SCENE PREMIERE
GERMAIN, THERESE , achevant d'arranger l'appartement. GERMAIN, regardant à sa montre.
Uiable! il va être onze heures, et nos jeunes mariés n'ont pas encore paru.
THÉRÈSE
Ah! dame! les nuits sont si courtes dans la belle saison.
GERMAIN
Il faut avouer, not' femme, que ça fait un bien joli couple.
THÉRÈSE
Ah! je t'en réponds : c'est que M. Emile, notre
jeune maître, est un charmant cavalier; c'est tout le
portrait de son pauvre père.
GERMAIN
Et la jeune femme, avec sa taille mignonne, avec ses deux grands yeux bleus, et sa petite mine espiègle, elle a l'air d'un fier lutin.
THÉRÈSE
Que trop... Veux-tu savoir ce que je pense, Germain? Je crains que notre maître ne soit pas heureux. Je tremble que cette petite femme -là n'ait un mauvais caractère... As-tu vu comme elle a traité hier cette grande femme de chambre arrivée de Paris? J'ai cru, Dieu me pardonne! qu'elle allait lui donner un soufflet.
GERMAIN
Bah! tu vois toujours les choses en noir, parce qu'avec sa jolie petite main... Ces femmes de chambre de Paris sont quelquefois bien impertinentes!... Et puis, notre maîtresse est si jeune, si jeune; et M. Emile est si raisonnable!..
THÉRÈSE
Je désire me tromper... mais...
GERMAIN
Avoue, notre femme, que la noce a été superbe : comme les garçons avaient bonne mine sous les armes ! comme le magister a fait un beau discours à la mariée !
THÉRÈSE
Oui, vraiment, il lui a parlé latin.