‹ Collection de pièces de théâtreChapitre 3 sur 290 · EXTRAIT DE LA BIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

EXTRAIT DE LA BIOGRAPHIE

s'améliorer; il fut nommé, en 1810, censeur du Journal de V Empire , à la place de M. Fiévée, qui s'était montré par trop favorable aux doctrines ultramontaines ; et quelque tems après il fut chargé, comme chef de la division littéraire, de la police des journaux. C'est en 1 81 1 qu'il fit représenter les Deux Gendres, au Théâtre- Français. Cette pièce, aussi bien écrite que bien conçue, et dans laquelle les tartufes de bienfaisance ( ce sont ceux de l'époque ) sont joués de la manière la plus piquante, obtint un grand succès. Elle ouvrit à M. Etienne les portes de l'Institut, lors de la mort de Laujon. L'Institut avait gagné à perdre. M. Etienne reçut avis de sa nomination, par un billet qui ne contenait que ce passage des Actes des apôtres : Et eligerunt Stephanum verum plénum spiritu. Tant de succès ne lui furent pas pardonnes par l'envie. Un homme, que le scandale qu'il provoqua en cette circonstance n'a pas même tiré de l'obscurité, dénonça M. Etienne, en se fondant sur ce que M. Etienne avait emprunté le sujet des Deux Gendres à un jésuite, qui l'avait tiré d'un vieux fabliau. La rumeur fut grande dans la basse littérature. Les gens qui croient avoir acquis la propriété d'un sujet quand ils l'ont gâté , dénoncèrent comme plagiaire un homme qui avait embelli le fond qu'il avait emprunté. Ils firent imprimer et même jouer Conaxa. Dès lors leurs traits retournèrent contre

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eux-mêmes. Le public ayant sous les yeux les pièces du procès , n'hésita pas à se prononcer en faveur de M. Etienne ; le larcin dont on l'accusait est de ceux qu'il a 'intérêt à encourager. De ce qu'un homme médiocre a porté sur un sujet heureux une main indigne , s'ensuit-il que ce sujet ne puisse pas être traité par un homme supérieur? Comme Molière, M. Etienne a pris son bien où il Va trouvé. En i8i3, M. Etienne, que les Deux Gendres ont placé au rang des premiers poètes comiques de notre âge , a fait représenter sous le titre de V Intrigante, une comédie en cinq actes, qui a, quant au fond, quelque rapport avec une pièce allemande intitulée : Pas plus de six plats , mais qui en diffère singulièrement , quant aux détails. Malgré les efforts des ennemis que l'auteur s'était faits par son talent et par ses succès , cet ouvrage réussit complètement dès la première représentation; d'heureuses combinaisons, des scènes piquantes, des détails ingénieux, une fidèle peinture des mœurs assuraient à cette pièce, qui avait déjà été représentée onze fois, une longue série de représentations, quand les comédiens reçurent la défense de la jouer. Buonaparte avait voulu voir la pièce aux Tuileries ; il en avait ri d'assez bon cœur, mais les courtisans qui s'y croyaient attaqués, prirent la chose moins gaiement , et le prince , sur leurs réclamations, suspendit les représentations de Ylntri-

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gante. Parmi les traits qui avaient pu donner de ['humeur, on remarque, entre autres, ceux-ci:

LE COURTISAS.

Monsieur, je sers îe prince;

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