‹ Collection de plombs historiés trouvés dans la SeineChapitre 12 sur 36 · TOMBELAINE · texte numérisé non relu

TOMBELAINE

Cette enseigne, du XV* siècle, a été trouvée au pont Notre- Dame, en 1852.

NOTRE-DtME DE TOMBELAINE.

VAR[ÉTÉ

La Vierge, assise sur un banc, tient l'Enfant Jésus debout à sa droite, et non plus à gauche conune précédemment.

Le mot TOM — BE — LAI — NE est inscrit, partie sur le siège du banc, partie sur le marchepied.

Ce fragment d'enseigne, du XV* âède, a été trouvé au Pontau-Change, en 1832.

NOTRE-DtME DE TOMBELâlNE.

VAEIÉTÉ.

Vielle assise sur nn banc gothique, la tête couronnée et nimbée, tenant l'Enfant Jésus sur son bras droit.

Ce curieux fragment, du conunencement du XIV" siècle, a été trouvé au pont Notre-Dame, en 1862.

NOTRE-DAME DE TOMDELklNE.

TAEIÉTli.

Fragment d'un plomb représentant la Vierge assise, tenant l'Enfant Jésus sur son bras gauche^

Travail d'un mauvais goût.

Trouvé au pont Notre-Dame, en 1862.

Ces deux dernières enseignes semblent, parleur composition, se rapporter à Notre-Dame de Torabclaine.

NOTRE-DtME DE ROC-ltMADOUR.

La sainte Tierge couronnée et assise, portant l'Enfant Jésus siir le genou gauche, et tenant delà main droite un sceptre fleuronné. La Vierge et l'Enfant sont nimbés ; le nimbe de l'enfant est crucifère.

On lit autour, entre filets, la légende suivante :

8IGILLUM : BEATE MAEIE : DE KOCAMADOB.

Cette enseigne, de forme elliptique, devait avoir quatre anneaux destinés à la fixer aux vêtements des pèlerins ; elle a été trouvée au Pont-au-C!hange, en 1862.

Le mot SIGILLUM, en toutes lettres, placé en tête de la légende, et qui peut être traduit par sceau, nous porte à penser, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer pour le pèlerinage de Vauvert (page 4), que la composition de cette enseigne a été empruntée au sceau de Téglise de Uoc-Amadour.

Roc-Amadourestune petite ville du Quercy, bâtie sur un rocher, comme l'indique assez son nom ; elle doit sa célébrité à un ermite, qui vivait, à ce que Ton prétend, dès les premières années de la prédication du christianisme dans le pays, et qui, par déyotion à la très-sainte Vierge, lui aurait fait bâtir une petite chapelle, vers le in* siècle de Fcre chrétienne, pour y vénérer une statue de la mère de Dieu, qu'il avait, dit la légende, sculptée en bois de ses propres mains.

Les restes de ce saint, ensevelis sous le seuil de la chapelle, demeurèrent cachés jusqu'à l'an H66. A cette époque, un habitant du pays se trouvant sur le point de mourir, ordonna à sa famille d'ensevelir sa dépouille mortelle à l'entrée de l'oratoire. A peine eut-on creusé la terre, que le corps du bienheureux Amadour fut retrouvé dans son intégrité ; et ce fut dans ce parfait état de conservation qu'il fut placé dans l'église, près de l'autel, et montré à la dévotion des pèlerins. Bientôt il se fit dans ce lieu des miracles si nombreux et si éclatants par la puissance de la sainte Vierge, que le roi Henri II (d'Angleterre), alors maître de la Guyenne, lequel se trouvait à Castelnau-de-Bretenous , vînt luimême pour y témoigner à sa dévotion.

Le corps du saint ermite demeura sans corruption pendant plusieurs siècles, de telle sorte que l'on disait en proverbe ': Ceci est

entier comme le corps de saint Amadour; ou bien : // est en chair et en os comme saint Amadour. Mais en 1562, les huguenots s'étant emparés de la ville, pillèrent la chapelle et livrèrent aux flammes ces restes si longtemps vénérés.

On dit qu'en 778, le fameux paladin Roland, neveu de Charlemagne, passant dans le Quercy avec son oncle, vint en l'église de Notre-Dame de Roc-Amadour, offrir à la sainte Vierge un don d'argent du poids de son épée, et que, après sa mort, cette épée fut portée à Roc-Amadour.

Par une bulle de Clément II, qui siégeait sur le trône pontifical en 1046, il était accordé un an d'indulgence à tous ceux qui visiteraient l'église ou chapelle de Notre-Dame de Roc-Amadour, à certaines fêtes, et dans les autres temps cent huit jours de pardon aux pèlerins qui viendraient y prier dévotement.

Érard de Brienneet Philippine, son épouse, firent, en 1217, par acte publié à Notre-Dame de Roc-Amadour, un don de deux cierges qui devaient brûler constamment, jour et nuit, devant son image. On voyait, cent cinquante ans après, ce legs fidèlement entretenu par leurs descendants.

En 1231, des prières publiques étaient faites dans la chapelle de Notre-Dame de Roc-Amadour, de la part des principaux habitants du Quercy, pour demander à Dieu Textirpation de l'hérésie des Albigeois. La chronique ajoute qu'ils eurent la douce consolation de voir leurs prières exaucées d'une manière miraculeuse, et que, peu d'années après, cette secte ne parut plus dans le pays.

Saint Louis, en 1245, fit un pèlerinage à Notre-Dame de Roc^ Amadour, dans lequel il fut accompagné de ses trois frères, de la reine Blanche, sa mère, et d'Alphonse, devenu depuis roi de Portugal.

En 1324, le roi Charles le Bel et la reine, accompagnés de

Charles, comte de Valois et du roi de Bohême, Jean l'Aveugle, faisant un voyage à Cahors, se rendirent à Koo-Amadour.

Louis XI, à son tour, visita le sanctuaire du même pèlerinage, le 21 juillet 1463.

A la fin du XV* siècle, les privilèges de Notre-Dame de Eoc- Amadour étaient si bien établis, qu'au milieu des guerres sans cesse renaissantes du moyen âge, un pèlerin de Roc-Amadour pouvait traverser les divers partis sans encombre, sous la protection de ce titre respecté ► Aussi, les petites enseignes de plomb rapportées du saint lieu faisaient-elles fonction de sauvegarde assurée, qui défendait le porteur contre toute violence parmi les gens de guerre.

Amis et ennemis, dit M. Tabbé CaUlau, respectaient également les pèlerins portant une certaine marque que Ton vendait dans ce lieu. On trouve qu'un Anglais ayant été pris par les soldats de Cahors, fut mis en liberté aussitôt qu'on le reconnut pèlerin de Notre-Dame de Roc-Amadour . Les Anglais en usaient de même ; mais, pour jouir de ce privUége, il ne fallait pas manquer de porter le signe appelé dans l'acte latin spartulas ou sportellcuSj comme qui dirait : gages de clientèle.

C'étaient des pièces de plomb portant, d'un côté, l'image de la Vierge, et de l'autre, celle de saint Amadour. Les habitants de la ville en faisaient d'une autre manière oà était représentée la Véronique, mais elles n'étaient pas aussi respectées que les autres.

L'évêque de Tulle, comme abbé de Roc-Amadour, donnait de droit les premières, et défendait aux habitants d'en vendre. Ceuxci vendaient les unes et les autres pour gagner leur vie dans ces temps difficiles. Enfin, à force de discussions et de compromis, il fut convenu, en 1425, que l'évêque permettrait aux habitants de débiter ces sortes de marques de même type pendant deux ans. Cela démontre non-seulement le grand empressement du peuple

pour aller, malgré les fureurs de la guerre, à la chapelle.de Koo- Amadour , mais encore le profond respect que cette chapelle inspirait à tout le monde.

Les enseignes de Roc-Amadour, que nous livrons à la publicité, ne sont pas de celles dont il est question dans les lignes qu'on vient de lire , mais elles n'en ont pas moins leur intérêt, et elles sont tnême généralement plus anciennes.

Ce ne fut guère qu'à partir du XVIIP siècle que les pèlerinages à Boc-Amadour allèrent en décroissant, comme les sentiments de foi qui jusque-là les avaient entretenus. La Révolution ne fit qu'aggraver l'esprit d'indifférence, en même temps qu'elle ravit à la chapelle son culte et ses ressources. Notre-Dame de Eoc- Amadournepéritpas pourtant dans la tourmente, mais son sanctuaire étant tombé depuis lors dans un état de ruine imminente, une pensée généreuse donna naissance à la formation d'une loterie, dont le produit a été consacré à sa restauration.

Je ne saurais dire quelle est la relation de ce pèlerinage avec une confrérie hospitalière portugaise du XII* siècle, qui est signalée par J.-B. de Castro (Mappa de Portugal, t. IV).

La dynastie portugaise étant française d'origine, et ayant été plusieurs fois aidée par des cadets de Gascogne, il ne serait pas surprenant que le pèlerinage quercinois de Roc-Amadour fût en crédit parmi les populations du Portugal. En conséquence, les institutions hospitalières auront bien pu s'établir dans ce pays pour héberger les pèlerins à l'aller et au retour.

NOTRE-DAME DE ROC-kMADGUR.

TABIÉTÉ.

Dans le champ, la Vierge assise sur un banc gothique, la tête couronnée et nimbée, tient de la main droite un sceptre fleurdelisé. L'Enfant Jésus, complètement vêtu, la tête euTironnée du nimbe divin, s'appuie sur sa mère, qui le soutient de son bras gauche.

On lit autour, entre filets :

^ SIGILLUM : BEATE MAHIE : DE ROCAMADOR.

Ce plomb date du XIV' siècle, et a été trouvé au pont Saint- Michel, en 1854.

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