SCENE XVII. 25i
ROSE
Ah! mon Dieu! monsieur, laissez là votre cascade, et dites-moi ce que vous avez fait.
EMILE, se levant.
Hélas! à quel pénible aveu me forcez- vous ? Vous allez avoir bien mauvaise opinion de moi.
RO SE, impatientée.
Parlez donc.
EMILE
Vous voyez bien Germain , ce vieux , ce fidèle serviteur ?
ROSE
Eh bien ?
EMILE , à part.
Effrayons-la. (Haut.) Il y a six mois que, dans un accès de colère, j'ai eu le malheur de lui casser un bras.
ROSE
Casser un bras!... Oh! mon ami, c'est affreux! II est vrai que je suis très vive; mais je n'ai jamais rien fait qui approchât de cela. A la vérité, j'ai brisé quelques meubles.
EMILE
C'est bien ; tu es une femme , il faut de la proportion; je suis plus fort que toi, vois-tu, ma bonne amie. Les passions des hommes!... Pauvre bon vieux Germain! cet affreux souvenir me poursuivra toute ma vie.
ROSE
Casser un bras !
EMILE, après un long soupir.
Hélas! si ce n'était encore que cela.
Comment ! mon ami , encore ? Ah ! mon Dieu !
EMILE
Vous devez bien penser qu'avec un pareil caractère, j'ai du me battre plus d'une fois, et que...
ROSE
Ah! mon ami, ne vous battez plus, vous me feriez mourir.
EMILE
Comment donc faire?
ROSE
Il faut te corriger, mon Emile. Promets-moi de le corriger.
Me corriger? ma chère amie, c'est impossible.
ROSE
Comment! tu crois qu'on ne peut pas vaincre ce défaut-là ?
EMILE
Non, ma chère, c'est dans le sang.
ROSE
Mon ami, je te prouverai qu'on peut en venir à bout.
EMILE
Je ne demande pas mieux que d'en être convaincu.
ROSE
Veux-tu t'engager seulement à me prendre pour