AVERTISSEMENT
Jun annonça nr la vente d'une des collections recueillies par feu M. Paignon Dijonval, nous .'limons à retrouver l'occasion de rendre un nouvel hommage à la mémoire de cet homme respectable , de cet amateur éclairé, qui a consacré à tous les arts une si longue et si honorable existence.
Déjà l'un de nous, à la tète du Catalogue des collections de dessins et d'estampes de M. Paignon Dijonval , a fait connaître au public avec quel zèle, quelle persévérance et quels immenses sacrifices pécuniaires il avait exclusivement employé soixante-dix années de sa vie à satisfaire cette noble passion : nous renfermant aujourd'hui dans ce qui concerne les tableaux que nous annonçons, nous nous bornerons à certifier que M. Dijonval a app rté dans leur choix les lumières et le soin qu'il donnait à tout ce qu'il entreprenait, et l'on s'en convaincra aisément en les examinant avec attention.
Ce fut vers 1751 que, dans un voyage qu'il fit en Hollande, il acquit la majeure partu de ses plus beaux tableaux; il y choisit en outre des correspondais fidèles, qui lui firent plusieurs envois, dont le dernier eut lieu vers 1750.
Ainsi déjà plus de soixante-dix ans se sont écoulés sans que ces tableaux soient sortis de ce même cabinet ; et c'est à cette circonstance si rare qu'est
(6) due l'extrême pureté et la parfaite conservation de la plupart d'entre eux. Rien n'est usé, rien n'est repeint , tout paraît sortir de dessus le chevalet du maître.
M . le vicomte de Morel Vindé, petit-fils et unique héritier de M.Dijonval, a ajouté à cette collection plusieurs morceaux bien dignes d'en faire partie, et dont le plus grand nombre a été acquis aux ventes de MM. Destouches, Godefroy, et Tolozan. Nous ne craignons pas d'être démentis en disant que ces tableaux sont aussi du plus beau choix.
Les circonstances difficiles qui ont suivi l'époque de ces ventes l'ont empêché de se livrer davantage à ce genre de curiosité, pour lequel il était passionné ; et dans ce moment même , nous sommes autorisés à déclarer qu'il ne s'est condamné aux regrets de vendre cette précieuse collection, qu'à cause de l'effrayant voisinage qu'une bien triste fatalité lui a imposé.
Ce même voisinage lui a fait prendre aussi la résolution, plus pénible encore peut-être, de vendre la riche et belle bibliothèque commencée de même par feu M. Paignon Dijonval, et qu'il a immensément augmentée. Nous sommes encore autorisés à annoncer que cette vente aura lieu à la. fin de i8z2.