la jalousie

Je me crois encore obligé de vous dire que nous avons jusque ici arrêté les Sauvages nos alliés qui marquaient un grand désir de nous venger. Nous ne pouvons pas nous permettre d'être plus longtemps en état de les arrêter, si on ne met fin et au plustôt à de telles intrigues.

LETTRE DE MONSIEUR LE MARQUIS DE VAUDREUIL AU MINISTRE

À Québec, le 25 octobre 1724.

Résumé :

Il fut écrit l’année dernière à Monsieur le marquis de Vaudreuil de : maintenir les Abénakis, de continuer à demander au Gouverneur de la Nouvelle Angleterre de faire retirer les Anglois de dessus leurs terres et de laisser ces Sauvages en paix.

Il marque que les Abénakis depuis la fin d'octobre 1723, n'ont pas cessé de harceler les Anglois pour les obliger de se retirer de leurs terres. Ceux du village de la Rivière St Jean se sont joints aux Mickmacs auxquels

ils ont fait reprendre les armes qu'ils avaient quittées depuis un an. Ils ont brûlé 5 ou 6 maisons angloises près le Port Royal, tué 8 ou 10 Anglois, et

fait autant de prisonniers et obligé la garnison d'y rentrer. Ils avaient résolu d'attaquer Canceau, mais y ayant beaucoup de vaisseaux ils ont remis l'exécution à un autre temps. Huit d'entre eux attaquèrent et prirent une barque angloise après en avoir tué l'équipage. à

Ceux du village de Pannaoüamsqué qui, depuis trois ans que la guerre

a commencé, n'avaient encore rien fait, excité par nos Sauvages domiciliés de St François qu'il y envoya au printemps, ont tué et pris 100 Anglois avec 14 barques chargées de sel et de poisson. ‘à

| Ceux de St François et de Bécancourt aidés de la nation des Loups ! n'ont pas discontinué de faire des partis depuis le mois de mars 1724. Les x hurons de Lorette se sont joints à eux. Plusieurs Iroquois du Sault et de la

montagne ont pris aussi les armes avec assez de succès et il y a lieu d’espérer que le gros de ces villages épousera la querelle des Abénakis. D Le 23 août dernier les Anglois accompagnés de quelques Sauvages dits

la Porcelaine arrivèrent à Narantsouak couverts par les broussailles et les longues herbes et se trouvèrent auprès des cabanes sans être aperçus.

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Le village était sans palissades et les Sauvazes s'y eroyaisnt en sûreté par le soin qu'ils avaient d'envoyer à la découverte, Les derniers des courreurs qui avaient remonté la rivière n'avaient vu aucun vestig: des Anglois qui venoient par le bois, et ils ne furent avertis de leur arrivée que par une décharge de coups de fusil. Les Nauvages étaient alors dans leur village au nombre de 50 guerriers lesquels ayant pris les armes résistèrent quelques moments.

Le Père Rallé, ancien missionnaire des Abénakis, dont la tête avait été mise à prix par les Anglois, étant sorti de sa cabanne, les Anglois firent sur lui une décharge dont il fut tué sur le champ et les Sauvages se jetèrent dans la rivière.

Tout ce qui s’est sauvé de ce village est au nombre de 159 personnes dont 29 guerriers si indignés de la mort de leur missionnaire et de la profanation des vases sacrés de leurs églises qu'ils auraient le lendemain poursuivis les Anglois, s'ils ne se fussent trouvés sans armes, sans poudre et sans habits. Ils eurent la douleur de voir brüler et piller leur église et leurs cabannes.

Ils sont arrivés en Canada au nombre de 159 personnes dans un état si déplorable qu'il les a reçus et leur a donné tous les secours dont ils avaient besoins. Illeur fera continuer la subsistance pendant un an pour les mettre en état de faire des champs à Bécancourt et à St François, afin de donner moyen aux guerriers de continuer la guerre.

Tous les Abénakis l'ont assuré qu'ils allaient prendre des mesures pour faire sentir aux Anglois le tort qu'ils ont de retenir leurs terres et leurs prisonniers. Les Iroquois domiciliés paraissent dans les mêmes dispositions. Les Anglois ainsi harcelés se lasseront peut-être et lâcheront prise.

I est d'une extrême conséquence qu'ils ne se rendent point maitres de la rivière de Narantsouak qui les approcherait trop de Québec et les mettrait en état d'attaquer en flanc la colonie. Il serait, d’ailleurs à craindre que si cette terre passait entre les mains les Sauvages à qui elle appartient n’en fussent irrités et ne se crussent abandonnés, ce qui les détacherait des François.

Il suivra les ordres qui lui ont été donnés sur la conduite qu'il doit tenir et donnera ses soins pour faire finir la guerre, mais si les Anglois

veulent de bonne foi la paix il fant qu'ils razent les forts qu'ils ont dans la Rivière Saint Georges et qu'ils se conforment aux bornes plantées en 1700, étant certain que tant qu'ils voudraient empiéter, les Sauvages ne cesseront de leur fuire la guerre.

Le Père de La Chasse, Supérieur des Jésuites en Canada, marque que les fonds de 200 Ibs faits sur le Domaine d'Occident pour assister les familles Abénaquises pendant que les maris sont à la guerre, a fait jusques à présent un merveilleux effets. Mais les 150 personnes venues de Narantsouak demandent un plus grand secours. Et si l’on veut que la guerre continue il faut augmenter ce fonds de pareille somme tant en faveur des familles nouvellement venues que pour aider à faire vivre les femmes et les enfants des anciens domiciliés ; ce qui engagera les guerriers des deux villages de St François et de Bécancourt au nombre de 230 à secourir leurs frères ; mais sans ce secours les affaires languiront et les Abénaquis après quelques légers efforts, s'accoutument en Canada et ne s'occupant plus que de la chasse et du soin de leurs familles, oublieront leur pays.

Ceux des deux villages de l’amnaouamské et de Medoctek qui disputent leurs terres les abandonneront et les Anglois deviendront par là maitres de tous leurs pays.

La mort du Père Raslé n'a pas découragé les Sauvages, mais ils ont besoin d’être aidés, et la manière la plus efficace est l'augmentation des 2000 livres qu'ils demandent.

Nora ou Minisrre.—Cette augmentation parait nécessaire ; et pour que le Roy ue fasse point un nouveau fonds pour cette dépense, on propose de prendre ces deux mille livres sur les 4060 livres accordés à l'Hôpital Général de Montreal sur l'état du Domaine, et doivent cesser d'être employés cette année.

LETTRE DE MONSIEUR DE VAUDREUIL AU MINISTRE

Québec, le 29 octobre 1724, Monseigneur,

Je viens de recevoir une lettre du Gouverneur de Baston, J'ai l’honneur de vous en envoyer copie avec la réponse que je lui ai faite.

Vous verrez par la lettre qu'il parle avec beaucoup de hauteur, mais quoiqu'il puisse dire, il souhaite avec passion la paix, les Flamands me l'ayant assuré.

Les Sauvages ..e veulent pas cependant l'accorder que les Anglois ne leur rendent leurs terres et leurs prisonniers.

À ces conditions j'emploirai tout mon crédit pour les y porter.

Le Sieur de Louvigny vous fera connaître les conséquences qu'il y a 5 Il

que les Abénakis soient remis en possession de leurs terres et qu’elles ne

soient point empiétés par les Anglois.

LETTRE DE MONSIEUR DE VAUDREUIT AU MINISTRE

À Québec, le 18 novembre.

Monseigneur,

J'ai eu l'honneur de vous rendre compte par le vaisseau le Cheval Marin de l'entreprise des Anglois sur la mission du Père RAllé dans laquelle il a eu le malheur de perdre la vie. Mais comme cette affaire mérite d’être détaillée dans toutes ses circonstances, vous me permettrez de la reprendre.

“iii:

Les Abénaquis depuis la fin doctobre 1723 n'ont pas cessé de harecler J'Anglois pour l'obliger de se retirer de leurs terres. Ceux du village de la rivière Nt Jean se sont joints aux Miemacks auxquels ils ont fait reprendre leurs armes qu'ils avaient quittées depuis un an. Ils ont brülé 5 ou 6 maisons angloises près de Port Royal, tué 8 où 10 Anglois, fait autant de prisonniers et obligé la garnison du fort qui faisait des sorties continuelles d'y rentrer.

Ces mêmes Sauvages au nombre de cent hommes voulaient attaquer Canceau où les Anglois se fortiliaient Mais s'étant consultés entrs eux ils en remirent l'exécution dans un temps plus favorable dans la crainte qu'ils avaier. que le grand nombre de vaisseaux mouillés dans cette rade ne rendit leurs projets inutiles.

Iuit d'entre eux n'ayant pas voulu retourner à leurs villages sans avoir fait coup, attaquèrent une barque angloise et la prirent après en avoir tué l'équipage qui la défendait.

Le village de Pannaoüamské qui, depuis trois ans que la guerre à commencé, m'avait encore rien fait, excité par nos Sauvages domiciliés de Saint François que j'y envoyerai dès le printemps, l'ont emporté sur les quatre autres villages de la même nation et ont tué et pris près de 100

Anglois avec 15 barques chargées de sel et de poisson.

Ceux de St François et de Bécancourt appelés les loups n'ont pas discontinué de faire des partis depuis le mois de mars dernier. Les Hurons

de Lorette se sont joints à eux pour secourir les Narantsouaciens.

Plusieurs Iroquois du Sault et de la Montagne ont pris aussi les armes avec assez de succès, et j'ai lieu d'espérer que le gros de ces villages épousera Ja querelle des Abénakis.

I y avait apparence que les Narantsouakiens avec les autres Sauvages leurs alliés lasseraient enfin les Anglois et les obligeraient d'abandonner les forts qu'ils ont dans la rivière de Narantsouak, lorsque ce village fut surpris le 23 aout dernier.

Les Anglois accompagnés de quelques Kauvages dit La Porcelaine y arrivèrent couverts par les longues herbes et les broussailles dont les envi-

rons étaient remplis. Ils se trouvèrent près des cabannes sans être aper-

qus. Le village était sans pallissades et les Narantsouakiens s'y croyaient assez en sureté par le soin qu'ils prennent d'aller à la découverte.

à Les derniers découvreurs qui avoient remonté la rivière n’avoient vu aucuns vestiges des Anglois qui venaient par le bois, et ils ne furent avertis à de leur arrivée que par une décharge de coups de fusil. La Narantsouakiens à étaient alors dans le village au nombre de 59 hommes de guerre. Ceux qui ne furent point frappés par leurs balles qui criblèrent les é:orces des “abanes, courant sur le champ aux armes, résistèrent quelques moments pour : aider aux femmes et aux enfants et se sauvèrent du côté de la Rivière qui ; n'était pas envesti.

Le Père Raslé, ancien missionnaire des Abénakis dont la tête était mise à prix l’année précédente par les Anglois qui exhortaient les Sauvages de sa mission à conserver leurs terres et leur pays, entendant du bruit, sortit de sa mission, mais il ne fut pas plutôt sorti que les Anglois firent sur lui une décharge dont il fut tué sur le champ.

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Ceux des Sauvages qui n'avaient pas eu le courage de résister se sau-

vèrent du côté de la rivière dès qu'ils s’aperçurent que le Père avait été tué. L’élite des guerriers qui avait longtemps fait tête aux Anglois se voyant sur le point d'être enveloppé par la multitude se jeta dans l’eau comme tous les autres, et les Sauvages anglois les poursuivirent jusques au bord de l’eau à coup de fusil.

Il est surprenant que tirant en liberté sur des gens épouvantés qui passaient une rivière partie en canots et gué et partie à la nage, il leur en À soit échapé un seul Ils ne tuèrent dans cette occasion que 7 hommes, 7 femmes, 14 enfants, et blessèrent fort légèrement 14 personnes.

Le gros du village qui s'est sauvé monte à 150 personnes, entre lesquelles on compte encore 29 guerriers. Ils étaient si indignés de la mort de leur missionnaire et de la profanation des vases sacrés de leur église qu’ils auraient dès le lendemain de leur défaite poursuivi les Anglois s'ils ne se fussent trouvés sans armes, sans poudre et sans habits. Ils eurent la douleur de voir brûler et piller leur église et leurs cabannes sans pouvoir l'empêcher.

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Ù DIR | ‘1 ‘ — 114 — k h: - —— i Après avoir donné tous les soins et procuré aux blessés tout le soulage- î ge ment dont ils étaient capables ils se mirent en chemin pour le Canada où ï ‘ ils sont arrivés au ombre de 150. À fa a L'état déplorable où je les ai vus réduits m'a engagé à les recevoir et 5 |. 1 à leur donner tous les secours dont ils avaient besoin. J'ai pourvu jus- | 311 | ques à présent à leur subsistance que je leur ferai continuer pendant un an |. pour les mettre en état de faire des champs à Bécancourt et à St François et Li if donner par là moyen à nos guerriers de continuer la guerre. à | Ils n'ont assuré qu’ils allaient imcessamment prendre des mesures pour 4 | faire sentir aux Anglois les torts qu'ils ont de retenir leurs terres et leurs % À ‘(1 prisonniers et que tant qu'il y aurait un Abfwrakis au monde il ferait tête : } 1 aux Anglois. Les Iroquois domiciliés paraissent être dans les mêmes dis- 4 | 40 positions. 4 | ÿ j Les Angloïs ainsi harcelés se Iasseront peut-être et lächeront prise. Je s: vous supplie de faire attention qu'il est d'une extrême conséquence que les î | ‘4 | Anglois ne se rendent maîtres de la rivière de Narantsouak qui les approche- 5 . (à k nil 1 rait trop de Québec et les mettrait en état d'attaquer en France la Colonie. À à Il serait d'ailleurs à craindre que si cette terre passait entre leurs mains, les 1 ! Sauvages qui en sont maîtres n'en fussent irrités et ne se crussent abank donnés ; ce qui les pourrait entièrement détacher de nous. | Si les Anglois veulent de bonne foi la paix, il faut qu'il razent les forts Ë Ë 4 É qu'ils ont dans la rivière Nt Georges et qu'ils se conforment aux bornes F 14 plantées en 1700. Il est certain que tant qu’ils voudront empiéter, nos Sau- : 11 vages ne cesseront de leur faire la guerre. À ni Je suivrai exactement les ordres que vous me prescrivez sur la con- ; 10 duite que je dois tenir à leur égard ; et je donnerai tous mes soins pour 3 faire finir cette guerre, Mais il faut que les Anglois mettent à la raison et i + ù rendent aux Abénakis leurs terres et leurs prisonniers, Ce sont là leurs ‘ A. sentiments et ils sont résolus d'y persister. à ‘4R à M.

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