DU COKE
ET SUR LA SUBSTITUTION DU COKE A LA HOUILLE DAKS LES FOYERS D'USINE (I).
La fabrication du coke, comme celle du charbon de bois, n'a eu longtemps pour objet et pour résultat que d'obtenir ces combustibles, et leurs produits gazeux n'étaient aucunement utilisés. Mais aujourd'hui, depuis que l'acide acétique a été retiré des gaz précédemment perdus dans la distillation du bois, et que ceux que donne la distillation de la houille ont été appliqués à l'éclairage, le charbon de bois et le coke obtenus dans ces deux grandes industries ne sont plus , malgré leur importance, que des produits secondaires de l'opération.
Cependant le coke fabriqué en vases clos dans les usines d'éclairage est trop dur, trop compact, et poussé à un degré de carbonisation trop avancé pour être employé avec succès à la fonte des métaux, et surtout du fer, au travail des hauts-fourneaux, et au chauffage des locomotives, applications encore nouvelles ; mais qui déjà en réclament d'énormes quantités.
Tout le coke demandé par ces industries est fabriqué dans des fours qui varient de grandeur, et peuvent recevoir depuis 7 ou 8 jusqu'à 60 hectolitres de houille. Dans ces fours, en effet, la houille, en se convertissant en coke, prend un volume beaucoup plus grand que dans les cornues à gaz, où elle est distillée sous une pression assez considérable, et c'est cette densité et l'état de fusion et de dureté de la surface qui rend le coke d'éclairage peu avantageux pour le travail des métaux. Il faudrait, pour l'utiliser convenablement, des appareils plus forts de soufflerie et une combustion plus puissante.
(1) Celte note est de l'éditeur. ,
— aSa —
La houille de bonne qualité et grasse ne rend en coke, dans les usines d'éclairage, que 1,20 à i,3o de son volume primitif ; et dans les fours, quand ils ne sont pas trop grands ou trop élevés, elle rend i,5o à 1,60, et jusqu'à 2 volumes.
Or, comme le coke se vend au volume , il y a toujours avantage pour le fabricant à l'obtenir le plus grand possible. Du reste la combustion en est plus facile, quand il n'est pas trop dense, ni vitrifié à la surface.
On comprend aisément l'influence des dimensions des fours sur le volume du coke obtenu. C'est que quand le four est de moyennes dimensions , et que la couche de houille n'a pas trop d'épaisseur et présente beaucoup de surface proportionnellement à sa masse , elle s'embrase rapidement sous l'action des parois rougies du four, elle s'échauffe à coeur, et fond tout entière. La décomposition s'opère à la fois dans toute la couche; les gaz , abondamment dégagés, la soulèvent de toute part, et le coke prend forcément un volume considérable.
Lorqu'au contraire la houille est en couche très-épaisse, et que le four est fortement chargé, le combustible qui est à la surface a le temps de s'embraser, de fondre, de se décomposer, et de se solidifier en coke avant que la chaleur ait pénétré la masse et l'ail fait entrer en distillation. Cette couche extérieure solidifiée oppose une résistance insurmontable au boursouflement de la masse qui, se décomposant lentement et successivement, reste ainsi plus compacte, et ne présente en définitive qu'une augmentation de un quart à un tiers du volume de la houille employée. La rapidité de la fabrication exerce une semblable influence sur le produit en coke : plus elle est rapide plus la houille augmente de volume à la carbonisation.
Le tableau suivant fera mieux ressortir l'influence des dimensions des fours, et on verra que dans la plupart des forges de l'Angleterre, les fours à coke sont très-élevés, et par conséquent, le coke est plus dense; mais aussi les machines soufflantes y sont toujours d'une grande puissance ; tandis que d;ms celles de Charleroi, conmie dans la fabrication du coke de locomotives, on n'emploie pas de très-grands fours et on obtient du coke moins dense.