‹ Collection de plombs historiés trouvés dans la Seine et recueillisChapitre 22 sur 28 · TYPES CROIX · texte numérisé non relu

TYPES CROIX

Le groupe des rosaces ne m'a rien suggéré qui ouvrît un aperçu un peu fondé. Je ne me permets pas de faire espérer mieux pour celui de? croix, et ces deux séries contiguës pourraient bien être formées de types uniquement destinés au menu service des halles, usines, marchés, foires, etc., comme dans le cas récent que cite M. Fontenay (Fragments cF histoire métallique ) . Il rappelle qu'à Beaune on acceptait de confiance sur le marché certains méreaux émis par un fabricant de Nolav pour les ouvriers de son établissement industriel. Depuis longtemps, quelques maisons de correction rétribuent le travail de leurs détenus avec des pièces qui n'ont pas cours hors de l'enceinte des murs, afin d'empêcher tout rapport avec l'extérieur en fait d'achats suspects.

M. Dancoisne cite aussi, d'aprùs les archives de Béthune , au XV *■ siècle, des distributions de méreaux en temps de disette. L'indigent pouvait ainsi se procurer du pain chez les boulangers commissionnés a(/ hoc parla commune ou la paroisse, tandis que le cabaretier n'eût pas été accueilli à la caisse qui répondait de l'émission faite dans de tout autres vues que de favoriser l'intempérance.

Les monncrons du temps de la Révolution française avaient donc leur racine dans le passé ; mais il nous faut maintenant rechercher à tâtons la trace sûre de pratiques jonrnalières.

Croix formée de quatre girons que remplissent des liaclmrcs croisées en losanges.

Grènetis.

R : Croix ornée de perles dans un entourage iormé de quatre doubles arcs de cercle aboutés ; les points d'intersection sont ornés d'une perle à l'intérieur.

Grènetis.

Trouvé au Petit-Pont, en I8G0.

Croix formée de quatre girons dans un grènetis. 1^ : Croix ornée de boules dans un entourage formé de quatre doubles arcs de cercle.

Grènetis.

Trouvé au Pont-au-Change, en 1857.

XV'' siècle.

Croix formée de quatre girons, renfermée dans ungrènetis. R : Croix cantonnée de douze points, trois dans chaque canton.

Trouvé au pont Saint-Micli cl, en 1850.

XV" siècle.

TYPES AUMONIÈRES

L'aiimônière (ou escarcelle, mot qui représentait tout autre idée) étant devenue vers le XIV siècle une affiche ordinaire du bien-être, les sottes gens auront aimé à l'avoir au moins en raccourci. De là, sans doute, ces espèces de joujoux à l'aspect enfantin et qui s'achetaient probablement dans les foires pour ne pas laisser dire qu'on n'avait rien rapporté; d'où il aurait été permis de conclure peu d'entregent. J'imagine donc que ce devait être souvent une fiche de consolation pour les bébés et pour les ni2;auds; mais aussi quelle clientèle cela fournissait aux marchands! Ne soyons pas surpris de ce que ces amusettes nous sont parvenues en bon nombre.

D'ailleurs, et les destinataires primitifs nous seraient bien reconnaissants de notre scolie s'ils revenaient au monde, ces diminutifs de bourse pouvaient passer pour une ressemblance des sachets de pèlerinage (voir ci-dessus, t. II, 21-2i, lûl-'!0i; et t. lY, 60-8 i). Ce mémorial ancien des pieuses pcrégrinatiuns étant tombé en désuétude avec le temps, la forme approximative en subsistait dans les petites représentations d'aumûnières, et continuaient à recommander cet enfantillage sous l'intention nouvelle. Il serait curieux, mais non pas toujours facile, de suivre ailleurs les déformations d'un rite primitif qui persiste grâce à la coutume, quoique le public no puisse plus dire pourquoi il s'y tient avec une fidélité si constante. La clef s'est perdue, et la coutume ne demeure pas moins après des siècles, qui se le sont transmis sans s'informer du vrai motif où l'usage puisait sa vie à l'origine.

Je dirai quelques mots de plus sur ces petites pièces dans les pages suivantes, mais sans guère me départir du jugement général qu'elles m'inspiraient à première vue.

Aumonière sur chaque côté de laquelle se trouve une aigle au vol abaissé.

Trouvé au pont Saiut-]\îicliel, en 1805.

XIV'' siècle.

Ces petits monuments, suivant toute apparence , s'attachaient aux vêtements ou se suspendaient au cou. S'ils étaient d'un métal plus précieux et d'un travail moins grossier, on pourrait croire qu'ils servaient à orner les habits ouïes coiffures, ainsi qu'on en a quelques exemples pour d'autres pièces analogues. Nous connaissons d'une manière trop incomplète les moindres habitudes privées de nos ancêtres pour hasarder ici des attributions qui risqueraient d'être démenties prochainement avec pièces à l'appui.

N'aurait-ce pas été aussi une sorte de réjouissance (aujourd'hui l'on a mis en vogue le mot prime) ajoutée par-dessus le marché en fliveur des pratiques qui faisaient emplette d'arlicles importants? Le langage varie, mais la ruse des marchands date de loin.

Quoi qu'il en soit de l'emploi donné à cette espèce de breloques, dont la futilité me parait évidente, elles ne sont pas nées muettes. Les symboles qu'on y traçait promettent de livrer leur date à qui les étudiera opiniâtrement, et avec la date on peut rencontrer quelqu'une des pensées qui dominaient les esprits à tel ou tel jour de notre histoire. Il ne s'agit que d'interpréter le langage dont nous y trouvons l'empreinte. Mais je n'aurai pas cette gloire, si exiguë qu'elle soit.

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VARIETES

Trouvé au pont de F Archevêché, en 1865.

X1V« siècle.

Ajoutons h ce qu'on a lu déjà plus haut, que ces petites auraônières pouvaient passer comme imitation de rcscarcellc ou panetière des pèlerins. Or, quantité de foires ayant pour origine première une fête religieuse (voir Mélanges d'archéologie, etc., t. I, p. 75), la coutume se sera maintenue d'en rapporter quelque chose qui eût apparence de profession ou de livrée dévote.

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