‹ Collection de plombs historiés trouvés dans la SeineChapitre 23 sur 36 · S • MOR • DES • FOSSES • S • MOE · texte numérisé non relu

S • MOR • DES • FOSSES • S • MOE

Le tout est encadré dans une seconde bordure formée

d'arcatures à jour, reliées par des espèces de pommes de pin.

Ce plomb a été trouvé au petit pont Saint-Charles, en 1848; il me semble appartenir à la fin du XIV* siècle.

La présence du personnage placé à la gauche du saint s'expliquerait, peut-être, par le miracle de l'aveugle que raconte une ancienne Vie des Saints^ ainsi qu'il suit :

a Sainct Maur, entrant dans Téglise de sainct Maurice et des saincts martyrs thébéens ses compagnons, rencontra à la porte un aveugle qui fréquentait en cette église-là, il y avait onze ans, et demandait à Notre-Seigneur qu'il le fît voir par l'intercession de ses saincts et glorieux chevaliers, ce qu'il n'avait pu encore obtenir. Cet aveugle, nommé Linnus, oyant dire que Maur, un des disciples de sainct Benoît était là, il se prosterna à ses pieds, le suppliant par les saincts qui estaient en ce lieu, et par son père sainct Benoît, qu'il lui rendît la clarté et la vue à ses yeux. Maur fit le signe delà croix dessus ; lors les yeux lui commencèrent à saigner, et il recouvra la vue, et le sainct lui dit que, pour remercier Dieu du bienfait qu'il avait reçu de sa main, il serait toute sa vie en cette église ; ce qu'il fit, prenant les ordres. »

Saint-Maur-des-Fossés, sur la Marne, est distant de Vincennes de deux kilomètres. On y fonda, au VI* siècle, une abbaye qui s'appela d'abord Saint-Pierre-des-Fossés. Elle prit le nom de Saint-Maur au IX* siècle; lorsqu'on y abrita les reliques de ce saint, qui avaient été jusqu'alors conservées au monastère de Glanfeuil.

Nous avons dit, au commencement de cet article, que saint Maur figurait ici la main droite appuyée sur une bêche ; il n'en faudrait pas conclure que cet instrument fût un attribut ordinaire du saint, mais il se pourrait bien qu'on eût voulu indiquer par là le travail manuel des ordres monastiques. Quant au livre, qui se

donne assez communément aux abbés, mais surtout aux fondateurs d'ordres religieux, il indiquerait particulièrement ici que saint Maur apporta en France la règle de saint Benoît. Les Italiens n'en conviennent pas, mais il ne s'agit pas précisément de critique historique en ce moment ; la question se borne ici aux convictions populaires qui soutenaient chez nous la dévotion à saint Maur comme introducteur de la grande législation monastique du VI' siècle dans nos contrées. Cependant, à prendre même cette assertion comme sujet d'un débat scientifique, les bénédictins de Saint-Maur n'en eussent pas fait bon marché à leurs confrères du Mont-Cassin.

Pour nous, laissons les savants se chamailler sur les questions dont nous pouvons nous abstenir, et bornons-nous à constater les dévotions populaires d'après les monuments bien reconnaissables qui sont de notre ressort. C'est une tâche très-suffisante, et qui, réduite à ce terme, n'est pas toujours si facile que nous nous laissions aisément entraîner à l'envie d'encourir de nouveaux risques en l'outrepassant, lorsque la nécessité ne nous en est pas imposée par notre sujet.

SAINT MtUR DES FOSSES.

VAEIïiTÉ.

Médaillon rond découpé h jour. Le saint, qui est debout, a la tête nimbée ; il tient la crosse de la main droite et un livre de la main gauche ; à sa droite, dans le champ, semblent placés une croix et un autre objet indéterminé ; mais ce pourrait bien n'être qu'une bavure de la fonte, ou un appui ménagé aux détails trop découpés pour ne pas être exposés à se rompre, s'ils n'avaient pas eu de soutien qui les reliât à l'encadrement.

Cette représentation est entourée d'une bordure en s^llie, garnie d'arcatures à sa partie extérieure. On lit, entre deux

filets, la légende suivante, dont quelques lettres sont à l'envers :

^ S : MOR : DES : FOSEE (Foscé?) : S : MOR : DES :

Au revers, la bordure, qui est disposée comme celle du droit, porte en légende :

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