INSPECTEUR ET VÉRIFICATEUR DES ESSAIS DES MONNAIES
o C'est travailler utilement à l'avancemeiit de la science, que « d'éveiller l'industrie sur les ressources qui sont à sa disposition " pour multijilier les expériences aux moindres fiais possibles. » GuYTON DE MoRVEAD, Ann. de Chim,, t. 24-
Extrait de la délibération de V administration générale des monnaies,
du 9 juin i8i3.
L'administration générale des monnaies, sur le rapport de MM. Vauquelin et Thenard, membres de l'Institut, professeurs de chimie, etc., etc., approuve ce petit fourneau, en arrête l'adoption pour le service des bureaux de garantie, ordonne la fabrication du nombre nécessaire pour
(i) Ce travail fait en commun avec M. Anfrye, en i8i3, a été publié dans le Bulletin de la Société d'encouragement, 12^ année, juin, page i35.
Et par extrait dans les annales de chimie, t. 87, p. i53.
Enfin, imprimé en brochure, en i8i5, chez Magimel, par ordre de l'administration des monnaies.
être distribué aux essayeurs de ces bureaux qui ont habituellement le moins d'essais à faire, et l'envoi à chacun des bureaux de garantie d'un exemplaire de la description rédigée d'après ses ordres.
Signé L.-B. Gtjyton et Mongez.
Pour extrait conforme, Le secrétaire général près l'administration,
Bertrand.
Rapport fait à MM. les administrateurs généraux des monnaies , par Mm. Vaiiquelin et Thenard, membres de V Institut , prof esseurs de chimie^ etc.
Messieurs,
Vous nous avez priés, par votre lettre du i3 mars, d'examiner un fourneau à coupelle de petite dimension qui vous a été présenté par MM. Anfrye et D'Arcet, inspecteur et vérificateur des essais des monnaies; nous allons vous rendre compte des expériences que nous avons faites avec ce fourneau , et de l'opinion que nous nous en sommes formée.
Nous nous sommes réunis au laboratoire des essais, à la Monnaie, jeudi 18 mars dernier; nous y avons trouvé MM. Anfrye et D'Arcet, qui nous ont présenté le petit fourneau à coupelle, avec lequel ils ont annoncé pouvoir faire un essai, en dépensant beaucoup moins de combustible qu'on ne le fait ordinairement.
Ce fourneau ne diffère du fourneau à coupelle dont on se sert maintenant, qu'en ce qu'il est elliptique, et que son volume est beaucoup moindre; il n'a, avec le cendrier qui lui sert de support, que quatre décimètres de hauteur, et sa capacité intérieure est si petite, que l'on peut la remplir avec trois cents grammes de charbon réduit en menus morceaux.
Ayant autant diminué la grandeur du fourneau à coupelle , et devant cependant toujours donner à la moufle la température nécessaire pour passer un essai d'argent, MM. Anfrye et D'Arcet ont été obligés de faire affluer beaucoup d'air sur le charbon , pour en opérer promptement la combustion ; ils ont atteint ce but de plusieurs manières ;
1° En plaçant leur petit fourneau sur une table à émailleur, et en y introduisant l'air chassé par le soufflet qui est placé sous la table, et que l'on fait agir au moyen d'une pédale;
2° En plaçant le même fourneau sur la paillasse d'une forge de bijoutier ou d'orfèvre , et en y conduisant l'air chassé par le soufflet de la forge;
3" Enfin, par un moyen plus simple qui leur a été conseillé par M. Mongez, administrateur des monnaies , et qui consiste à placer sur le dôme du fourneau un tuyau de tôle vertical et assez long pour établir le tirage nécessaire.
Nous avons examiné l'effet produit par ce fourneau , en en faisant successivement usage, avec la table à émailleur et avec le tuyau vertical; voici les résultats que nous avons obtenus.
Essais faits avec le fourneau monté sur la table à émailleur.
Le fourneau a été allumé à deux heures et demie; on a fait jouer le soufflet, et la mouffle s'est bientôt trouvée à la température nécessaire pour y passer un essai, nous y avons essayé, à plusieurs reprises, une médaille dont le titre déterminé , en se servant du fourneau à coupelle ordinaire, s'était trouvé à 949 millièmes.
Voici le tableau que nous avons formé du résultat de ces essais :