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BÉPOWSE A LA. SEPTIÈME QUESTION

Avec un bon système de ventilation, le vase de nuit pourrait rester sans inconvénient pendant toute la nuit dans la cellule. Il suffirait de le placer dans une petite armoire dont la porte fermerait mal par le bas, et qui serait mise en dedans, et à sa partie supérieure, en communication avec la cheminée d'appel, par une ouverture ayant de i6 à 20 cent, carrés de surface.

Après avoir ainsi répondu aux questions posées par M. le ministre de l'intérieur, nous allons rendre nos réponses plus faciles à comprendre, en établissant les bases du système de construction que la commission conseille d'adopter.

Il faudrait , selon nous :

1° Séparer chacun des trois étages du grand bâtiment en deux parties égales, dans le sens de sa longueur, par une cloison posée sur le grand axe de chaque pièce, et construite soit en maçonnerie, soit en forts madriers de chêne.

1° Placer, à chaque étage, les cellules de réclusion, opposées les unes aux autres, et sur les deux grandes faces de la cloison, en laissant de chaque côté du bâtiment, un corridor de largeur suffisante entre le devant des cellules et les murs de face, où sont percées les croisées (i).

(i) L'architecte de la prison de Limoges a donné à chaque cellule l'Oise de large, 2", 26 de long et 4" de haut , ce qui représente 1 1"752 cubes de capacité.

La Commission admet ce cube comme suffisant, mais elle pense qu'il est obtenu par des dimensions qui ne sont pas, entre elles, dans un bon rapport. L'élévation des cellules pourrait êtr

3° Fermer exactement, avec des châssis vitrés, les ouvertures servante éclairer l'intérieur des cellules.

4° Augmenter le nombre et la grandeur des fenêtres qui se trouvent à chacun des trois étages du grand bâtiment.

5" Etablir, pour chaque cellule, une gaîne carrée en bois, placée verticalement, ayant, dans oeuvre, 3 décimètres carrés de section horizontale, partant du plafond de la cellule, et montant à la hauteur de i mètre au-dessus du sol du grenier.

Les gauies en bois seraient adossées aux cloisons, et placées dans les angles des cellules en face de leurs portes.

Les gaines en bois des cellules du premier étage traverseraient verticalement les cellules correspondantes, au second et au troisième étage, sans avoir de communication ouverte avec ces deux derniers rangs de cellules.

Les gaines des cellules du second étage, placées à côté de celle de l'étage inférieur, traverseraient le troisième rang de cellules superposées.

Quant aux gaines en bois des cellules du troisième étage, elles commenceraient aux plafonds de ces cellules, passeraient seulement au travers du plancher du grenier, et s'élèveraient, comme toutes les autres gaines de ventilation, à un mètre de hauteur au-dessus de ce plancher.

En adoptant ces dispositions, on ne verrait pas de gaines en bois en face des portes, dans les cellules de première classe; on n'en verrait qu'une dans cliaque cellule du second étage, et il n'y aurait de visibles, dans les cellules du troisième étage, que deux gaines en bois adossées à la petite cloison et placées à côté l'une de l'autre.

Toutes ces gaines ne devraient être ouvertes qu'à leurs extrémités, c'est-à-dire par bas, au niveau du plafond de chaque cellule correspondante, et par haut sous le toit, à i mètre de hauteur au-dessus du plancher du grenier.

6° L'air des corridors serait introduit dans chaque cellule par une ouverture carrée, ayant i8 centimètres de côté, percée dans la paroi antérieure de la cellule au niveau du plancher du corridor, et dans l'angle opposé à la porte, c'est-à-dire là où se trouve le pied du lit. Cette ouverture, placée à l'angle solide diagonalement oppose' à celui où se trouve

moindre et elles auront trop peu de longueur et de largeur: on pourrait conserver la hauteur des cellules qui résulte de celle des élages du bâtiment, mais il faudrait en augmenter convenablement la longueur et surtout la largeur pour y rendre le service facile et pour en assurer l'assaiuissemeat.

l'orifice de la gaîne en bois, devrait pouvoir se fermer plus ou moins, du dedans du corridor, au moyen d'une porte à coulisses, munie d'une crémaillère pour tenir cette porte élevée à la hauteur convenable, et en rapport avec la température de chaque saison.

7° Le courant ventilateur arrivant dans le grenier par les orifices supérieurs de toutes les gaines en bois, pourra être porté au dehors dans l'atmosphère par trois moyens différents :

1° En laissantouvertes les fenêtres du grenier opposées au veut régnant;

2" En fermant exactement toutes ces fenêtres, et en établissant du côté opposé au vent régnant, le long du faîtage et dans toute la longueur du toit, une série de petites ouvertures ou chatières représentant à elles toutes le double de la somme des ouvertures des gaines en bois;

3° Eu fermant exactement toutes les issues du grenier, et en élevant sur le toit, et symétriquement, quatre cheminées d'aérage, surmontées de grandes gueules de loup, et ayant la somme de leurs sections horizontales égale au double de la somme des ouvertures des gaines en bois.

Le premier de ces moyens est le plus simple; le second est préférable au premier, et le dernier, quoique le plus coûteux et le plus compliqué, est le meilleur des trois.

Ces dispositions prises, il suffirait, pour ventiler les grands corridors et toutes les cellules, de faire arriver dans les corridors de chaque étage assez d'air pour satisfaire à la foià à l'appel de toutes les gaines en bois.

Deux moyens se présentent pour introduire le volume d'air convenable dans les grands corridors des trois étages de la prison.

En été, ou même pendant huit ou neuf mois de l'année, cet air serait pris au dehors et introduit, dans les corridors, au moyen de vasistas à soufflet placés à la partie supérieure de chacune des fenêtres, et représentant à eux tous une ouverture au moins égale à la somme des sections horizontales de toutes les gaines en bois. Il suffirait de bien manœuvrer ces vasistas et les portes à coulisses donnant entrée à l'air, vers le bas de chaque cellule, pour régler la ventilation, aussi bien que possible et selon chaque saison, sans avoir recours à l'emploi des fourneaux d'appel dont Tentretien coûterait cher, et qui exigeraient, d'ailleurs, des soins trop gênants dans la position où se trouve la prison de Limoges.

Pendant les quatre mois d'hiver on agirait de même qu'en été, si l'on ne pouvait pas fournir de l'air chaud aux trois étages de la prison. On aurait seulement, dans ce cas, à ne donner aux vasistas et aux portes à coulisses des cellules que l'ouverture justement nécessaire pour obte-

- '75nir l'assainissement de toutes les {larties intérieures du grand bâtiment.

]\Iais, si l'on voulait maintenir, en hiver, une douce température dans les corridors et les cellules, il faudrait, dans ce cas, fermer exactement tous les vasistas placés aux fenêtres du grand bâtiment; échauffer, au moyen de bons calorifères, le volume d'air nécessaire à la ventilation, et distribuer ensuite cet air chaud symétriquement et proportionnellement dans les corridors des trois étages de la prison. La ventilation se réglerait alors en manœuvrant bien les clefs des tuyaux à air de l'appareil de chauffage, et les portes à coulisses des cellules.

8° Quant aux vases de nuit, qui, placés sous les lits, pourraient infecter les cellules malgré la ventilation générale, la commission pense qu'il faudrait les éloigner de l'intérieur des cellules pendant le jour et que, pour la nuit, il faudrait prendre, relativement à ces vases, les précautions suivantes.

On établirait, dans chaque cellule, une petite armoire n'ayant que peu au delà du cube absolument nécessaire pour recevoir le vase de nuit. On ménagerait, entre le bas de cette armoire et le sol de la cellule, ime ouverture ayant toute la largeur de la petite porte et 5 ou 6 millimètres de hauteur; l'on mettrait, en outre, l'intérieur de l'armoire en communication avec la gaîne d'aérage, au moyen d'un petit tuyau en tôle ou d'une petite gaîne en bois, ayant 36 centimètres carrés d'ouverture, partant du dessus de l'armoire et se levant verticalement à environ un mètre de hauteur dans l'intérieur de la gaîne en bois servant à la ventilation delà cellule; au moyen de cette disposition et en admettant que la ventilation générale fût bien établie de bas en haut, il entrerait continuellement une lame d'air par le bas de la porte de l'armoire; cet air entourerait le vase et irait, en sortant de l'armoire, se rendre dans la gaîne en bois d'où il serait entraîné vers le toit du bâtiment, ce qui s'opposerail à l'infection de la cellule et donnerait ainsi le moyen d'y laisser, sans insalubrité, le vase de nuit, pendant les heures où le prisonnier doit être enfermé.

La commission sait bien que le système de ventilation qu'elle vient de proposer pour l'assainissement de la prison de Limoges aurait besoin, pour être rendu parfait, que l'on pût, en toutes circonstances atmosphériques , établir et maintenir dans les gaines en bois le courant ascensionnel nécessaire.

La réunion de toutes les gaines d'aérage en un seul coffre, surmonté

d'une cheminée dépassant le faîtage du toit et un moyen d'appel établi dans cette cheminée, soit par un tarrare, soit par la vapeur ou le feu, seraient des dispositions qui rempliraient complètement le but; mais, dans le cas dont il s'agit, l'emploi de ces moyens compliquerait le service de la prison, serait certainement négligé et compromettrait trop alors la santé des prisonniers pour que la commission pense à en proposer l'adoption.

Il est certain que, dans le système de ventilation qui vient d'être indiqué, le courant d'air traversera les cellules et les corridors de haut en bas, c'est-à-dire en sens contraire de ce qu'il faudrait, toutes les fois que l'air sera plus échauffé à la hauteur du toit que dans le bâtiment ou à la surface du terrain; mais la commission fait remarquer que c'est pendant le jour et surtout en été que cet inconvénient se présentera le plus fréquemment; que, pendant toute la durée du jour, les cellules seront vides et en large communication, par leurs portes laissées ouvertes, avec de vastes corridors, d'où le courant ventilateur inverse pourra sortir par les nombreux vasistas placés aux croisées du grand bâtiment et que pendant la nuit chaque cellule ayant peu de capacité relativement au détenu qui y sera couché et renfermé, et étant en outre construite en matériaux mauvais conducteurs de la chaleur, il arrivera tout naturellement, même en été, que l'air de la cellule s'y échauffera assez pour monter vers le pfatonu et pour en sortir en suivant la gaîne en bois dans laquelle le courant ventilateur prendra alors la direction convenable.

La commission fait encore remarquer que le seul inconvénient qui résulterait de la ventilation inverse des cellules pendant le sommeil du prisonnier, proviendrait de la présence du vase de nuit dans la petite armoire de la cellide; mais elle répète que cet inconvénient lui paraît peu à craindre pendant la nuit, et que d'ailleurs, en en supposant l'existence, l'influence de cet inconvénient serait, dans le cas d'une ventilation inverse, beaucoup moins nuisible aux prisonniers et aux gardiens de nuit, que ne l'est à présent le séjour dans des prisons où, surtout pendant la nuit, il se trouve à peine quelques chances pour le renouvellement de l'air dans l'intérieur des bâtiments.

C'est d'après ces considérations qui ont beaucoup de force, que la commission s'est décidée à ne proposer que l'emploi des appareils peu coûteux et des procédés simples dont elle a parlé : elle terminera son rapport en faisant observer que des plans eussent été nécessaires pour

— '77 — bien développer et faire comprendre les détails de son projet, et en disant qu'elle serait prête à faire les études de ces plans et à les faire mettre au net sous sa surveillance, si M. le ministre de l'Intérieur croyait utile de mettre à la disposition de la commission, pendant une quinzaine de jours, un ou deux dessinateurs de son ministère.

Paris, '26 octobre i835.

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