SCÈNE XI. i
ÉLISE
Hélas! je ne l'éprouve que trop eu ces lieux.
SAINT-ANGE, à part.
Elle se trouble, elle soupire, c'en est fait, je ne puis plus me contraindre. (Haut.) Charmante Elise!... pardonnez à la témérité de cet aveu, mais je vous aime, je vous adore!... Je suis jeune, j'ai vingt mille livres de rente; je peux disposer de ma main, de ma forlune, et je viens les mettre à vos pieds. On dit que vous n'aimez que les gens raisonnables... Je suis la raison même; acceptez-vous? Ah! songez qu'un refus me mettrait au supplice... Je n'y survivrais pas, mademoiselle, je n'y survivrais pas.
ÉLISE
Quoi! monsieur, est-il bien possible ?
SAINT-ANGE
Vous consentez? Ah! je suis le plus heureux des hommes !
DUO
Répétez-moi , je vous en prie, Ce doux aveu, ce mot charmant Qui font le bonheur de ma vie.
ÉLISE
Ah ! quel est mon étonnement !
S A INT- AN GE
Répétez- moi . je vous en prie, etc.
i86 Um HEURE DE MARIAGE.
ÉLISE
ZMais je n'ai pas encor parlé.
SAINT- ANGE
Vos beaux yeux m'ont tout révélé.
ÉLISE
Je vous proteste...
SAINT- ANGE
O doux moment !
ÉLISE
Je vous atteste....
SAINT-ANGE
Ah! c'est charmant.
Répétez-moi, je vous en prie, etc.
Toujours ainsi vous m'aimerez?
ELISE, avec ironie.
Toujours ainsi!
SAINT-ANGE
Et jamais vous ne changerez ?
Mêmes aveux, même tendresse?
ÉLISE
Mêmes aveux, même tendresse.
SAINT- ANGE
Et vous tiendrez votre promesse?
Et je tiendrai cette promisse.