TYPES CROIX
Le groupe des rosaces ne m'a rien suggéré qui ouvrît un aperçu un peu fondé. Je ne me permets pas de faire espérer mieux pour celui des croix, et ces deux séries contiguës pourraient bien être formées de types uniquement destinés au menu service des halles, usines, marchés, foires, etc. , comme dans le cas récent que cite M. Fontenay (Fragments d'histoire métallique). Il rappelle qu'à Beaxme on acceptait de confiance sur le marché certains méreaux émb par un fabricant de Nolaj pour les ouvriers de son établissement industriel. Depuis longtemps, quelques maisons de correction rétribuent le travail de leurs détenus avec des pièces qui n'ont pas cours hors de l'enceinte des murs , afm d'empêcher tout rapport avec l'extérieur en fait d'achats suspects.
M. Dancoisne cite aussi, d'aprèa les archives de Béthune, au XV' siècle, des distributions de racreaux en temps de disette. L'indigent pouvait ainsi se procurer du pain chez les boulangers commissionués ad hoc par la commune ou la paroisse, tandis que le cabaretier n'eût pas été accueilli à la caisse qui répondit de l'émission faite dans de toat autres vues que de favoriser l'intempérance.
Les monnerons du temps de la Révolution française avaient donc leur racine dans le passé ; mais il nous faut maintenant rechercher à tâtons la trace sûre de pratiques journalières.
Croix formée de quatre girons que remplissent des bacbnres croisées en losanges.
Grènetis.
1^ : Croix ornée de perles dans un entourage iormé de quatre doubles arcs de cercle aboutés ; les points d'intersection sont ornés d'une perle à l'intérieur.
Grènetis.
Trouvé au Petit-Pont, en 186(».
XV siècle.
Croix formée de quatre girons dans un grènetis. ^ : Croix omce de boules dans un entourage formé de quatre doubles arcs de cercle.
Grènetis.
Trouvé au Pont-au-Change, en 1857.
XV' siècle.
Croix iormce de quatre girons, renfermée dans ungrènetis. ^ : Croix cantonnée de douze points, trois dans chaque canton.
Trouva au pont Sûat-Michel, en i 8o6« XV siècle.
TYPES AUMONIÈRES
L'aumôuière (ou escarcelle, mot qui représentait tout autre idée) étant devenue vers le XIV* siècle une affiche ordinaire du bien-être, les sottes gens auront aimé à l'avoir au moins en raccourci. De là, sans doute, ces espèces de joujoux à l'aspect enfantin , et qui s'achettùent probablement dans les foires pour ne pas laisser dire qu'on n'avait rien rapporté ; d'où il aurait été permis de conclure peu d'entregent J'imagine donc que ce devait être souvent une fiche de consolation pour les bébés et pour les nigauds; mus aussi quelle clientèle cela fournissait aux marchands! Ne soyons pas surpris de ce que ces amusettes nous sont parvenues «n bon nombre.
D'ailleurs, et les destinataires primitifs nous seraient bien reconnaissants de notre scolie s'ils revenaient au monde , ces dimi nutifs de bourse pouvaient passer pour une ressemblance des sachets de pèlerinage (voir ci-dessus, t. II, 21-24, 101-104; et t. lY, 6S-84). Ce mémorial ancien des pieuses pérégrinations étant tombé en désuétude avec le temps, la forme approximative en subsistait dans les petites représentations d'aumônières, et continuaient à recommander cet enfantillage sous l'intention nouvelle. Il serait curieux, mais non pas toujours facile, de suivre ailleurs lès déformations d'un rite primitif qui persiste grâce à la coutume, quoique le public ne puisse plus dire pourquoi il s'j tient avec une fidélité si constante. La clef s'est perdue, et la coutume ne demeure pas moins après des siècles, qui se le sont transmis sans s'informer du vrai motif où l'usage puisait sa vie ii l'origine.
Je dinû quelques mots de plus sur ces petites pièces dans les pages suivantes, mais sans guère me départir du jugement général qu'elles m'inspiraient h première vue.
Si
Aumônière sur chaque côté de laquelle se trouve une aigle a» vol abaissé.
. Trouvé au pont Saint-Michel, en 1865.
XIV' sifecle.
Ces petits monuments, suivant toute appareuce , s'attachuent aux vêtements ou se suspendaient au cou. S'ils étaient d'un métal plus précieui et d'un travail moins grossier, on pourrait croire qu'ils servaient à orner les habits ou les coiffures, ainsi qu'on en a quelques exemples pour d'autres pièces analogues. Nous connaissons d'une manière trop incomplète les moindres habitudes privées de nos ancêtres pour hasarder ici des attributions qui risqueraient d'être démenties prochainement avec pièces à l'appui.
N'aurait-ce pas été aussi une sorte de réjouissance (aujourdliui l'on a mis en vogue le mot primt) ajoutée par-dessus le marché en faveur des pratiques qui faistûent emplette iartides importants ? Le langage varie, mais la ruse des marchands date de loin.
Quoi qu'il en soit de l'emploi donné à cette espèce de breloques, dont la futilité me paraît évidente, elles ne sont pas nées muettes. Les symboles qu'on y traçait promettent de livrer leur date à qui les étudiera opiniâtrement, et avec la date on peut rencontrer quelqu'une des pensées qui dominaient les esprits à tel ou tel jour de notre histoire. Il ne s'agit que d'interpréter le langage dont nous y trouvons l'empreinte. Mais je n'aurù pas cette gloire, &\ exiguë qu'elle soit.
Trouvé au pont de l'Archevêché, en 1865.
XIV' siècle.
Ajoutons à ce qu'on a la déjà pins haut, que ces petites aumônières pouvaient passer comme imitation de l'escarcelle ou panetière des pèlerins. Or, quantité de foires ayant pour origine première une fête religieuse [voir Mélange» d'archéologie, etc., t. I, p. 75), la coutume se seramaintenue d'en rapporter quelque chose qui eût apparence de profession ou de livrée dévote.
iiSii
i. Variété du type à l'aigle.