SCÈNE VIII
BRUIS
Ali , grand Dieu ! quel soupçon !
C'est un homme charmant :
On ne saurait aller en prison plus gahnent. D'autres en pareil cas auraient perdu la tète. Il paraissait joyeux comme en un jour de fête.
BRUIS, à part.
Il- a fait arrêter Palaprat, je le voi;
Et mon meilleur ami se dévoûrait pour moi !
(Haut) a
Savez-vous hien, monsieur, quelle erreur est la vôtres C'est moi qui suis Bruis.
GR A PIN
En voici bien d'une autre.
bruis.
Oui , c'est contre moi seul que l'ordre fut porte ; Je réclame le droit que j'ai d'être arrêté.
GRAPIN
Mais il m'a dit son nom : serait-il votre frère?
BRUIS
Monsieur, c'est mon ami.
GRAPIN
Comment peut- il se faire?
M'ayant vu malheureux, il aura pris mon nom.
GR APIN
Bah! C'est par amitié qu'il garde la prison. Est-ce qu'on vit jamais un dévoûment semblable?
3a8 BRUIS ET PALAPRAT.
BRUIS
On y croit aisément, quand on en est capable.
GRAPIJ.
Eh, monsieur, la prison n'est qu'à deux pas d'ici.
BRUIS
C'en est assez; je cours délivrer mon ami.
Il n'est point de verroux , de murs qui me retiennent :
Je veux porter moi seul des fers qui m'appartienent.
( Grapin se remet à écrire. )