‹ Collection de pièces de théâtreChapitre 46 sur 290 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

Vous êtes la cause que nous venons de bien nous disputer.

PERCEVAL

Comment, vous, les trois amies! ce n'était pas là ce que m'annonçait votre lettre. Mais quel motif a pu causer cette désunion?

LAURE

Mademoiselle Aglaé.

PERCEVAL

Aglaé! ah! je ne puis le croire; elle a une physionomie vive, des grâces piquantes, un air de candeur et d'innocence auquel il est impossible de résister.

LAURE

Oh! c'est une enfant.

PERCEVAL

Oui, mais une enfant bien aimable.

LABRE, à part.

Il en est fou.

PERCEVAL

Quant à Nathalie, elle réunit les qualités du cœur aux agrémens de l'esprit. Elle a l'air si bon ! oh ! c'est un ange de douceur.

LAURE

Oui, c'est une bonne fille.

PERC EVAL.

Eh bien! il est facile de vous réconcilier. Tenez, moi, je m'en charge; nous allons partir pour Constantinople.

74 LE PACHA DE SliRENE.

LAURE

Ne comptez pas sur moi, monsieur le Pacha.

PERCEVAL

O ciel! que m'apprenez-vous?

LAURE

Vous pouvez partir avec mes deux amies, mais, moi je ne suis pas d'humeur à être sacrifiée.

PERCEVAL

Sacrifiée!

LAURE

Aglaé est si belle! Nathalie est si bonne! Si vous m'emmeniez avec vous, ce ne serait que par complaisance.

PERCEVAL

Eh! qui a pu vous dire?...

LAURE

Ce sont ces deux demoiselles; elles prétendent que vous n'avez seulement pas fait attention à moi.

PERCEVAL

Ah! charmante Laure! pouvez -vous le penser? \ ous ne connaissez pas l'impression que vous avez faite sur moi.

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