‹ Collection des anciens alchimistes grecs (volume 2)Chapitre 325 sur 349 · ILE · texte numérisé non relu

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Si l’on examine cette liste de chapitres, on reconnaît aisément qu’elle se décompose en plusieurs groupes, quiétaient séparés dans les plusanciens manuscrits etattribués à des auteurs différents. Tels sont d’abord les chapitres 2, 3, 4et 5, jusqu'à 13, lesquels paraissent répondre à nos numéros 34 et 32 de la vieilleliste de St-Marc (Introd., p. 175), désignés sous le nom de chapitres d'Agathodémon, Hermès, Zosime, Nilus, Africanus; tandis que les chapitres véritables du Chrétien y figurent sous nos numéros 83, 47 et 48 : le numéro 33 répond au chap. 48 sur l’eau divine; le numéro 47 représente le chapitre 5 (Constitution de l’or), qui est un traité spécial ; enfin le n° 48, comprenant 30 chapitres sur la Chrysopée, d’après ja vieille liste, répond sensiblement au groupe des 34 chapitres de Lb, compris depuis le ch. 14, jusqu’au chapitre 47; surtout si l'on en défalque l'écrit authentique de Zosime (ch. 25), qui manque dans M; ainsi que les Mœurs du Philosophe et le Serment (ch. 28), qui appartiennent à un autre ordre d'idées. Les chapitres 40, 50, 51 ont le caractère d'extraits anciens, analogues aux ch. 2 à 13. Quant aux ch. 52 et 53 (Pierre philosophale), c’est une addition postérieure, manquant dans M et dans B.

Nous aurions donc un premier ensemble de la compilation du Chrétien, comprenant les chapitres 14 à 47 de Lb, et représenté dans la vieille liste de St-Marc par le n° 48. Plus tard, dans le type qui a servi au copiste du manuscrit actuel de St-Marc, on aurait ajouté les chapitres d'extraits que nous comprenons sous les n° 34 et 32, c'est-à-dire les chapitres 2 à 13 : la Constitution de l'or (ch. 1} répondant au numéro 47, paraît avoir été toujours à part, de même que le chapitre 48, répondant au n° 33 sur l’eau divine. — Les n° 34 et 32 semblent,je le répète, ainsi que les chap. 49, 50, 51, représenter un groupe d’extraits plus anciens, qui sera venu se confondre avec la compilation du Chrétien. En tout cas, les chap. 52 et 53 ne faisaient pas encore partie de la collection copiée dans le manuscrit de St- Marc (σι siècle), ni même dans le manuscrit B (xme siècle); mais ils y sont entrés dans le type qui servit au copiste du manuscrit A.

Dans le manuscrit du Vatican, il manque la majeure partie des chapitres du Chrétien; deux groupes d'articles seulement s’y trouvent : l’un va du ch. 36 au ch. 51; l’autre, du ch. 24 au ch. 27. Ce dernier groupe offre un caractère spécial, sur lequel nous allons revenir. Mais il est difficile de tirer des inductions trop absolues de ces lacunes.

Indiquons maintenant la nature des sujets traités et expliquons comment nous avons été conduit à démembrer la compilation du Chrétien, pour en reporter un certain nombre de morceaux dans les parties précédentes. Ce démembrement était tout indiqué par notre plan, dans lequel je m’efforçais de reconstituer les textes avec leur caractère le plus ancien. Or la compilation du Chrétien a été faite à l’origine en vertu du système général suivi par les Byzantins, du vin® au x® siècle, période pendant laquelle ils ont tiré des anciens auteurs qu’ils avaient en main des extraits et résumés, tels que ceux de Photius et de Constantin Porphyrogénète. Ce procédé nous a conservé une multitude de débris de vieux textes ; mais ila concouru à nous faire perdre les ouvrages originaux. Un semblable résultat a été particulièrement regrettable en ce qui touche les ouvrages scientifiques, que leurs abréviateurs comprenaient mal, négligeant la partie technique pour s'attacher aux morceaux

mystiques et déclamatoires. Quoi qu’il en soit, les livres originaux n’existent plus et le problème est de les reconstituer autant que possible, à l’aide des fragments conservés par les abréviateurs. C’est le travail qui a été fait pour les historiens antiques et c'est celui que j'ai essayé d'exécuter pour les alchimistes.

Voilà comment j'ai restitué à Zosime et aux vieux auteurs les fragments, souvent altérés et modifiés par des commentaires ultérieurs, qui se retrouvent dans les compilations du Chrétien et de l’Anonyme; les chapitres 29 à 53 de Lb notamment, ont ainsi passé dans la IIIe partie de la présente publication; les chapitres 28 et 28 bis de Lb, qui ontune physionomie spéciale, ont été reportés dans la partie I. Les chapitres 2 à 13, que j'ai signalés plus haut comme extraits de vieux auteurs, d’après l'ancienne liste de St-Marc, sont rentrés dans la IVe partie. Les chapitres 24 à 27, qui se distinguent tout-à-fait par leur caractère techniqne, ont été maintenus dans la V® partie.

Il ne faut pas se dissimuler que cette répartition prête un peu à l’arbitraire. Cependant elle me semble préférable au système qui consisterait à conserver en bloc ces compilations. Letableau ci-dessus constate d’ailleurs l’état exact de celle du Chrétien dans les manuscrits, indépendamment de toute hypothèse.

Ce travail d'élimination terminé, il est resté encore un nombre considérable de morceaux, se rattachant plutôt à la classification générale de la compilation qu’à des sujets scientifiques déterminés ; c’est ce résidu qui constitue les chapitres du Chrétien dans les manuscrits, transcrits dans la VIe partie.

On y a joint au Chrétien et à l’'Anonyme plusieurs morceaux constituant des compilations analogues et plus récentes encore, telles que celles de Cosmas et de Blemmidès ; la dernière remonte seulement au xme ou xive siècle. Quelques débris du même ordre, formés par un assemblage de vieilles citations, la plupart de seconde outroisième main, et désignés dans les manuscrits sous le titre générique de « Pierre philosophale » ont été compris également dans cette VIe partie : observons àcet égard qu'un chapitre semblable figure déjà dans les œuvres dites de Zosime (III, xxx); nous en donnerons ici quelques autres, de façon à compléter la publication des textes de nos manuscrits.

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